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Le chaudron

Publié le par Nina

ChallengeDragonFeu

 

Challenge dragon 2012 organisé par "la culture se partage"

 

Le chaudron

 

Edité par Actes sud / 2008 : 123 pages

 

Kiyoko Murata est née en 1945 à Yahata au nord de l'île de Kyushu. En 1975, elle reçoit le prix du Festival des arts de Kyushu pour La Voix de l'eau et décide alors de se consacrer exclusivement à l'écriture. (extrait de http://www.shunkin.net/ le site de la littérature japonaise)

Kiyoko Murata a obtenu le fameux prix Akutagawa (équivalent de notre prix Goncoucourt) pour le livre "Le Chaudron"

 

Cette histoire se passe dans les années 80. Nae Hanayama est une vieille femme de 80 ans qui accueille ses quatre petits enfants pendant les vacances.

Une mystérieuse lettre venant d'Hawaii va perturber la famille. Un certain Clark se présentant comme son neveu, demande à Nae de venir en urgence au chevet de son père Suzujiro Haruno qui est mourant. La grand-mère n'a pas l'air très contente de revoir son frère dont elle n'a jamais parlé. Les parents décident de se rendre au chevet du mourant et laissent les enfants toutes les vacances avec leur aïeule.

C'est au rythme lent de la vie à la campagne que ces quatre adolescents vont vivre leurs vacances auprès de leur grand-mère qui semble si vieille, si petite et fragile qu'ils n'osent pas lui dire qu'elle cuisine horriblement mal. C'est Tami qui va prendre l'initiative de s'installer à la cuisine à la place de la grand-mère. Elle va chaque jour au jardin cueillir de quoi faire les repas de toute la famille, puis confectionner des plats dans le grand chaudron comme autrefois. 

Le rythme de ces vacances est lent. On prend le temps de cuisiner, de manger et de se promener. C'est une ambiance propice pour interroger cette grand-mère sur l' histoire familiale. Et c'est ainsi que la vieille dame  va transmettre peu à peu l'arbre généalogique mais aussi divulguer à demi-mot des secrets de famille dont un concerne directement la jeune Tami.

Le chaudron est un roman qui peut donner un effet de manque, parce que rien n'est vraiment dévoilé dans cette histoire. Cette grand-mère est un parfait exemple de pudeur et de sobriété "à la japonaise". Ce peuple ne parle pas de ses sentiments comme on le fait en occident, ce qui donne une ambiance très exotique et beaucoup de charme à ce roman. 

D'autres avis :  celui de Cachou m'a beaucoup plus.

Le Chaudron a été adapté au cinéma par Akira Kurosawa sous le titre : Rhapsodie en août.

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avec Richard Gere et Sachiko Murase

Blog

Publié dans Littérature japonaise

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Si vous preniez de mes nouvelles : le démon d'Emma

Publié le par Nina

 

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Recueil de nouvelles : éditions Glyphe / 2012

L'Ivre p.11

Le corail noir p.27

Le démon d'Emma p.47

Le foulard p.121

Mortes à venise p.141

Ce recueil de nouvelles a reçu le prix "Cesare Pavese 2011.

 

"Le démon d'Emma" est une nouvelle influencée par le roman de Gustave Flaubert : "Madame Bovary".

J'ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle qui offre un angle intéressant à l'intertextualité.

En effet, l'auteur met en scène Gustave Flaubert au prise avec sa célèbre héroïne : Emma Bovary.

L'histoire :

Il est 18 heures, la nuit tombe sur le hameau de Croisset situé dans la campagne de Rouen. Dans une maison au bord de la Seine, Gustave Flaubert est en train d'écrire un des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature française mais ça il ne le sait pas encore. Pour le moment, il travaille avec peine, son Emma Bovary doit mourir. Il en a décidé ainsi. Le feu crépite dans la cheminée, Félicité sa célèbre servante prépare le souper pendant que l'écrivain fini d'écrire le passage qui va clore le destin de son héroïne : Emma vient de plonger sa main dans le bocal d'arsenic et d'en avaler une poignée. Soudain, il se passe quelque chose d'étrange dans le salon, Gustave Flaubert ne se sent pas très bien quand tout à coup, une voix surgit de nulle part et lui dit  "vous ne vous en sortirez pas comme ça". Gustave Flaubert pense qu'il est victime de la fatigue et de l'abus absinthe. la voix reprend de nouveau et se présente à son créateur : "c'est moi, Emma". Une discussion va s'engager entre Gustave Flaubert et son héroïne qui n'a pas envie de mourir.

Gustave Flaubert ne s'attendait pas à  pareil chose : la révolte de son héroïne !

Marc Magro décrit avec beaucoup d'originalité et d'humour un écrivain au prise avec son roman et ses personnages. On sait que le pouvoir de la création peut conduire à la folie et cette nouvelle met en scène un écrivain dont l'oeuvre devient diabolique, incontrôlable.   

Marc Magro a étudié en détail le roman et la vie de Gustave Flaubert, c'est peut-être ce qui lui a donné envie d'écrire cette histoire, parce que l'on apprend en lisant ce livre, tous les problèmes engendrés par la parution de Madame Bovary. Gustave Flaubert a été mise en procès et la lecture de son roman interdite par l'église.

A la demande de George et de Sharon, je remplis le questionnaire du challenge qui permet de mieux comprendre l'intertextualité de ce roman avec celui de Gustave Flaubert et donc sa place dans le challenge.

  • La référence au roman/auteur/personnage apporte-t-elle réellement un intérêt au roman ?

      Oui elle apporte un intérêt essentiel au roman, qui n'aurait pas lieu d'être sans cette référence. 

  • Comment prend corps la référence au roman/auteur/personnage ? (est-ce juste un roman/auteur/personnage évoqué dans une conversation littéraire, ou le roman/auteur/personnage intervient-il dans le roman?)

    La référence à Madame Bovary est dans la nouvelle, parce que Gustave Flaubert dans cette nouvelle est le personnage principal qui est en train d'écrire le roman "Madame Bovary", de plus Emma qui est le personnage principal du roman devient aussi un personnage dans la nouvelle de Marc magro, car elle parle et se révolte contre Gustave Flaubert.

  • L’auteur d’influence est-il un personnage de l’intrigue ?  oui

  • S’il s’agit d’un personnage d’influence, est-il rendu fidèlement ?

       Oui Gustave Flaubert est rendu fidèlement. On retrouve des détails qui font référence à son œuvre et à sa  biographie et au procès dont il a été victime à la parution de son livre. 

 

J'ai découvert ce livre au salon du livre de Limoges.

Photo0937.jpgC'est le challenge "romans sous influence" qui m'a permis de rencontrer cet auteur et de pouvoir discuter avec lui. J'ai noté aussi sa série influencée par Jules Verne.

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Lettre à Zohra D.

Publié le par Nina

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coeur-20_9_.gifEdition Flammarion : 102 pages / 2012

 

Il y a des livres dont on se souvient toute sa vie, parce qu'ils sont porteurs d'une émotion particulière, parce qu'ils témoignent d'un fait réel inacceptable qui nous concerne tous. Ces livres marquent à jamais notre conscience. Ils sont là pour nous rappeler la violence des hommes.

Lettre à Zohra D. fait partie des livres que je n'oublierais jamais, comme le journal d'Anne Franck. Ces deux livres donnent la parole aux victimes innocentes de la guerre : les enfants.

Zohra Drif est la terroriste algérienne qui a posé une bombe à Alger dans le Milk bar le 30 septembre 1956. Danielle Michel-Chich alors âgée de 5 ans est dans ce bar en compagnie de sa grand-mère pour y déguster une glace. La bombe explose et la vie de cette petite fille ne sera plus jamais la même. L'enfant perd sa jambe gauche et sa grand-mère.

Danielle maintenant âgée de 60 ans décide d'écrire à Zohra une longue lettre.

Pour moi, la route a été longue, parfois tortueuse, en tout cas intense. Pour courir sans tomber, sans se cogner la tête, il vaut mieux éviter de regarder en arrière et aller de l'avant. Ce que j'ai toujours fait. Aujourd'hui, j'ai décidé de raconter ce j'ai fait de ce que vous m'avez fait.

Vous êtes madame la destinataire de cette lettre. (Extrait de la page 12).

Cette lettre est une véritable leçon de vie parce que Danielle Michel-Chich n'a jamais voulu se considérer comme une victime et a appris à vivre avec une prothèse pour remplacer sa jambe gauche, sans se plaindre.

Danielle Michel-Chich explique qu'elle a été triplement victime : elle a perdu sa grand-mère et sa jambe et ses parents vivent difficilement cette épreuve, elle fait en sorte de ne pas leur infliger de douleur supplémentaire  en se plaignant. 

Cette lettre s'adresse à Zohra Drif sans jamais l'accuser. Cette femme avait des raisons de ne pas être d'accord avec la politique en place et l'occupation de son pays par les français. Danièle Michel-Chif raconte à cette femme comment cette bombe a transformé sa vie et sa lutte quotidienne pour mener malgré tout une vie normale. Elle raconte avec beaucoup d'humour la difficulté de grandir comme les autres enfants de son âge, avec ce corps déséquilibré qui lui occasionne de nombreuses chutes et des factures multiples. Accepter d'avoir un corps différent c'est  aussi être différente par l'habillement. A son époque, toutes les filles sont en jupe, elle est la seule à porter des pantalons pour cacher sa prothèse. Elle explique la difficulté de grandir sous le regard apitoyé de son entourage. Cette jambe manquante est en permanence présente pour lui rappeler cette horrible journée et la mort de sa grand-mère, ce qui l'amène à penser systématiquement à Zohra Drif.

Une lettre poignante, qui permet de voir à quel point Danièle Michel-Chif a réfléchi, travaillé sur elle, sur ses émotions, son ressenti, pour nous transmettre une réflexion aussi fine et intelligente de cette douloureuse expérience. Cette lettre est un plaidoyer pour la paix et la non-violence. On sort grandi de cette lecture. Cette lettre suffit à expliquer la folie des hommes. Ce livre devrait être lu et étudié dans tous les collèges et lycées au même titre que "le journal d'Anne Franck".

Je remercie Christian Sauvage et les Editions Flammarion pour l'envoi de ce livre. Je félicite Danièle Michel-Chif pour avoir eu le courage de publier cette lettre, car nous dit-elle, ce fut une véritable épreuve de l'écrire.

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Dans les années 1950 et 1960 les pantalons étaient réservés aux garçons. Les petites filles étaient en robe, ce qui les obligeait à se tenir comme des petites filles. Cette tenue me mettait dans une case unique, celle de la fille pas comme les autres qu'il fallait traiter comme les autres. (extrait de la page 32)

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le roseau révolté

Publié le par Nina

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Edité par Actes Sud en 1988

ce court récit de 70 pages a été écrit en 1958

 

De tous les romans que j'ai lus de cette auteure, celui-ci est mon préféré.

Ce roman est incroyablement moderne pour l'époque, parce que aborder le thème de la liberté de la façon dont Nina Berberova la conçoit peut encore nous apporter une source de réflexions.

La notion de liberté selon Nina Berberova :

Depuis ma prime jeunesse, je pensais que chacun, en ce monde, a son no man's land, où il est son propre maître. Il y a l'existence apparente, et puis l'autre, inconnue de tous, qui nous appartient sans réserve. Cela ne veut pas dire que l'une est morale et l'autre pas, ou l'une permise, l'autre interdite. Simplement chaque homme, de temps à autre, échappe à tout contrôle, vit dans la liberté et le mystère, seul ou avec quelqu'un, une heure par jour, ou un soir par semaine, ou un jour par mois. Et cette existence secrète et libre se poursuit d'une soirée ou d'une journée à l'autre, et les heures continue à se suivre, l'une l'autre.

De telles heures ajoutent quelque chose à son existence visible. A moins qu'elles n'aient leur signification propre. Elles peuvent être joie, nécessité ou habitude, en tout cas elles servent à gagner une ligne générale. (...)

Ils me font pitié, ceux qui, en dehors de leur salle de bain, ne sont jamais seuls.

Soit dit en passant, l'Inquisition ou l'Etat totalitaire ne sauraient admettre cette seconde existence qui échappe à leur contrôle.(...) (Extrait de la page 32 et 33)

L'histoire :

La guerre oblige deux amants à se séparer momentanément. Elle, russe exilée, reste à Paris et lui part pour la Suède son pays d'origine. A la fin des conflits, Convaincue de la solidité de leur amour, l'amante part à la recherche d'Einar son amant. Mais l'un des deux n'a pas su garder sa liberté intérieure, son intégrité, ses convictions.

Un roman intense ou chaque phrase est chargée d'émotion mais aussi d'un certain réalisme sur la peur et la lâcheté des êtres humains.

Biographie

Publié dans Littérature russe

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le caveau de famille

Publié le par Nina

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Edition Gaïa / 2011 : 237 pages

 

"Le caveau de famille" est la suite du roman "le mec de la tombe d'à côté" qui est un roman joyeux, pétillant d'intelligence et de drôleries.

Ce nouveau titre évoque encore la mort et on y retrouve les deux personnages fétiches du précédent livre : Désirée la bibliothécaire et  Benny le paysan.

Après leur rupture, Désirée vit seule et Benny s'est installé en ménage avec sa cousine Anita.

Désirée désire avoir un enfant. Elle préfère demander à Benny, son ancien amant, d'en être le géniteur.

Benny est toujours amoureux de Désirée. Il sait que la vie avec elle est impossible, ils sont trop différents mais il répond présent à son appel.

Le test est réussi !  Désirée et Benny vont devenir des parents. Ce bébé qui va naître leur donne envie de vivre ensemble et de fonder une famille.

C'est là que le roman devient très pertinent. Katarina Mazetti va décortiquer les relations de ce jeune couple qui pense que l'arrivée d'un enfant va faire d'eux, une famille unie. Oubliées les anciennes querelles sur leur différence. Maintenant, ils sont devenus une famille : tout va s'arranger.

L'auteur laisse la parole tour à tour à Benny et à Désirée. Ainsi on peut voir l'évolution des pensées de chacun au fur et à mesure que leur vie de couple s'installe.

Benny n'a pas changé : Il pense toujours que son métier d'agriculteur et la vie de la ferme sont les principales activités du couple. 

Désirée pour pouvoir fonder la famille de ses rêves fait des concessions et redouble d'efforts pour faire coïncider sa vie de famille, son métier et  l'indispensable participation aux travaux de la ferme.

Son métier de bibliothécaire sera toujours "dévalorisé" voire "sacrifié" au travail de la ferme et à la vie de famille.

En décrivant la vie quotidienne de Désiré et Benny, confrontée à  toutes les tâches quotidiennes qui incombent à tous les couples avec enfants, l'auteure analyse avec beaucoup de finesse l'inventaire des préjugés concernant le travail à la maison : les tâches ménagères et l'éducation des enfants sont considérées être des occupations subalternes. Elle met en évidence les idées reçues sur certains métiers considérés comme moins pénibles que d'autres. Dans ce roman, on compare le métier de bibliothécaire à celui d'agriculteur !

Qui va se sacrifier dans ce couple ?  qui va arrêter de travailler pour s'occuper du ménage et des enfants ? Qui va faire des concessions ? et qui va craquer en fin de compte...

Je vous laisse découvrir la fin de cette histoire, qui raconte comment une vie de couple peut devenir une vraie descente en enfer.

C'est une véritable analyse psychosociologique d'un couple "raté" que nous propose l'auteure en nous racontant cette histoire. L'amour est-il compatible avec une vie de couple réussie, la vie de famille engendre-t-elle systématiquement bonheur et sérénité ? Ce roman répond à ces questions en analysant toute la complexité de la vie conjugale. Un caveau familial est froid et triste, comme cette vie de famille. images-copie-3.jpg

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La cérémonie du thé au salon du livre de Paris

Publié le par Nina

  

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L'espace consacré au Japon était organisé à la fois pour rencontrer les auteurs japonais en dédicaces, acheter ou simplement feuilleter la littérature japonaise présentée sur le stand de la librairie  Gibert Joseph, ou bien "réfléchir et méditer" en regardant l'exposition de photos du drame de Fukushima, mais aussi participer à des animations consacrées à la découverte du Japon.

Dimanche j'ai donc participé à la cérémonie du thé qui s'appelle au Japon chanoyou, sado ou chadō qui est  un rituel traditionnel influencé par le bouddhisme zen dans lequel le thé vert en poudre, ou matcha est préparé de manière cérémoniale par un praticien expérimenté, puis servi à un petit groupe d'invités dans un cadre calme.

 

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Ce bandeau nous adresse un message de bienvenue ainsi que la maîtresse de thé dont les paroles de bienvenue étaient traduites en français. 

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Après avoir installé les accessoires pour faire le thé, on nous explique que la bouilloire remplace le traditionnel foyer où se consume les braises qui vont servir à chauffer la théière.

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Après avoir installé tous les accessoires, 4 personnes volontaires, dont j'ai fait partie, sont montées sur la scène recouverte de tatamis qui représentait le salon de thé.

La maîtresse de thé nous a expliqué le rituel d'entrée : Pieds nus et à genoux pour passer l'entrée, puis chacun a pris sa place. Nous étions assises à genoux,  une main posée sur l'autre sur les genoux.

J'ai aussi expérimenté "ce rituel asiatique" qui est de baisser la tête pour dire bonjour, au revoir, merci ou bien s'excuser.... Je peux vous dire que ce n'est pas facile du tout. Je n'ai pas compris s'il fallait baisser que la tête,  le corps aussi. Enfin bref, j'ai fait ça vaguement !!!

Le thé présenté était en poudre, donc du thé "matcha" délayé dans l'eau chaude puis fouetté énergiquement pour qu'il devienne mousseux.

La cuillère est en bambou et la traductrice nous a fait une confidence : la maîtresse de cérémonie du thé a fabriqué la sienne elle-même. 

J'ai trouvé ces 2 photos sur internet. Il était impossible de prendre ce type de photo pendant la cérémonie, mais ces objets sont identhiques à ceux présentés pendant cette cérémonie.

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En attendant de boire notre thé, on nous a servi un petit gâteau très sucré.

J'ai trouvé cette explication sur Internet  sur le site : http://asso.chasen.free.fr/pdf/dpcollege.pdf

Ce thé est un peu amer. Aussi pendant que le maître le prépare, les invités mangent un petit gâteau sucré (wagashi) à base de sucre de canne ou de pâte de haricot, rouge ou blanc, pour adoucir le goût du thé.

Quand la maîtresse de thé m'a donné mon bol, j'ai du le prendre de la main gauche et le poser à ma droite (ou bien le contraire, je ne me souviens plus) pour ensuite saluer ma voisine, ce qui voulait dire : Excusez - moi de boire le thé avant vous.

Dernière étape : la leçon de thé et J'ai raté le thé !!

Étant la 1ère invitée, j'ai eu l'honneur de préparer le thé pour la maîtresse de thé. Mais ce qui me semblait facile en apparence ne l'a pas été du tout. Je n'ai pas réussi à mélanger le thé correctement avec le fouet !!  Zut et flute, mon thé n'a jamais moussé dans le bol !!  Mais la maîtresse de thé m'a rasurée, en me disant avec un gentil sourire que c'était un peu difficile et a rajouté que c'était  la 1ère fois, qu'elle buvait du thé préparé par une française.

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Publié dans Revue de presse

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Lorsque nous vivions ensemble

Publié le par Nina

     ChallengeDragonFeu

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Lu dans le cadre du challenge Dragon 2012

organisé par  La lecture se partage

 

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Kazuo Kamimura : Edition Kana Sensei / 2009

les 3 volumes représentent environ  2100 pages 

 

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Attention il y a environ 2100 pages à lire, chaque volume compte environ 700 pages.

 

L'auteur Kazuo Kamimura est un des plus grand Mangaka du Japon, il est mort jeune d'un cancer, son oeuvre fait référence dans le milieu du manga pour avoir des infos plus approfondies ICI

 

Dans les années 1970, le japon a vécu une libération des mœurs. Kyôko et Jirô décident de vivre en couple hors mariage. Ces deux jeunes adultes ont très peu d'expérience de la vie. Mais eux pensent que cette façon de vivre sans les conventions traditionnelles vont leur permettre de vivre leur amour d'une façon différente, plus intense.

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Ils sont confrontés très vite à la réalité. Le quotidien va les submerger. Il y a aussi un élément important qui va les déstabiliser, c'est la découverte de l'autre : ses envies, ses besoins, ses états d’âme. Jirô a beaucoup de mal à comprendre sa compagne qui pleure souvent et s'enfonce dans une profonde tristesse. Ils se posent beaucoup de questions sur l'amour, le couple. Ils sont perdus devant leur propre complexité. De plus on remarque que Jirô réagit selon le modèle traditionnel : Il ne partage pas les taches ménagères dans la maison et Kyôto est soumise à ses désirs. L'auteur a fait un travail colossal pour nous dépeindre avec beaucoup de finesse et de subtilité toute l'ambiguïté de la vie de ce jeune couple attiré par cette liberté de vivre sans le carcan des traditions mais isolé par leur différence dans une société qui n'est pas prête à accepter cette libération des mœurs, et sans le soutien de leurs familles qui n'acceptent pas non plus leur choix.

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Ce manga contient très peu de textes mais ils sont  d'une grande qualité littéraire et poétique. J'ai  aimé particulièrement les dessins qui dégagent beaucoup d'émotions et un  style graphique très recherché qui mélange avec beaucoup de finesse, réalisme et métaphore. Kazuo Kamimura avait un  talent  exceptionnel  pour  décrire la situation de la jeunesse  dans  le Japon des années 1970, et surtout  la vie des femmes très soumises à celle des hommes. 

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Publié dans Bandes Dessinées

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L'anniversaire de la salade

Publié le par Nina

Le mois des japonaises proposée par  Anis,

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son blog Littérama (l'histoire littéraire des femmes) ICI

ChallengeDragonFeu

Lu aussi dans le cadre du challenge Dragon 12

organisé par La culture se partage

Salade

Edition Picquier poche : 2010 / 136 pages

Tawara Machi : le féminisme à la japonaise.

 

Biographie de l'auteur :

 

Tawara Machi est japonaise. Elle est née en 1962 à Osaka. En 1981, elle rentre à l'université Waseda et commence à écrire des Tankas sous l'influence du poète Yukitsuna Sasaki. En 1985 elle termine ses études et  travaille comme professeur de japonais dans un lycée à Kanagawa jusqu'en 1989. 

En 1986, Tawara Machi reçoit le 32ème prix Kadokawa de tankas avec son recueil « le matin d'août. En 1987, la parution du recueil de poésies « l'anniversaire de la salade » rencontre un succès  phénoménal :

A ce jour, "L'anniversaire de la salade" s'est vendu à plus de huit millions d'exemplaires dans le monde. La fraîcheur et la grâce de ces poèmes, où se révèle, comme par surprise, la beauté de chaque moment intensément vécu, résonnent en chacun de nous.

Tawara Machi a quitté son métier de professeur pour se consacrer à l'écriture. Elle a publié un recueil de poésie en 1997 qui s'appelle « la révolution du chocolat ».

En 2004, elle a sorti son premier roman Triangle,qui a été adapté en film sous le titre TANNKA. (Infos glanées un peu  sur  4ème de couverture et sur Wikipédia).

 

Le tanka est la forme de poésie la plus ancienne et la plus sophistiquée de la tradition japonaise. Par nature, le Tanka traite de l'amour du désir et de ses aspects physiques.

Tawari Machi est depuis la parution de "l'anniversaire de la salade" considérée comme la Yosano Akiko de cette fin de siècle.

Yosano Akiko est une poétesse (1872-1942) qui a de son temps révolutionné le genre du Tanka en publiant en 1901, un recueil au titre provocateur "cheveux défaits" qui fit beaucoup de bruit à l'époque.

Cette figure du féminisme japonais revendique le droit à la sensibilité.

Pour connaître cette grande poétesse mais aussi une femme qui a revendiqué le droit à une liberté sensuelle, il faut lire les travaux de Claire Dodane : Yosano Akiko - Poète de la passion et figure de proue du féminisme japonais.

J'ai lu toutes ces intéressantes Infos dans le recueil "l'anniversaire de la salade".

 

Un mot sans amour...

Plus que des dizaines de mots d'amour

voilà qui me soucie

 

"aujourd'hui cela fait tout juste 500 jours

que je t'ai rencontrée" me susurre cet homme

je bondis en arrière

 

"Je t'aime... passionnément, pas du tout"

Ah si vraiment il y avait autant d'amours

Qu'il y a de pétales à une fleur...

 

Tangas extrait de "l'anniversaire de la salade"

 

**************************************************************

 

Aussi découvert sur Internet un site qui propose la lecture intégrale de ce texte :

Yosano Akiko (1878-1942) : le séjour à Paris d'une japonaise en 1912 ICI

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Publié dans Littérature japonaise

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Anthologie du rouge aux lèvres

Publié le par Nina

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Le mois des japonaises proposée par  Anis,

son blog Littérama (l'histoire littéraire des femmes) ICI

ChallengeDragonFeu

Ce livre fait partie aussi de mon challenge Dragon feu

organisé par La culture se partage

Anthologie

 

 

Traduit du japonais et présenté par Dominique Chipot et Makoto Kemmoku

Poésie en édition bilingue

Collection de poche éditée chez  Points : 265 pages

 

Ce sont deux hommes qui présentent cette anthologie.

On peut les remercier pour ce travail parce que ce livre est une petite merveille. 

L'introduction de cette anthologie explique les origines des Haïkus, cette poésie typiquement  japonaise. Mais comme énormément de livres sont sortis sur le sujet, Dominique Chipot et Makoto Kemmoku se contentent de nous donner une explication simple sur la technique de ces petits poèmes japonais qui peuvent laisser perplexe un esprit occidental ! 

Les poètes écrivant des haïkus se nomment : Haïjins

Extrait de la définition  du Haïku : poésie courte de 31 syllabes composées de deux parties : un distique de 14 syllabes (7-7) répond à un tercet de 17 syllabes (5-7-5) L'auteur s'appuie sur le tercet, souvent coup de projecteur sur la nature, pour exprimer, tout en retenue, son émotion dans le distique.

 

Les 2 auteurs expliquent aussi leur choix de présenter une anthologie exclusivement de haïjins japonaises : "car trop longtemps les francophones n'ont pu lire que des haïkus japonais écrit par des hommes.... Il est vrai que pendant la guerre, les hommes dominaient la société du Haïku au Japon. Les femmes étaient en revanche très présentes dans le monde du roman ou du tanka".

Il n'a pas été facile pour ces poétesses de faire entendre et reconnaître leur poésie dans ce monde d'hommes du haïku d'avant - guerre.

 

Cette anthologie présentent les haïjins japonaises dans l'ordre chronologique de leur naissance afin que lecteur puisse appréhender la singularité de chacune :

L'amour, la souffrance, le quotidien nous apparaissent chaque fois sous un regard nouveau.

Cette anthologie présente des Haïkus écrits à partir du 17ème siècle jusqu'à nos jours.

 

Une petite biographie de quelques lignes présentent chaque poétesse.

Le livre commence par les poèmes de Chigetsu Kawaï, épouse d'un commerçant, elle est  la soeur aînée du Haïjin Otokuni Kawaï. on ne connaît pas leur année de naissance et de mort.

Cette haïjin japonaise était disciple de Bashö, elle a souvent invité le maître dans sa maison, et l'a aidé au quotidien. Sa poésie est représentative de l'école de Bashö, pour des explications plus approfondies sur ce poète  ICI

 

Ces Haïkus "féminins" sont des réflexions quotidiennes sur la vie. Ils sont souvent  très pertinents avec un un humour décapant qui m'a beaucoup fait rire. Mais ils sont aussi très graves, quand il s'agit de parler de la maladie et de la mort.

 

Quelques Haïkus retenus au grè de cette lecture.

 

Chiegetsu Kawaï (vers 1640-1718)

12 haïkus présentés dont celui-ci :

Une pousse de bambou

si laide dans sa graine :

un guerrier en armure

 

Shizunojo Takeshita (1887-1951)

 

Je suis une femme

refusant obstinément

d'acheter le journal.

 

 

Un vague démon des livres

joue, ce soir

dans la sombre bibliothèque.

 

Kanajo Hasegawa (1887-1969)

 

Je pose une gentiane

sur la natte de jonc,

comme un homme.

 

Toshiki Tonomura (1908-2000)

 

Les bambous perdent

leur écorces...que dois-je enlever

pour guérir ?

 

Je comprends

qu'une fleur tombe,

en tombant malade.

 

Mizué Yamada (1926-)

J'attrape un escargot

qui m'a résisté

légèrement.

 

Hitomi Okamoto (1928-)

 

Porter le deuil

et mon dernier devoir d'épouse -

kimono d'automne.

 

Dans cette anthologie, il y a aussi un chapitre consacré aux haïkus de la bombe atomique qui malheureusement sont en résonnance avec l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

 

 Hiroshima :

 

Sous un soleil brûlant

je ramasse dans un seau

les os chauds.

Sumiko Tsujimura

 

Une petite fille

retourne avec force plein de cadavres,

cherchant sa mère.

Tokiko Takahashi

 

Je donne le sein,

brûlé par la bomba A,

à mon bébé, brûlé aussi.

Masako Kawakami

 

Nagasaki :

 

Les dépouilles de cigales aussi

seraient-elles brûlés par la bomba A ?

Terre et ciel silencieux.

Sueko Yoshida

 

La jeune fille souriait ce matin.

Ses habits d'été sont maintenant

imbibés de sang.

Sueko Yoshida

 

Ma maladie atomique

ne guérira jamais -

Clair de lune.

Ishi Funazu

 

Je vous invite vraiment à la découverte de cette anthologie. Ces haïkus sont des réflexions de femmes délicates, originales et  pertinentes. Un peu complexe à notre mentalité occidentale,  c'est néanmoins un vrai bonheur de lire et de méditer cette poésie.

Japon 2

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Publié dans Littérature japonaise

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La jeune fille suppliciée suivi de Le sourire de pierre

Publié le par Nina

ChallengeDragonFeu                    Challenge Dragon 2012 organisé par

La culture se partage

 

9782742763016FS

Ecrit par Akira Yoshimura

Edition Actes Sud : collection Babel / 141 pages : 2006

 

Le titre de ce livre avec cette magnifique photo conjuguée avec le thème de ces récits : ambiance japonaise garantie !!!

Le premier récit :

La jeune fille suppliciée sur une étagère :

Mieko vient de mourir. Au moment où sa respiration s'est arrêtée, ses sens se sont affutés. Elle peut voir et entendre tout ce qui se passe autour d'elle. Mieko est devenu un esprit.

C'est ainsi que l'ont suit Mieko qui raconte les derniers évènements de sa vie de « jeune fille morte » avant d'être incinérée.

C'est évidemment morbide, puisque Mieko est au première loge de sa propre mort. elle raconte tout. D'abord, l’indifférence et l'avarice de ses parents qui l'ont laissée mourir plutôt que d'appeler un docteur. La dissection de son corps que ses parents, sans état d’âme aucun, ont vendu à la science. Le comportement des hommes dont certains un peu voyeurs, quand ils vont regarder, évaluer puis découper cette jeune fille afin de prélever les parties demandés. « Et qui choque beaucoup l'esprit de Mieko ».

Cette nouvelle est écrite dans un style clair et vif. C'est réglé comme du papier à musique, on veut savoir la fin !!! Est-ce un rêve ? Il va se passer quelque chose de réaliste. Et bien non ! L'esprit de Mieko est toujours là. Au fil des pages, il raconte les différentes étapes de la transformation de son corps mort. L'irréalisme de cette histoire s'oppose à l'extrême réalité de la mort. La mort banalisée par le découpage d'un être humain pour les progrès de la science. La mort qui est un commerce comme un autre.

L'auteur a réussi la prouesse de faire de l'humour avec un sujet grave. Humour noir garanti. En effet, j'ai « presque ri » à certains passages comme celui où l'ont met les cendres de Mieko dans l'urne : « l'intérieur du vase était tiède et confortable. Certains os émettaient encore un bruit léger semblable au cri du ver de terre. » (extrait de la page 68).

 

Le 2ème récit :

Le sourire des pierres.

Ce récit aussi est sur le thème de la mort.

Enfant, Sone va vivre une période traumatique avec le suicide de son père et de sa maitresse. C'est lui aussi qui va découvrir le cadavre d'une jeune femme qui s'est suicidé dans le parc ou il jouait avec ses copains. Ces morts étranges vont laisser un certain marque indélébile dans le cerveau du jeune garçon.

Un jour, Eichi reconnaît Sone son ami d'enfance sur le campus de son université. Il est content de retrouver ce copain dont il avait perdu le contact, depuis les problèmes de sa famille. Eichi lui demande de ses nouvelles, ce premier contact est un peu froid mais il en amène d'autres. Jusqu'au jour où Sone fait une étrange proposition à Eichi. Et c'est ainsi que le jeune homme comprend que son ami est hanté par la mort et par le suicide d'une façon irrémédiable.

Un récit fascinant, qui permet d'aborder certaines coutumes liés à la mort, qui parle des cimetières japonais.

J'ai aimé une nouvelle fois l'écriture de Akira Yoshimura qui m'avait déjà beaucoup impressionné avec son roman "Liberté conditionnelle".

Japon 2

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Publié dans Littérature japonaise

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