Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : De page en page
  • : De page en page, j'aime aller à la rencontre des écrivains et franchir la porte de leur univers. J'aime échanger autour des livres et empêcher ainsi des romans de mourir trop vite perdus dans le tourbillon commercial de notre société de consommation.
  • Contact

Bienvenue sur mon blog !

 

index

Bonne rentrée littéraire à tous !

Rechercher

Je lis avec Babelio

masse critique

 

images.jpg

Archives

Je lis avec les éditions de L'Aube

colette.jpg

 

pianiste-afgan.jpg

 

Le site des éditions de L'Aube ICI

25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:19

marya une vie

Édition Stock : collection Cosmopolite : 2012 / 322 pages

 

L'héroïne de ce roman Marya Knauer fait parait-il écho à la vie de Joyce Carol Oates. On y retrouve des éléments biographiques de sa propre histoire comme le fait que Marya Knauer devienne écrivaine.

Ne connaissant pas assez la vie de cette écrivaine, je n'en dirais pas plus. Ce qui est certain c'est que ce livre est une véritable étude sociologique des classes défavorisées américaines dans les années 60.

Ce roman retrace la vie de Marya Knauer naît dans les quartiers pauvres de Canal Road entre Innisfail et Shaheen Falls. Orpheline de père et abandonnée par sa mère, Marya et ses deux frères sont recueillis par un oncle et une tante.

Marya grandit dans un milieu social défavorisé violent et insécure. Dés son plus jeune âge, elle subit des violences et le harcèlement sexuel de son cousin. La jeune fille se forge une carapace, apprend la solitude, à ne compter que sur elle et se montre extrêmement douée à l'école. Le curé de la paroisse, le père Shearing devient son guide intellectuel, il lui fait découvrir la littérature, lui prête des livres. Son personnalité s'affirme, son orgueil est sa force, elle cultive sa différence. Quand Marya s'oppose au destin sans surprise qui est réservé aux femmes de sa communauté, c'est à dire se marier et avoir des enfants, elle va être victime de manipulation. Son départ à l'université se fera quand même mais dans une extrême violence, que l'auteure va juste suggérer en fermant ce chapitre par une ellipse.

A l'université, Marya découvre une autre forme de violence, celle qui oppose les classes sociales dominantes aux classes défavorisées. Il va lui falloir une bonne dose de courage pour affronter ce milieu radicalement opposé au sien. Les étudiants boursiers n'ont droit qu'à d'excellents résultats sinon ils sont radiés de l'université. Marya est d'une exigence obsessionnelle et ne s'autorise aucune faiblesse pour avoir les meilleurs résultats.

A force de travail acharné, Marya devient professeur d'université et une écrivaine reconnue. Dorénavant, elle sait qu'elle n'a plus sa place dans son milieu d'origine, mais est-elle vraiment à l'aise dans ce milieu intellectuel et bourgeois. Elle est, là aussi, différente et reste toujours un peu en marge. Marya, jeune belle et douée, devient la maîtresse d’éminents intellectuels mais dont elle ne pourra jamais devenir l'épouse. L'attitude du concierge de l'université qui à des tendances perverses s'occupe aussi du ménage de son bureau et  déstabiliser Marya plus que de raison, ce qui permet d'analyser à quel point son enfance victime de violence n'est pas guérie. Marya est une résiliente comme disent les psys aujourd’hui, mais quelle dose de courage et de sang froid pour en arriver là.

"Marya, une vie" pourrait porter aussi ce titre : "Marya et la dureté de la vie".

L'héroïne de ce roman donne à cette histoire une touche résolument féministe comme on peut en juger dans cet extrait :

L'une des jeunes femmes avec qui elle était devenue amie se plaignait amèrement de ce que, malgré ses nombreux diplômes et prix universitaires, malgré sa nomination prochaine à Stanford, sa famille, sa mère en particulier, semblait attendre uniquement la nouvelle de son mariage. Rien d'autre ne semblait avoir d'importance ni de signification. (extrait de la page 220).

J'ai adoré le thème de ce roman et le personnage de Marya, mais je suis un peu déçue par le nombre d'ellipses. Elles empêchent une meilleure compréhension sur des évènements pourtant majeurs.

J'ai préféré l'ampleur des romans comme "Nous étions les Mulvaney", "Les chutes" et "Eux"

D'autres blogs qui parlent de ce livre : MattooBlog Claudialucia

Oates.jpg

Joyce Carol Oates

Repost 0
21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 10:24

images.jpgcoeur_72.gif

Edité chez Robert laffont :2012 /339 pages

 

Déjà lu :

Le jeu de l'ange

L'ombre du vent

 

Les romans de Carloz Luis Zafon fleurissent sur les étals des librairies, ce qui veut dire qu'il a définitivement réglé les problèmes de droit avec ses éditeurs.

"Le jeu de l'ange", "L'ombre du vent" et "Le prisonnier du ciel" sont des romans qui s'entrecroisent dans l'univers littéraire du cimetière des livres oubliés. Ces livres peuvent être lus dans n'importe quel ordre. c'est ce que nous explique l'auteur au début du livre.

Il me semble pourtant que "Le prisonnier du ciel" est le 3ème tome de ce cycle. Il fait référence au passé des personnages principaux c'est à dire la famille Sempere et leur librairie, on reparle des écrivains Julian Carax et David Martin sans oublier Barcelone et le sublime cimetière des livres oubliés. 

Cette nouvelle aventure prend ses sources une nouvelle fois dans la librairie Sempere où un inquiétant personnage vient acheter un exemplaire du roman « le comte de Monté-Cristo ».

Ce roman va être le déclencheur de nouvelles aventures toujours étranges et mystérieuses teintées d'un style résolument gothique comme à chaque fois. Les drames du passé refont surface, ils ont pris leur source en  1939, dans les cachots de la prison de Montjuïc dont les tours dominent Barcelone, point de départ de cette aventure.

La littérature, les écrivains et le roman "Le Comte de Monté-Cristo" servent de fil conducteur à cette fascinante histoire. A la manière du roman de Dumas, c'est la vengeance et un secret révélé qui en sont les thèmes moteurs. Mais cette fois-ci l'auteur laisse le caractère fantastique de ses autres romans pour donner une touche plus politique à cette histoire. Cette descente aux enfers n'a rien d'irréelle, c'est le sordide décor de la prison de Montjuïc sous Franco. Zafon à sa manière rend hommage à tous les écrivains qui y ont croupi dans des conditions déplorables, sous la coupe de gardiens tortionnaires, sous principe que leurs écrits n'étaient pas conformes aux idées du régime en place.

Et pour tous celles et ceux qui n'ont pas oublié "l'ombre du vent",  l'écrivain maudit Julian Carax est toujours vivant  la preuve !! 

J'ai toujours su que je reviendrais un jour dans ces rues pour raconter l'histoire de l'homme qui avait perdu son âme et son nom dans les ombres de cette Barcelone immergée dans le trouble sommeil d'un temps de cendres et de silence. Ce sont des pages de feu écrites dans les tréfonds de la ville des maudits, des mots gravés dans la mémoire de celui qui est revenu d'entre les morts avec une promesse clouée en plein cœur et au prix d'une malédiction. Le rideau se lève, le public se tait et, avant que l'ombre qui plane sur son destin descende des cintres, un essaim d'esprits blancs entre en scène, la comédie aux lèvres, avec cette bienheureuse innocence de quelqu'un qui, croyant que le troisième acte est le dernier, vient nous narrer un conte de Noël sans  savoir qu'arrivé à la dernière page l'encre de son souffle t'entraînera lentement et inexorablement au cœur des ténèbres. (Julian Carax, le prisonnier du ciel. Éditions de la Lumière Paris 1992)

l-ombre-du-vent.jpgle-conte-de-monte-cristo.jpg

Repost 0
19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 21:44

Un film à voir absolument !

65098

Film saoudien réalisé par Haïfaa al-Mansour

Il faut aller voir ce film, il est magnifique !!

Comment un simple vélo peut devenir un symbole de  liberté et un moyen de dire non aux dictats imposés par l'intégrisme religieux ? C'est ce que nous raconte avec beaucoup de finesse et d'intelligence la réalisatrice de ce film avec son héroïne Wadjda, une petite fille de 12 ans qui a follement envie d'un vélo comme celui de son copain Abdallah et rêve de faire la course avec lui.

Le film nous entraîne dans les quartiers populaires de la banlieue de Riyad. Là, vit la petite Wadjda auprès de sa mère délaissée par son mari qui décide de prendre une co-épouse. L'intégrisme religieux condamne les femmes à la soumission aux hommes, à la réclusion dans leur maison et leur impose de sortir complètement voilées. Wadjda a 12 ans, elle bénéficie encore d'un peu de liberté mais certaines de ses copines à l'école coranique sont déjà mariées.

Comment trouver l'argent pour s'acheter un vélo ? C'est la principale préoccupation de la petite Wadjda qui sait pourtant qu'il est formellement  interdit de monter sur un vélo quand on est une fille. 

Wadjda s'oppose à sa mère et même aux professeurs de l'école coranique. Ces enseignantes sont, sans le vouloir, des femmes complices des intégristes religieux, parce qu'elles instaurent le même climat de violence et de terreur envers ces jeunes filles, tout comme  les hommes le font avec les femmes.

le personnage de Wadjda est formidablement interprété par la jeune actrice Waad Mohammed, qui a su jouer à la fois toute la pétillance de la jeunesse et la retenue imposée par l'intégrisme religieux. J'ai aimé aussi le rôle de son ami Abdallah interprété avec beaucoup de finesse et de gaieté par le jeune Abdullrahman Al Gohani

wadjda_14_large.jpg

Haïfaa al-Mansour est la première réalisatrice saoudienne dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de rentrer dans une salle de cinéma, ni de conduire et de faire du vélo........

Ce film est une véritable prouesse parce que le tournage fut long est difficile, comme nous l'explique la réalisatrice dans différents articles que l'on peut lire dans les journaux et sur internet.

Ce film a reçu de nombreuses récompenses et d'excellentes critiques mais la  véritable récompense du travail de Haïfaa al-Mansour c'est d'être nombreux à aller voir son film. 

 

Un article intéressant sur les Clés de l'actualité qui explique le film à des enfants ICI

Velo.jpg

Repost 0
Published by Nina - dans Films
commenter cet article
14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 23:08

DSCN0196

J'ai été  taguée par Littérama qui l'a été par Natacha qui a été taguée par Voyelle..........

Histoire-litteraire

Voilà un tag sympa !! je me suis bien amusée à fouiller dans mes bibliothèques pour trouver des titres qui correspondent aux questions.

Voilà mes réponses :

Décris toi ? Blonde (Carol Oates)

Comment te-sens-tu ? La pleurante des rues de Prague (Sylvie Germain)

Décris où tu vis actuellement : D'où je suis je vois la lune (Maud letheilleux)

Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ? Du côté de chez Swann (Proust)

Ton moyen de transport préféré : L'herbe des nuits (Patrick Modiano)

Toi et tes amies vous êtes : Debout sur la terre (Nahal Tajadod)

Comment est le temps ? Couleurs de l'invisible (Sylvie Germain)

Ton moment préféré ? La naissance du jour (Colette)

Qu'est la vie pour toi ? Désirs et réalités (Nancy Huston)

Quelle est le meilleur conseil que tu as à donner ? Partages (Gwenaëlle Aubry)

Ta peur ? L'ignorance (Milan Kundera)

Ta pensée du jour ? Extension du domaine de la lutte (Michel Houellebecq)

Comment aimerais-tu mourir ? Soudain dans la forêt profonde (Amos Oz)

La condition actuelle de ton âme ? Maudit Karma (David Safier)

Je tague Denis si ce n'est pas déjà fait......

Découpe 6

Repost 0
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 21:58

rentrée littraire 2012

 

 

coeur_72.gif

Deville

Edition Seuil : 219 pages / 2012

Prix Fémina 2012

Photo1260.jpg

Patrick Deville faisait partie des invités de Sylvie Germain pendant la manifestation littéraire à Guéret les rencontres de Chaminadour.

Patrick Deville est un "écrivain voyageur". Il a créé en 1996 le « Prix de la jeune littérature latino-américaine » et la revue "Meet" éditée par  la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint Nazaire, dont il est aujourd’hui le directeur littéraire. Le site ICI (extrait de Wikipédia).

La rentrée littéraire 2012 a fait la part belle à son dernier roman "Peste & choléra" qui a été en lice dans beaucoup de sélections de prix littéraires.

A Guéret, pendant la conférence sur les personnages, Patrick Deville nous a confié qu'il avait plein d'amis morts à sa naissance ! Nous comprenons ainsi son intérêt pour les personnages historiques "qu'il aime extraire du passé" pour les ramener au présent et en faire les héros de ses romans.

Peste & choléra raconte l'histoire D'Alexandre Yersin. Ce scientifique, disciple de Pasteur, est un parfait inconnu pour la plupart des français alors qu'il est célèbre dans beaucoup de pays et surtout au Vietnam, où on le considére comme "un bouddha vivant".

Toute sa vie Alexandre Yersin a voyagé. Ses travaux ne se faisaient pas qu'en laboratoire. Il a d'abord travaillé à Paris auprès de Louis Pasteur.  Mais pour isoler le bacille de la peste, Yersin a suivi l'évolution de la maladie à Hong Kong en pleine pandémie. L'histoire de cette découverte est rocambolesque, parce que Yersin n'a pas les moyens de travailler à cause des scientifiques anglais et japonais déjà sur le terrain. Il est obligé d'installer son laboratoire dans une paillote près de l'hôpital, il a même été obligé de voler un cadavre pour pouvoir faire ses expériences !! Sa découverte le rend célèbre. Il n'aura plus besoin d'user de ce type de pratique pour travailler.

Alexandre Yersin n'aime pas les mondanités et les honneurs. Il a un caractère indépendant et solitaire. Est-ce à cause de cela que la bactérie responsable de la peste fut d'abord appelée "Pasteurella Pestis" avant d'être nommée en hommage à celui qui l'a découvert, Yersinia Pestis ?

 Alexandre Yersin n'aimait pas les honneurs, mais il savait qu'il était un chercheur qui a marqué son époque et pour cela, il aurai bien voulu recevoir le prix Nobel, il l'aurait d'ailleurs bien mérité.....

Pour écrire ce livre, Patrick Deville a vécu une longue immersion dans d'innombrables archives dont celles conservées par l'institut Pasteur. Après avoir remué ce passé de papier, l'écrivain a emboîté le pas de son personnage. Une centaine d'années sépare le chercheur et "le fantôme du futur" comme se nomme Patrick Deville dans sonroman.

Je ne pensais pas que ce roman allait me plaire, le thème étant très scientifique, pourtant  j'ai été happée par cette histoire et j'ai apprécié le style. 

Patrick Deville a un style très dynamique teinté de pas mal d'humour,  son écriture s'accorde magnifiquement avec son personnage, ce très atypique Alexandre Yersin ! On se prend très vite d'affection pour cette sorte de Géo Trouvetou qui était à la fois docteur, chercheur, botaniste, éleveur de poules, chasseur de papillons, explorateur de terres inconnues, agriculteur..... Il fut aussi le premier producteur de caoutchouc pour les usines Michelin, c'est ainsi d'ailleurs qu'il s'est enrichi et a pu financer ses expériences et ses recherches.

En plus de tout cela Alexandre Yersin était profondément humaniste. Il soignait le plus souvent gratuitement  parce qu'il était convaincu qu'un docteur ne devait pas être payé pour soigner.

Alexandre Yersin détestait la politique, il était beaucoup trop humaniste. A sa mort en 1943, Patrick Deville souligne qu'une peste brune est en train de s'abattre sur l'Europe,  mais "cette pandémie" là n'a pas encore trouvé son vaccin et  en 1947, 4 ans après la mort de Alexandre Yersin,  Albert Camus publiait son roman "la Peste".......

 

Yersin.jpgyersin2.jpg

Ce n'est pas une vie que de ne pas bouger (Alexandre Yersin)

Repost 0
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 00:05

  sylvie-germain.jpg

 

L’Académie française (29 votants), dans sa séance du jeudi 24 janvier 2013, a procédé à l’élection au fauteuil de M. Pierre-Jean Rémy (Fauteuil 40).

Il y avait six candidats en lice et Sylvie Germain en faisait partie.

Les voix obtenues après quatre tours de scrutin sont les suivantes :

  • Mme Linda Bastide : 1, 0, 0, 0
  • M. Michel Borel : 0, 0, 0, 0
  • M. Michel Carassou : 0, 0, 0, 0
  • M. Yves-Denis Delaporte : 0, 0, 0, 0
  • Mme Sylvie Germain : 11, 11, 13, 12
  • M. Alain-Gérard Slama : 9, 9, 7, 5

On peut remarquer que Sylvie Germain a été en tête lors des quatre tours de l'élection. Il faut avoir 15 voix pour devenir Immortelle et Sylvie Germain à 2 voix près n'a donc pas été élue. Les académiciens n'ont pas réussi à se mettre d'accord. L'élection a été déclarée blanche. 

C'est bien dommage ! Il aurait été vraiment intéressant pour l'Académie Française d'avoir dans ses rangs une écrivaine à l'oeuvre aussi riche et originale.

De plus les écrivaines ne sont pas très bien représentées dans cette illustre institution, pour le moment elles sont  4 femmes pour 35 hommes.

Il va falloir attendre la prochaine élection......

En attendant je vous laisse avec des idées de lecture pour découvrir l'oeuvre de Sylvie Germain.

9782070388813tn.gif9782226188427.jpgsylvie-germain-4.gifsylvie-germain-5.gif

sylvie-germain.gifsylvie-germain-3.gifles couleurs

Repost 0
3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 23:18

hexa.jpg

Ecrit par Yoka Ogawa et édité par Actes Sud : 2004 /109 pages

 

Cette nouvelle est tout aussi insolite et surprenante que "l'annulaire" lu il y a quelques mois. Cette auteure a une imagination fascinante et sa manière de raconter montre une belle maîtrise de l'écriture.

La petite pièce hexagonale est un endroit insolite qui offre la possibilité de parler, de raconter et surtout de s'adonner à cet exercice seul.

L'héroïne de cette aventure  découvre cette étrange "pièce à raconter" par hasard, presque guider vers cet endroit par un enchaînement d'évènements qui n'ont rien d'insolites mais qui sont pourtant difficilement explicables.

"Le hasard et la destinée sont-ils des mots contradictoires ? C'est un problème auquel je réfléchis beaucoup ces derniers temps. On entend souvent parler d'histoires où une simple coïncidence a provoqué un grand changement dans une destinée."(extrait de la page p.64)

Comment fonctionne cette pièce ? Quel est l'intérêt de s'y enfermer pour parler et pour raconter quoi ? Voilà les questions que se pose notre héroïne à ceux qui s'en occupent.

"- Cette colonne hexagonale est la petite pièce à raconter, n'est-ce-pas ? Alors qu'est-ce qu'on y fait dedans ?

 - On y raconte bien sûr, répondit-il tout net, sans rien y ajouter.

 - Ce que l'on aime ce que l'on déteste, ce que l'on cache au fond de notre coeur ou ce que l'on n'arrive pas à cacher,  ce qui nous embarrasse, nous réjouit, des histoires du passé ou de l'avenir, la vérité ou n'importe quoi, tout est possible. On dit ce que l'on a envie de dire à ce moment-là." (extrait de la page 49)

Comme tous ces gens qui rentrent dans ce lieu propice à se livrer notre héroïne va elle aussi tenter l'expérience.

"Quand je sortis de la petite pièce à raconter, je sentis aussitôt que la teneur de l'atmosphère avait changé. Comme si la membrane qui m'avait entourée jusqu'alors, brusquement desséchée, tombait en poussière. Je pris de l'argent dans mon porte-monnaie, le déposai dans la coupelle en verre."(p 71)

Yoko Ogawa se sert de certains symboles liés à la psychanalyse pour mettre en place cette histoire. J'ai trouvé judicieux le fait qu'il n'y a ni docteur ni divan. Apprendre à se libérer seul de ses fardeaux grâce à la parole est me semble t-il le thème central de cette nouvelle, mais je ne m' hasarderais pas à des analyses poussées sur le sujet parce que même si j'ai vraiment apprécié ce livre, ce qui m'a un peu ennuyée, c'est que ne connaissant pas vraiment l'univers de la psychanalyse, il me manque des éléments pour comprendre tout le symbolisme qui en illustre cette histoire. Et peut-être aussi un manque de connaissance de la culture japonaise sur ce sujet.

Je vous invite malgré tout à lire ce roman original qui incite à la réflexion........

index.jpg

Repost 0
15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:28

 

Colette1.jpg

Challenge Colette organisé par "Le bruit des pages"

 

Colette 4

 

Avant-propos de Guy Martin

Présentation de Gérard Bonal et Frédéric Maget

Edité aux éditions L'Herne : 2011 / 97 pages

 

Les Carnets de L'herne  se composent de textes rares et précieux, courts et radicaux, inédits ou disparus, des penseurs et écrivains les plus importants de notre siècle. Ils ouvrent un accès direct aux réflexions aussi bien qu'aux fictions de ces auteurs qui ont formé la pensée et la littérature contemporaines. (extrait du site des éditions de l'Herne )

Colette fait partie de ces écrivains qui ont donné une certaine envergure, une richesse à la littérature française, elle a donc sa place dans le catalogue des Editions Lherne.

Ce recueil présente des extraits d'articles que Colette a écrit dans le magazine Marie-Claire à partir de 1939. Elle a participé à 5 numéros dont le 100ème, le 27 janvier 1939.

L'article "J'aime être gourmande" écrit pour ce fameux 100ème numéro, permet de se représenter la véritable personnalité de Colette. Elle raconte ce qu'elle aime manger, et on peut facilement imaginer le bonheur de s'asseoir à sa table pour l'écouter et déguster selon Colette, la bonne nourriture, la vraie celle qui vient de la nature et du travail des hommes.

On nait gourmet. Le vrai gourmet est celui qui se délecte d'une tartine d'une tartine de beurre comme d'un homard grillé, si le beurre est fin et le pain bien pétri. (...) En fait de "plats préférés", je préfère... tout ce qui est bon, tout ce qui fait, de l'heure des repas, une petite fête des papilles et de l'esprit (p.12)

Cet article est une véritable leçon de vie, que je vous conseille de lire si vous êtes en panne d'imagination pour vos repas !!

Les articles suivants présentes d'autres sujets comme les chats si aimés de l'auteure, mais aussi des faits divers, sa rencontre avec des gens célèbres.....

Dans ce recueil on retrouve à chaque page l'écriture pétillante de Colette qui nous permet d'oublier la grisaille de nos journées d'hiver. A lire donc !

images-copie-2.jpg

Repost 0
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 21:57

  tag.jpg

 

Ce tag m’a été proposé par Anis alors je me lance........

 

1)      Es-tu une acheteuse compulsive de livres ?

Oui j'avoue que je suis une acheteuse un peu compulsive mais juste quand je vais dans les salons du livre comme celui de Paris, quand je vais à une manifestation littéraire ou bien dans les librairies des musées nationaux. Là j'ai du mal à résister. Sinon je suis très raisonnable.

2)       À quelle fréquence achètes-tu tes livres ? Je travaille dans une bibliothèque et je suis responsable du secteur romans adulte et jeunesse, j'ai le choix  !!  Mais j'achète des livres quand même. J'achète les livres de mes auteurs favoris comme Sylvie Germain, Colette, beaucoup de littérature japonaise et j'adore les petits livres à 2 euros ça m'amuse d'en acheter.

  1. As-tu une librairie favorite ? Je suis sectaire !! j'achète essentiellement dans les librairies indépendantes. J'ai 2 librairies favorites dans ma ville, les deux seules qui sont encore indépendantes.

4) Fais-tu tes achats livresques seule ou accompagnée ? Ça dépend, mais souvent je suis toute seule parce que j'aime bien flâner dans les librairies à mon rythme.

5) Librairie ou achats sur le net ? Je vais toujours en librairie et sur le net pour des livres d'occasion comme les livres de Colette que je collectionne, ou bien les livres qui ne sont plus édités.

6) Vers quels types de livres te tournes-tu en premier ? Les romans d'abord mais de nombreux livres m'attirent, les biographies d'écrivains, les livres d'art.......

7) Préfères-tu les livres d’occasion, neufs, ou les deux ? J'aime les deux. j'aime feuilleter un vieux livre dans sa 1ère édition, mais aussi ouvrir un roman neuf.

8) Qu’aimes-tu dans le shopping livresque ? J'aime plus que tout les librairies qui proposent d'immenses rayonnages de livres, avec des étages, des coins et recoins, où il faut un peu de temps pour se repérer. Il y a des librairies qui ont un côté caverne d'Ali Baba et j'adore faire mon shopping livresque dans ces lieux : exemples : la librairie Page et Plume à Limoges, la librairie les Ombres Blanches à Toulouse.

9) Te fixes-tu une limite d’achats par mois ? Je suis obligée parce que je ne suis pas riche !!

10) À combien s’élève ta wish-list ? Je ne sais pas !!! Je note des titres de livres sur des carnets depuis très longtemps, je dois même avoir des carnets qui ont 20 ans, ils sont posés dans un panier. Mais c'est plus un TOC qu'autre chose parce que je ne m'en sers pas.....

11) Cite trois livres que tu veux TOUT DE SUITE ! Je voulais absolument Peste et choléra de Patrick Deville parce que je participe à une lecture commune le 11 janvier et aussi « Lettres à Colette de Sido sorti pour Noël, mais quelle chance le Père Noël me les a emmenés tous les 2 !! et je veux « Japon de Albert Londres » que je vais aller m'acheter très vite !!!

12) Précommandes-tu tes livres ? Je l'ai fait qu'une fois pour un Harry Potter pour ma fille mais je ne l'ai plus fait, il me semble que c'est du marketing rien de plus.

13) Pourquoi un tel pseudo/nom de blog ? Je n'ai pas trop réfléchi, j'ai mis Nina qui est le pseudo que j'utilise sur Internet parce que j'ai découvert ce prénom en lisant Nina Berberova. J'aurais pu choisir Colette ou Bel Gazou mais ces prénoms sont pour moi trop connotés.

14) Parle-nous de ton prof préféré. Mon professeur de lettres en 4ème. J'ai eu un accident de voiture et pour éviter de mettre des broches à mes fractures, ma jambe droite avait besoin d'être immobilisé, je suis donc restée allongée pendant 3 mois. Ma prof venait souvent me porter des livres de sa bibliothèque personnelle j'ai lu les sœurs Brontë, Balzac, Pierre Loti, Zola.... Des livres reliés cuir que je lisais avec beaucoup de fierté et en faisant très attention de ne pas les abîmer. Jamais elle ne m'a demandé si je trouvais ces livres difficiles. Elle me disait juste que les livres pouvaient être lu plus tard à d'autres moments. Je me souviens de lui avoir rendu certains livres sans les lire comme « La duchesse de Langeais » je l'ai lu à l'âge adulte. C'est peut-être pour cela que je n'aime pas les romans calibrés pour un âge déterminé,

15) Quel est ton endroit préféré au monde ? J'aime bien la ville où je vis sinon j'adore aller à Pontaillac près de Royan. C'est un lieu privilégié pour moi car je peux nager, marcher et lire toute la journée avec la mer toujours à côté.

16) Parle-nous de ton premier concert ! Je me souviens c’était le groupe Ange !!!!

17) Un endroit que tu aimerais visiter ? Le musée et la maison de Colette à Saint Sauveur en Puisaye.

18) Parle-nous de quelque chose qui te rend complètement folle en ce moment ! Pas folle mais qui m'agace ce sont Les hommes politiques ! Beaucoup trop d'ego et pas assez d'humanisme pour comprendre que le système où nous vivons fout en l'air trop de personnes, de familles, de jeunes........

  1. Si tu pouvais posséder instantanément quelque chose, rien qu’en claquant des doigts, ce serait quoi ? Une baguette magique !

  2. 20) Qui tagues-tu ? Je laisse le stylo à tous ceux qui ont envie de faire ce tag........

cahier.jpg

Repost 0
Published by Nina
commenter cet article
6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 10:00

rentrée littraire 2012

certaines-n-avaient-jamais-vu-la-mer-copie-1.jpg

Edition Phébus / 139 pages : 2012

 

Ce roman raconte l'exode silencieuse et cruelle de femmes japonaises vendues par leurs familles à des japonais immigrés aux Etats-Unis, en mal d'épouse mais aussi de main d'oeuvre solide et discrète.

Nous sommes au début du XXème siècle,  cette histoire commence sur le bateau qui emmène la jeunesse et les rêves de pauvres jeunes filles dont certaines sont à peine sorties de l'enfance. Ces innocentes fiancées vont débarquer dans un pays inconnu mais qu'elles ont fortement fantasmé. Pour cela, ces "épouses par correspondance" ne disposent que d'une photo de leur futur mari comme preuve d'un futur bonheur, mais on leur a aussi raconté de belles histoires à l'eau de rose qui les ont aidées à quitter leur pays. A l'arrivée, elles ont fait la connaissance de leurs futurs époux et le rêve est devenu pour la plupart un cauchemar.

Julie Otsuki est une descendante de ces femmes japonaises venues en Amérique, c'est pour cela qu'elle a eu envie d'écrire ce livre qui est une forme de recueil de toute la douleur de ces femmes. Pour que l'on puisse  les entendre toutes et pour leur donner à toutes la parole, l'écrivaine a choisi l'emploi du "nous".  Ce "nous"  comme un seul et immense cri de douleur est judicieux, pourtant j'ai trouvé à la longue ces énumérations un peu lassantes. J'aurais aimé que les voix qui sortent de l'ensemble pour raconter des bribes de leur histoire personnelle se confient un peu plus. Parce que je me demande vraiment comment ces femmes ont pu survivre à des conditions de vie aussi inhumaines. Quels sont les réseaux d'entraide qui ont permis de les intégrer, puisque il y a eu intégration. Et puis beaucoup d'autres questions restées sans réponse.

Des sites racontent l'histoire de ces femmes asiatiques (Corée, Chine et Japon) appelées "picture brides" que l'on peut traduire par "jeune mariée en 'image" la plupart sont en anglais.

un site français raconte l' immigration japonaise aux Etats-Unis  : Ici

L'article de la quinzaine littéraire est remarquamblement bien documenté à lire ICI

japon-2.jpgJapon.jpg

J'ai trouvé quelques photos sur Internet. Il y a aussi  un film qui retrace l'histoire de ces femmes.

4ad1c0d255fc1.jpg

Film sorti en 1994 réalisé par Kayo Hatta

Synopsis du film Picture Bride

Jeune Japonaise, Riyo part en 1918 à Hawai, en vue de son mariage arrangé par correspondance avec Matsuji, ouvrier dans une plantation de cannes à sucre. Mais elle ne trouve pas le paradis qu'elle s'imaginait quand elle entame sa première année à la plantation. Heureusement, une amitié nait entre elle et une mystérieuse femme.
J'ai beaucoup aimé l'article d'Anis, je vous invite à la lire ICI
Repost 0

Mes auteurs favoris