Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

litterature americaine

Corps et âme : l'enfant prodige

Publié le par Nina

corps ame

     Edité chez Gallimard en collection Folio / 682 pages 

 

coeur_72.gif

 

Franck Conroy est un auteur qui me semble peu connu en France, j'ai relevé ce titre en regardant l'émission littéraire "la grande libraire"  : Corps et âme était le coup de coeur d'un libraire, il est devenu le mien!

Un roman que je conseille vivement.....

Claude Rawlings est un gamin des quartiers pauvres de New-York. Sa mère l'enferme à double tour dans leur petit appartement pour aller travailler. Elle est chauffeur de taxi. Claude est un enfant docile, il regarde par le soupirail les pieds des passants, une vision bien restreinte du monde. Mais les journées de Claude s'éclairent le jour où il découvre un autre univers. Dans un recoin de sa chambre, un étrange piano blanc avec un miroir trône là, presque enseveli sous une pile de livres et de partitions. Claude a une véritable attirance pour cet instrument. Il pianote et tente de comprendre comment il fonctionne. Il découvre les sons, se pose des questions en regardant les touches  : Le piano représentait une énigme. Pourquoi y avait-il des touches noires et pourquoi étaient-elles disposées ainsi, par groupes de deux ou trois ? (extrait page 30)

C'est l'école qui va sortir Claude de son isolement, pas le lieu en lui-même, Claude n'aime pas aller en classe, il est trop différent des autres enfants.  Par contre, le chemin de l'école est une source de découvertes qui enchante le petit écolier et surtout la vitrine d'un magasin de musique.  Jusqu'au jour où Claude s'arme de courage et ouvre la porte du magasin. Il ne sait pas encore qu'il vient de franchir un univers qui va transformer sa vie......

Avec ce roman, Franck Conroy met en lumière la musique mais aussi tout le travail des musiciens. Parce que la musique s'est aussi l'histoire des hommes qui la jouent et qui créent son incroyable diversité. La musique est née avec les hommes, elle est le reflet de leur vie, de leur passion et de leur lutte. Franck Conroy nous fait découvrir à travers des portraits de Jazzmen noirs dans le New-York des années 40, leur lutte pour faire accepter leur différence. Ce combat quotidien se superpose à celui  du jeune Claude Rawlings qui va devoir lutter pour devenir un pianiste extrêmement brillant et reconnu. En effet, le milieu de la haute bourgeoisie New-yorkaise  n'apprécie guère les origines pauvres du jeune homme.  En fréquentant les musiciens de jazz, Claude Rawlings se promène dans des univers musicaux différents du sien. Grâce à ses origines modestes et à son amour de la musique,  le jeune musicien n'a pas de préjugés ce qui lui permet de marier les différents courants musicaux et de renforcer sa personnalité artistique. Créer des liens avec la musique est plus facile à Claude Rawlings que de le faire avec les hommes !

Tout au long de ce roman, on rencontre de magnifiques portraits d'hommes et de femmes qui ont tous été malmenés par l'histoire :  la guerre, l'antisémitisme, la ségrégation raciale, sans oublier l'éducation restrictive des femmes. Et aussi des pages sur la musique et les musiciens qui donnent vraiment envie d'écouter toutes ces musiques.

Le livre s'ouvre sur cette citation :

L'héritage qui t'est venu de ton ancêtre. Il te faut l'acquérir pour le mieux posséder. Goethe, Faust

Parce que dans ce livre il est aussi question de l'hérédité.......

images.jpg

Partager cet article
Repost0

Sunset Park

Publié le par Nina

sunset-park.jpg

Actes Sud / 2011

 

Sunset Park est un roman social, il symbolise notre époque. Même si c'est de l'Amérique qu'il est question, il me semble que l'on peut retrouver ces problèmes de société dans tous les pays actuellement.

Le personnage principal "Miles" donne le ton d'entrée de jeu, il prend en photo les maisons vidées de leurs occupants à cause de la crise des subprimes. L'Amérique est en crise, l'argent est dans les mains des spéculateurs et on se débrouille comme on peut pour garder un peu diginité.

Crise du logement, crise de couple, crise familiale, crise sociale : le monde est en crise. Les personnages de ce roman se débattent, trouvent des idées pour vivre autrement. Paul Auster nous donne ainsi des exemples de vies dans ce pays où le rêve américain est devenu un cauchemar. Le roman prend de l'ampleur, quand Miles rencontre des problèmes graves dans sa vie, et s'en va rejoindre son ami Bing pour vivre dans un squatte avec Alice et Ellen. Cette maison abandonnée va leur donner un peu de temps pour refaire surface. Ces personnages sont en situation de repli, ils n'ont pas d'argent mais il ont aussi tous des failles, des traumatismes liés à leur passé. Ces secrets bien gardés au fond d'eux, montrent à quel point, ne pas montrer, ne pas dire les problèmes, par peur des réactions est bien plus destructeurs que d'en parler.

Paul Auster aborde tous les sujets sociaux qui traversent notre vie actuelle avec beaucoup de justesse : les projets professionnels qui deviennent compliqués à mettre en place, les études de plus en plus longues pour fuir le chômage, l'identité sexuelle, la vie de couple, le divorce, les familles recomposées......

J'ai par contre lu un peu en diagonale les pages qui parlent de Base-Ball ! Paul Auster rend  hommage à la littérature et pour cela parle des écrivains tout le long de son roman, il fait aussi passer des messages d'alerte au sujet des petites maisons d'éditions qui ne peuvent plus prendre de risque comme avant pour éditer certains livres à faible tirage. 

Paul Auster en profite aussi pour mettre en avant le P.E.N (ne pas confondre !) qui est un organisme qui prend la défense des écrivains emprisonnés qui n'ont plus le droit d'écrire et de publier. Je ne connaissais pas cet organisme, il mérite d'être un peu plus connu.

 

J'ai aimé cette histoire qui est une sorte de constat d'une époque qui se termine. Les personnages sont profondemment  attachants, et j'ai vraiment apprécié le style, un vrai régal. Paul Auster alterne les points de vue des personnages ce qui donnent une vision plus élargie des situations évoquées. Il y a des effets de style un peu complexes et très littéraires qui sont un vrai bonheur ! Par contre à un moment, Paul Auster utilise le "tu" pour raconter, heureusement ce n'est que pendant quelques pages, je crois que je ne serais pas capable de lire un roman qui utilise le "tu" en permanence.

disparition-de-hubert-nyssen-fondateur-des-editions-actes-s

Je publie la chronique de ce roman aujourd'hui 12 décembre, en hommage à Hubert Nyssen le fondateur d'Actes Sud qui nous a quittés le 12 novembre 2011. C'est  Denis, qui a eu cette belle idée : le 12 de chaque mois on peut publier un roman d'Actes Sud et ceci pendant un an en souvenir de cet amoureux des livres. .  

 

Partager cet article
Repost0

Stoner

Publié le par Nina

gen-thumbail.asp.jpg

John Williams : traduit de l'anglais par Anne Gavalda

Edition ; La dilettante / 2011 - 384 pages

 

 

J'ai découvert ce roman lors d'une visite en librairie, c'est le libraire qui m'en a fait « la réclame » !

Stoner : un livre inconnu jusqu'à ce jour en France, un roman culte aux Etats Unis comme « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur ». Ce roman date de 1965, il est réédité régulièrement mais jamais en France jusqu'à ce que Anne Gavalda en fasse la traduction. Ce livre a piqué ma curiosité et je l'ai rajouté à ma commande (j'étais en librairie en qualité de bibliothécaire et ça c'est le très très beau coté de ce métier!)

 

Avec un tel livre, l'auteur avait sûrement l'intention de vider son sac, de faire un portrait au vitriol du monde universitaire et de la vie sociale aux Etats-Unis dans les années 60. Parce qu'en fait c'est bien la vie de John Williams qui est raconté à quelques nuances près dans ce roman. (lu sur Internet)

Pour écrire cette satire, pour dire sans avoir l'air de le dire, John Williams a été judicieux, il a choisi son personnage principal précisément pour qu'il est le rôle de l'intrus et vienne bousculer les principes établis par une classe bourgeoise dominante. Stoner sera toujours le personnage "a contrario".

Ce roman raconte l'existence banale d' un petit professeur d'université mais dont le parcours tellement atypique le rend incroyablement intéressant et attachant, c'est là toute la force de ce livre.

Ce roman est construit autour du personnage central « Stoner » qui est l'image même du anti-héros. Son origine sociale, ses parents étaient des fermiers pauvres. Son mariage raté avec une femme de la bourgeoisie. Sa rigueur professionnelle et même son histoire d'amour avec une jeune professeure d'université. Toutes les étapes de la vie de Stoner vont permettre à l'auteur de nous faire une analyse au scalpel de cette époque.

La vie de Stoner est une véritable leçon de vie. En fait, cet homme est un pilier, personne n'a pu le faire changer et c'est pour cela qu'il a perturbé l'ordre établi. Stoner a essayé d'être le plus honnête possible, de tenir ses engagements pendant toute sa vie. Il a su refuser les propositions malhonnêtes, les petites magouilles de l'université et pour cela voir son avenir professionnel complètement fermé. Il a accepté son mariage et la haine grandissante de sa femme. Mais il a aussi attisé les jalousies en vivant une magnifique histoire d'amour loin de ce monde rempli d'artifices, de représentations sociales et de guerre de pouvoir.

Stoner c'est l'histoire d'une vie accrochée à des valeurs, une belle vie en somme.

Mon humble avis :

Il y a des livres qui nous font réfléchir, qui nous font grandir :  Stoner est de cela. 

index.jpg

Partager cet article
Repost0

Sukkwan island

Publié le par Nina

Sukkwan Island

Edition : Gallmeister : 2010 / 191 pages

Prix Fémina étranger 2010

 

Mais que d'éloges sur ce roman, j'avoue que cet enthousiasme me laisse vraiment perplexe !

Je n'ai pas du tout partagé cet engouement,  ce roman est certes bien écrit et sa trame est intéressante, mais pour moi c'est tout !

Je suis pratiquement certaine que cette histoire pourrait faire un bon film, parce que ce roman est écrit un peu à la façon d'un thriller, les éléments se mettent en place peu à peu pour créer une atmosphère angoissante. Le récit est court, l'écriture est précise et très imagée pour nous donner un maximum de renseignements sur le décor, l'ambiance et les personnages.

Alors que se passe t-il dans ce roman de tellement extraordinaire ?

Si on retire les belles pages qui racontent le décor splendide de cette île perdue en Alaska, les conditions de vie rudimentaire, les différentes travaux pour préparer l'hiver, il reste le huit clos entre un père et son fils qui ont décidé de vivre en quasi-autarcie sur cette île.

Au début, J'ai trouvé ce huit clos fascinant, surtout que l'on comprend vite que le père ne va pas très bien, même pas bien du tout. On sait qu'il est venu sur cette île pour redonner un sens à sa vie et renouer avec son fils dont il s'est éloigné depuis son divorce. On apprend un autre fait intéressant, cet adolescent n'avait pas envie de cette expérience qui est le projet de son père mais pas le sien. C'est la culpabilité, la peur de décevoir ses parents qui l'ont obligé à dire oui. Au rythme des jours qui passent, l'enfant comprend peu à peu ce que son père attend de sa présence, il a la lourde tâche d'aider son père à se reconstruire et à retrouver un certain équilibre de vie, et de ça il ne veut vraiment pas. On connait "le bébé médicament" mais dans ce cas là c'est "l'ado psy" qui doit écouter son père et subir ses névroses. 

Ce rêve de liberté ne peut que virer au cauchemar puisque la situation initiale est faussée. la relation père-fils devient difficile, la tension monte, on sait qu'un drame va se jouer, chaque page nous entraîne un peu plus loin dans la violence et la folie. J'avoue que là j'ai été presque conquise et puis à la moitié du livre tout se dégonfle à la vitesse d'un ballon de baudruche, et c'est le drame tant attendu !  C'est  tellement incroyable que  j'ai même hésité à continuer puisque la fin devient complètement prévisible. De plus, les quelques 100 pages restantes sont laborieuses, l'histoire perd peu à peu de sa consistance, elle s'enlise dans le morbide et le glauque pour s'éteindre lamentablement.

J'ai aimé les thèmes abordés dans la première partie du roman : la complexité des relations familiales, le regard et les  réflexions de l'adolescent sur sa famille et son sentiment de s'être fait manipuler, les interrogations de ce père en proie à un véritable mal-être, mais aussi le thème de l'île comme support à un retour au source. Tous ces éléments sont restés en surface, l'auteur soulève des problèmes et des interrogations mais ne les exploitera pas, et c'est bien dommage.

 

J'ai pris le temps de me promener sur le net, me voilà rassurée, il n'y a pas que de bonnes critiques, et celle de noirs desseins  m'a beaucoup plu. 

Alaska.jpg

Partager cet article
Repost0

La couleur des sentiments

Publié le par Nina

images-copie-1

coeur_72.gifKathryn Stockett : Editions Jacqueline Chambon

525 pages/ 2011  

   

Un roman poignant qui raconte avec beaucoup de délicatesse et d'émotion, la vie des femmes dans le Mississippi des années 60. Que l'on soit de race noire ou blanche, être une femme dans ces années là, c'est accepter d'être "programmée"  à la naissance  pour occuper une certaine place, assumer un rôle. Si après réflexion, ou par goût, vous aviez envie de vous écartez de cette route tracée au millimètre près par une société scrupuleuse du maintien de l'ordre, les représailles étaient sans appel.

Dans ces années-là à Jacskon, capitale de l'état du Mississippi, c'est l'élite blanche qui règne et qui décide de réinstaurer les pratiques de discriminations raciales pour maintenir un pouvoir absolu sur la population noire. Martin Luter king a déjà fortement influencé les esprits, mais ce sont les blancs qui détiennent l'économie et grâce aussi aux services du Ku Klux Klan, la peur rode et empêche les mouvements de révolte. Ces pratiques sectaires, on le sait, engendrent forcément de la violence, du mal-être et des envies de rébellion. C'est ce que nous explique avec beaucoup de finesse « la couleur des sentiments ».

L’héroïne de ce roman « Skeeter » dont la famille fait partie de l'élite blanche vit un peu en marge des autres filles de son âge : elle n'est pas encore mariée, n'a pas le physique conforme à l'époque, trop grande, trop mince...... et a envie de devenir écrivain. Une éditrice lui lance un défi qui s'avère être un « brûlot » : recueillir des témoignages et écrire sur la vie des bonnes dans les familles blanches de sa ville.

Tout au long de ce roman, on assiste à la naissance de ce livre, aux difficultés rencontrées pour l'écrire, aux témoignages des bonnes qui décident de parler malgré les menaces qui pèsent sur elles, aux tentatives de déstabilisation de ses "amies" qui visent à détruire psychiquement Skeeter, parce qu' on pense qu'elle trame quelque chose contre sa propre classe sociale.......

Grâce à sa courageuse héroïne Skeeter, kathryn Stockett a pu nous brosser un portrait réaliste de cette période. Nous sommes là au cœur même de la vie de ces femmes. On partage leur existence quotidienne à travers leur vie de couple, la vie sociale, l'éducation qui est donnée aux enfants selon leur naissance, dans un foyer noir ou blanc.... Et évidemment la place des sentiments qui sont inéluctables entre un enfant blanc et sa nounou noire mais complètement occultés par les familles blanches.

Ce livre est aussi la rencontre entre deux mondes complètement séparés qui se côtoient pourtant au quotidien, car l'un est au service de l'autre. Deux mondes qui ne se rencontrent pas, car vivant chacun avec sa haine et ses préjugés.

Même si on connait cette période de l'histoire, ce roman m'a fait souvent frissonner et grincer des dents devant la violence et l'horreur de telles pratiques, de telle croyances.

 

Un film tiré de ce livre est sorti le 12 août en France dans ma ville pas encore.......

affiche_couleur_des_sentiments.jpg

Partager cet article
Repost0

Les chutes

Publié le par Nina

 

 

Les chutes Oates

 

Editions Seuil : collection Points / 2006 : 551 pages

Ce roman a reçu le prix Fémina étranger en 2005

 

coeur_72.gif

 

 

"Les chutes" est un roman que j'ai trouvé fascinant, j'avais lu « nous étions les Mulvaney » qui m'avait de la même manière impressionnée. Cette écrivaine a un réel talent pour emmener chacun de ses personnages jusqu'au fond de lui-même, au bout de ses limites. Joyce Carol Oates dissèque sous nos yeux chacune des personnalités de ce roman, elle ôte peu à peu toutes les couches qui font d'eux des êtres sociables, modelés par une éducation, un milieu social, un environnement... pour les mettre à nu. On découvre ainsi leur vrai visage, la nature même de leur caractère, de leur force et de leur fragilité.

Le 12 juin 1950, Ariah Littrell qui est une femme à l'existence plutôt banale va devenir en une nuit « la veuve blanche des chutes ». Son mari, le très sérieux révérend Gilbert Erskine traumatisé par sa nuit de noce s'est suicidé en se jetant dans les chutes du Niagara. Ariah, jeune femme timide et effacée va chercher son mari pendant sept jours et devenir une figure mythique des chutes du Niagara et fasciner un homme que tout lui oppose. Dirk Burnaby est un brillant avocat mais aussi un homme séduisant qui ne compte plus les conquêtes féminines. Ariah est à l'opposé de toutes les femmes que Dirk a l'habitude de fréquenter et pourtant il en tombe follement amoureux et c'est elle qui va devenir sa femme. Ariah va découvrir l'amour, la sécurité d'un foyer et la vie de famille. On pourrait croire à un happy end, mais les chutes sont là avec leurs histoires d'un autre temps : vieilles légendes indiennes, sacrifices humains, apparitions de la vierge, suicides, funambule. Mais aussi leurs histoires actuelles : veuve blanche, mystérieuse femme en noir, tourisme et industrialisation à outrance.

Les chutes ont-elles le pouvoir de rendre riche, de rendre fou, les gens qui les approchent ? Est-ce une malédiction qui s'est réellement abattue sur la famille Burnaby ? Ou est-ce le pouvoir de l'argent qui peut à lui seul tout détruire sur son passage ?

Avec ce roman, Joyce Carol Oates fait une analyse très fine de la société américaine et dénonce le fonctionnement d'une justice au service du pouvoir et de l'argent.

Un roman très dense, foisonnant, intelligent et superbement bien écrit : un excellent roman de vacances car il nous entraîne à lire tard dans la nuit.

Niagara-Falls.jpg

En 1900, à la consternation de ses habitants et des promoteurs d'une industrie touristique florissante, Niagara Falles avait acquis la réputation de "paradis du suicide". "Extrait de la page de garde de "les chutes".


Partager cet article
Repost0

Shutter Island

Publié le par Nina

shutter-island-lehane-09

  Edition Rivages : collection Rivages / noir 

392 pages : 2009

 

Dans le sombre décor de Shutter Island, un îlot prés de Boston, deux marshals descendent du ferry qui vient d’accoster. Une tempête menace et accentue l’atmosphère étrange de ce lieu où va se dérouler leur nouvelle enquête.  Shutter Island abrite uniquement un hôpital psychiatrique qui accueille les plus dangereux fous criminels des Etats Unis. Un dispositif sécuritaire très élaboré protège l’île et les bâtiments, pourtant une dangereuse  schizophrène s'est échappée en pleine nuit de sa cellule verrouillée de l’extérieur en laissant un mystérieux cryptogramme comme seul indice.

L’enquête est difficile à mener dans cette « prison hôpital » où cohabitent malades mentaux, docteurs, psychiatres et surveillants. Les interrogatoires se succèdent pendant que dehors la  tempête qui s’est levée fait rage et transforme peu à peu l’ile en un vaste chaos. La violence des éléments va se mêler à la folie des hommes et les deux enquêteurs vont avoir du mal à saisir ce qui se trament autour d’eux.  Malgré tout, les langues se délient peu à peu et laissent échapper des rumeurs inquiétantes : le phare qui domine l’ile abriterait d’étranges expériences pratiquées sur certains malades.

 

Mon avis :

     Ce roman est incroyablement angoissant, à nous faire froid dans le dos !!  Dans un style très maîtrisé,  l'intrigue est menée d’une main de maître. Denis Lehane ne fait pas que nous entraîner dans l’univers de la folie, il va aussi jouer avec ses lecteurs, en renversant les rôles et détourner les situations avec brio. Je n’en dirais pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue. Mais un conseil, il faut éviter de sauter des pages pour savoir la fin plus vite, le dénouement est époustouflant et mérite toute son attention.


S   Shutter Island c'est aussi un film réalisé par Martin Scorsese avec Léonardo Di Caprio et Mark Ruffalo dans le rôle des deux marshals, je ne l'ai pas vu, mais sa sortie en DVD est annoncée pour le mois de juin.

  Shutter-Island-2008-1-22353 

Partager cet article
Repost0

Invisible

Publié le par Nina

9782742789207

 

Actes Sud / LEMEAC : 2010 - 293 pages

 

 

Jim est maintenant un auteur reconnu, sa vie d’étudiant fait partie d’un passé un peu lointain. Un jour, il reçoit le brouillon inachevé du premier chapitre d’un manuscrit envoyé par un certain Adam Walter. Des souvenirs reviennent à sa mémoire. Il se souvient d' Adam Walker, un  très beau jeune homme brillant, passionné de poésie, mais d’une très grande timidité. Un peu intrigué par cet envoi, il lit la lettre qui l’accompagne. Adam Walker lui demande de l’aide pour terminer ce premier chapitre. Et c’est ainsi que Jim en croyant lire les premières pages d’un roman va devenir le confident d’une étrange rencontre qu’aurait vécu Adam Walter au printemps 1967 à l'époque où ils étaient tous les deux étudiants à l’université Colombia.Cette rencontre va changer le parcours de sa vie.

Paul Auster nous entraîne ici dans un roman à tiroir terriblement excitant. La vérité semble se perdre dans les histoires de personnages à la personnalité complexe. Qui ment, qui dit vrai ? Jim va se laisser emporter par le récit d’Adam Walter. Premières émotions charnelles, expérience interdites, manipulation, meurtre, fuite….Les fils de cette  jeunesse  tourmentée sont terriblement embrouillés.  

Intimiste, complexe et déroutant ce roman confirme les qualités d’écrivain de Paul Auster et enchantera les passionnés de littérature. 

A lire absolument !!!! 

 

images

 
Partager cet article
Repost0

Le tour d'écrou

Publié le par Nina

Tour d ecrou
Scénario, dessins et couleurs d'Hervé Duplot
Edition Delcourt : 2009



9782253043065


Henry James : le tour d'écrou : 160 pages

Edition : Le livre de poche / collection : biblio romans

 

 

Pour lire cette nouvelle, on a le choix entre la bande dessinée et le livre. J'ai fait les deux,  et j'ai vraiment apprécié les deux façons d'aborder cette histoire très "XIXème siècle".

Un château perdu dans la campagne, deux enfants angéliques et des domestiques silencieux. Voilà le cadre idéal pour construire une histoire imprégnée de mystère. C'est ce qu'a fait Henry James avec un grand talent et une écriture raffinée.

Photo 048

 

Une jeune femme accepte une place de gouvernante auprès de 2 enfants orphelins, à la charge d'un oncle débordé par ses activités.
Que se passe- t-il donc dans ce château qui rend l'atmosphère aussi pesante ?  La gouvernante observe avec effroi les silhouettes de deux anciens employés du domaine, morts dans des conditions étranges. La jeune femme est la seule à voir ces apparitions menaçantes et à deviner le danger qui menace les deux enfants : affabulation de sa part ou menace réelle ? Elle dit que les enfants aussi les voient,  mais eux n'en parlent pas et font comme si tout était normal. Le château est-il hanté ? Ces enfants sont-ils aussi innocents qu'ils le paraissent ?

 

Photo 049

 

Ce roman est envoutant, il se lit d’une traite et  la bande dessinée rend admirablement bien l’ambiance de ce château à l’univers angoissant.

A lire la nuit un soir de pleine lune, brrrrrrr  !!!

 

D'autres avis : Cécile  passiondeslivres  Lily  la liseuse

 

Pour en savoir plus sur Henry James : le site de Wikipedia

 

Photo



Partager cet article
Repost0

Coeur volé

Publié le par Nina



Edition Le livre de poche : 2008 - 279 pages

Je remercie Les éditions "le livre de poche" en partenariat avec Blog-o-Book qui m'ont proposée la lecture de ce roman.  

Avec Cœur volé,  Lauren Kelly prend comme prétexte la disparition d’une fillette de 10 ans  Lilac Jimson, pour nous faire un portrait au vitriol d’une petite ville américaine dans les années 80, où les idées, la  façon de penser, et de vivre des habitants n’ont pas l’air d’avoir beaucoup changer depuis les années 50. Cette étude des mœurs est décapante et nous donne un roman captivant.  

Merilee Graf  est la fille d’un négociant en import-export qui a fait fortune, elle va grandir entre un  père absent  et une mère dépressive.  La fillette est scolarisée dans le quartier où son père mène des actions sociales envers les plus démunis, pourtant elle aura  du mal à s’y intégrer. En voulant devenir l’amie de Lilac Jimson, petite fille noire dont la mère est femme de ménage chez ses parents,  Merilee va vite comprendre que les codes sociaux et raciaux sont aussi présents dans une cour d’école : les enfants ne veulent pas fréquenter Merilee Graf. 
Alors quand la petite Lilac va disparaitre mystérieusement, Merilee va faire de cet enlèvement non élucidé, le leitmotiv de sa vie. Mais ce n’est qu’à la mort de son père, qui l’oblige à faire un retour vers son passé,  et  une banale recherche pour retrouver un cœur de verre qu’elle lui avait offert, que la jeune femme  va être confrontée à des faits particuliers et douteux,  qui peu à peu vont l’amener à découvrir des secrets bien gardés derrière les portes des maisons bourgeoises. Tous ces faits, ces évènements,  vont l’aider à comprendre l’origine de la dépression de sa mère morte quand elle avait 19 ans, et son propre mal-être.  
C'est avec une écriture puissante que Joyce Carol Oates allias Lauren Kelly nous décrit les affres de l'âme humaine. Un roman à lire absolument !

Un extrait qui décrit un peu l’ambiance du roman :

La population de Mount Olive et des environs était majoritairement blanche. Les rares individus « de couleurs », venus de Port Oriskany, de Buffalo ou de Rochester, n’en étaient que plus repérables.

Ma famille Graf n’était pas raciste. Papa n’avait jamais était raciste. Pourtant, j’avais grandi en entendant ces adultes parler de « nègres », de « noirs », avec certaines intonations qui signifiaient  autres que nous, pas comme nous. (Extrait de la page 140)


J'ai ainsi pu lire pour la première fois "Joyce Carol Oates" mais sous son pseudonyme "Lauren Kelly". Je n'ai pas trouvé d'informations relatives au choix d'un pseudo pour écrire des romans policiers, mais on peut noter que Joyce Carol Oates n'a pas pu garder le secret longtemps !!

Je vais avoir le plaisir de retrouver cette écrivaine avec son roman : Nous étions les Mulvaney, titre choisi par le blogoclub.

Pour en savoir plus sur cette écrivaine à la vie et au destin impressionants,  j'ai consulté le site Evene

 


Partager cet article
Repost0

1 2 > >>