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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 09:16

rentrée littraire 2012

 

L'embellie-copie-1

Ecrit par Audur Ava Olafsdottir édité par les éditions Zulma / 2012 : 394 pages

Après le merveilleux livre "Rosa candida" qui apporte une bouffée d'air pur, de bonheur tranquille dans notre monde agité, voici le 2ème roman de cette écrivaine islandaise.

On peut remarquer que les éditions Zulma nous enchantent toujours avec des choix éditoriaux intéressants et des livres aux couvertures chatoyantes.

 

L'héroïne de ce roman qui est aussi la narratrice évolue dans un univers où elle excelle, celui des mots, des dialectes et des  langues. Elle est traductrice et parle au moins 11 langues. Par contre dans la réalité c'est un peu plus compliqué ! C'est avec beaucoup d'humour que la narratrice nous raconte ses décalages avec le quotidien. Son mari lui a même acheté une montre à deux cadrans. Un cadran pour vivre son temps à elle, et l'autre pour regarder l'heure de tout le monde !

En parallèle de l'histoire, il y a une sorte de journal intime qui s'insinue ponctuellement dans le roman et qui permet de comprendre que la narratrice a vécu une blessure psychologique grave qui explique peut-être cette fuite du quotidien pour un univers plus fantasque. 

Le roman prend toute son ampleur quand l'héroïne apprend que son mari veut divorcer. Pour faire le point et se remettre de ses émotions, elle décide de s'offrir quelques jours de vacances. Pourtant cette bouffée d'oxygène dont a besoin notre héroïne est menacée. Elle avait promis de s'occuper du petit Tumi,  le fils de son amie, pendant la période de son accouchement et c'est pour bientôt. Qu'à cela ne tienne, notre intrépide héroïne emmène l'enfant dans son périple. Les voilà tous les deux partis à l'aventure avec une énorme somme d'argent gagnée à la loterie et les poissons rouges de Tumi qui vont être très vite remplacés par un chaton sauvé de la noyade. Tumi a 4 ans, c'est un enfant sourd et presque aveugle qui ne connaît pas son père et dont la mère musicienne cherche un certain équilibre. Ce voyage qui consiste à faire le tour de l'île, devient une sorte de voyage initiatique où l'enfant et l'adulte vont se retrouver face à eux-mêmes. Les aventures et les rencontres qu'ils vont faire pendant ce voyage vont permettre d'affermir leur relation et d'apprendre à être tolérant avec l'autre. Ce duo un peu marginal fonctionne à merveille et se transforme peu à peu en une véritable leçon d'humanité. 

Si j'ai moins aimé ce roman que le précédent "Rosa Candida", j'ai apprécié l'originalité du thème et j'ai retrouvé avec plaisir le style plein de finesse et de subtilité pour raconter la banalité du quotidien. Les personnages de cette histoire sont originaux et extrêmement attachants.

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Le roman et son auteur....

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:44

Kaos sur la toile

coeur_72.gifécrit par Kristin Marja Baldursdottir édité aux éditions Gaïa / 2011 : 636 pages

traduit de l'islandais par Henry Kiljan Albansson

 

Karitas sans tireSuite de : Karitas sans titre, mon article ICI

 

Karitas sans titre est un roman de 508 pages et Chaos sur la toile de 636 pages, cela fait donc 1144 pages au total !!

Il est évident que si vous n'aimez pas les sagas nordiques et les pavés, il vaut mieux vous s'abstenir, mais pour les autres,  vous pouvez vous plonger sans problème dans cette saga qui est d'une très grande qualité littéraire, même si on peut noter parfois quelques erreurs de traduction. 

"Chaos sur la toile" continue de nous conter l'histoire de Karitas et de son combat pour vivre son unique passion : la peinture. 

Dans ce deuxième volet, la personnalité de Karitas s'affirme, elle montre sa détermination à gagner son indépendance pour pouvoir  vivre enfin de son art. Elle voyage, fait des rencontres artistiques et culturelles. Toutes ces expériences nouvelles,  vont affirmer sa  personnalité.

Karitas désire s'éloigner de ses obligations familiales pour travailler sa peinture. Elle se heurte aux remarques de son mari qui lui explique que si lui, ses longues absences du foyer sont justifiées par le fait qu'il travaille pour subvenir aux besoins de leur famille, elle ce n'est pas le cas. C'est en analysant les attitudes et les réflexions de son mari et de son entourage que karitas va réfléchir à la différence de comportement des hommes et des femmes dans la vie quotidienne, et de la hiérarchisation des tâches et des métiers. Ce sera son leitmotiv  tout au long de ce roman. Par exemple, pourquoi serait-il plus noble de gagner sa vie à l'extérieur de la maison ? Pourquoi le travail domestique est-il déconsidéré et de plus réservé uniquement aux femmes ? Pourquoi les  femmes n'ont plus de crédiblilité en dehors de leur maison ?

Le combat de karitas tout au long de ce livre est la revendication du droit de chacun à vivre « sa vie ». Karitas mène une bataille quotidienne contre les mentalités. Mais souvent elle constate que ce sont les femmes qui s'opposent le plus à sa différence. Les femmes sont violentes avec leurs semblables et préfèrent préserver celles qui ne veulent pas sortir des rôles qui leur sont attribués.

Ce roman  analyse très finement les comportements humains et dresse un inventaire de tout ce qui emprisonne les hommes et les femmes au quotidien : les préjugés, la jalousie, la peur, l'ignorance, la méchanceté, la lâcheté.....

Karitas a choisi de vivre librement, elle a malgré tout conscience qu'elle ne pourra jamais l'être vraiment parce qu'elle sait l'importance de faire partie d'une famille, de recevoir une éducation et de transmettre des valeurs. Sa personnalité hors du commun permettra aux personnes qui l'entourent de retrouver un équilibre perdu, parce que Karitas tout au long de sa vie à un profond respect pour les autres. Elle ne perdra jamais espoir et continuera de vivre selon ses désirs et sa passion. Elle terminera sa vie libre et en paix avec elle-même à presque cent ans.

Karitas est un très beau portrait d'une femme artiste et profondément féministe. 

Cette histoire familiale se situe dans la lignée des sagas nordiques qui présentent des portraits de femmes à la personnalité haute en couleur et au tempérament hors du commun comme dans le roman : Cent ans de Herbjorg Wassmo 

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Kristín Marja Baldursdóttir est de nationalité islandaise, elle est née en 1949. Elle est l'auteur de 4 romans, d’un recueil de nouvelles et d’une biographie, elle est l’une des grands auteurs islandais d’aujourd’hui.
Karitas, Sans titre est son premier roman traduit en français.

Extrait d'in interview du 23 novembre 2008
Propos recueillis par Claudine Despax et Aurore Guilhamet

Kristín Marja Baldursdóttir. Femme. Mère. Mais écrivain, artiste avant tout. L’une des rares islandaises à être publiée en France. Et même en Islande.

Son livre Karitas, Sans Titre sert de sonnette d’alarme. L’Islande, autrefois pays précurseur en matière de droit des femmes, est entrain de s’endormir. Et Kristín Marja veut que les Islandaises se réveillent. Avant qu’il ne soit trop tard

Votre livre est un message pour ces femmes ?

Kristín Marja Baldursdóttir : Elles ne sont pas assez indépendantes. Elles l’étaient mais sont restées en arrière. Donc je voulais raconter cette histoire sur une femme qui se bat pour ses rêves. J’ai choisi une artiste parce que j’aime mettre les images en parole. Et parce qu’elle aurait à vivre cette solitude si dure à vivre d’être une artiste dans une société ou les femmes doivent juste être des mères et des femmes au foyer.

Si vous voulez lire en entier cet article très intéressant c'est ICI

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 21:19

Karitas sans tirecoeur-20_9_.gif

 

Kristin Marja Baldursdottir - Edition Gaïa : 2008 / 508 pages


Traduit de l'Islandais par Henry Kiljan Albansson

 

La création c'est vivre hors du quotidien, mais c'est aussi une forme d'enfermement. C'est la rupture avec une certaine réalité. "Alain Vircondelet"

"Karitas sans titre" est un roman qui aborde avec beaucoup de précision l'univers des artistes. 

L'auteur décortique très finement cette difficulté de vivre la banale vie quotidienne face à la  puissance de la création.


Au siècle dernier, la vie des femmes islandaises était rythmée par les grossesses et les travaux domestiques. Dans la famille de Karitas, ils sont six enfants. Le père est mort en mer et la mère travaille sans compter pour donner une éducation à ses enfants. Karitas a un don remarquable pour le dessin. Une femme de la haute société islandaise repère cette faculté et propose à la mère de Karitas de financer les études de sa fille à l'académie royale des beaux-arts de Copenhague. Cet enseignement va marquer une différence avec l'éducation des filles de sa condition qui suivent des études quand elles le peuvent dans des écoles ménagères ou pour devenir sage-femme.

Karitas sort diplômée de cette école, et commence à penser à sa future carrière d'artiste. Elle rêve de créations artistiques, de voyages et d'expositions dans le monde entier. La jeune artiste est prête à vivre toutes les expériences qui vont servir son art. C'est ainsi qu'elle va commencer à exercer ses talents de peintre sur un jeune homme qui accepte de poser pour elle. C'est son premier modèle, l'Académie des beaux-arts interdisant aux femmes de dessiner des hommes nus. Karitas découvre en même temps que sa première expérience de peintre, l'éveil du désir sensuel et vit sa première aventure amoureuse avec son modèle.

A cette époque, une expérience amoureuse hors mariage était risquée et Karitas découvre avec effroi qu'elle est enceinte.

L'avenir de la jeune artiste s'obscurcit. Elle attend un enfant et doit se plier aux règles de sa nouvelle condition de mère. Vie de couple, naissances répétées, travaux ménagers vont devenir le quotidien de la jeune femme. Karitas va passer son temps à réfléchir, à combiner d’éventuelles possibilités de vivre sa passion pour la peinture et sa vie quotidienne. Sa différence avec les autres femmes de son village va s’accentuer. Elle a besoin de solitude pour créer, pour faire évoluer en elle les images qui vont devenir ses futures œuvres. Le folklore islandais est peuplée d'elfes, de trolls qui règnent au même titre que les hommes sur cette terre. Karitas vit proche d'une grande montagne noire que l'on appelle la citadelle des elfes. Elle les voit certains soirs envahir sa maison, le cri des corbeaux annonce leur arrivée. Il y a aussi sa sœur morte qui vient l'aider et lui inspire des tableaux au style avant-gardiste. Quelle est cette étrange frontière que Karitas passe certains jours ? Le monde de la création ou celui de la folie ?

Un roman foisonnant de détails sur ce pays fascinant, l'Islande. On découvre les coutumes, les croyances, la vie des familles islandaises modestes au siècle dernier  et la personnalité fascinante de Karitas, cette jeune femme en avance sur son époque, qui lutte pour faire admettre à son entourage qu'elle est une artiste et revendique une autre manière de vivre sa vie de femme.

Le style de ce roman est original, l'histoire est ponctuée du journal écrit ou imaginé de Karitas. Ces pages décrivent  des images  de moments vécus, de futurs tableaux en devenir. Peut-être un moyen pour Karitas de peindre mentalement ?

Je vous conseille de lire l'article d'Anis qui aborde d'autres points de ce roman et qui m'a fait découvrir ce magnifique  livre. 

Il y avait très peu d'artistes féminines à l'époque où se passe ce roman, mais il y a eu une très grande artiste finlandaise née en 1862 : Helene Schjerfbeck.

On peut découvrir cette artiste sur le site de Wikipedia

Blog de page en page

Exemples des très beaux portraits de l'artiste Helene Schjerfbeck.

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 21:23

 

rosa-candida

Audur Ava Olafsdottir : Edition Zulma / 332 pages - 2011

 

Si vous avez besoin de prendre un peu de repos, loin de l’abondance et du tumulte de ces périodes de fêtes lisez « Rosa Candida ».

Cette histoire, qui nous vient du froid, a la douceur et le velouté des roses et c’est avant tout  un magnifique plaidoyer pour la tolérance, la simplicité et l’harmonie. Pour ceux qui haussent les sourcils, je confirme que ce n’est pas un livre religieux ! C’est tout simplement que cette histoire nous emmène loin du monde moderne, à la rencontre de gens qui cultivent l’harmonie entre les êtres et la nature comme une nécessité à leur existence sur la terre.

Le jeune Arnljotur quitte l’Islande et sa maison natale, où sa mère avait réussi la prouesse de cultiver des roses et surtout la rosa candida, une variété rare de rose à huit pétales et bien d’autres choses encore sur cette terre de glace. Arnljotur a la même passion que sa mère, c’est pour cela entre autre, qu’il part vivre dans un monastère avec le magnifique projet de redonner vie à sa roseraie séculaire. Dans ce lieu austère, le jeune homme va, comme il l’avait prévu,  mettre en œuvre l’héritage maternel et transformer cette terre  abandonnée en un jardin d’éden. Mais, il ne savait pas qu’en plus de son nouveau rôle de jardinier, l’attendait aussi celui de père.

Cette naissance imprévue, ses nouvelles responsabilités, sa relation brève avec la mère de l’enfant, ce sont beaucoup de changements en peu de temps, et le jeune Arnljotur va avoir besoin de l’aide précieuse et originale d’un moine cinéphile qui donne comme réponse à ses questions existentielles, des titres de films à regarder.  

C’est un peu à la manière d’un conte que cette belle histoire est racontée mais elle se  termine sur un constat universel : les histoires d’amour sont souvent compliquées !!

 

candida-rosa-fleur

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 22:50
Einar Màr Gudmundsson
Edition Gaïa - 248 pages
traduit de l'islandais par Eric Boury

Ce roman a un titre et une couverture qui attirent le regard et m'a donnée envie de le lire !
Malheureusement on ne peut pas nier l’importance de la 1ère de couverture dans le choix d’un livre.

En contrepartie, j’ai eu  un peu de mal à rentrer dans ce livre !
L’ambiance un peu étrange, et une écriture très « typée » m’ont un peu déroutée. En lisant ce livre on se sent un peu étranger, un peu comme un  touriste qui débarque et qui n’a pas toutes les clés pour comprendre ce qu’il voit et ce qu’il entend !!

Des le début du roman, la pluie et l'orage donnent un ton un peu apocalyptique à cette histoire « au moment où le tonnerre et les éclairs explosent au-dessus de la ville obscure blottie dans le soir, on dirait que dans les airs retentit un concert d’innombrables instruments électriques ».

Alors que ce passe t-il dans cette "ville obscure" sous ce déluge de pluie ? Et bien pas grand-chose en fait ! Et c’est pour cela que les gens de cette ville transforment  leur quotidien en se racontant des histoires, et c’est peut-être là toute la magie du livre.

En effet de la magie il y a en partout : dans les paroles du sellier qui raconte des contes un peu abracadabrants aux pêcheurs, chez le pasteur qui veut éduquer ses ouailles, mais aussi dans le ciel car on peut y voir des chariots de feu tirés par des sirènes, on croise aussi des nains, des oiseaux géants, des bateaux-fantômes.
En fait, je me suis laissée prendre au jeu de l'auteur qui nous emmène dans son univers fantastique et un peu inquiétant.  

Ce livre m'a un peu fait penser aux livres de Jorn Riel.  la même façon de raconter des histoires de vies mêlées d'un peu de surnaturel et de beaucoup d'humour. 

Je pense que cet auteur est à lire avant de partir en Islande, ces livre peuvent être un bon complément à un guide de voyage, pour mieux comprendre l'esprit islandais.  

Pour tous ceux et celles qui veulent en savoir plus sur la littérature islandaise : le site du traducteur de ce livre Eric Boury est vraiment intéressant.
 

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