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Syngué sabour

Publié le par Nina

Le Prix GONCOURT 2008 est décerné à :




Syngué sabour - Pierre de patience de ATIQ RAHIMI 
Edition P.O.L (154pages)

Ce roman se lit comme on boit un grand verre d’eau quand on meurt de soif, d’un seul coup !

Court, dense et violent, ces 153 pages nous submergent  très vite, par leur intensité, par la qualité de l’écriture, et puis par cette tragique histoire qui nous transporte dans ces pays où pour d’obscures raisons les femmes sont traitées  comme des esclaves.

Le roman commence par cette phrase « Quelque part en Afghanistan ou ailleurs ».  

Une guerre civile a éclaté, une femme se retrouve seule avec ses deux filles et son mari mourant,  tous les membres de sa belle-famille ont déserté la maison.  Les premiers jours et malgré une  panique absolue,  la femme va continuer de tenir son rôle auprès de son mari et va prier docilement comme le mollah lui a ordonné de faire. Le mari est allongé, il ouvre et ferme les yeux et respire difficilement, sa femme lui fait la  conversation comme s’il était encore en mesure de comprendre.   Son monologue quotidien va porter sur ce qu’elle ressent mais n’a jamais pu dire. Elle va lui raconter des détails de sa vie d’enfant, de jeune fille et d’adulte, mais aussi tous ses rêves, ses secrets, ses frustrations, et sa difficulté de vivre  dans ce pays ou les femmes n’ont aucun droit. Elle va lui décrire la succession d’humiliations, de peurs, et de coups qu’elle a reçu pour la seule et unique raison qu’elle est une femme.

La femme explique à son mari qu’il est devenu  sa « syngué sabour » cette pierre sacrée : « tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t’écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu’à qu’un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes (…) et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines… » Extrait de « Syngué sabour » p. 87. 

Au début du livre Atiq Rahimi a écrit : « Ce récit, écrit à la mémoire de N.A. – poétesse afghane sauvagement assassinée par son mari -, est dédié à M.D ».

La fin tragique de ce roman est-elle un hommage à cette poétesse ? Qui est N.A et M.D ?

Voilà des questions que les  journalistes pourraient bien poser à "Atiq Rahimi" !












Félicitations à Atiq Rahimi pour avoir obtenu le Prix Goncourt.
Cet écrivain était pour moi un parfait inconnu jusqu'à qu'il soit cité sur la liste
des "Goncourables" !! 
l'originalité du thème m'a d'abord intriguée puis emballée ! c'est pour cela que j'avais franchement envie qu'il soit "l'élu". Et quelle belle surprise !! On raconte tellement de choses sur ces prix littéraires et bien chut ! car cette année on ne peut dire que bravo aux membres du prix Goncourt pour leur originalité !! 
Cet écrivain franco-afghan a écrit 4 romans, dont celui-ci en langue française. Je suis très heureuse d'avoir découvert cet écrivain, qui était parait-il le chouchou des libraires ! En attendant de lire la suite de son oeuvre, je vais m'empresser de lire ces 3 autres romans.

Un autre avis celui de Naina 
et de la passion des livres Mais aussi celui de l'or des livres
et l'article très documenté de : Sylvie

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Prix Goncourt 2008

Publié le par Nina


Syngué sabour - Pierre de patience  : Edition P.O.L  (154 pages)

Félicitations à l'écrivain Atiq Rahimi, qui a reçu le prix Goncourt et aux éditions P.O.L pour leur choix éditorial.


  Atiq Rahimi est franco-afghan, ce roman est son premier écrit en français.
Il aura fallu vingt ans d'exil à ce réfugié politique (et trois livres dans sa langue natale) pour franchir le cap - et parvenir à une parfaite maîtrise.

Remarqué dès son premier ouvrage, "terre et cendres" traduit dans une vingtaine de pays, il en tourna lui-même l'adaptation cinématographique.
                        (Extrait du magazine Lire N° 370).



Publié dans Revue de presse

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Les déferlantes

Publié le par Nina

challenge


 Claudie Gallay : Edition du Rouergue - 2008 (524 pages)


La mer, un phare, des oiseaux, un village, un secret, une histoire d’amour impossible, et une pincée de Jacques Prévert. C’est avec tous ces  ingrédients que Claudie Gallay nous a concocté ce beau roman sensuel et mystérieux.

 

Une ornithologue arrive en automne dans un village prés de la Hague, pour étudier le comportement des oiseaux. Elle se loge à « la Griffue » une maison  en retrait du village habitée par un frère et une sœur : Raphaël et Morgane. Lui est sculpteur, Morgane vit dans l’ombre de son frère et rêve d'une vie bien à elle. Pour savoir toutes les nouvelles du village, il faut aller au café tenu par Lili, sa mère est à coté d’elle dans son fauteuil roulant, elle guette Théo son ex-mari qu’elle a quitté car il en aimait  une autre, son amour perdu s’est transformé en une haine tenace.

L'ornithologue arpente les landes, les falaises et les dunes pour observer les oiseaux mais son regard se porte de plus en plus sur les habitants du village qui semblent s'épier et cacher un douloureux secret. L'arrivée du mystérieux Lambert va réveiller peu à peu les fantômes du passé, les langues vont se délier, on va poser d’étranges questions qui restent sans réponse : qui est cet enfant dont la photo a disparu du mur du café et d’une certaine tombe ? Pourquoi le refuge d’enfants a fermé ses portes ? Qui a éteint le phare la nuit de cet horrible naufrage ?  
Ce roman nous embarque dans une tempête de sentiments et d’émotions, des lames de fond nous emportent avec les habitants de ce village dans cette terrible aventure, on ne peut revenir sur le rivage qu’à la dernière page et c’est avec un grand regret que l’on quitte ce village, ces habitants et…..ce livre.


Claudie Gallay est surprenante, elle écrit des livres à chaque fois différents mais on y retrouve avec bonheur son style d’écriture : des phrases courtes, une écriture qui a une sonorité, un rythme bien particuliers qui me font beaucoup  penser à l’écriture de Marguerite Duras. 


Dans chaque roman, Claudie Gallay rend hommage, fait un clin d’œil à un écrivain, ou un poète. Dans ce roman c’est Jacques Prévert qui nous accompagne au fil des pages.

Jacques Prévert est mort le 11 avril 1977 dans sa maison à  Omoville-La-Petite, une commune   prés du village ou se déroule l’histoire ce roman.





Témoin de sa présence toujours vivante dans cette Hague qu’il avait choisie, un jardin Prévert a vu le jour. Il est ouvert au public, toujours fleuri en toute saison où l’on peut à son gré écouter… et dessiner les oiseaux.

 Maison de Jacques Prévert à Omonville-la-Petite.                       

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Dans l'or du temps

Publié le par Nina


                                                                                                                                                                                                                                         
Dans l'or du temps : Claudie Gallay / Actes Sud / Collection Babel

« Dans l’or du temps » est un roman un peu particulier car il mêle fiction et réalité avec une aisance qui bluffe le lecteur. Et comme pour nous confirmer la véracité de cette histoire, l’auteur y glisse une  touche originale : « un livre dans le livre » : Soleil Hopi de Don C.Talayesva, qui va être le fil conducteur du roman.  J'ai lu ce livre il y a quelques années, c'est le témoignage poignant d'un  indien Hopi  sur la destruction de sa culture et de son peuple par les hommes blancs.

 Une maison de vacances au bord de la mer près de Dieppe, un couple y passe les congés d’été avec leurs deux filles, en apparence tout est banal mais l’homme qui est aussi le narrateur rencontre un peu par hasard une vieille dame, Agathe. Sa maison est remplie de souvenirs d’une époque fascinante,  son père était ami avec certains surréalistes  comme André Breton. Agathe raconte par bribes  un passé bien particulier, son histoire est tellement incroyable  que l’homme  va  délaisser peu à peu  sa famille et passer ses journées auprès d’elle.  Adolescente, Agathe accompagnait son père et ses amis surréalistes en Arizona, elle a été le témoin de la fascination que ces hommes et surtout André Breton avaient pour la culture sacrée des indiens  Hopi, au point de se livrer à un pillage honteux de leur art, de ne pas respecter   leur coutume en prenant des photos des rituels sacrés alors que cela était interdit. Agathe  raconte cette histoire fascinante avec l’aide du livre « Soleil Hopi »,  et de  photographies prises à l'époque, mais aussi avec les fascinantes  Kachinas achetées par son père.
Ces statues fétiches  étaient censées incarnaient les esprits,  on les offrait aux enfants Hopi pour les familiariser avec les dieux. Agathe livrera aussi son terrible secret, parce qu'elle n'a pas été que le témoin mais aussi la victime de l’avidité et de l’irresponsabilité de son père et de ses amis.  

André Breton est enterré au cimetière des Batignolles, il a fait graver une épitaphe sur sa tombe : je cherche l’or du temps.

Claudie Gallay a écrit un livre remarquable. Cette fiction nous rappelle que la violence de certains peuples sur d'autres est une triste réalité.

















Statuettes Kachinas                                                                                                                                                                      

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Battement d'ailes

Publié le par Nina

























Edition : Liana Levi - 2007 - 153 pages


J'avais beaucoup apprécié le roman précédent "
Mal de pierres",  alors difficile de résister à la lecture de "battement d'ailes". 

Ce roman au titre si léger ne l'est pas vraiment, l’histoire se passe au milieu des magnifiques paysages de la  Sardaigne,  il y a là un  endroit resté encore sauvage loin des constructions touristiques, mais ce petit coin de paradis est plutôt une sorte de  no man's land convoité sans relâche par les promoteurs. Les habitants de cette zone encore sauvage sont une propriétaire résistante à toute forme de modernité que l’on appelle  solennellement « Madame» et quelques habitants qui se plient à ses volontés un peu fantasques. Tout ce petit monde essaie de vivre le mieux possible dans cet univers un peu décalé sous le regard d’une adolescente qui assiste à des scènes plutôt pittoresques comme si ce petit paradis oublié était une scène de théâtre. C’est vrai que « Madame » est un personnage bien singulier avec ses vêtements bizarres qu’elle fabrique par mesure d’économie avec des rideaux et des nappes et sa quête du grand amour qui se solde par une belle collection d’amants !!  Il y a aussi les voisins qui voudraient bien que leur fils devienne ingénieur alors que son  unique passion est la trompette, et puis un grand-père au regard bien moqueur…. Tous ces gens essaient de vivre, de survivre autour de « Madame » mais va-elle résister encore longtemps au modernisme, et à  l’argent des promoteurs ?

Un roman à la fois étrange et original, qui nous parle du temps qui passe un peu trop vite et  qui transforme tout sur son passage en quelques battements d'ailes.   


 

Publié dans Littérature italienne

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Brooklyn Follies

Publié le par Nina

                                                                                                                                                                   

Brooklyn Follies : Paul Auster / Actes Sud / 2005

Voici un roman qui remonte le moral, il est porteur d’un message : la vie nous joue de mauvais tours, mais si on sait être patient et tolérant, on peut faire des nouvelles rencontres et découvrir d’autres joies de vivre.

Pourtant quand Nathan Glass prend sa retraite, cet ex-courtier  en assurances  ne se fait plus du tout d’illusion sur sa vie : « Je cherchais un endroit tranquille où mourir. Quelqu’un me conseilla Brooklyn (…) ».  Un enchainement de rencontres va lui prouver que sa présence est  indispensable,   du coup  Nathan reprend gout à la vie et assume pleinement son nouveau rôle.

En se promenant dans les quartiers colorés et vivants de Brooklyn, Nathan  rencontre par hasard son neveu préféré Tom Wood, qu’il avait depuis de nombreuses années perdu de vue, cet ex-brillant universitaire  a craqué et ne veut plus de cette existence, Nathan est étonné de le voir avec  30 kilos de plus et pas mal de désillusions, Tom  est devenu vendeur chez un libraire de Brooklyn mais il dit qu’il  loge à "l’hôtel Existence" : Chacun le porte au fond de lui, un sanctuaire « où on se retire lorsque le monde réel est devenu impossible » cet  accidenté de la vie   va lui présenter d’autres personnes qui eux aussi trimballent  un passé un peu lourd, comme Harry le propriétaire de la librairie qui est un ex-galeriste d’art mais aussi un ex-taulard et escroc à ses heures, mais aussi un homme au grand cœur.

Tom s’inquiète aussi beaucoup pour Rory sa sœur cadette, cette ex-camée et star du porno s’est laissée entrainer dans une secte. Mais elle sauve sa fille Lucy, âgée de neuf et demi en lui demandant de s’enfuir et de se réfugier chez Nathan, cette nouvelle responsabilité va le rendre plus actif que jamais.

Peu à peu un nouveau cercle de famille et d’amis s'articule autour de Nathan, des liens se tissent, l’entraide se développe et des projets naissent pour tous ces écorchés vifs qui soignent peu à peu leur blessure.

Toutes ces histoires de vie ont pour cadre Brooklyn,  Paul Auster nous en fait un portrait chaleureux, vivant et  cosmopolite, un peu en décalage avec  l’Amérique tel qu’on l’imagine dans ces années 2000 avec George Bush  et un certain 11 septembre.  

Paul Auster vit à Brooklyn depuis de nombreuses années et a fait de cette circonscription, le lieu de nombreux de ses romans mais également de ses films.

Il y a des romans  que l’on a du mal à quitter, c’est le cas pour ce livre,  Les personnages y sont très attachants, leur combat pour vivre normalement malgré les blessures, les cassures de la vie, leur tolérance et leur simplicité,  les rendent tellement  proches de nous,  que l’on aimerait bien faire encore un bout de route ensemble, mais toutes les histoires ont une FIN……

 


D'autres avis :
Sylire       Florinette

Si vous voulez en savoir un peu plus sur Brooklyn, vous pouvez regarder "Brooklyn Boogie" un film de Wayne Wang et Paul Auster.

"Situé au coeur de Broolyn, le débit de tabac d'Auggie Wren est le rendez-vous
des amateurs de cigares, des turfistes, des grandes gueules et des âmes perdues du quartier le plus truculent de New-Yok. C'est l'endroit où l'on vient refaire le monde, échanger des heures durant des tuyaux, potins et anecdoctes croustillantes dans une ambiance masculine rude et conviviale".
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