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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 17:07

ChallengeDragonFeu

Challenge dragon 2012 organisé par "la culture se partage"

 

La fin de l'été 1

Roman traduit du japonais par Jean-François Gény

Édite chez Philippe Picquier / 1999 : 172 pages

paru au Japon en 1963

 

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Née en 1922 dans la préfecture de Tokushima, Setouchi Harumi (Jakuchô) est diplômée de l'Université Chrétienne de Jeunes Filles de Tôkyô.

En 1960 elle publia une biographie de la féministe Tamura Toshiko pour laquelle elle reçut le premier prix Tamura Toshiko.

En 1973 elle devient nonne Bouddhiste et change de nom de plume : Setouchi Jakuchō.

De 1996 à 1998 elle publia en 10 volumes une version en japonais moderne du Genji monogatari. Info complète sur shunkin.net

Setouchi Jakuchô publit des nouvelles et des romans dont "La Fin de l'été", qui assoit sa notoriété après qu'elle eut été qualifiée lors de sa publication de "romancière pornographe". (Extrait de la 4ème de couverture)

Je n'ai pas trouvé de critiques positives pour ce livre, pourtant j'ai aimé cette histoire qui est très touchante et pleines de réflexions intéressantes sur la vie de couple.

La 4ème de couverture nous explique que ce roman est autobiographique. L'héroïne Tomoko n'est autre que Jakuchô qui nous raconte sa douloureuse relation amoureuse avec Shingo son amant. Tomoko a un parcours difficile avec les hommes. un mariage raté, une tentative de vie de couple avec Ryota qu'elle quitte, et ensuite sa rencontre avec Shingo dont elle est profondément amoureuse. Shingo est un écrivain raté, il mène une double vie et partage son temps entre sa femme et sa maîtresse. Tomoko nous raconte avec beaucoup de sensibilité, ses ambivalences. Elle est partagée entre l'acceptation de cette vie de couple en marge de la société et l'envie de devenir la femme légitime. Peu à peu, elle comprend que la femme de son amant n'est rien d'autre qu'une victime comme elle de l'inconstance de Shingo. Cette vie de couple bancale pèse de plus en plus à Tomoko qui va reprendre son ancienne relation avec Ryota. Par tous les moyens elle va essayer de casser sa relation avec Shingo. cela fait 8 ans qu'elle vit et partage son amant avec "l'autre" la légitime, selon un planning défini par Shingo. Tomoko n'est pas satisfaite de cette relation triangulaire mais elle ne l'est pas non plus de sa nouvelle relation avec Ryota. Quel est le juste équilibre ? La séparation est être en accord avec ses pensées ? Se satisfaire de cette relation qui apporte aussi des d'avantages ? Tomoko sait qu'elle devra décider seule....

Cette histoire est aussi la lente maturation d'une femme qui va à se détacher peu à peu de la soumission à son amant et apprendre à vivre librement.

J'ai trouvé ce livre très beau. Il offre de belles réflexions sur l'attachement amoureux, l'habitude et la douleur de la séparation. En 1962, les règles de moralité étaient très strictes au Japon comme dans beaucoup d'autres pays. Même si Tomoko est assez libre des conventions. Elle est plutôt lasse de vivre un amour en marge, une relation illégitime.

J'ai vraiment aimé ce livre, et si de nos jours, il ne peut plus être qualifié de "pornographe" comme à l'époque de sa parution, ce roman est par contre encore pleins de réflexions intéressantes et toujours actuelles sur la vie de couple.

Japon 2

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 22:43

Banniere-Juillet

Challenge sur les pages du Japon organisé par Kezako du livre

Au mois de juillet le thème du challenge est le manga

Manga 1

On peut lire ceci sur la 4ème de couverture :

Un an après la catastrophe qui a ravagé la région du Tôhoku le 11 mars 2011, la situation reste dramatique sur la côte Est de l'archipel nippon.
Pour soutenir à sa manière les victimes du séisme, Les éditions Kazé ont demandé à 8 auteurs de manga de partager leur vision des événements, avec leur sensibilité et style propre.
Quelles soient consacrées à l'héroïsme ordinaire des acteurs directs, ou à la résilience de tout un peuple face à ce drame sans précédent, ces histoires poignantes illustrent avec sobriété une des facettes les plus étonnantes de l'identité japonaise."
L'intégralité des bénéfices sera reversé à la Croix Rouge japonaise au profit des régions sinistrées par le séisme.

Voici les titres des 8 mangas et leurs auteurs :

Tadaima :

scénario et dessins de Katsura Takada  

Vivre :

scénario  Kaede et dessin : Mimu Hinata

 La survivante :

Scénario : Yasmine - dessin : Ken Takahashi

C'est ton tour, Gaichi ! :

Scénario et dessins : Fuji Ma-yu

Un centenaire à Fukushima :

Scénario : Dayhne Binatai - Dessin : Yudai

Le cercle des liens :

Scénario Yoshiha Kono - dessin : Megumi Asada pour

Le symbole de la reconstruction :

Scénario et dessin : Tetsuya Kawaishi

Un otaku a Sendai :

scénario : Glou - dessin : Amane Asanagi

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Avant chaque manga, on peut lire les réponses à un questionnaire qui a été proposé à chaque mangaka. Ainsi on peut lire ce qu'ils faisaient au moment de la catastrophe, le lieu où ils étaient quand le tremblement de terre a eu lieu, ce qu'ils pensent 1 an après de cet évènement, pourquoi ils ont accepté de participer à ce projet.....

Ce questionnaire est vraiment poignant parce que c'est la réalité du drame vécu au moment où il se produit.

Chaque manga fait environ 30 pages et présente vraiment des histoires de très grande qualité. 

Chaque mangaka a traité cet évènement selon son style et sa sensibilité. Les 8 mangas offrent un éventail de possibilités d'une très grand richesse artistique pour rendre hommage aux disparus, mais aussi à ceux qui travaillent sans relâche et à tous ceux qui souffrent d'avoir tout perdu, aux enfants a qui ils faut redonner l'espoir de vivre. 

Que ce soit des histoires réalistes ou bien futuristes, on y retrouve des lieux symboliques de violences extrêmes, comme Fukushima, Hiroshima, Pearl Harbor... Mais aussi des messages d'espoir, d'amour et de paix et une détermination à reconstruire. 

L'hommage à la catastrophe n'est pas traité de la même manière, les styles sont différents d'un manga à l'autre mais je les ai vraiment tous aimés.

 

Japon 2-copie-1 Japon 3

Ce manga est le tome 1, il faut espérer que le tome 2 sera édité un jour.

Je rajoute quelques clichés de l'exposition de photos de la catastrophe présentée au salon du livre de Paris. Ces photos montrent l'ampleur du drame que vit le Japon. J'explique le sens des photos selon les explications que j'avais relevées sur place.

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Cette tentative de plantations est tout aussi poignante

que le désespoir de cet homme sur la photo au-dessus.

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Ces 3 photos montrent que les japonais tentent par différentes animations de redonner de l'espoir et un peu de joie de vivre à la population

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Exercice de motivation pour redonner de l'espoir aux enfants de cette école

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Photos sauvées des décombres avec l'espoir qu'elles retrouvent peut-être leurs propriétaires...

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Et pour finir la centrale nucléaire de Fukushima.

Je rappelle que les bénéfices des ventes du manga "8 regards sur le drame" sont reversés en intégralité à la Croix Rouge Japonaise.

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 18:05

Les femelles

Recueil de nouvelles édité chez Points / 2010 : 331 pages

 

Ce livre n'est pas un roman mais un recueil de 9 nouvelles. Le véritable titre de ce livre : The femal of the specie est tout aussi évocateur du thème de ce recueil que le titre en français. 

C'est le 4ème livre que je lis de cette écrivaine et à chaque fois je peux constater que le thème de chaque roman est travaillé avec une précision de joaillier. Le stylo de Oates est un scalpel qui décortique, soulève tous les pans de l'âme humaine pour nous en décrire tous les travers, les souffrances, les peurs, les lâchetés et la violence.

Ces neuf nouvelles ont un fil conducteur que l'on retrouve dans chaque histoire : Neuf portraits de femmes, neuf victimes. Victime d'un mari, d'un père, d'un amant, de leur apparence.... Chaque nouvelle propose une situation bien spécifique qui nous renvoie au schéma de la société actuelle. Ces femmes sont poussées à l'extrême de leur capacité à supporter leurs persécuteurs. Elles vont réagir instinctivement à cette oppression et tuer leur bourreau de sang froid.

Certains portraits sont tellement touchants dans leur détresse comme "avec l'aide de Dieu" et "Poupée : une ballade au Mississipi" que l'on arrive à comprendre cette folie qui  rend ces femmes, meurtrières. Les nouvelles ne sont pas toutes de même qualité et certaines sont très glauques et énigmatiques comme "Banshee" et "Madison au Guignol". Mais elles sont de toute manière toutes enivrantes à lire avec pour chacune sa dose d'angoisse et de violence.

Les nouvelles ont une fin ouverte qui nous laissent imaginer la suite.

J'ai lu sur le blog de George, qu'elle conseillait l'essai d’Elisabeth Badinter "Lignes de fuite" qui permet de mieux comprendre cet instinct de vengeance et de mort qui qualifie ces femmes.

Pour lire l'analyse de ce livre chez George ICI

En conclusion, voici la  4ème de couverture qui annonce parfaitement bien le thème de ces nouvelles !! Et si ce livre vous tente comme lecture de vacances : bonne lecture !!

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 20:11

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Écrit en 1977,

ce roman est traduit et édité en France en 1991

par les éditions de la Table ronde

actuellement, ce roman n'est disponible

que dans la collection Folio chez Gallimard.

Un roman a mettre absolument dans sa valise pour les vacances !

Ce livre est un "roman culte". C'est malheureusement l'unique publication en France de son auteur Oswald Wynd.

Mais qui est donc ce mystérieux Oswald Wynd qui a écrit un roman aussi référencé sur la culture des pays asiatiques et surtout de la Chine et du Japon du début du XXème siècle.

Voici ce que l'on peut lire sur Babelio :

Oswald Wynd est né en 1913 à Tokyo, il est mort à Edimbourg en 1998 de parents écossais missionnaires à Tokyo, où il passera ses vingt premières années. Oswald Wynd, devenu un des maîtres du polar contemporain sous divers pseudonymes, ne signa de son nom que le roman "Une odeur de gingembre" , qui s'est imposé, dès sa publication en 1977, comme un livre culte. Certains de ses romans ont été écrits sous le nom de Gavin Black.

Ces éléments de la biographie de l'auteur permettent de mieux comprendre la précision et la grande maîtrise avec laquelle il décrit le Japon du début du XXème siècle dans ce roman.

L'histoire :

Le 9 janvier 1903, une jeune écossaise Marie Mackenzie commence un journal intime pour occuper son temps durant la traversée à bord du paquebot qui l'emmène en Extrême-Orient. Elle va rejoindre son futur mari, un militaire britannique qu'elle connaît à peine. Mary a été éduquée, "façonnée" comme toutes les femmes de son époque pour devenir une épouse docile, appliquée et discrète.

Ce roman n'est composé que de la correspondance et du journal intime de Mary. Par ce fait, l'auteur s'est glissé dans  l'intimité de sa jeune héroïne et des femmes qu'elle côtoie, ce qui lui permet de brosser un portrait plutôt virulent de la condition féminine à cette époque, et de la caste des européens à l'étranger qui évoluent selon des codes moraux extrêmement strictes. Déjà sur le paquebot qui emmène Mary vers son destin, on se rend compte très vite que la vie des femmes est complètement cadenassée par les diktats d'une société dominée par le paraître et les préjugés. Si poser son corset pour mieux supporter la chaleur, le cacher sous une pile de vêtements pour éviter un scandale et parler au capitaine du bateau sont des attitudes répréhensibles, Mary a pu transgresser ses règles facilement en déjouant la surveillance appuyée de ses "chaperonnes". Mais à Pékin, Mary aura du mal a vivre selon ses désirs.  De plus, la jeune femme va vite comprendre que sa vie de couple est un échec auprès d'un mari à la morale aussi raide que son habit militaire. Pourtant cette nouvelle vie ne lui permet pas de s'ennuyer. Mary laisse sa curiosité s'exprimer, elle découvre un pays, ses habitants, va éprouver une certaine fascination pour un officier japonais dont elle apprécie la conversation....

Je vous laisse découvrir la suite de cette passionnante histoire au coeur de la Chine ancienne et des coutumes et les rites sociaux dans le Japon du début du XXème siècle. 

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Il y a un passage étonnant sur la rencontre de Mary avec la célèbre impératrice Tseu Hi, qui me donne presque envie de lire une biographie sur cette femme bien étrange.  

L'histoire de Mary est un véritable plaidoyer contre une éducation basée sur la soumission des femmes.

Mary dont l'éducation n'a pas appris à se battre mais à se soumettre, va devoir lutter pour gagner son indépendance. C'est au Japon qu'elle fera ce difficile apprentissage et gagner son autonomie dans un pays profondément misogyne qui vit selon des coutumes et des rites féodaux.

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Je remercie ma collègue Marie-France pour cette très très belle découverte.

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:30

Nyssen 5

Sur une idée de Denis, voir son blog ICI

Un hommage à Hubert Nyssen est organisé

le 12 de chaque mois pendant l'année 2012.

Hubert Nyssen est décédé le 12 novembre 2011.

J'ai rajouté à cet hommage celui de l'écrivaine  Nina Berberova

qui fut la grande découverte littéraire de Hubert Nyssen.

Pour en savoir un peu plus : ICI

Nina Berberova

Edité chez Actes Sud en 1989

 

Un groupe d'amis, des exilés forcés de la révolution russe, profite des premières chaleurs de ce mois de juin 1940. La guerre s'installe et leur moral est morose. L'héroïne de cette histoire, Maria Léonidovna, lance un jeu pour donner un peu de gaieté à cette soirée. Quels sont les personnages célèbres que l'on aimerait ressusciter ? Chacun s'amuse à ce jeu et propose des noms Napoléon, la Reine Victoria , Pouchkine, Tolstoï.... Maria dit : "moi je ne ressusciterais que Mozart, oui, c'est cela, Mozart, pensa Maria, je n'ai besoin de personne d'autre, et d'ailleurs ce serait inutile. (extrait du livre).

Il resterait avec nous jusqu’au matin, il jouerait du piano ou il nous parlerait. Et tout le monde viendrait le voir et l’écouter, le jardinier des voisins avec sa femme, et le postier, et l'épicier avec se famille, et le chef de gare...Quelle joie ce serait (extrait du livre)

Paris est bombardé, Maria reste seule dans sa maison proche de Paris en compagnie de son beau-fils. Les militaires commencent à s'installer dans les villages, les souvenirs des précédentes guerres reviennent parmi les habitants. Tout le monde vit dans la peur et l'angoisse. C'est dans cette atmosphère pesante qu'un homme se présente à Maria et lui demande l'hospitalité pour une nuit. Qui est cet homme à l'allure et aux vêtements insolites ? Est-ce un militaire, un déserteur, un espion ? Il dit à Maria qu'il est un civil, il est musicien. Maria installe le mystérieux inconnu dans une annexe de sa maison.

La guerre jette des milliers de gens sur les routes. Maria doit aussi fuir de nouveau, les russes qui vivent en France connaissent déjà la douleur de l'exil. Au milieu de cette débacle, l'énigme autour du mystérieux musicien s'intensifie. Personne ne le remarque, il se présente la nuit à Maria pour dormir à l'annexe et s'en va la journée. Ce musicien est-il Mozart ressuscité, ou plutôt son allégorie appelée grâce à l'imagination de la maîtresse des lieux pour venir enchanter des lieux désertés par la musique, et ainsi alléger les pensées de Maria que la guerre oppresse, même si elle est une femme à la forte personnalité qui ne veut pas avoir peur, parce que les russes n'ont plus peur.

Nina Berberova nous décrit avec précision l'angoisse de la population face aux menaces de la guerre. Le besoin de rêver et de se raconter une autre histoire que celle que l'on ait en train de vivre permet peut-être de mieux supporter l'horrible réalité. Nina Berberova mêle ses talents d'écrivaine à cette page d'histoire. L'intervention de Mozart est la petite touche fantaisiste qui donne à cette nouvelle une originalité qui perturbe avec finesse la logique du lecteur. 

Nina Berberova était à Paris pendant cette période qu'elle décrit dans ce livre, ce qui permet de penser qu'elle s'est décrite sous les traits de son héroïne Maria Léonidovna.

" Pourquoi l’horreur, la cruauté, l’affliction se matérialisaient-elles si facilement, s’incarnaient-elles dans une image concrète, n’en oppressant l’âme que davantage, et pourquoi le sublime, le tendre, l’imprévu, le charmant effleuraient-ils le cœur et les pensées comme une ombre, sans qu'on pût les saisir, ni les regarder, ni les palper ? (Extrait du livre).

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Published by Nina
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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 22:39

 

  Babelio ABC

Les échangés

Les échangés

A trip to somewhere

Editions Kirographaires : 2011 / 205 pages

 

Ce roman nous propose une rencontre, un échange avec l'autre. L'autre : celui qui n'habite pas dans notre pays, celui qui ne parle pas notre langue, celui qui ne vit pas comme nous.

Le voyage scolaire est un moment propice pour vivre une immersion dans un pays étranger. Mais quelle aventure de quitter son pays ! Alors que se passe t'il dans la tête de nos adolescents quand une fois montés dans le car, après un dernier signe de la main, un baiser envoyé, ils s'assoient sagement à leur place. Et les professeurs-organisateurs d'un tel voyage, quelles sont leurs pensées, leurs réflexions ? Avec ce roman, le lecteur fait partie de l'aventure. Il est immergé à son tour dans ce microcosme bien spécifique au voyage en groupe. Il écoute, regarde et sait ce que chacun pense de cette aventure qu'il est train de vivre. Il y a ceux qui sont fiers et se disent : I'm rather proud of myself ! And I'm rather worried too... Il y a ceux qui vont être un peu intimidés, mais le mot exact est anglais " self-conscious". Il y en a qui parlent, qui parlent, on pourrait les appeler des "regular chatterboxs". Un petit incident à la frontière a permis de rencontrer  un "customs officer". Même si c'est la nuit, la Grande-Bretagne fait maintenant partie du paysage, chacun sait que la véritable aventure est imminente, le car arrive sur le lieu de rencontre avec les familles anglaises. Certain commence à réviser les paroles à dire : how do you do ? yes,my name is....

La rencontre avec l'autre, celui avec qui on a correspondu n'est pas une chose facile. Millie se confie à sa mère, elle lui écrit de longues lettres pour tout lui raconter, Camille préfère l'intimité de son journal. Tous ces jeunes découvrent un monde nouveau, la vie quotidienne dans leur famille d'accueil, au lycée anglais. Il y a aussi cette réelle difficulté de parler et de comprendre un langue différente. Et si chacun se débrouille à sa manière avec ces nouveautés, apprend et s'adapte, il y a Jérémy le solitaire, en anglais on dit "Aloof". Jérémy n'est pas là uniquement pour vivre une expérience d'immersion dans un pays étranger, il a un autre but. Cet adolescent profite de ce voyage pour élucider un secret de famille qui a ses origines dans le passé, ce terrible passé où nos deux pays, la France et l'Angleterre étaient en guerre. Quelle responsabilité pour les professeurs de mettre en place de tel voyage...

Je ne dévoilerai pas plus de ce livre qui a une particularité étonnante, c'est que plus les héros de cette histoire s'immergent dans le pays, plus l'anglais se fait présent dans le récit qui se termine presque complètement en anglais.

Les échangés est un bel échange entre deux civilisations.

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Petite info sur l'auteur :

Professeur agrégé d’anglais et mère de trois enfants, Isabelle Verneuil a d’abord cherché ce qui deviendra son roman sur le marché. Ne trouvant rien d’équivalent, elle a décidé de répondre par elle-même à ce besoin ! Son livre s’adresse à la fois à des lycéens et à des adultes faux débutants qui souhaitent se remettre à l’anglais. Il a pour ambition de convaincre les élèves et autres lecteurs qu'ils peuvent lire en anglais et réviser tout en se divertissant. (extrait du site des éditions Kirographaire)

Et d'autres infos sur Babelio :

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 19:08

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  Challenge sur les pages du Japon organisé par Kezako du livre

Au mois de juin le thème du challenge "sur les pages du Japon"

est un voyage au Japon à travers les livres.

 

Challenge dragon 2012 organisé par Cath

ChallengeDragonFeu

erine sur son blog  "la culture se partage"

 

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  Photographies de David Michaud, Agence Ask-images et aura,

textes de David Michaud: Edition Chêne en 270 pags

Pour respecter la nouvelle consigne de ce challenge, j'ai choisi de commenter ce magnifique livre qui illustre merveilleusement bien le contraste entre le Japon d'hier et d'aujourd'hui.

David Michaud est photographe et journaliste. C'est en 2002 qu'il fait son 1er voyage voyage au Japon et crée le site internet lejapon.fr. qui devient une référence sur ce pays. Installé depuis 2007 au Japon (à Yokohama, près de Tokyo) . Ce premier ouvrage sur le Japon est suivi de beaucoup d'autres comme : Traditionnel Japon, Japon 365 Us et Coutumes, le Japon – Grands Voyageurs....

 Ce livre est découpé en 10 thèmes qui nous proposent des photos, des textes explicatifs, des proverbes, des réflexions d'auteurs (bibliographie à la fin du livre) comme Marguerite Yourcenar qui a écrit : « Mishima ou la vision du vide ». Cet essai raconte l'histoire de l'écrivain japonais Mishima qui se donne la mort d'une façon spectaculaire en se faisant Hara-Kiri le 25 novembre 1970

David Michaux glisse d'anciennes photos à ses propres clichés qui nous permet de comparer le Japon ancien et moderne. Ce livre éveillent particulièrement notre curiosité de touristes occidentaux sur un pays dont les coutumes restent pour nous bien complexes et mystérieuses.

Je vous  présente quelques extraits de ces 10 chapitres à l'aide de photos et d'extraits d'articles, ce n'est qu'un minuscule aperçu de ce qu'offre ce magnifique livre, mais j'espère qu'il vous donnera  envie de le regarder à votre tour.


Chapitre 1 : Le souffle de l'empire

Ce chapitre explique les fêtes, spectacles et animations culturelles et populaires qui permettent de faire revivre des coutumes ancestrales comme la cérémonie du thé et de se revêtir des costumes traditionnels.

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Le thé de l'après-midi, au début du XXème siècle

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Jeune étudiante en Kimono effectuant les gestes de la cérémonie du thé.

Kei, Satsuki et leurs camarades d'université se retrouvent tous les samedis dans une petite salle de Tatami que leur prête un temple du quartier. Avant tout par respect des traditions et par amour du thé vert, il forment ce cercle de la cérémonie du thé et se réunissent ainsi chaque week-end pour parfaire leurs techniques, répétant sans relâche, avec une concentration toujours soutenue, les gestes d'un rituel traditionnel influencé par le bouddhisme Zen et apparu au cours du XIIIème siècle.(extrait de la page 8)

 

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Danse avec une janome-Kasa (ombrelle) pendant le spectacle traditionnel d'Araumaza.

L'art du spectacle japonais reste traditionnellement ancré sur des préceptes ancestraux. Inchangées depuis des siècles, les représentations scéniques du théâtre traditionnel que sont les Bunraku (marionnettes), le Kabuki, (épique et populaire), le Kyogen (comédie) et le No (drame lyrique) déplacent toujours les foules (extrait de la page 22). 

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Rue des théâtres , Tokyo, vers 1914

La spiritualité joue un rôle important dans les arts martiaux japonais. Le sumo est l'art le plus marqué par les rituels traditionnels religieux shinto et offre un spectacle tout autant visuel que sportif

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Combat de rikishi (combat de haut niveau)

 

Chapitre 2 : Tokyo la trépidante

Tokyo la grande, Tokyo l'étourdissante, Tokyo aux milliers de Néons, Tokyo la bouillante...

Tokyo la mégapole possède bien des visages. Capitale du Japon depuis 1868, elle est, avec ses huit millions d'habitants et sa superficie de 617km2, la plus importante ville du pays. Son découpage en 23 arrondissements et un développement qui n'a suivi aucune planification lui confèrent une apparence de patchwork désordonnée, qui mêle constructions ultramodernes et vieilles demeures. (extrait de la page 34)

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Japonaise admirant l'impressionnante structure de Tokyo International Forum

Perdus au milieu des immeubles subsistent des quartiers aux allures du Japon d'après-guerre. dans ses îlots oubliés des promoteurs immobiliers, la vie suit un rythme bien différent de celle du reste de la cité.Les maisons, commerces et habitants semblent tous venir d'une autre époque. (extrait de la page 56) 

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Ruelle du quartier populaire de Tsuskisma, Tokyo

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Jeune employée d'une boutique de gâteaux traditionnels nettoyant le trottoir devant sa devanture

 

Chapitre 3 : Villes d'hier et d'aujourd'hui

On peut découvrir l'extrême contraste entre les villes modernes et celles qui ont su conserver leurs sites historiques. La ville de  Kyoto, l'ancienne capitale du Japon avec ses deux milles temples, sanctuaires, palais et jardins Zen et beaucoup d'autres bâtiments et autres lieux d'exception sont classés au patrimoine mondiale de l'Unesco.

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Namba Parks, galerie marchande située au centre de la ville d'Osaka

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Kinkaku-ji (pavillon d'or) symbole de la ville de Kyoto et du Japon.

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Sanctuaire Niyakuoji, au bout du chemin de la philosophie, Kyoto.

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lanterne en bronze décorant les abords du sanctuaire Toshogu

et sculpture en bronze de Komainu (lions mythologiques gardiens des temples.

Après les années folles de l'industrialisation, les japonais ont rapidement compris que la préservation du patrimoine et des sites historiques était un enjeu de taille et un devoir pour les générations futures. Ainsi, de nombreux endroits considérés comme trésors nationaux sont protégés des appétits de l'économie de marché.(extrait de la page 78)

 

Chapitre 4 : Enfants de l'eau

Ce chapitre nous apprend combien l'eau est importante dans la vie japonaise.

Source de spiritualité, l'eau purificatrice est présente dans chaque temple du japon. le visiteur se doit d'utiliser l'eau contenue dans un bac de pierre alimenté par une fontaine pour se purifier avant de pénétrer dans un lieu sacré (extrait de la page94)

Enfant de l'eau, le peuple japonais se familiarise dès son plus jeune âge avec l'élément liquide. Source de contes et de légendes, chaque cours d'eau recèle des histoires fantastiques narrées par les anciens pour emoustiller l'imaginaire des plus jeunes et les prévenir des dangers possible. (extrait de la page 99)

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Chapitre 5 : Esprits et divinités

Ce chapitre est très intéressant, il montre la grande liberté spirituelle du peuple japonais.

Au Japon coexistent toutes les religions du monde. Dont deux sont prépondérantes : le shintoïsme et le bouddhisme (avec certaines variantes suivant le lieu de culte). Malgré un nombre incroyable de temple au Japon, les japonais ne sont pas pour  autant de fervents croyants...(extrait de la page114)

Le mélange des croyances s'explique par le fait que les deux religions majeures du pays n'imposent pas la fidélité absolue à leurs adeptes. Tout au long de leur vie, les japonais suivent par superstitions de nombreuses cérémonies dont ils ignorent pour beaucoup l'origine.. (extrait de la page120)

Les fêtes et festivals au Japon ont souvent une référence religieuse ou chamanique. (extrait page 137)

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Entrée d'un temple de la rue couverte commerçante Teramachi, Kyoto

 

 Chapitre 6 : Rythmes quotidiens

Ce chapitre nous parle de la vie quotidienne au Japon : le travail, le rôle des hommes et des femmes, les loisirs....

DSCN0049.JPGHanami (pique-nique sous les cerisiers en fleur) dans le parce du quartier d'Omori, Tokyo

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A l'heure du thé sous les cerisiers en fleur, début de XXème siècle

On peut lire ceci page 146 :

La femme tient un rôle prépondérant dans la société japonaise : consommatrice avertie, elle en est le moteur économique. Objet de toutes les attentions, elle en vient à définir les règles d'une société que l'on dit pourtant dirigée par les hommes. Les femmes actives sont de plus en plus nombreuses (...) La vision archaïque de la femme mariée dévouée au bien-être de son mari travailleur tend à disparaître chez les femmes de la jeune génération... (extrait de la page 146)

 

Chapitre 7 : Éventail de saveurs

Mais au pays des sushis, la cuisine est loin d'être restreinte à ce régime riche en oméga 3. Bien que l'alimentation japonaise tourne souvent autour des ingrédients que sont les poisons et le riz, la variété des plats est infini, chaque région ayant ses spécialités, qu'elles-mêmes varient selon les villes et même les quartiers.

(Extrait de la page 164)

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Epicerie proposant de nombreux produits typiquement japonais dans une rue commerçante et populaire de Tokyo : Ameya Yokocho.

L'alcool est un vrai phénomène de société au Japon, souvent associé au monde du travail, mais il est présent dans toute la vie des japonais.

Les hommes sont plutôt adeptes de la bière et des alcools forts comme le saké (alcool de riz) ou le shoshu (meilleur marché que le saké) les femmes se laisseront plutôt tenter par la douceur d'un umeshu (alcool de prune) (extrait page 187)

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Barriques de saké en offrande dans un sanctuaire Shinto, Itsukushima

 

"Le saké pour le corps, le Haïku pour le coeur"

proverbe de Santora

 

Chapitre 8 : De forêts en rizières

On a toujours tendance à se représenter le Japon à travers ses grandes villes surpeuplées. Pourtant, après quelques minutes de train vers les montagnes, on découvre un autre univers où la masse des gratte-ciel n'existe plus et où l'espace entre les maison offre une intimité retrouvée.(extrait de la page 192)

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Des pèlerins admirent le spectacle senbon-zakura ("mille cerisiers") dans le parc du mont Yoshino (page 194)

DSCN0059.JPGpeignage du riz, Hiogo, vers 1907 (page 203)

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Grand-mère rentrant chez elle à vélo dans un petit village après avoir travailler sur son carré de terre, presqu'ile d'Izu. (photo page 212)

 

Chapitre 9 : l'esprit du bois

Au Japon, pays à l'urbanisme galopant et hypertrophié, on peut tout aussi bien se perdre dans une forêt de gratte-ciel que dans une forêt de sugi, appelés aussi cèdres de Japon.

Lepays est principalement composé de territoires montagneux n'offrant guère que 30% surfaces habitables, réparties entre villes et parcelles agricoles. Difficilement exploitables, les flancs des montagnes sont couverts d'immenses forêts. (extrait de la page 220)

Les esprits de la forêt sont très présents en de nombreux lieux pour beaucoup de japonais. Les habitants de ce pays, à grand majorité animiste, sont de fait très respectueux de la nature, et certains arbres sont vénérés tels des dieux.  (extrait de la page 224)

DSCN0064.JPGKintai-bashi, célèbre pont en bois à cinq arches franchissant la rivière Nishiki

dans la ville d'Iwauni, près de Hiroshima. (photo page 22-223)

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Détail de charpente du Butsuden (salle du Bouddha) du temple Kencho-ji, Kamakura. (photo page 235)

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 Détail d'une porte préservée près du temple Zojoji, Tokyo (photo page 234)

 

Chapitre 10 : l'art du geste

"On commence à vieillir quand on finit d'apprendre" proverbe japonais 

Le dernier chapitre de ce magnifique livre est consacré aux artisans.

Le japon est un des rares pays qui classe des hommes au rang de patrimoines nationaux... mais à y regarder de plus près, ce parti pris est aisément compréhensible car les artisans qui savent reproduire des gestes ancestraux disparaissent peu à peu et ne trouvent guère de jeunes gens pour les remplacer, tant l'apprentissage est long (l'affaire de toute une vie) et le métier souvent ardu. (extrait de la page 246)

DSCN0068.JPGLes différentes étapes de la création d'un masque de théâtre No. (photo page 251)

L'art du spectacle et de la scène traditionnel, suivant des préceptes définis depuis des siècles, se doit d'être entouré du savoir-faire d'antan. Qu'il s'agisse des accessoires, des costumes et même des décor et du lieu de représentations, tous les éléments qui contribuent au spectacle doivent répondre aux exigences et aux respects des traditions. (extrait de la page 251)

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M. Miyata, artisan, fabrique des tatami dans sa petite boutique

située au nord de Yokohama. (photo de la page 259)

Geta, tatami, baguettes en bois... Ces objets d'un autre temps sont pourtant toujours présents dans la vie moderne nippone. Bien que la production soit souvent industrialisée pour répondre à une demande de masse, la fabrication artisanale reste plébiscitée par des japonais attachés à l'authenticité et aux produits de qualité. (extrait de la page 258)

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Poterie japonaise dans une boutique d'un artisan potier (photo p. 260)

Ce voyage en images est terminé. J'espère que ce livre vous donnera envie de voyager et de vous plonger dans l'univers fascinant de ce pays. Mais le voyage au Japon le plus simple pour les vacances est de se plonger dans sa littérature.

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Et pour finir je vous laisse admirer ma petite kokeshi !

les Kokeshis sont les poupées emblématiques du Japon.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 17:15

challenge-romans-sous-influences

 

Challenge organisé par George et  Sharon

 

Babelio ABC

  Challenge ABC organisé par Babelio, info sur le blog ICI

 

 

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Edition La Table Ronde dans la collection Quai Voltaire : 2012 / 260 pages 

 

Jane Eyre est une des héroïnes de romans des plus connues dans le monde. Son auteure, Charlotte Brontë fait partie avec ses sœurs Anne et Emily, des écrivaines dont la vie est tout aussi romanesque que les romans qu'elles ont écrits.

Sheila Kohler s'est inspirée des romans, des biographies et de la correspondance des sœurs Brontë pour faire de leur vie, son roman.

A la façon des poupées russes, la romancière s'est glissée dans la peau des membres de cette illustre famille, et surtout de l'écrivaine Charlotte Brontë pour vivre « de l'intérieur » la genèse de son roman qui fut le best-seller de l'époque : Jane Eyre.

Sous la plume de l'écrivaine, Charlotte, Anne, Emily, Branwell et le révérend Patrick Brontë sont devenus des personnages de roman, mais acteurs d'une histoire bien réelle, celle de la famille Brontë. L’intérêt romanesque de cette fratrie est  surtout dû à son incroyable parcours qui fut jalonné de solitude, de tristesse, de maladie et de mort et qui paradoxalement a été d'une incroyable créativité littéraire.  

C'est cette créativité que Sheila Kohler met en avant dans son roman, elle nous raconte comment l'écriture et la vie littéraire des sœurs Brontë sont une source de joie, de travail, de rencontres et de projets multiples. Le siècle n'est pourtant pas encore propice aux femmes qui écrivent. Même si elles étaient certaines de leur talent, les trois soeurs choisiront d'écrire sous un pseudonyme masculin, et leur père aura toujours un certain dédain pour leur travail. Il portera toujours plus d'intérêt à son fils Branwell.

Il est difficile d'imaginer la vie des sœurs Brontë sans l'écriture, dans cette maison dominée par la maladie et la mort ? L'écriture est au centre de leur vie. Elle est la source de leur projet, l'exutoire de leur défaite, le tremplin de leur imaginaire. C'est avec l'écriture que les sœurs Brontë affrontent un quotidien imbibé du souvenir de leur mère et sœurs disparues trop tôt, auprès de leur frère qui noie son mal-être dans l'alcool, et d'un père rigide et taciturne, complètement enfermé dans la religion. Même le lugubre presbytère où elles vivent, situé en face du cimetière et de la lande va permettre de planter le décor de leurs romans.

Tout cet environnement va donner naissance à des romans inclassables qui vont traverser les siècles. la puissance créative et imaginaire qui se dégage des œuvres et de la vie des sœurs Brontë va faire rêver un grand nombre de lecteurs mais aussi inspirer des cinéastes, des écrivains, des musiciens.... qui vont s'en servir pour nourrir leur propre création.

« Quand j'étais Jane Eyre » est vraiment le roman qui donne envie de lire ou de relire les romans et les biographies des sœurs Brontë.

 

A la demande de George et de Sharon, je remplis le questionnaire du challenge qui permet de mieux comprendre l'intertextualité de ce roman avec celui de Charlotte Brontë et son  roman Jane Eyre et du roman Agnès Gray écrit par Emily et Les hautes du Hurlevent écrit par Emil. 

  • La référence au roman/auteur/personnage apporte-t-elle réellement un intérêt au roman ?

      Oui elle apporte un intérêt essentiel au roman, qui n'aurait pas lieu d'être sans cette référence. 

  • Comment prend corps la référence au roman/auteur/personnage ? (est-ce juste un roman/auteur/personnage évoqué dans une conversation littéraire, ou le roman/auteur/personnage intervient-il dans le roman?)

    Les romans et leurs personnages, les auteurs et leur biographie, sont les sujets principaux de ce roman.

  • L’auteur d’influence est-il un personnage de l’intrigue ?  Charlotte Brontë et ses soeurs sont les auteurs d'influence et sont les personnages de ce roman.

  • S’il s’agit d’un personnage d’influence, est-il rendu fidèlement ? La vie des soeurs Brontë est rendue fidèlement, ainsi que leurs oeuvres et même les lieux et  l'époque où elles ont vécu.

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 18:15

Eux

eux

Edité chez Stock dans la collection La Cosmopolite

Ecrit en 1969, réedité en 2007 pour la présente édition : 632 pages

 

Avec ce roman, Joyce Carol Oates s'est lancée dans un projet particulier et dense, qu'elle explique dans une note en préface.

JC Oates enseigne l'anglais à l'université de Détroit de 1962 à 1967.

Une étudiante inscrite à son cours de soir lui écrit une lettre quelques années plus tard pour lui raconter la complexité de sa vie qui explique en partie ses difficultés pour étudier. Elle se permet aussi de critiquer le contenu de ses cours et sa façon d'aborder les étudiants.

L'étudiante reproche à son professeure l'inexactitude de son enseignement. Pour cette jeune femme, Il existe un trop grand décalage entre les œuvres de fiction et la « vraie vie » alors que J.C. Oates leur enseigne que « la littérature donne forme à la vie ».

Joyce Carol Oates va rencontrer cette jeune femme, de ces échanges va naître un roman dont l'héroïne principale "Maureen Wendall" ne sera autre que l'étudiante du cours du soir.

C'est aussi un moyen de prouver que toutes « les réalités » peuvent devenir des « œuvres de fiction ».

« Eux » ce sont les familles pauvres de l'Amérique des années 1930 à 1960 qui occupent les quartiers et les banlieues sordides de Détroit.

Le roman commence en 1937 avec l'histoire de Loretta Wandall, une adolescente pleine d'espoir devant la vie qui s'offre à elle. Mais grandir dans ces quartiers, permet difficilement aux enfants de devenir des adultes libres de choisir leur avenir. Les années passent et Loretta va peu à peu perdre ses illusions et devenir la mère insécure et tyrannique de 4 enfants. Comme Loretta quand elle était jeune, ses deux aînés Jules et Maureen aspirent à vivre autrement. J.C. Oates a mis en avant ces deux personnages parce qu'ils ont la particularité de vouloir évoluer et envisage de suivre des études. Il faut tout le talent de J.C. Oates pour nous démontrer avec minutie par des évidences sociologiques mais aussi par d'infinis détails du quotidien que le défi mené par les deux jeunes gens sera long est difficile, voire impossible. Dans cette Amérique où gronde la révolte des noirs qui va donner les émeutes sanglantes de 1967, ce roman révèle que le combat quotidien pour survivre empêche ces gens de prendre part d'une façon active à ce conflit, même de le comprendre. Le racisme entre les différentes communautés que décrit J.C. Oates s'analyse plus dans une lutte quotidienne pour la survie que dans une véritable haine et rejet de la différence, que l'on peut voir dans nos sociétés actuelles.

Ce roman souligne avec beaucoup de justesse, qu'à cette époque la vie des femmes est doublement pénalisée. Elles naissent dans un milieu difficile qui ne leur donnera pas la possibilité d'évoluer et de plus, qu'elles soient issues de n'importe quel milieu, la place des femmes est à l'intérieur de la maison au service de son mari et de ses enfants, les hommes vivent leur vie à l'extérieur du foyer.

« Eux » est une plongée en apnée dans l'Amérique pauvre du début du XXème siècle. On en ressort en aspirant une longue bouffée d'air, soulagé d'avoir pu aller jusqu'au bout de ce périple. Loretta, Maureen, Jules et tous ceux qui partagent avec eux ces tranches de vie, resteront à jamais dans le cœur de leurs lecteurs.

Oates

Joyce Carol Oates

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 12:04

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coeur_72.gifLes Cenci

 

Edition de L'herne : collection Carnets

Avans-propos de François L'Yvonnet

2012 / 67 pages

 

 

L'avant-propos de François L'Yvonnet est un résumé de l'histoire tragique de la famille Cenci. Ces faits réels ont marqué et influencé beaucoup d'artistes dont Stendhal qui écrit cette nouvelle.

Dans une longue introduction, l'écrivain nous explique comment cette chronique judiciaire fut l'objet de bien des polémiques dans l’Italie du XVIème siècle. Stendhal nous fait part de ses réflexions sur l'image emblématique du Don Juan et écorche le mythe. Que ce soit le Don Juan de Molière ou bien celui de Mozart et bien d'autres encore, Stendhal dénonce toute l'hypocrisie de ces sociétés qui avec la complicité de l'église catholique acceptent que des hommes puissent avoir un "goût immodéré" des femmes sans pour autant les respecter. Il fallait bien entendu que ces « Don Juan » détiennent pouvoir et fortune. Avec un certain statut social tout était permis et les papes n'y trouvaient rien à redire.

 

François Cenci est un notable de sa ville, c'est aussi un Don Juan et le patriarche d'une grande et riche famille italienne. Avant ces faits tragiques, Personne ne sait à quel point cet homme règne en maître absolu sur sa femme et ses enfants. Les fils de François Cenci mènent une vie faite d'épreuves et de privations dû à la méchanceté et la perversité de leur père. Les enfants sont complètement soumis à sa folie qui gagne en atrocité chaque jour. Le pire des cauchemars est arrivé quand François Cenci tombe amoureux de sa très jeune fille Beatrix et décide d'en faire sa maîtresse. Il la soumet de force à son dictat.. La haine va gagner peu à peu le clan des Cenci qui va fomenter des complots pour tuer leur père.

A la mort de François Cenci, une enquête puis un procès aura lieu présidé par le pape Clément VIII. Le verdict de l'église annonce la fin tragique de cette histoire : le pape a décidé de faire l'impasse sur l'inceste commis sur la jeune Béatrix et ne retient que le parricide. La mère et la fille sont condamnées à la sentence suprême c'est à dire l'échafaud, et le jeune frère aux galères. 

 

Je remercie Babelio et les Éditions de L'Herne qui m'ont permis de lire une nouvelle dont le thème n'est pas commun aux autres romans de l'auteur. J'ai vraiment apprécié les positions de Stendhal sur ce fait divers. Cette nouvelle permet de démontrer qu'à cette époque les femmes n'avaient aucun statut social et juridique, mais aussi que le chef de famille détenait un pouvoir absolu sur les membres de sa  famille.

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Sculpture de Harriet Hosmer représentant Béatrix Cenci (1857)

 

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le film du réalisateur Lucio Fulci tourné en 1969 raconte cette terrible histoire, il est disponible en DVD

 

Beaucoup d'écrivains comme Stendhal ont été influencé par cette tragédie : Shelley, Moravia, Dumas, Artaud...

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