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Le site des éditions de L'Aube ICI

14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 20:11

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Écrit en 1977,

ce roman est traduit et édité en France en 1991

par les éditions de la Table ronde

actuellement, ce roman n'est disponible

que dans la collection Folio chez Gallimard.

Un roman a mettre absolument dans sa valise pour les vacances !

Ce livre est un "roman culte". C'est malheureusement l'unique publication en France de son auteur Oswald Wynd.

Mais qui est donc ce mystérieux Oswald Wynd qui a écrit un roman aussi référencé sur la culture des pays asiatiques et surtout de la Chine et du Japon du début du XXème siècle.

Voici ce que l'on peut lire sur Babelio :

Oswald Wynd est né en 1913 à Tokyo, il est mort à Edimbourg en 1998 de parents écossais missionnaires à Tokyo, où il passera ses vingt premières années. Oswald Wynd, devenu un des maîtres du polar contemporain sous divers pseudonymes, ne signa de son nom que le roman "Une odeur de gingembre" , qui s'est imposé, dès sa publication en 1977, comme un livre culte. Certains de ses romans ont été écrits sous le nom de Gavin Black.

Ces éléments de la biographie de l'auteur permettent de mieux comprendre la précision et la grande maîtrise avec laquelle il décrit le Japon du début du XXème siècle dans ce roman.

L'histoire :

Le 9 janvier 1903, une jeune écossaise Marie Mackenzie commence un journal intime pour occuper son temps durant la traversée à bord du paquebot qui l'emmène en Extrême-Orient. Elle va rejoindre son futur mari, un militaire britannique qu'elle connaît à peine. Mary a été éduquée, "façonnée" comme toutes les femmes de son époque pour devenir une épouse docile, appliquée et discrète.

Ce roman n'est composé que de la correspondance et du journal intime de Mary. Par ce fait, l'auteur s'est glissé dans  l'intimité de sa jeune héroïne et des femmes qu'elle côtoie, ce qui lui permet de brosser un portrait plutôt virulent de la condition féminine à cette époque, et de la caste des européens à l'étranger qui évoluent selon des codes moraux extrêmement strictes. Déjà sur le paquebot qui emmène Mary vers son destin, on se rend compte très vite que la vie des femmes est complètement cadenassée par les diktats d'une société dominée par le paraître et les préjugés. Si poser son corset pour mieux supporter la chaleur, le cacher sous une pile de vêtements pour éviter un scandale et parler au capitaine du bateau sont des attitudes répréhensibles, Mary a pu transgresser ses règles facilement en déjouant la surveillance appuyée de ses "chaperonnes". Mais à Pékin, Mary aura du mal a vivre selon ses désirs.  De plus, la jeune femme va vite comprendre que sa vie de couple est un échec auprès d'un mari à la morale aussi raide que son habit militaire. Pourtant cette nouvelle vie ne lui permet pas de s'ennuyer. Mary laisse sa curiosité s'exprimer, elle découvre un pays, ses habitants, va éprouver une certaine fascination pour un officier japonais dont elle apprécie la conversation....

Je vous laisse découvrir la suite de cette passionnante histoire au coeur de la Chine ancienne et des coutumes et les rites sociaux dans le Japon du début du XXème siècle. 

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Il y a un passage étonnant sur la rencontre de Mary avec la célèbre impératrice Tseu Hi, qui me donne presque envie de lire une biographie sur cette femme bien étrange.  

L'histoire de Mary est un véritable plaidoyer contre une éducation basée sur la soumission des femmes.

Mary dont l'éducation n'a pas appris à se battre mais à se soumettre, va devoir lutter pour gagner son indépendance. C'est au Japon qu'elle fera ce difficile apprentissage et gagner son autonomie dans un pays profondément misogyne qui vit selon des coutumes et des rites féodaux.

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Je remercie ma collègue Marie-France pour cette très très belle découverte.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 17:15

challenge-romans-sous-influences

 

Challenge organisé par George et  Sharon

 

Babelio ABC

  Challenge ABC organisé par Babelio, info sur le blog ICI

 

 

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Edition La Table Ronde dans la collection Quai Voltaire : 2012 / 260 pages 

 

Jane Eyre est une des héroïnes de romans des plus connues dans le monde. Son auteure, Charlotte Brontë fait partie avec ses sœurs Anne et Emily, des écrivaines dont la vie est tout aussi romanesque que les romans qu'elles ont écrits.

Sheila Kohler s'est inspirée des romans, des biographies et de la correspondance des sœurs Brontë pour faire de leur vie, son roman.

A la façon des poupées russes, la romancière s'est glissée dans la peau des membres de cette illustre famille, et surtout de l'écrivaine Charlotte Brontë pour vivre « de l'intérieur » la genèse de son roman qui fut le best-seller de l'époque : Jane Eyre.

Sous la plume de l'écrivaine, Charlotte, Anne, Emily, Branwell et le révérend Patrick Brontë sont devenus des personnages de roman, mais acteurs d'une histoire bien réelle, celle de la famille Brontë. L’intérêt romanesque de cette fratrie est  surtout dû à son incroyable parcours qui fut jalonné de solitude, de tristesse, de maladie et de mort et qui paradoxalement a été d'une incroyable créativité littéraire.  

C'est cette créativité que Sheila Kohler met en avant dans son roman, elle nous raconte comment l'écriture et la vie littéraire des sœurs Brontë sont une source de joie, de travail, de rencontres et de projets multiples. Le siècle n'est pourtant pas encore propice aux femmes qui écrivent. Même si elles étaient certaines de leur talent, les trois soeurs choisiront d'écrire sous un pseudonyme masculin, et leur père aura toujours un certain dédain pour leur travail. Il portera toujours plus d'intérêt à son fils Branwell.

Il est difficile d'imaginer la vie des sœurs Brontë sans l'écriture, dans cette maison dominée par la maladie et la mort ? L'écriture est au centre de leur vie. Elle est la source de leur projet, l'exutoire de leur défaite, le tremplin de leur imaginaire. C'est avec l'écriture que les sœurs Brontë affrontent un quotidien imbibé du souvenir de leur mère et sœurs disparues trop tôt, auprès de leur frère qui noie son mal-être dans l'alcool, et d'un père rigide et taciturne, complètement enfermé dans la religion. Même le lugubre presbytère où elles vivent, situé en face du cimetière et de la lande va permettre de planter le décor de leurs romans.

Tout cet environnement va donner naissance à des romans inclassables qui vont traverser les siècles. la puissance créative et imaginaire qui se dégage des œuvres et de la vie des sœurs Brontë va faire rêver un grand nombre de lecteurs mais aussi inspirer des cinéastes, des écrivains, des musiciens.... qui vont s'en servir pour nourrir leur propre création.

« Quand j'étais Jane Eyre » est vraiment le roman qui donne envie de lire ou de relire les romans et les biographies des sœurs Brontë.

 

A la demande de George et de Sharon, je remplis le questionnaire du challenge qui permet de mieux comprendre l'intertextualité de ce roman avec celui de Charlotte Brontë et son  roman Jane Eyre et du roman Agnès Gray écrit par Emily et Les hautes du Hurlevent écrit par Emil. 

  • La référence au roman/auteur/personnage apporte-t-elle réellement un intérêt au roman ?

      Oui elle apporte un intérêt essentiel au roman, qui n'aurait pas lieu d'être sans cette référence. 

  • Comment prend corps la référence au roman/auteur/personnage ? (est-ce juste un roman/auteur/personnage évoqué dans une conversation littéraire, ou le roman/auteur/personnage intervient-il dans le roman?)

    Les romans et leurs personnages, les auteurs et leur biographie, sont les sujets principaux de ce roman.

  • L’auteur d’influence est-il un personnage de l’intrigue ?  Charlotte Brontë et ses soeurs sont les auteurs d'influence et sont les personnages de ce roman.

  • S’il s’agit d’un personnage d’influence, est-il rendu fidèlement ? La vie des soeurs Brontë est rendue fidèlement, ainsi que leurs oeuvres et même les lieux et  l'époque où elles ont vécu.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 10:50

Waterlo-Necropolis.gifMary Hooper : Editions Grandes Personnes / 336 pages : 2011

Littérature classée "ado"

 

Ce roman prend ses sources dans l'oeuvre de Charles Dickens, et se sert des ingrédients du style victorien pour nous raconter cette histoire. Mary Hooper invite même Charles Dickens à se promener dans son livre, c'est pour vous dire l'influence de l'auteur  dans ce roman.

Pourtant le style de  Mary Hooper est  résolument moderne. Il est clair et dynamique, mais sans jamais tomber dans la facilité. L'intérêt social et historique n'est  jamais perdu de vue ce qui donne à ses livres un sérieux indéniable. Ses romans ne peuvent pas être classés dans la "littérature facile"  pourtant on lit ses livres avec beaucoup  la facilité et un réel plaisir.   

L'histoire de ce roman se déroule en 1860. A cette époque, dans les quartiers pauvres de Londres, pour gagner sa vie, une foule de petits métiers permettaient aux plus humbles de survivre. La condition des enfants était horrible. Démunis, sans  défense, sans aucune éducation, ils étaient soumis à toute la perversité et la cupidité  des hommes.

Dans ces quartiers pauvres, vivent  deux jeunes soeurs orphelines, Grace et Lily  dont l'existence ne tient qu' à la vente chaque jour de bouquets de cresson. Un petit métier qui a complètement disparu de nos jours et qui demandait un travail considérable pour un salaire de misère. Pour survivre, Grace est aussi obligée de devenir "pleureuse". Un métier qu'elle juge morbide, pourtant très à la mode à cette époque. La pleureuse employée par l'entreprise de pompes funèbres devait, par sa présence habillée de noir et ses pleurs, prouver le malheur qu'inspirait la disparition de la personne morte. La pleureuse était exposée à tous les temps pour suivre le cercueil, de plus elle devait déduire de son maigre salaire son costume de pleureuse.

Tous ces petits métiers ont disparu. Ils permettaient uniquement de survivre, aucune perspective d'évolution sociale n'était possible. 

L' exploitation de la pauvreté est la toile de fond de ce roman. Mary Hooper nous démontre à quel point les enfants étaient les premières victimes de la misère sociale. Il était très facile aux adultes de se servir de cette fragilité dans une impunité totale. C'est ainsi que Grace et Lily sont les proies innocentes d'hommes cupides et démunis de toute humanité. Heureusement, elles vont aussi rencontrer des personne bienveillantes qui vont permettre à la justice de gagner. Un roman qui est avant tout positif malgré la noirceur de cette histoire.

Un roman qui m'a donné envie de lire des romans de Charles Dickens.

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Charles Dickens

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:40

Une découverte intéressante, que je recommande vivement !la-messagere-de-l-au-dela.gif

Mary Hooper / 238 pages : Edition Panama 2008

Littérature classée  "ADO"

 

La messagère de l'au-delà n'est pas une histoire fantastique comme le laisse entendre son titre. C'est même tout le contraire. Ce roman nous raconte, sous une forme romancée, la véritable histoire d'une jeune servante : Anne Green. Un des plus sombres fait divers de l'Angleterre du 17ème siècle. Cette jeune fille a été accusée d'infanticide avec préméditation pour avoir donné naissance à un enfant mort-né. Condamnée à mort par pendaison, Anne Green ne meurt pas mais tombe dans un état proche du coma.

Les faits que relate Mary Hooper, ne sont donc en rien irréels. Dans un style haletant, dynamique qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page, ce roman nous emmène dans une époque trouble, imprégnée d'obscurantisme religieux : l'Angleterre puritaine en 1650.  Le statut de servante à cette époque ne permettait pas de se rebeller contre les maîtres, de plus les hommes avaient tout pouvoir sur les femmes. Alors, quand la jeune Anne Green a avoué que le père de son bébé mort-né était le fils de ses maîtres, elle fut condamnée à mort, après un procès vite expédié.

Une histoire tragique, qui met en lumière un siècle qui ne pardonnait rien aux femmes, dont la vie était soumise à un code moral et social établi par les hommes et la religion. 

On trouve à la fin de l'ouvrage, une explication médicale et historique qui permet de comprendre cet étrange évènement.

L'avis de Clarabel et un autre  sur le blog d'Yspaddaden

Mary Hooper est née dans le sud-ouest de Londres, qui sert souvent de cadre à ses romans. La lecture de nouvelles la décide un jour à se lancer dans l'aventure de l'écriture et elle adresse un premier texte à une revue qui le retient pour publication. Mary Hooper n'a dès lors plus cessé d'écrire des romans, qui ont souvent une toile de fond historique. Elle est mariée et mère de deux enfants. (Source site Gallimard Jeunesse)

L'auteur Mary Hooper était présente au salon de Montreuil 2011. Actuellement seulement 5 romans sont traduits en français.

Le site de Mary Hooper ICI

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 22:39

Mauvaise-pente-130x195coeur_72.gifKeith Ridgway

Edition 10-18 :  domaine étranger -2009/376 pages

 

Ce roman raconte le cri de douleur silencieux de Grace, une femme murée dans une effroyable solitude, remplie uniquement de la violence et de l'indifférence de son mari.

Comment se laisse t-on glisser sur la mauvaise pente ? Comment passe t-on à l'acte ? Comment devient-on une femme traquée par ses souvenirs et fermée au monde extérieur ?

Pourtant l'histoire de ce couple a commencé d'une façon un peu romanesque, car malgré les injonctions de son père qui ne voulait pas que sa fille épouse un irlandais, Grace décide de devenir Mme Quinn, de quitter son pays et de ne plus revoir sa famille. Grace avait semble t-il son destin en main.

Le déclencheur de cette lente descente aux enfers est  peut-être dû à la mort du premier enfant du couple avec cette affreuse culpabilité qui s'installe et le gangrène peu à peu. La suite est malheureusement banale : le couple ne se parle plus, le mari sombre dans l’alcoolisme, devient violent........Après le départ de son deuxième fils qui s'enfuit à Dublin après avoir avoué son homosexualité à son père, Grace s'enferme encore plus dans la solitude.

Un soir que les coups ont été plus violents que d'habitude, Grace décide de tuer son mari. Avait-elle une autre solution que le meurtre pour le fuir ? Cette histoire se passe dans les années 90. A l'époque, le contexte social en Irlande ne donne pas la parole aux femmes. L'auteur l'explique en intégrant à son roman, un drame humain de la plus haute importance qui secoue tout le pays : l’histoire réelle de X*** , une jeune fille irlandaise âgée de 14 ans à qui ont refuse l’autorisation de sortir du territoire pour se faire avorter alors qu’elle a été victime d'un viol, car l'avortement est interdit dans le pays.

A la fin du livre on peut lire ceci :  

« L’ordonnance lui fut accordée le lundi 17 février 1992 par Mr Costello, juge au tribunal de grande instance. L’arrêt interdisait à X*** de procédé à une interruption de sa grossesse par quelque moyen que ce fût, à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières de son pays. Il était assorti d’une assignation à résidence de neuf mois  pour X*** et ses parents.

La manifestation qui se déroule à la fin de l’ouvrage a eu lieu le samedi 22 février 1992 ; il y en eut beaucoup d’autres tant en Irlande qu’à l’étranger. L’ordonnance fut levée quatre jours plus tard, le mercredi 26 février.

Je ne raconte pas la fin de ce livre qui aborde le problème de la violence et de la difficulté d'en parler avec beaucoup de finesse et de réalisme. Ce livre est remarquablement bien écrit dans un style clair et précis. J'ai beaucoup aimé les différents caractères et personnalités des personnages de ce roman qui permettent d'aborder différents points de vues et analyses de ce drame. J'ai aimé l'héroïne Grace, c'est un beau portrait de femme forte et courageuse, mais faible devant la toute puissance de son mari........

Martin Provost a adapté  ce roman en film, pour interpréter le rôle de Grace, il a eu raison de choisir :

Yolande Moreau.

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 13:11

Etrangers

 

Rentrée littéraire 2010 / 268 pages

 

 

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Ecrivaine anglaise née à Londres, en 1928, subtile observatrice des gens et des situations, Anita Brookner décrit, de manière nostalgique et intimiste, des personnages en demi-teintes, et la manière dont ils ont raté leur vie. Elle enseigne la littérature à l'Université puis l'histoire de l'art.

En 1967, elle fut la première femme à occuper la chaire Slade de l'université de Cambridge, chaire d'enseignement des beaux-arts fondée en 1869 et dont furent notamment titulaires les historiens de l'art Roger Fry en 1933, John Pope-Hennessy en 1964 et Antony Blunt en 1965.

Elle obtint le Booker Prize en 1984 pour Hôtel du lac. Elle a souvent été comparée à Henry James et à Jane Austen. (source Wikipedia)

 

Je pense avoir lu tous les romans d'Anita Brookner parus en France. Ce sont des roman à l'univers assez indéfinissable. Anita Brookner décrit des personnages à l'apparence calme et dont la vie bourgeoise semble avoir été épargnée par la complexité de la vie. Mais l'argent et la bonne éducation sont-ils des remparts au malheur ? Apparemment non, si on suit les analyses psychologiques très incisives d'Anita Brookner. Derrière ces vies calmes et bien ordonnées, se trament de véritables conflits intérieurs, des envies de vivre ses propres désirs et non pas ceux imposés par le conformisme d'une certaine classe sociale, d'une certaine éducation. Lentement,, avec une écriture très juste, un style qui sait mettre en lumière la part d'ombre de ses personnages, Anita Brookner nous décrit à merveille le conformisme bourgeois en mal de liberté.

 

Le personnage central "d'Etrangers", Paul Sturgis illustre les thèmes chers à Anita Brookner mais c'est le second roman où  elle décrit ainsi la vieillesse comme un poids supplémentaire à des vies solitaires.

 

Paul Sturgis à 72 ans, sa vie a été conforme à ce qu'en attendaient ses parents. Son père travaillait dans une banque, il a fait de même. Jusqu'à la retraite, sa vie a était ponctuée par son travail à la banque, sa famille, les invitations de ses collègues de bureau. Un quotidien sans histoire, des tâches utiles et rassurantes.

La retraite est un véritable bouleversement pour cet homme qui se retrouve face à lui-même. Les journées sont longues, il faut les remplir mais il n'y a pas que ça, son cerveau aussi s'est vidé de sa substance, de toutes les pensées qui le rattachaient à ses tâches quotidiennes. Paul Sturgis est un homme fortuné et en bonne santé pourtant il est seul. Sa solitude croit de jour en jour. Il repense à sa vie passée, ses occupations professionnelles, ses amours de jeunesse et surtout à Sarah qui n'avait pas voulu se marier avec lui car elle le trouvait trop gentil, trop prévisible. Paul Sturgis fait des efforts et tente de surmonter cette crise existentielle. Il rencontre Vicky sur son chemin, une femme tout juste divorcée en quête d'un emploi et d'un appartement et qui vit en attendant d'expédients. Au début de leur rencontre, cette femme l'amusait, mais son audace à vivre au jour le jour le désoriente complètement, il va la fuir. Il va aussi revoir Sarah, cet  ancien amour de jeunesse mais la vieillesse a posé son véto sur une possible aventure. La solitude est un des fléaux de nos sociétés modernes et Paul Sturgis n'a pas fini de réfléchir, de se questionner, de se torturer et de se battre pour exister de nouveau dans le cœur des autres. Mais peut-on changer sa manière de vivre à 72 ans ?

Mon avis : J'ai un peu moins apprécié ce dernier roman, j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs, les réflexions de Paul Stugis deviennent à la longue un peu ennuyeuses, même si le thème du roman est lui très intéressant.

Mais j'ai vraiment beaucoup aimé beaucoup d'autres titres d'Anita Brookner dont je présente quelques 1ère de couvertures ici.

 

Un autre article très intéressant sur ce livre chez Enfin livre

Dolly   Ls-visiteurs-de-l-ete.jpg

Hotel-du-lac.jpgFêlures

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 17:53

 

 



Edition Flammarion : 2009 - 310 pages

Ce roman commence un peu comme le film « Pars, vis et deviens ». Le héros du livre, Nasser, vit dans un camp de réfugiés avec sa mère et son petit frère au Soudan dans le village d’Erythrée.  Les conditions inhumaines de leur vie font que la mère décide de confier ses enfants à leur oncle qui vit à Djeddah en Arabie Saoudite.

Cette mère espère une vie meilleure pour ses enfants mais Nasser restera  à jamais déchiré par cette décision. Il lui faudra de plus s’intégrer à ce pays où règne une dictature religieuse, et où les  immigrés payent très chers leur permis de séjour. L’oncle de Nasser est un homme sans scrupule qui enverra le petit Nasser comme paiement en nature à l’homme qui renouvelle les visas.  Peu à peu au fil des pages avec Nasser comme témoin et guide, on découvre un pays en proie à la terreur grâce à une police  religieuse qui surveille, arrête, et condamne sur la place publique tous les « mauvais musulmans ». Ce pays voile et enferme les  femmes, exploite la pauvreté,  encourage la délation, l’hypocrisie, le chantage, ferme les yeux sur différents trafics, sur une prostitution enfantine et une « homosexualité de compensation » qui est une forme de sexualité vécue avant le mariage puisque les femmes sont inaccessibles. Un véritable cauchemar au quotidien ! Alors comment vivre une histoire d’amour dans un pays comme celui-ci ?  Nasser nous dévoile  toutes les astuces qu’il a imaginées pour rencontrer Fiore. Par exemple, comme leur histoire d’amour était rigoureusement interdite, pour communiquer entre eux dans la rue, Nasser  qui ne pouvait reconnaitre  Fiore,  puisque les femmes en Arabie saoudite sont vêtues d’une « Abaya » qui est une longue et ample robe noire, et bien la jeune femme  portait tout simplement une paire de chaussures roses. Une chance que cette petite touche de couleur était apparemment  permise !  

Ce livre est un premier roman, ce qui explique peut-être que le style n’est pas encore très affirmé,  il y a aussi au début beaucoup de longueurs qui m’ont un peu ennuyée,  mais peu à peu le texte prend  de l’ampleur, les personnages deviennent très attachants et  ces destins, brisés par la folie des intégristes, bouleversants.  Je suis donc allée jusqu’au bout de ma lecture avec plaisir.

 Cette histoire est peut-être en partie celle de l’auteur car on peut lire en 4ème de couverture un peu de sa biographie. J’espère qu’il y aura une suite à ce roman,  parce que ces deux amants n’ont malheureusement pas droit à une fin très happy-end.


Femme en "Abaya" 

 Ce roman m'a été offert par Chez les filles que je remercie ainsi que les éditions Flammarion.
 
D'autres avis : Sylire  ,  Keisha

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 10:34

Anne Brontë






















Les éditions Phébus ont décidé de rééditer ce roman dont la 1ère édition parait à Londres en Juin 1848, signé sous le nom d’Acton Bell. Ce livre a connu à l’époque beaucoup de succès presque autant que Jane Eyre paru en 1847 sous le pseudonyme de Curter Bell. 

La recluse de Wildfell Hall est le second et le dernier roman d’Anne Brontë.

 

On est vite conquis par l’histoire d’Hélène, la nouvelle locataire du château de Widfell Hall qui vit recluse avec son jeune fils. Cette belle et mystérieuse femme est peintre et vend ses toiles pour vivre. La situation sociale de la jeune femme est très atypique pour l’époque, la communauté villageoise ne conçoit  pas cette façon de vivre et  va alimenter les rumeurs les plus folles à son sujet. Quel est le drame que cache Hélène derrière les grilles de son château ?

 

Anne Brontë a fait un très grand travail d’écriture, chaque situation et chaque personnage sont décrits avec beaucoup de recherche et de minutie, ce roman aborde avec beaucoup de réalisme les principes de la société victorienne qui ne laissait à l’époque aucune existence légale aux femmes mariées mais de plus aucun bien et aucun droit sur leurs enfants. C’est pour cela que ce livre est considéré comme l’un des tout premiers romans féministes. 

 

On retrouve les mêmes thèmes que dans le roman de sa sœur Emily « les hauts de hurlevent » : alcoolisme, violence masculine, corruption de l’enfance…Mais Anne Brontë en rajoutant  une violente critique sociale de la société victorienne devra faire face à la virulence des critiques à la parution du livre en août 1848.

 

J’ai aimé ce roman ou plutôt les idées et l’ambiance romanesque très « 19ème «  qui s’en dégagent, mais malheureusement l’auteur a trop forcé sur la situation misérable de l’héroïne à travers son journal où elle raconte sa vie, ces 250 pages deviennent vite ennuyeuses et  alourdissent le roman considérablement. 

 

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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 13:03

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Le treizième conte

Diane Setterfield -  Edition Plon



 

L’auteur s’est inspiré  des romans populaires du 19ème siècle, et surtout ceux des « sœurs Brontë » pour écrire ce livre. 

 

L’héroïne du roman « Margaret Léa » travaille dans la librairie de son père, qui est un spécialiste des livres anciens.

La description de cette librairie nous laisse rêveur !

(…) Le magasin est le cœur même de l’affaire. C’est un dépôt de livres, un lieu sûr pour tous ces volumes, écrits à une époque avec tant d’amour, et qui aujourd’hui ne semblent plus intéresser personne.

Et c’est un lieu où lire A pour Austen, B pour Brontë, C pour Charles et D pour Dickens. C’est ici que j’ai appris l’alphabet.

(…) De plus en plus, je me surprenais à déambuler dans les rayons du deuxième étage.

Romans du XIXème siècle, biographies, autobiographies, mémoires, journaux et lettres (…)

Margaret Léa écrit aussi des essais biographiques sur certains personnages mineurs de l’histoire littéraire.

(…)J’aime exhumer les vies enfouies dans des journaux intimes qui entendent sur des rayons depuis cent ans et plus sans jamais avoir été ouverts (…)

C’est pour cette raison qu’un jour Margaret reçoit la lettre d’un auteur à succès  «Vida Winter » qui souhaite lui raconter sa vie afin que la jeune femme écrive sa biographie officielle. 

Et c’est là que l’aventure commence.

Les mystères, les non-dits, les secrets hantent cette famille comme des fantômes, et Margaret en biographe sérieuse va devoir mener sa propre enquête pour comprendre et révéler la terrible vérité.

Des romans vont jalonner cette histoire comme des pistes à suivre et un livre en particulier va retenir l’attention tout au long du roman : « Jane Eyre » et son étrange univers.


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(…) Jane Eyre le livre qui ne cesse de disparaître et de réapparaître dans l’histoire, comme un fil d’argent dans une tapisserie (…).

Et bien sur Margaret va être aidée par un fin limier : le chat Shadow !

J'ai beaucoup aimé ce livre j'y ai retrouvé mes lectures d'adolescente. 
Par contre,  mais je ne suis pas du tout d'accord avec la 4 ème de couverture qui dit que l'auteur s'est inspiré du livre  : Rebecca de Daphné du Maurier.

C'est plutôt  "les hauts du Hurlevent" qui nous parlent d'amours interdits,  de folie,  de violence et d'enfants victimes du mal-être des adultes tout comme dans "le treisième conte".

Si vous voulez un autre avis c'est ICI

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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 16:32

 

  Jane Austen / Edition 10/18

 

 

Ce roman  est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen et c’est aussi un chef d’œuvre de la littérature anglaise, il est paru en 1813.

 Ce livre n'est pas uniquement une merveilleuse histoire d’amour, c’est aussi une véritable étude de mœurs de l’époque.  

 

  Dans ce roman au féminisme prémonitoire, Jane Austen recrée avec une précision diabolique et un humour ravageur la vie de ces provinciaux anglais aisés au milieu desquels elle évoluait et qu'elle connaissait si bien. L’auteur a aussi un réel don d’observation sur ces petites communautés rurales où promenades dans la campagne, ragots, snobisme, et amitiés constituent la plus grande partie de la vie de tous les jours. Elle nous décrit aussi cette société où pour les jeunes filles bien élevées de cette  époque, seul le mariage permet d’obtenir une position sociale convenable. On retrouve cette obsession du mariage au centre de toute l’œuvre de Jane Austen. L’auteur dénonce aussi avec une grande finesse l’erreur de juger les gens sur une première impression.

 

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