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La princesse des glaces

Publié le par Nina


Edition Actes Sud - collection Actes Noirs
Année 2008 : 381 pages


Cette couverture nous rappelle quelque chose, n'est ce pas  !! 

« La Princesse des glaces » nous fait vraiment penser à la fameuse trilogie « Millénium » autres points communs avec la série : c’est le même éditeur, c’est un polar et c’est suédois !!


Un nouveau coup de maitre pour Actes Sud car ce polar est vraiment bien ficelé !!

L'intrigue est beaucoup plus simple que dans "Millénium"  et j'ai plutôt aprrécié !! 
Dans ce roman les personnages sont très attachants et l'histoire de ce terrible secret qui lie trois enfants, avec la complicité de leurs parents est poignant. Ce secret va faire de ces enfants, des  adultes névrosés et le mobile du drame. 

 

Fjällbacka est une  petite ville tranquille de la cote ouest suédoise. Un matin Eilert Berg doit se rendre chez Alexandra Wijkner pour réparer la chaudière. Il découvre étonné la porte de la maison ouverte malgré le froid. Il rentre et inspecte chaque pièce de la maison silencieuse et découvre dans la salle bain, allongée dans la baignoire sous une fine pellicule de glace le cadavre d’une jeune femme si belle qu’elle ressemble à une princesse : « une princesse de glace ». Meurtre ou suicide ? La police mène l’enquête mais en parallèle Erica Faleck écrivain et amie d’enfance de la victime va mener sa propre enquête et découvrir que certains habitants de la ville ont beaucoup de choses à cacher…..


Un bon polar à lire au coin du feu ou sous la couette !
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Mitsuba

Publié le par Nina

 

Editions Lemeac / Actes Sud : 2006 - 155 pages


Ce roman est de la même texture que les cinq de la série « le poids des secrets » :

·         Un style épuré qui va à l’essentiel.

·         Des personnages qui dépendent des strictes coutumes de la vie japonaise et des caprices de la nature. (tremblement de terre)

·         Une histoire d’amour impossible.

·         Un lourd secret de famille.

·         Des personnages qui développent une grande sagesse face à l’adversité.

Takashi Aoki  travaille dans une grande firme commerciale, c’est un Shôsha-man (homme de commerce). La vie des cadres japonais est liée à leur entreprise plus qu’à leur famille. Un Aïsaïka « homme qui traite sa femme avec égards » n’est pas considéré comme un bon professionnel, car cet homme ne va pas, après le travail, finir la soirée avec ses patrons et ses collègues dans des bars, mais préfère  rentrer chez lui s’occuper de sa famille.

Alors quand son ami  Nobu  lui annonce qu’il préfère quitter la firme pour pouvoir s’occuper de sa famille,  Takashi ne peut pas le comprendre. Mais peu à peu il va se rendre compte comment les dirigeants de ces grandes firmes manipulent leurs cadres, les obligent à des rythmes de travail effréné et vont jusqu’à se mêler de leur mariage.

Avec à peine 155 pages,  Aki Shimazaki  réussit à nous brosser un portrait très incisif de la vie professionnelle et sociale dans le japon actuel et même si on le sait déjà que les japonnais travaillent de cette manière là, ça fait quand même froid dans le dos !!

Je suis complètement conquise par cet écrivain, c’est un véritable  plaisir de lire ces romans.


Mitsuba  veut dire trois feuilles. Le trèfle s’appelle en japonais sbirotsumekusa  ou kurôbâ de l’anglais clover.


Petite info littéraire trouvé sur le site d'Actes Sud

Mitsuba a une suite, Aki Shimazaki a sorti le second volet de son deuxième cycle romanesque ce mois-ci.
  

Publié dans Littérature japonaise

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Le poids des secrets

Publié le par Nina

Voici cinq petites merveilles à lire, à offrir, à donner..........

Petite info très importante avant de commencer à lire !!

·         Le tome 1 : Tsubaki  veut dire Camélia  

·         Le tome 2 : Hamaguri  veut  dire coquillage

·         Le tome 3 : Tsubame veut dire hirondelle

·         Le tome 4 : Wasurengusa veut dire myosotis

·         Le tome 5 : Hotaru veut dire luciole

Le poids des secrets est le titre de l'ensemble des romans, ils sont édités chez Actes Sud. 

Chaque roman fait environ de 100 à 130 pages pas plus.




Ces cinq petits livres s’emboîtent les uns dans les autres à la façon d'un puzzle, chaque roman reconstitue les éléments d'une histoire familiale que les évènements de l’histoire et les codes de la société japonaise ont dispersé sur plusieurs générations.   



Dans le japon du début siècle, les codes sociaux sont très strictes, aussi  doit-on  se marier qu’entre gens de la même classe sociale et les femmes ont  pour obligation de mettre au monde des enfants sinon elles sont révoquées. La stérilité, l’adoption, les mères célibataires et les enfants illégitimes étaient des sujets tabous, on remédiait donc à ces problèmes dans le plus grand secret.  

C’est dans ce contexte que va naître une histoire d’amour impossible et un enfant illégitime le petit Yukio. La famille a tous les pouvoirs, les amants ne peuvent que se résigner, ils ne pourront pas se marier. On croit l’honneur  sauvé, les secrets bien gardés mais le destin n’est pas si facile à maîtriser.

Le japon  va vivre des heures dramatiques : un tremblement de terre en 1923,  des  guerres et les bombes sur Hiroshima et Nagasaki. Ces évènements vont aggraver le destin de cette famille déchirée, certains membres vont avoir besoin de se délivrer du poids de leur secret soit en se confiant à un journal intime, soit en racontant  leur histoire avant de mourir. C’est en lisant le dernier livre « Hotaru » que  les derniers secrets vont être dévoilés et  toutes ces tranches de vie vont reprendre leur place dans l’arbre généalogique.


Cette  histoire est triste mais elle est pourtant pleine d’optimiste, car c’est  un véritable hymne à l’amour et à la sagesse mais jamais à la résignation.

Ces 5 petits romans  sont de belles leçons de vie, de courage et d’espoir.
Je souligne aussi la qualité de l'écriture, le style très épuré qui va à l'essentiel, et le japon est tellement bien raconté qu'il nous envoûte jusqu'à la dernière page.


Un autre bel avis sur ces romans : Lune de pluie

Publié dans Littérature japonaise

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Un barrage contre le pacifique

Publié le par Nina

               


Edition Gallimard : collection Folio - 364 pages

Un superbe roman à lire absolument   

Un vieux cheval à bout de fatigue qui n’avancera plus même sous les coups du fouet, des personnages  saturés de désespoir et d’amertume, un bungalow entouré d’un désert d’eau et de sel. Voilà la première scène de « Barrage contre la pacifique » qui donne le ton à ce qui va suivre.  Marguerite Duras s’est inspiré de son enfance et de son adolescence en Indochine pour écrire ce roman en grande partie autobiographique.  


La famille de Marguerite Duras en Indochine (photo extraite de : Les lieux de Marguerite Duras)

L’histoire : Un couple d’instituteurs part pour l’Indochine, comme beaucoup ils veulent tenter l’aventure coloniale, ils rêvent d’une vie meilleure. Le destin va en décider autrement, leur beau rêve va se transformer  en  cauchemar. L’instituteur meurt, sa femme va rester seule avec leurs deux enfants « Suzanne et Joseph ».

A l’époque, les colonies sont un véritable paradis pour ceux qui ont réussi mais c’est l’enfer pour les autres, et cette  mère avec ces deux enfants font parti « des autres » : les  blancs qui n’ont pas réussi, et les asiatiques. Cette population est à la merci des colons qui les exploitent odieusement.

Pour parler de cette histoire coloniale teintée de misère et de folie, il vaut mieux écouter Marguerite Duras qui a répondu à ce sujet aux questions de Michèle Porte rapportées dans le livre : Les lieux de Marguerite Duras aux éditions de minuit.    

Voici quelques extraits :

M. Duras : Au bout de vingt ans de fonctionnariat, de travail, elle (la mère) a acheté un lotissement au Cambodge vers Kampot.

M. Porte : Une concession ?

M. Duras : Ce que l’on appelle une concession, oui. Et on lui a donné, on a vu cette femme arriver seule, sans défenseur, complètement isolée et on lui a collé une terre incultivable. Elle ignorait complètement, qu’il fallait soudoyer les agents du cadastre pour avoir une terre cultivable. On lui a donné une terre, ce n’était pas une terre, c’était une terre envahie par l’eau pendant six mois de l’année. Et elle a mis là-dedans vingt ans d’économie.  Elle a fait construire ce bungalow, elle a semé, elle a repiqué le riz, au bout de trois mois le Pacifique est monté et on a été ruinés. Et elle a failli mourir, elle a déraillé à ce moment-là, elle a fait des crises épileptiformes. Elle a perdu la raison.

(…) Elle s’est révoltée mais la concussion était terrible à ce moment-là et on s’est aperçu que tous les agents, depuis les agents du cadastre jusqu’à l’administrateur général de la colonie, tout le monde touchait de l’argent. C'est-à-dire que les pots de vins étaient répartis sur toute la hiérarchie des fonctionnaires, dont les plaintes tombaient à l’eau, elles finissaient dans les tiroirs. Et elle est morte sans avoir gagné  - oui l’injustice a été accomplie totalement.

Marguerite Duras a fait de son histoire, un roman magnifique, qui a failli obtenir le prix Goncourt,  mais elle recevra ce prix quelques trente ans plus tard pour son livre « l’amant ».

          

La mère de Marguerite Duras                         
(photo extrait de : Les lieux de Marguerite Duras) 
      



Marguerite Duras 
(Photo d'Hélène Bamberger extrait du coffret "Marguerite Duras à Trouville")

Publié dans Marguerite Duras

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