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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 08:00

Mois-des-japonaises.jpg

Le mois des japonaises proposée par  Anis,

son blog Littérama (l'histoire littéraire des femmes) ICI

ChallengeDragonFeu

Ce livre fait partie aussi de mon challenge Dragon feu

organisé par La culture se partage

Anthologie

 

 

Traduit du japonais et présenté par Dominique Chipot et Makoto Kemmoku

Poésie en édition bilingue

Collection de poche éditée chez  Points : 265 pages

 

Ce sont deux hommes qui présentent cette anthologie.

On peut les remercier pour ce travail parce que ce livre est une petite merveille. 

L'introduction de cette anthologie explique les origines des Haïkus, cette poésie typiquement  japonaise. Mais comme énormément de livres sont sortis sur le sujet, Dominique Chipot et Makoto Kemmoku se contentent de nous donner une explication simple sur la technique de ces petits poèmes japonais qui peuvent laisser perplexe un esprit occidental ! 

Les poètes écrivant des haïkus se nomment : Haïjins

Extrait de la définition  du Haïku : poésie courte de 31 syllabes composées de deux parties : un distique de 14 syllabes (7-7) répond à un tercet de 17 syllabes (5-7-5) L'auteur s'appuie sur le tercet, souvent coup de projecteur sur la nature, pour exprimer, tout en retenue, son émotion dans le distique.

 

Les 2 auteurs expliquent aussi leur choix de présenter une anthologie exclusivement de haïjins japonaises : "car trop longtemps les francophones n'ont pu lire que des haïkus japonais écrit par des hommes.... Il est vrai que pendant la guerre, les hommes dominaient la société du Haïku au Japon. Les femmes étaient en revanche très présentes dans le monde du roman ou du tanka".

Il n'a pas été facile pour ces poétesses de faire entendre et reconnaître leur poésie dans ce monde d'hommes du haïku d'avant - guerre.

 

Cette anthologie présentent les haïjins japonaises dans l'ordre chronologique de leur naissance afin que lecteur puisse appréhender la singularité de chacune :

L'amour, la souffrance, le quotidien nous apparaissent chaque fois sous un regard nouveau.

Cette anthologie présente des Haïkus écrits à partir du 17ème siècle jusqu'à nos jours.

 

Une petite biographie de quelques lignes présentent chaque poétesse.

Le livre commence par les poèmes de Chigetsu Kawaï, épouse d'un commerçant, elle est  la soeur aînée du Haïjin Otokuni Kawaï. on ne connaît pas leur année de naissance et de mort.

Cette haïjin japonaise était disciple de Bashö, elle a souvent invité le maître dans sa maison, et l'a aidé au quotidien. Sa poésie est représentative de l'école de Bashö, pour des explications plus approfondies sur ce poète  ICI

 

Ces Haïkus "féminins" sont des réflexions quotidiennes sur la vie. Ils sont souvent  très pertinents avec un un humour décapant qui m'a beaucoup fait rire. Mais ils sont aussi très graves, quand il s'agit de parler de la maladie et de la mort.

 

Quelques Haïkus retenus au grè de cette lecture.

 

Chiegetsu Kawaï (vers 1640-1718)

12 haïkus présentés dont celui-ci :

Une pousse de bambou

si laide dans sa graine :

un guerrier en armure

 

Shizunojo Takeshita (1887-1951)

 

Je suis une femme

refusant obstinément

d'acheter le journal.

 

 

Un vague démon des livres

joue, ce soir

dans la sombre bibliothèque.

 

Kanajo Hasegawa (1887-1969)

 

Je pose une gentiane

sur la natte de jonc,

comme un homme.

 

Toshiki Tonomura (1908-2000)

 

Les bambous perdent

leur écorces...que dois-je enlever

pour guérir ?

 

Je comprends

qu'une fleur tombe,

en tombant malade.

 

Mizué Yamada (1926-)

J'attrape un escargot

qui m'a résisté

légèrement.

 

Hitomi Okamoto (1928-)

 

Porter le deuil

et mon dernier devoir d'épouse -

kimono d'automne.

 

Dans cette anthologie, il y a aussi un chapitre consacré aux haïkus de la bombe atomique qui malheureusement sont en résonnance avec l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

 

 Hiroshima :

 

Sous un soleil brûlant

je ramasse dans un seau

les os chauds.

Sumiko Tsujimura

 

Une petite fille

retourne avec force plein de cadavres,

cherchant sa mère.

Tokiko Takahashi

 

Je donne le sein,

brûlé par la bomba A,

à mon bébé, brûlé aussi.

Masako Kawakami

 

Nagasaki :

 

Les dépouilles de cigales aussi

seraient-elles brûlés par la bomba A ?

Terre et ciel silencieux.

Sueko Yoshida

 

La jeune fille souriait ce matin.

Ses habits d'été sont maintenant

imbibés de sang.

Sueko Yoshida

 

Ma maladie atomique

ne guérira jamais -

Clair de lune.

Ishi Funazu

 

Je vous invite vraiment à la découverte de cette anthologie. Ces haïkus sont des réflexions de femmes délicates, originales et  pertinentes. Un peu complexe à notre mentalité occidentale,  c'est néanmoins un vrai bonheur de lire et de méditer cette poésie.

Japon 2

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commentaires

denis 18/03/2012 09:24


haikus pour toutes les causes bonnes ou mauvaises


et le Japon qui cherche à gommer ses plaies depuis Hiroshima


Kenzaburo Oe continue la lutte, entendu sans doute... pour sortir du nucléaire et dire la "vérité" sur la catastrophe de Fukushima, lui qui avait 10 ans lors d'Hiroshima

Nina 25/03/2012 08:07



Je n'ai pas pu écouter la conférence parce qu'il y avait vraiment trop de monde mais je l'ai vu à l'emission sur la 5. J'ai écouté tout ce que nous ont dit les auteurs japonais mais il est
certain  que nos politiques n'écouteront pas.....



Anis 14/03/2012 09:06


Magnifique, et anthologie tout à fait spéciale car dans toutes les cultures il est beaucoup plus difficile de trouver les auteurs femmes (et j'en sais quelque chose). Tout le monde participe à
cela car très peu font l'effort de chercher autre chose que ce qui leur est proposé. Beau travail donc et beaucoup de plaisir à lire ces poèmes parfois déconcertants. Je le lirai.

Nina 15/03/2012 13:03



J'ai vraiment pris plaisir à lire ces Haïkus, je vais m'acheter cde livre que j'ai emprunté à la médiathèque.



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