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Jeune femme lisant un livre : Kristo Belà
Jeune femme lisant un livre : Kristo Belà
Ma liseuse d'un soir se glisse à merveille dans mon bookseat
Je suis en formation pendant 2 jours sur "le livre numérique matériel de lecture".
La formatrice est une bibliothécaire passionnée de littérature, ce qui permet du moins il me semble, de réfléchir à ces nouveaux supports avec un certain réalisme.
Normalement demain soir le livre numérique n'aura plus de secret pour moi !
Mais pour le moment j'ai tout un vocabulaire qui valse dans ma tête : tablette, liseuse, format Epub, QRcode, livre enrichi ou homothétique, encre électronique, DRM, Apple ou Androïd,
feuilletoire, Gallica, ebook libre et gratuit, google books, ebibli.fr, Adobe Digital Edition..........
Et comme cette formatrice est vraiment sympa, on pouvait emprunter pour la soirée ce que l'on voulait de sa collection de liseuses de différentes marques et de tablettes qu'elle nous a
présentés tout au long de la journée.
J'ai choisi cette liseuse et j'ai téléchargé sur le site feedbooks.com en format Epub parce que c'est mieux que le PDF. Ce livre "le jardin des supplices de Octave Mirbeau" est dans le domaine public donc gratuit.
Voici donc ma tablette d'un soir. la formatrice nous a dit qu'elle avait adoré ce livre malgré son caractère très sulfureux et c'est franchement mieux que 50 nuances.....
Je vais donc tester cette liseuse et je vous raconterais la suite de ma vie difficile de bibliothécaire mOOOOderne !!!!
Edition P.O.L : 2011 / 488 pages
Prix Renaudot 2011
Le fabuleux destin d' Alexandre Limonov !
Je ne connaissais pas Alexandre Limonov jusqu'à la lecture de ce roman. C'est de plus le premier livre que je lis d' Emmanuel Carrère. Le style, la manière de raconter, de mener ce récit, l'originalité de cette histoire m'ont procuré un excellent moment de lecture.
Ce roman mélange les genres, il est à la fois autobiographique et biographique. Emmanuel Carrère a rencontré Alexandre Limonov à certaines périodes de sa vie, qu'il raconte dans son livre. Cet aventurier moderne et les évènements politiques qui s'y rattachent ont attiré des écrivains qui ont aussi le goût de l'aventure comme Jean Rolin, Philippe Besson et Jean Echenoz dont les noms apparaissent dans ce roman. Il faut dire qu' Alexandre Limonov attire les regards par son goût du risque et de la provocation. Il aime les sensations fortes, est écrivain et poète, vit des expériences extraordinaires quelquefois incongrues, résiste à l'enfermement dans des bagnes en pratiquant la méditation, a une expérience chamanique et fonde un parti politique, fait la guerre avec les serbes......
Avec cette capacité à se sortir des situations les plus extrêmes, Alexandre Limonov est un véritable personnage de roman. On comprend l'envie d' Emmanuel Carrère d'écrire un livre sur cet homme "hors norme".
En lisant ce livre, on se rend compte aussi à quel point l'histoire des pays de l'est est complexe, et comment les médias occidentaux nous en font des comptes-rendus un peu trop symétriques.
Alexandre Limonov est un personnage ambigu, mais dans ce contexte politique qui ne le serait pas ? Comment trouver sa voie et une stabilité sociale quand son lieu de naissance est la Russie stalinienne ? Limonov est né en 1943, il a été modelé malgré lui par le stalinisme mais décide de quitter son pays sous l'ère Brejnev pour les États Unis. Ce pays va être un fabuleux terrain de découvertes et d'expériences mais il va y connaître surtout l'envers du décor de nos sociétés occidentales, où il ne fait pas bon être pauvre. Il finit par haïr le capitalisme et tout ce qui gravite autour. De retour dans son pays après la chute du mur, il ne va pas non plus aimer le nouveau visage de la Russie.
Alexandre Limonov est un homme qui est en quête de vérité, il est curieux, aime les émotions fortes et de ce fait a vécu des épreuves difficiles, dont il s'est sorti avec brio.
Alexandre Limonov est qualifié de voyou, mégalo, too much.... moi j'ai retenu quelque chose qui n'a pas été vraiment relevé dans sa personnalité. Cet homme n'a jamais été violent avec les femmes. Alexandre Limonov a fréquenté beaucoup de femmes, il a même été marié. Ses maîtresses étaient aussi borderlines que lui, mais jamais il ne les a violentées. J'ai même trouvé qu'il était relativement patient et compréhensif avec elles.
Un fait amusant :
Quand Gérard Dépardieu a loué la démocratie de Poutine, Edouard Limonov l'a invité à manifester pour la liberté.
"Gérard, viens le 31 janvier sur la place Trioumfalnia (à Moscou), avec ton nouveau passeport russe en poche. Tous les 31, à 18 heures, sur cette place, des citoyens russes exigent le droit de se réunir paisiblement, comme prévu par l'article 31 de la Constitution. On t'attend Gérard !", a lancé l'écrivain Edouard Limonov, opposant actif à Vladimir Poutine. (source : http://www.huffingtonpost.fr)
Emmanuel Carrère nous explique le fabuleux destin de son héros et de son livre dans cette vidéo.
Edité chez Actes sud : 443 pages / 2012
Russel Banks a écrit là un livre kafkaïen qui nous renvoie à notre impuissance face à la folie d'un monde déshumanisé qui se protège de la folie qu'il engendre.
Le moyen âge avait ses lépreux qui étaient écartés du monde des vivants pour éviter la contamination. Les malades étaient des enterrés vivants. Condamnés à vivre dans des léproseries, ils n'avaient plus de contact avec la société qui voulait se préserver. Cette maladie a disparu de nos sociétés modernes mais d'autres lèpres ont vu le jour tout aussi nuisibles pour les êtres humains qui en sont atteints.
Maintenant nous sommes tous inter-connectés les uns aux autres et paradoxalement la solitude et l'individualisme gangrènent peu à peu nos vies. Les siècles passés avaient leur lot d'injustices et de souffrances mais notre civilisation basée sur la robotisation et la technologie à outrance en invente d'autres. En suivant pas à pas, un jeune homme qui se surnomme "Kid" personnage central de ce roman, Russel Banks nous propose une réflexion sur les nouvelles maladies de nos sociétés modernes engendrées par une technologie de pointe maintenant à la portée de tous : Internet.
Kid est un jeune homme de 21 ans. Il sort de prison avec un bracelet électronique à la cheville, qu'il va garder 10 ans. Pour connaître sa nouvelle situation sur le sol américain, il se rend dans une bibliothèque et demande à l'employée de taper son nom sur Internet. Le verdict est sans appel. Son nom et sa photo apparaissent mais aussi sa particularité : délinquant sexuel sur mineur.
Kid est un délinquant sexuel qui n'a pas à proprement parlé commis de crime. Il l'a juste fantasmé sur Internet. Orphelin de père, Kid a été élevé par sa mère qui l'a laissé grandir seul, trop occupée par sa vie personnelle. C'est ainsi que Kid grandi dans la solitude avec ses deux compagnons un iguane et un ordinateur. C'est comme ça qu'il est devenu addict aux films pornos sur internet. Le manque d'éducation lui font confondre le monde virtuel et la réalité. Le jour où il va à son premier rendez-vous avec une jeune fille avec qui il communique sur un forum, c'est la police qui sera au rendez-vous. kid est un délinquant sexuel qui n'a jamais eu de relation sexuelles avec quiconque à part virtuelle.
Devenu un paria, il doit vivre comme les lépreux au Moyen-âge loin de la société. Par contre, il n'y a pas de lieu spécifique pour l’accueillir aussi il n'a pas d'autre solution que de s'installer avec les autres SDF délinquants sexuels comme lui, sous l'unique viaduc à moins de 800 mètres de tout lieu fréquenté par des enfants. Le port du bracelet électronique et le fichage sur Internet condamnent ces hommes à vivre sans pouvoir se loger, sans pouvoir travailler. Les autorités organisent des descentes de police pour les forcer à quitter le viaduc. Mais pour aller où ?
Russel Banks nous offre avec ce livre une source de réflexions sur nos sociétés qui sont les principales instigatrices de la violence urbaine et qui s'en défendent en misant sur la répression plutôt que sur l'éducation. Une pure folie.
Un roman qui fait froid dans le dos.
Ce roman fait écho a un autre livre lu il y a quelques semaines et qui analyse complètement différemment, mais avec autant de justesse, les dérives de la civilisation moderne : "le convoi de l'eau"
Un autre jeune Kid : celui de Charlie Chaplin en 1921.....
Pendant mes vacances j'ai visité Moulins, une petite ville de l'Allier qui se situe à une cinquantaine de kilomètres de Vichy. L'architecture de cette petite ville est magnifique mais j'ai surtout été emballée par le musée du costume de scène. Je n'ai pas pu prendre de photos malheureusement elles sont interdites. Je me suis donc débrouillée en scannant des photos sur les différentes plaquettes distribuées à l'entrée et j'ai pu trouver des photos sur internet pour faire ma petite présentation et vous donner envie de visiter ce lieu fantastique.
Le centre national du costume de scène et de la scénographie est un site unique en France, comme à l'étranger, pour découvrir les plus beaux costumes de théâtre, de ballet et d'opéra mis en scène dans des expositions scénographiées.
Le thème de l'exposition qui a lieu en ce moment jusqu'au 20 mai est : "costumer le pouvoir" opéra et cinéma.
Cette exposition nous propose une représentation du pouvoir à travers les costumes des personnages historiques ou inventés et qui ont été mis en scènes pour des films et des
opéras.
D'immenses vitrimes reconstituent les décors des plateaux de tournages, présentent les costumes et les objets qui symbolisent le pouvoir commes les bijoux, couronnes, armes, armures, trônes.....
Des panneaux expliquent parfaitement le concept de cette exposition : montrer la représentation du pouvoir par son costume.
l'exposition commence par ce magnifique tableau qui s'intitule : pouvoirs éternels et sans frontières.
La photo est évidemment très mauvaise mais on voit à gauche le costume de la toison d'or dans l'opéra de Médée, au centre Les six anges noirs de Simon Boccanegra l'opéra de Verdi et à droite le
soldat dans Salomé l'opéra de Richard Strauss.
"Comme des malédictions jetés sur le monde des humains, ce sont les pouvoirs qui font tourner la terre. L'or et le mal sont représentés ici. La Toison d'or et les anges noirs nous font entrer dans le labyrinthe du pouvoir" (extrait de la plaquette du musée).
Cette vitrine s'intitule : De l'importance d'être sacré
On peut y admirer les costumes du film "Jeanne d'Arc" de Luc Besson.
le costume de Charles VII a été porté par l'acteur John Malkovich. Ce manteau en velours bleu est brodé de fleurs de lys et doublé de fourrure blanche et de véritables queues d'hermine. L'armure est dorée à la feuille d'or, doublée de velours rouge et la couronne est dorée à la feuille d'or et sertie de pierres de couleur. Le sceptre et la main de justice sont en métal doré.
En admirant la finesse de ces fleurs de lys symbole du pouvoir royal, j'ai surtout pensé à l'incroyable travail des brodeuses qui ont le magnifique pouvoir de maîtriser l'aiguille.......
La pourpre et le laurier
On voit mal mais ce sont les costumes d'Astérix et Obélix portés par Christian Clavier et Gérard Dépardieu dans Astérix et Obélix contre César le film de Claude Zidi.
On peut y voir aussi le costume de Jules césar porté par Alain Delon.....
Cette scène montre les symboles du pouvoir rattachés à l'antiquité.
La pourpre et le laurier se prêtent à la parodie, au décalage et à la caricature. Cette vitrine m'a vraiment beaucoup amusée !!!!!
Par contre j'ai été émue en découvrant cette robe qui est celle que portait Isabelle Adjani dans "la Reine Margot"
On peut même voir le sang sur la robe.
Cette vitrine représente l'intolérance religieuse et le crime d'état.
La robe de la Reine Margot est une robe blanche en soie floquée, ornée de fausses taches de sang. Sa robe maculée de sang fait le lien entre le massacre de la Saint Barthélemy et le meurtre de son amant, résumant ainsi le contexte de l'époque et sa vie de femme (extrait de la plaquette du musée)
Isabelle Adjani en reine Margot.
Et il y a bien sur beaucoup d'autres représentations du pouvoir parce que cette exposition comporte 13 salles. Entre autres les costumes du film "les adieux à la reine" le film de Benoit Jacquot pour symboliser la décadence du pouvoir......
J'ai beaucoup aimé la mise en scène de cette exposition et le sujet traité de cette manière est vraiment judicieux.
Il donne envie de revoir certains films, de lire ou tout simplement rêver à la splendeur de ces costumes décharger du pouvoir qu'ils sont censés incarner.
Je pars quelques jours en vacances, à bientôt !!!!
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