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  • : De page en page, j'aime aller à la rencontre des écrivains et franchir la porte de leur univers. J'aime échanger autour des livres et empêcher ainsi des romans de mourir trop vite perdus dans le tourbillon commercial de notre société de consommation.
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 A lire pour le 1er juillet
 

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 "Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne"
(Colette 1873-1954)










Illustration de A. Dignemont "trois-six-neuf" de Colette

Vendredi 9 mai 2008


























Editions de l'Aube - 285 pages


Victor Paskov est né à Sofia en 1949. Il est musicien, cinéaste et écrivain.


Au début de XXème siècle des musiciens tchèques et italiens arrivèrent à Sofia pour créer une culture musicale en Bulgarie.

1910, un train venant de Tchécoslovaquie entre en gare de Sofia, en descend le luthier Georg Ening , et sa femme Bojenka. « Dans le wagon de marchandises se trouve le coffre renfermant ses instruments étonnants : limes fines, petits burins effilés, rabots miniatures, petites égoïnes, crampons, moules, marteaux à tête recouverte de feutre et crochets (…) »

L’accueil des musiciens en Bulgarie fut déplorable et la plupart sont rentrés chez eux, personne ne sait pourquoi Georg Henig n’est jamais rentré en Bohême.  A Sofia il jouait  de la contrebasse à l’orchestre royal et devint un maître dans la fabrication des violons, il était entouré de nombreux élèves qu’il formait à son art. L’art de la lutherie en Bulgarie s’est créé à cette époque.

Le petit Victor rencontre pour la 1ère fois Georg Henig  à l’âge de 5 ans, son père lui a confié  la fabrication de son premier violon, si petit qu’il sera « un 8ème de violon ». L’enfant découvre  fasciné  l’atelier de lutherie et Georg Henig qui d’après  son père est  le plus grand maître luthier.  

C’est une période  difficile pour la  Bulgarie, les gens supportent mal  cette extrême pauvreté et se réfugient dans l’alcool, la violence, la folie.  Le père de Victor est un musicien passionné et talentueux mais il n’est pas épargné par la misère, les relations deviennent difficiles avec sa femme  qui a de plus en plus de mal à accepter cette vie. Il  décide donc de lui faire plaisir et de fabriquer le buffet qu’elle lui réclame obsessionnellement mais qu’il ne peut pas lui acheter.  Pour réaliser ce projet, il espère de  Georg Enig la permission  d’utiliser son atelier. C’est en famille qu’ils décident de rendre visite au maître luthier, et c’est le choc, l’intolérable :  le vieil homme  vit  seul dans un extrême dénuement, Bojenka  est morte,  et  il subit résigné la violence de ses voisins.  

 

Ce roman autobiographique  nous raconte la complicité qui s’installe entre Victor qui a maintenant 11 ans et ce vieux monsieur si pauvre dans la vie mais si riche de son art. L’enfant va être marqué par ce que va lui enseigner et transmettre le maître luthier pendant le peu de temps qui lui reste à vivre.  Il faut souligner que c’est un buffet qui sera le prétexte à  cette extraordinaire rencontre !

par Nina publié dans : Mes coups de coeur
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Jeudi 1 mai 2008

Gallimard : collection Folio - 246 pages 


Le livre « Pauline » a été écrit en 1838, c’est un des premiers romans d’Alexandre Dumas. Ce roman populaire aborde les thèmes du roman gothique : Le noir,  la nuit, le mystère, amour impossible, héroïne mystérieuse…...  

 

Une mystérieuse femme voilée dans une calèche accompagnée de  son amoureux transi qui veut la sauver des griffes  de son mari. Un château isolé avec des passages secrets, des meurtres inexpliqués, une abbaye en ruine. Voilà les principaux ingrédients qui font de Pauline une héroïne typique de l’esprit romanesque du 19 ème siècle.

 

Alfred de Nerval aime Pauline qu’il a sauvée alors qu’elle était  enterrée vivante dans une abbaye abandonnée. Elle lui raconte sa tragique histoire, son mariage avec le comte, la découverte du  passage souterrain dans le château, la mise en scène de sa mort pour éviter que le terrible secret soit dévoilé, et puis sa seconde mort celle-ci sociale puisque qu’elle est morte pour la société.

 

Les femmes de la société du XIXème sont vouées corps et âmes à leurs maris, elles n’ont pas de vie sociale propre. Alexandre Dumas  a voulu donner un peu de liberté d’agir au personnage de Pauline en la faisant désobéir aux ordres de son mari mais cette désobéissance ne la conduira pas vers la liberté, elle sert l'intrigue du roman mais pas Pauline, sa liberté d'agir la conduira à la mort.  
Heureusement il y avait George Sand pour écrire et vivre sans se soucier des carcans de la société de l'époque !!  
j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce roman qui est construit comme un  thriller mais à la mode romantique !

Si vous voulez lire une analyse très documentée il y a celle de Lou et celle de Florinette !

par Nina publié dans : Club de lecture
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Lundi 21 avril 2008


























Edition Pascal Galodé : 2008 - 123 pages

Marianne est le dernier roman achevé de  George Sand. Elle n’écrira que sept chapitres du dernier et mourut le 8 juin 1876.

Il est étonnant que ce roman n’ait jamais été réédité depuis sa première publication en 1877. Même pour le bicentenaire de sa naissance en 2004 « Marianne » n’est pas sorti de son oubli !!

Par contre les américains l’on traduit dans leur langue, jusqu’à aujourd’hui on pouvait lire ce roman en anglais mais pas dans sa version originale, amusant non !!!

Le mal est réparé depuis peu, les éditions Pascal Galodé ont publié ce roman cette année et c’est une excellente initiative, c’est un petit bijou très XIXème siècle !

 

Le thème de ce roman pourrait être une banale histoire de mariage arrangé comme c’était la coutume  à cette époque. Mais ce serait mal connaitre George Sand  qui signe avec « Marianne »   un magnifique sur la complexité des relations humaines. 
C’est un peu « l’élégance du hérisson » avant l’heure !!

 Les personnages de ce livre sont des gens discrets,  ils vivent à la campagne, leur existence est rythmée par le travail et la nature. Cette vie sobre et solitaire leur donne un aspect un peu farouche, sauvage. Pour bien les connaitre et les comprendre, il ne faut  pas porter de jugements hâtifs  et aller au delà de ces  apparences trompeuses.  On retrouve dans ce livre comme souvent dans l’œuvre de  George Sand,  la campagne et les coutumes paysannes de l’époque,  la confrontation entre l’univers des villes et celui de la campagne, mais aussi ce décor champêtre et de belles pages sur la botanique la passion de George Sand et de son fils.

 Un beau roman qui faisait défaut à notre patrimoine littéraire du XIXème.

 Un seul conseil : lisez le !! 


par Nina publié dans : Dans l'univers de George Sand
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Vendredi 18 avril 2008






















José Luis Sampredo-  Editions Métaillé - collection Suites - 318 pages


José Luis Sampredo est né en 1971 à Barcelone. Avec sept romans, il s’est imposé en Espagne comme un des plus grands écrivains contemporains.Ses textes sont tous chargés d’une fraternité et d’une humanité qui n’a d’égale que son souci de recomposer le monde. Le sourire étrusque s’est vendu en Espagne à 400 000 exemplaires.

  

 

 

 

 

 

façade de la villa Giulia - musée étrusque - Rome




Le gardien du musée étrusque de la villa Giulia surveille le comportement étrange d’un vieil homme assis sur un banc  qui semble hypnotisé par un sarcophage étrusque représentant un couple. Quand son fils vient le chercher, il a dû mal à sortir de sa contemplation. Dans la voiture qui les emmène à Milan, ce vieux paysan de la région de Calabre  raconte sa fascination pour ce couple d’étrusques,  son fils  pense que « la maladie lui affecte déjà le cerveau ».


Ce n’est pas un simple conflit de génération que ce livre raconte mais les bouleversements d’un  XXème siècle qui ont révolutionné la vie des gens à une vitesse incroyable. Quel est le lien  entre ce berger  calabrais qui a grandi dans une région très sauvage au milieu de ses troupeaux de chèvres dans la montagne,  qui a lutté  pour sa survie et celles de ses compatriotes pendant la  seconde guerre mondiale , et son fils Renato et sa belle-fille Andréa ? Ce couple de milanais est complètement en phase avec les idées du  monde moderne et quand ils sont obligés d’accueillir le vieux Roncore Salvatore gravement malade, qui doit subir des examens,  tout porte à croire que la cohabitation va être difficile. Mais grâce à son petit fils Bruno qui va être le lien avec ces deux générations, ce jeune grand-père va utiliser ses dernières forces pour mener un véritable combat pour se faire accepter et aimer de tous. L’étonnante personnalité du vieux berger attaché envers et contre tout  à ses  valeurs ancestrales  va réussir à souder  les membres de cette famille.
  

Ce livre nous expose avec beaucoup de délicatesse les difficultés de  la relation à l’autre et l’acceptation de  ses différences.
La rencontre avec « le  sourire étrusque »  guidera le vieux berger vers la sérénité, il lui sera d’une aide précieuse pour apprivoiser la mort et l’attendre en vivant intensément les derniers moments de sa vie.

On peut souligner les prouesses de l'écrivain, José Luis Sampredo nous offre un roman qui parle magnifiquement de l'Italie !!  
















Sarcophage des époux étrusques découvert à Cerveteri vers 520 av. J.C
par Nina publié dans : Littérature espagnole
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Lundi 14 avril 2008

le concert de Magyd Cherfi

 






Les spectacles dans un centre culturel sont habituels, mais il est impossible de les banaliser, le jour du concert il y a  toujours une certaine effervescence, surtout quand les artistes sont connus.

 

Donc ce vendredi 4 avril il y a une certaine excitation  dans le centre culturel,  Magyd Cherfi  doit arriver vers 15h, je fais des allées et venues rapides de la bibliothèque à la salle de concert, j’aime bien saisir des moments, des images « hors public ».

J’ai donc pu saisir une image : Magyd Cherfi qui se dirigeait vers la scène. 
Des paroles : un de ses musiciens dire à mes collègues qu’il trouvait notre salle très bien. (En effet  on a une très belle salle de concert)

J’ai aussi assisté à l’installation des instruments et du magnifique décor oriental, écouté un peu les répétitions, mais tout ça très vite puisque ma place est dans la bibliothèque  !! 

Il est  20H30, le public est au rendez-vous, la salle est pleine, le concert peut  commencer.

Sympa le dessin sur le billet d'entrée !!

 

 

 














Un décor des milles et une nuit, une musique délicieusement orientale et très rythmée nous accueille, dés les premières notes on  a été conquis, Magyd Cherfi et ses musiciens  nous ont offert un voyage dans leur univers de mots et de sons très variés rock, jazz, arabe…  Un pur bonheur.

 

Magyd Cherfi chante des chansons engagées,  ses textes ressemblent à ses livres.  
Il nous a fait beaucoup rire, et même chanter !! L’ambiance était joyeuse, Magyd Cherfi et ses musiciens ont conquis le public.  








On peut écouter des extraits de ses titres sur son site officiel : Ici


A la fin du concert on pouvait acheter les livres et les cd. Mes 2 livres achetés j’ai attendu comme tout le monde la venue de Magyd Cherfi, malheureusement nous n’avons pas eu la chance de le rencontrer, le public s’est peu à peu dispersé. Mes collègues m’ont expliqué que ce n’était pas possible pour Magyd Cherfi de rencontrer son public car il avait un concert par soir, un rythme très fatiguant. 
  

Je suis allée discuter avec un collègue près de la scène en regardant l’impressionnant démontage qui suit toutes  fins de concerts. J’avais mes 2 livres, vu un superbe concert,  je me disais qu’il était bien temps de rentrer chez moi sans me décider à rentrer pour autant !!

Et puis soudain arrive devant nous Mr Magyd Cherfi qui cherchait la personne qui voulait le rencontrer. 
Alors là j’avoue que sous le coup de l’émotion  mes questions se sont littéralement envolées.  Après de brèves présentations, nous avons discuté surtout  de ses livres, je lui ai dit que je connaissais le chanteur Magyd Cherfi  grâce au groupe Zebda mais pas l’écrivain,  je lui ai demandé s’il était « un écrivain chanteur » il a répondu qu’il était  un écrivain qui aimait faire le clown sur scène !!  J’aime bien cette définition mais je rajoute que le clown est un excellent chanteur. Il écrira surement d’autres livres mais il n’est pas pressé même si son éditeur voudrait bien lui imposer des parutions plus régulières.

Je ne sais même plus si je lui ai dit que j’allais parler des ses livres sur mon blog !! Et j’avais évidemment d’autres questions à lui poser  qui me sont revenues plus tard  mais bien trop tard !!  

Le concert est fini et les artistes sont repartis,  mais il reste cette  photo souvenir  prise par ma collègue Marie-France pendant le repas après le concert.  Je n’y étais pas à ce repas  puisque nous ne travaillons pas dans le même service, ma place c’est à la bibliothèque !!  Ce qui  me fait penser à un refrain d’une chanson de Magyd Cherfi  «et ce qui va avec ma place et ce qui va avec…..» !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Nina publié dans : Littérature française
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