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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 22:18

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Table ronde

les métiers du livre

samedi 29 septembre 2012

 

Alain Gorius des Editions Al Manar était présent à cette table ronde. Cet éditeur nous a parlé de son métier et de sa passion des livres : instants magiques pour tous les amoureux des livres.

Cette maison d'édition  édite des "livres d'artistes" c'est à dire des livres qui conjuguent à la fois l'art et l'écriture.

Sylvie Germain a un livre édité aux éditions Al Manar.

 Les couleurs de l'invisible 001

Nouvelles écrites par Sylvie Germain

et illustrées par Rachid Karaïchi

  Editions Al Manar / 2002

Les livres de cette maison d'édition sont imprimés avec beaucoup de soin. Pour ce livre, le texte a été composé au plomb en Garamond de corps 14 par François Huin, maître imprimeur. 

Je conseille vraiment cet ouvrage à tous les passionnés de l'oeuvre de Sylvie Germain mais aussi à tous ceux qui aiment les belles éditions. Je rajoute que cet ouvrage ne coûte que 19 euros : Noël approche et voilà une belle idée de cadeau......

Pendant cette table ronde, Sylvie Germain nous a raconté une petite anecdote sur la création de "couleurs de l'invisible" qu'elle a écrit en collaboration avec le peintre Rachid Koraïchi.

Rachid Koraïchi avait le désir de travailler sur 7 couleurs parce qu'il a le culte du chiffre 7. Sylvie Germain n'a pas pu se résoudre à  7 couleurs, elle en a  proposé 9 ! Ce livre est donc composé de 9 nouvelles colorées de 9 couleurs. "Couleurs de l'invisible" s'ouvre sur la couleur gris et se referme sur le blanc. Gris, bleu, vert, rouge, orange, violet, jaune, noir, blanc sont les 9 couleurs choisies par Sylvie Germain.

les couleurs de l'invisible 003

Chaque nouvelle propose donc une couleur. Certaines sont composées comme un long poème, les autres sous la forme d'un texte. Les dessins de Rachid Koraïchi ont une beauté orientale qui s'harmonise à merveille avec toute la force et le symbolisme des textes.

La première nouvelle "Gris" écrite comme un poème annonce une variation de gris à l'infini qui commence entre mer et océan :

Gris, en marge des couleurs. Gris des confins,

du seuil -

      où terre et ciel

           chair et océan

s'effleurent, se pénètrent. (extrait de Gris p.7)

les couleurs de l'invisible 001Sylvie Germain a une vision tellement poétique, presque "surnaturelle" du monde, qu'elle sait voir les couleurs de l'invisible qui se mêlent à celles des hommes.

Le monde est habité de tant de forces obscures, la vie est traversée par tant de courants mystérieux, il vaut mieux implorer la protection de tous les Invisibles, n'en négliger aucun. (extrait de Rouge : p.40)

 

les coluleurs de l'invisible 001

Sylvie Germain évoque aussi la réalité d'un monde sous sa forme la plus violente. La nouvelle "Jaune" rend hommage à ces femmes  que l'on oblige à vivre comme des ombres, qui n'ont plus le droit d'avoir du désir et des émotions.

Ils ont ramassé des pierres -

des grosses des moins grosses

des rondes des tranchantes (extrait de Jaune p. 61)

Frapper

Frapper la femme impure

l'infidèle

l'amoureuse au coeur buissonnier

l'amante au corps rebelle.

Frapper frapper

la femme

briser ses os

L'abattre. (extrait de Jaune p.62)

les-coluleurs-de-l-invisible-002.jpg

Sylvie Germain a rassemblé dans ce livre ses impressions et sa vision du monde à travers cette palette de couleurs. Chaque teinte représente la vie qui est tout à la fois tendre, violente, incertaine, imprévisible, irréelle et tant de choses encore. Il y a une exception à cette explosion de couleurs :  le  blanc. Pour l'auteure, le blanc est la couleur des êtres que l'on ne voit plus. "Ils vivent en fantômes dans un monde achromatique".  Ces hommes et ces femmes qui sont à la frontière de notre monde, elle les appelle "les naufragés de la vie". On referme le livre sur cette vision blanche et  funeste de nos sociétés modernes.  

les couleurs de l'invisible 004

Ils sont les naufragés

qui traînent leurs dépouilles

aux relents de charognes

au hasard des rues des gares des jardins publics

qui s'échouent dans des bars des asiles

sur des bancs de métro dans des commissariats

finissent à la morgue. (extrait de Blanc : p.76)

...

Mais peut-être

une couleur inconnue au spectre solaire

les attend-elle ?

Une couleur

douce comme la caresse

qu'ils n'ont jamais reçue.

Une caresse radieuse

à l'instant de glisser dans le mystère

de la disparition..

Une caresse un souffle de lumière...

 

Un rien splendide -

tellement plus vaste que le néant.

Peut-être. (extrait de Blanc p.82) 

les-couleurs-de-l-invisible-002.jpg

Dessins de Rachid Koraïchi

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 22:32

Tobie

coeur_72.gifEdité chez Gallimard en collection Folio : 2010 / 264 p.

L'univers littéraire de Sylvie Germain a une certaine résonance avec la religion judéo-chrétienne mais surtout avec la culture et la mystique juive.  Tobie est un personnage de la bible. En préambule de chaque chapitre, on peut lire des extraits du "livre de Tobie" pour situer les personnages du roman dans leur contexte biblique, ce qui  permet ainsi de découvrir la façon dont Sylvie Germain a exploité ce texte. Elle le réinvente, le modernise avec beaucoup de finesse et d'originalité.

L'histoire commence à la façon d'un thriller ésotérique. Sous un ciel d'orage, le petit Tobie vêtu d'un ciré jaune pédale aussi vite qu'il peut "pour aller au diable" comme Théodore son père le lui a ordonné. Pendant ce temps, Théodore hurle sa douleur, le cheval vient de ramener le corps de Anna sa femme, dont la tête a été tranchée. Un malheur semble s'être abattu sur cette famille.

La vieille Deborah, l'arrière grand-mère de Tobie, assiste à ce drame silencieusement. Cette femme de descendance juive polonaise se demande si la malédiction qui condamne à une mort violente et au malheur les membres de sa famille depuis des temps ancestraux ne va pas bientôt cesser.

Tobie a une enfance solitaire dans le décor sauvage des marais poitevin avec pour unique compagnon de jeu les livres de la bibliothèque familiale. Les seuls adultes qui l'entourent sont un père devenu fou de douleur et la vieille Deborah qui va bercer le petit garçon de ses souvenirs entremêlés de légendes de la culture juive d'Europe Centrale. Elle lui chante aussi des chansons en yiddish et le fait participer à d'étranges rituels religieux  dont le sens lui échappe complètement. La synagogue est imaginée, les anges du shabbat sont invités chaque semaine mais Tobie ne les voit jamais, des pots de fleurs représentent les tombeaux des morts disparus dans la tourmente de la guerre et des camps de concentration. Tous ces simulacres de rituels, que le jeune garçon compare à des jeux pour grandes personnes, le rendent méditatif et  tolérant.   

Deborah sait que Tobie va mettre fin à cette malédiction, le temps des victimes est terminé. Les bourreaux n'ont plus qu'à se faire violence à eux-mêmes. 

Il est temps pour Deborah de quitter ce monde, elle a cent ans. Son rôle sur la terre a pris fin. Un cycle se termine, un autre commence. Tobie saura prendre son destin en main.

Tobie va sortir du marais, quitter les terres de son enfance pour découvrir et donner fin à une autre malédiction, celle de Sarra à la beauté dérangeante, qui la rend victime de préjugés et de mauvaises croyances.

Ce roman mêle à la fois le passé religieux et historique d'une Europe Centrale persécutée par les guerres et l'antisémitisme. Cette barbarie qui fut la cause de véritables drames humains.

En se servant de la bible comme le fondement de son histoire, Sylvie Germain réussi à relier des temps mythiques à d'autres plus modernes. On peut ainsi constater que c'est la même barbarie qui agite les hommes.

 

Pendant les rencontres de Chaminadour, une exposition était présentée à la médiathèque de Guéret

Fablier du Marais » exposition du photographe Tadeusz Kluba, compagnon de Sylvie Germain,

invitée des  Rencontres de Chaminadour » 2012.

DSCN0497

Le monde de Tobie se limitait au marais dont il connaissait tous les coins et les recoins, les charmes et les secrets, et à la bibliothèque de son père qu'il avait secrètement transformée en morgue fantastique. (Extrait de Tobie des marais p.104)

DSCN0498.JPG

La photographie est la vision née d'une rencontre, sur le mode du heurt et de la surprise, entre un regard et le visible.

C'est un regard d'enfance forgée dans les brumes, les longs hivers et les interminables nuits des Carpates, pétrie par les légendes du monde slave, que Tadeusz Kluba a posé sur le marais poitevin.

Les frênes têtards bordant les canaux, les bosquets d'aulnes et de saules du marais se font alors créatures insolites, fabuleuses et parfois inquiétantes qui semblent surgies d'un conte peuplé de génies des bois, de la terre et de l'eau."

Sylvie Germain

Affiche

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 23:37

le-monde-sans-vous-copie-1.jpg

Edition Albin Michel : 128 pages /2011

 

Dans le cadre de l’année France-Russie, France Culture s’est associée à l’un des projets les plus ambitieux mené par Culturesfrance : le voyage d’une vingtaine d’écrivains et poètes français dans le transsibérien, de Moscou à Vladivostok. Ce voyage s’est déroulé du 27 mai au 15 juin 2010 (Extrait du site de France culture)

Et Sylvie Germain faisait partie des invités.

On imagine ce train mythique qui s'enfonce vers les contrées les plus lointaines de Russie aux consonances magiques et romanesques : la Sibérie,  le  lac Baïkal, l'Oural, la Taïga, Vladivostok... Avec à son bord l'une de nos écrivaines dont la richesse de l'imaginaire est une extraordinaire source de créativité. Alors que va devenir ce voyage, ces quelques milliers de kilomètres parcourus, ces paysages entraperçus derrière les vitres du wagon,  les forêts, l'immensité, la neige, les villes traversées, à travers le regard de l'écrivaine ? Et quel chemin de traverse va t'elle prendre pour nous raconter cette épopée ?

sylvie germain dans le transsiberienREDIM

Sylvie Germain à bord du transsibérien

Un livre est né de cette aventure. Un petit recueil de 128 pages seulement, au titre étrange, un peu triste : « le monde sans vous ». Il contient plusieurs textes dont "variations sibériennes" écrit dans le cadre de ce voyage, et "Kaléidoscope ou notules en marge du père" un texte écrit en 1988 après la mort de son père.

Sylvie Germain parle de ce voyage comme d’un : "voyage-feuilletage, glanage d’aperçus – des fragments pas plus" (extrait de la page 43).

Ce livre n'est pas un roman, pas non plus un carnet de voyage c'est plutôt un ensemble de réflexions sur ces instants de vie dans ce train d'un autre temps. Sylvie Germain nous livre ses interrogations sur le monde, mais aussi sur la mort, la perte des êtres chers car elle a fait ce voyage avec en elle, la douleur d'avoir perdu sa mère récemment.

Pour parler de cette disparition, des phrases d'une étrange beauté qui révèlent toute l’ambiguïté de la mort. Sylvie Germain va entremêler, juxtaposer des vers de Ossip Mandelstam qui parle de la mort avec ses propres réflexions sur celle de sa mère.  Comme par un étrange enchantement, parler de la mort de sa mère va redonner un souffle de vie à ce poète russe mort au goulag.

Abeilles et guêpes butinant la rose pesante.

Un homme meurt. Le sable chaud se refroidit,

Et sur une civière noire le soleil d'hier est porté.

(…)

Dire ton nom est plus dur que soulever une pierre.

Il ne me reste qu'un seul souci sur terre,

Un souci d'or : porter le poids du temps. "

Vers de Ossip Mandestam (extrait de la page 13

 

"Une femme est morte. On emporte sur une civière les soleils de tous ses hiers. Un soleil pâle – pâle d'une pâleur stupéfiante – se lève et prend la place laissée vacante.

Une femme est morte. Toi ma mère. En héritage, un souci d'or : porter le poids de ton absence, porter le poids des soleils en éclipse, des hiers révolus. Et lentement transmuer ce poids en grâce. Ce sera long, il y a des tâches vouées à l'inachèvement." (Extrait de la page 13)

Au rythme de ce train qui sillonne ces grands espaces, Sylvie Germain nous berce, on l’écoute, elle réveille les esprits tutélaires en nous  racontant un conte shaman « yeux coucou », puis ses impressions à la vue du lac Baïkal, nous parle de la Sibérie, nous lit des poèmes d’écrivains disparus : Pasternak, Cendrars...... Avec ce vocabulaire d’une richesse et d’une sensualité qui n’est propre qu’à elle, ce voyage devient peinture, musique, poésie, littérature.

"Le train poursuit sa route, et son sourd monologue. Derrière la vitre, la terre est réduite au silence. Sa voie plurielle est inaudible. Mais elle ruse, la terre, comme rusent la mort, pour s’exprimer  encore, envers et malgré tout. Elle déploie un grand vocabulaire : minéral, ligneux, végétal et aqueux. Elle parle en noir et brun, en vert et bleu et en lueurs argentées". (Extrait de la page 14)

"Sibérie – un pays où je suis enfin venue, et qui depuis longtemps me lancinait. Chacun recèle dans son imaginaire un atlas amoureux qu’il compulse selon sa fantaisie". (Extrait de la page 42)

"Sibérie la dormeuse - la veilleuse aux innombrables yeux d'eau, d'écorce et de lichen. Mais elle possède un oeil central, d'une ampleur incomparable : le lac Baïkal." (Extrait de la page 45)

(...)"Il est aussi une vulve bleu satin, chaste dans sa nudité qui est ostention de splendeur -  en jouisse tout passant qui l'approche. Vulve fluente aux étreintes de glace, au serrement suffocant, à la fruition mortelle." (Extrait de la page 49)

sylvie germain les pieds dans l'eau du laic baikalREDIMSylvie Germain les pieds dans l'eau du lac Baïkal

 

Et puis un matin couvert de brume, le train rentre en gare de Vladisvostok.

Le voyage est terminé. J' ai refermé ce livre en songeant que ces écrits sont porteurs d'un unique message : La vie est importante, la vie est belle mais elle est fragile. Nous devons la respecter et la protéger plus que jamais. 

Un livre que j'ai adoré avec un réel coup de coeur pour  le texte "Variations sibériennes"

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Le lac Baïkal
 

Un autre article élogieux celui de Clara à lire ICI

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 11:40


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Edition Albin Michel : Rentrée littéraire 2009.

Sylvie Germain nous raconte toutes les tragédies et les malheurs de notre monde sous la forme de contes philosophiques. Ses personnages portent en eux de véritables destinées bibliques, ils sont différents du commun des mortels.   

Son dernier livre « Hors champ » est  court, intense et violent. L’histoire que nous raconte Sylvie Germain se passe sur une semaine, elle n’a donné qu’une petite semaine à son héros pour essayer de comprendre ce qui lui arrive et pour disparaître du monde des vivants.  

Devenir « hors champ », c'est le terme utilisé au cinéma pour dire que l’on ne nous voit plus, que nous ne sommes plus dans le cadre, dans l’histoire. C’est ce qui arrive à Aurélien le héros de ce roman. Aurélien est né d’une liaison unique, fugace mais intense. Sa mère a été subjuguée mais aussitôt délaissée par un homme venu de nulle part. Est-ce cette rencontre un peu « hors du temps », ou bien « hors champ » qui fait qu’Aurélien va vivre cette douloureuse expérience ?  

Aurélien est pourtant un homme tout à fait normal, pour ne pas dire banal : il a un travail, une fiancée, des amis, une famille. Mais un matin, il va se réveiller différent, il se rend compte que l’on a tendance à l’oublier, à ne plus le voir, que l’on ne pense plus à lui.  Sa désagréable impression de ne plus exister est magnifiquement illustré par sa rencontre avec un SDF. Cet "homme transparent" qui symbolise à lui seul l'indifférence de  notre société de consommation, est poignante.

Mon avis :
J'ai beaucoup aimé le thème traité dans "Hors champ", je n'ai pas pu m'empêcher de comparer ce conte moderne à une analyse cinglante de notre société, à un procès  contre nos grandes villes tentaculaires,  ces royaumes de l’abondance et de l’indifférence.
j’ai retrouvé avec ravissement la qualité littéraire de cette auteure, sa grande maîtrise de l’écriture, son originalité. Le thème de la disparition et de l'abscence de soi traités de cette façon ouvre beaucoup de chemins, de possibles mais on n’y pénètre à peine, on effleure les suppositions. Sylvie Germain nous laisse là avec une question inévitable : mais quelle est vraiment la destinée d’Aurélien ? Est-ce tout simplement le thème de la mort traité.

J'aimerais discuter avec Sylvie Germain de ce roman.

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 23:45

RENTREE LITTERAIRE 2008

 

Edition Albin Michel  : 293 pages

Aprés le succés de "Magnus" le nouveau roman de Sylvie Germain a un accueil plus mitigé, il est arrivé discrètement  sur les tables des librairies et dans les émissions littéraires. 

C'est dommage car ce livre est très intéressant, il 
parle d'un sujet à la fois simple et complexe : la famille.
Mais quand,  et où commence une famille ? à chaque nouvelle union il en naît une neuve, et le surgeon à son tour devient souche. Peu à peu, les racines plus anciennes s'enfoncent dans la nuit, se dissolvent en silence. (extrait de l'inaperçu p. 97)

Ce livre  se situe dans la continuité de l’œuvre de Sylvie Germain dont les romans sont  essentiellement basés sur  « les origines et la quête d’identité » qu’elles soient mythiques,  familiales,  sociales….. 

Avec  l’Inaperçu,  Sylvie Germain signe un roman sur les origines familiales et  leurs  conséquences sur  le développement individuel d'un individu.  Dans ce livre, le portrait de la famille  Bérynx est un exemple type.  Chaque membre de la famille  va grandir, se construire, donner un sens à son existence  mais avec la marque irrémédiable de son histoire familiale.

Dans le roman  « Magnus », le personnage "Magnus" a était mêlé étroitement à l’ « Histoire »  c’est la guerre et ses conséquences qui ont  modelé son  parcours de vie, sa quête d'identité, alors que dans « l’inaperçu » c’est la vie à l’intérieur de la famille Bérynx, avec  ses secrets,  ses drames et l'autorité de son patriarche qui vont  déterminer la construction de chacun de ses membres.

Par contre le personnage Pierre qui aimerait  s’intégrer à la famille Bérynx, est un peu  comme Magnus,  c’est la seconde guerre mondiale et son cortège d’évènements traumatiques qui vont  conditionner  sa vie et  sa quête d’identité.

J’ai beaucoup aimé ce thème qui fait forcément écho à notre propre histoire familiale et les personnages de ce roman, leur histoire familiale assez commune, les rend proches de nous.

J'ai eu un petit coup de cœur pour Marie, avec son  comportement un peu excentrique, sa personnalité fantasque  et originale. Marie a l’ambition de  devenir un arbre quand elle sera grande avec son  amie imaginaire Zoé et un pied fantôme ! mais Marie deviendra une adolescente difficile quand elle comprendra que son pied manquant n’est plus un moyen de se raconter des histoires rigolotes comme de dire que son pied est parti en voyage au bout de la terre, mais qu’il est devenu un handicap qui la rend différente des autres. Il y a aussi Edith la « tante Chut » qui s’est déguisée en vieille fille acariâtre pour cacher  le souvenir d’un moment heureux mais difficilement  racontable……

Et puis Pierre dont l'histoire familiale est vraiment difficile, qui a une passion pour le peintre Rothko, ses peintures aux couleurs chaudes  donnent un sens à sa vie.
    

 

Tableaux de Mark Rothko

Mark Rothko, (1903-1970 peintre américain faisant partie des artistes de l’expressionnisme abstrait américain.

Il faut souligner aussi la délicatesse de l’écriture de Sylvie Germain qui maîtrise la langue française à la perfection, comme un peintre, elle colore ses textes en inventant des expressions et en utilisant des mots originaux presque inconnus !! Ces petites touches de fantaisies sont de pures merveilles à lire.

J’ai relevé quelques expressions originales qui m’ont beaucoup amusée :

« L’heure idoine », « le temps se fige et se désheure », « une chronologie en bataille », « phagocytée par des déformations », « une saturation d’indifférence », « chercher des poux dans la tête, des tiques dans la cervelle, des teignes sur la langue » « elle était atteinte d’une sorte de glossolalie démoniale »  « sa bonté obtuse », «  l’idiotie de sa méchanceté », « un moucharabieh de feuillage ou de paille ».

C'est quoi un moucharabieh ? !!!

       
Le moucharabieh est un dispositif permettant d'observer sans être vu et de fournir de l'ombre.
Il est souvent présent dans les palais à côté des portes dérobées menant dans des antichambres.
Issu de l'architecture islamique, le moucharabieh sert essentiellement à dérober les femmes aux regards.

il y a aussi le mot "phagocytée" et puis "glossolalie", bon Je continue ma recherche sur le dictionnaire, alors à bientôt !

D'autres avis : l'or des livres et Sylire 

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 22:57

 La Pleurante des rues de  Prague

Sylvie Germain

Sylvie Germain écrit merveilleusement bien, chaque livre est un univers particulier qu'elle a longuement imaginé et travaillé avant de l'offrir à ses lecteurs.

Je la considère comme l'un des plus grands écrivains français contemporains.

J'ai rencontré Sylvie Germain il y a environ une quinzaine d'année. Je regardais une émission littéraire sur les écrivains à Prague pendant la dictature, Sylvie Germain faisait partie des invités.

Sa discrétion, son originalité et la façon dont elle parle de son univers littéraire m'ont donné envie de lire ses livres. Elle est devenue très vite un de mes écrivains préférés.

Sylvie Germain a vécu 7 ans à Prague dans les années 80. En 1992, elle publie ce  livre un peu particulier et fascinant "la pleurante des rues de Prague" dans la collection "l'un et l'autre" chez Gallimard.

Extrait de la Peurante des rues de Prague :

(...)Cette femme qui a ni nom, ni âge, ni visage. Peut-être en a-t-elle, mais elle les tient cachés. Son corps est majestueux, et inquiétant. Elle est immense, une géante. Et elle boite fortement. (...) Ses pas sont silencieux, mais son corps, lui est chuchotant. Un chuchotement de vent tremble dans les plis de sa robe, un discret chuchotis d'encre y frémit ; ou bien est-ce de larmes ?(...)

cette mystérieuse femme hante tous les lieux de Prague, frôle les passants, traverse les vieilles pierres elle semble porter le poids des malheurs de cette ville.

J'ai relevé cet article sur ce livre : Sylvie Germain a écrit ce livre en hommage à Bohuslav Reynek (1892-1971) pour qui elle a une grande passion. Imprégnée de l’âme des lieux et meurtrie par une histoire d’amour, elle écrivit La Pleurante des rues de Prague, un vaste poème amoureux dénonçant la barbarie. Ce récit doux et triste est constitué de onze apparitions plus une, la dernière, qui forment les géographies mystérieuses de l’attente, de l’imaginaire amoureux et de la pensée désirante par-delà le renoncement de soi. 

Bohuslav Reynek  est un artiste tchèque qui occupait une place tout à fait à part dans le monde artistique. Ce graveur, poète et traducteur avait choisi de vivre en marge de la société sans critiques et admirateurs, il avait choisi la pureté, la modestie, le calme, la méditation, la foi... c'était les piliers de sa vie et de son art.....

 

 
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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 22:41

 

Sylvie Germain est l'un de nos plus grandes écrivaines contemporaines. Son oeuvre est originale, ceci est dù à son univers très complexe où elle puise toute son inspiration.

Œuvres de fiction:

  • Le Livre des nuits, roman, éditions Gallimard, 1985. [Folio]
  • Nuit d’Ambre, roman, éditions Gallimard, 1987, 360 p. [Folio]
  • Jours de colère, roman, éditions Gallimard, 1989. [Folio] - Prix Femina 1989.
  • Opéra muet, >Maren Sell, 1989. [Folio]
  • L’Enfant Méduse, roman, éditions Gallimard, 1991. [Folio]
  • La pleurante des rues de Prague, éditions Gallimard (L’un et l’autre), 1992.[Folio]
  • Immensités, roman, éditions Gallimard, 199.
  • Éclats de sel, roman, éditions Gallimard, 1996. [Folio]
  • L’encre du poulpe, éditions Gallimard (Page blanche), 1998.
  • Tobie des marais, roman. éditions Gallimard, 1998. [Folio]
  • La Chanson des mal-aimants, roman. éditions Gallimard, 2002.
  • Magnus, éditions Albin Michel, 2005.

Essais littéraires:

  • Les échos du silence, Desclée de Brouwer (Littérature ouverte), 1996.
  • Céphalophores, éditions Gallimard (L’un et l’autre), 1996.
  • Patience et songe de lumière : Vermeer. éditions Flohic, 1996.
  • Bohuslav Reyneck à Petrov<. Un nomade en sa demeure, éditions Christian Pirot, (Maison d'écrivain), photos de Tadeusz Kluba, 1998.
  • Etty Hillesum, Ed. Pygmalion/Gérard Watelet (Chemins d'éternité), 1999.
  • Mourir un peu, Desclée de Brouwer (Littérature ouverte), 2000.
  • La grande nuit de Toussaint, Le Temps qu’il fait, photos de J.-M. Fauquet, 2000
  • Célébration de la Paternité, Albin Michel, 2001.
  • Cracovie à vol d’oiseau, éditions du Rocher (La fantaisie du voyageur), 2000
  • J’ai envie de rompre le silence, en collaboration avec René et Gérard Vouland, éd. De l’Atelier, 2001.
  • Les Personnages, éditions Gallimard (L’un et l’autre), 2004.



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