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Le site des éditions de L'Aube ICI

13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 08:00

ChallengeDragonFeu                    Challenge Dragon 2012 organisé par

La culture se partage

 

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Ecrit par Akira Yoshimura

Edition Actes Sud : collection Babel / 141 pages : 2006

 

Le titre de ce livre avec cette magnifique photo conjuguée avec le thème de ces récits : ambiance japonaise garantie !!!

Le premier récit :

La jeune fille suppliciée sur une étagère :

Mieko vient de mourir. Au moment où sa respiration s'est arrêtée, ses sens se sont affutés. Elle peut voir et entendre tout ce qui se passe autour d'elle. Mieko est devenu un esprit.

C'est ainsi que l'ont suit Mieko qui raconte les derniers évènements de sa vie de « jeune fille morte » avant d'être incinérée.

C'est évidemment morbide, puisque Mieko est au première loge de sa propre mort. elle raconte tout. D'abord, l’indifférence et l'avarice de ses parents qui l'ont laissée mourir plutôt que d'appeler un docteur. La dissection de son corps que ses parents, sans état d’âme aucun, ont vendu à la science. Le comportement des hommes dont certains un peu voyeurs, quand ils vont regarder, évaluer puis découper cette jeune fille afin de prélever les parties demandés. « Et qui choque beaucoup l'esprit de Mieko ».

Cette nouvelle est écrite dans un style clair et vif. C'est réglé comme du papier à musique, on veut savoir la fin !!! Est-ce un rêve ? Il va se passer quelque chose de réaliste. Et bien non ! L'esprit de Mieko est toujours là. Au fil des pages, il raconte les différentes étapes de la transformation de son corps mort. L'irréalisme de cette histoire s'oppose à l'extrême réalité de la mort. La mort banalisée par le découpage d'un être humain pour les progrès de la science. La mort qui est un commerce comme un autre.

L'auteur a réussi la prouesse de faire de l'humour avec un sujet grave. Humour noir garanti. En effet, j'ai « presque ri » à certains passages comme celui où l'ont met les cendres de Mieko dans l'urne : « l'intérieur du vase était tiède et confortable. Certains os émettaient encore un bruit léger semblable au cri du ver de terre. » (extrait de la page 68).

 

Le 2ème récit :

Le sourire des pierres.

Ce récit aussi est sur le thème de la mort.

Enfant, Sone va vivre une période traumatique avec le suicide de son père et de sa maitresse. C'est lui aussi qui va découvrir le cadavre d'une jeune femme qui s'est suicidé dans le parc ou il jouait avec ses copains. Ces morts étranges vont laisser un certain marque indélébile dans le cerveau du jeune garçon.

Un jour, Eichi reconnaît Sone son ami d'enfance sur le campus de son université. Il est content de retrouver ce copain dont il avait perdu le contact, depuis les problèmes de sa famille. Eichi lui demande de ses nouvelles, ce premier contact est un peu froid mais il en amène d'autres. Jusqu'au jour où Sone fait une étrange proposition à Eichi. Et c'est ainsi que le jeune homme comprend que son ami est hanté par la mort et par le suicide d'une façon irrémédiable.

Un récit fascinant, qui permet d'aborder certaines coutumes liés à la mort, qui parle des cimetières japonais.

J'ai aimé une nouvelle fois l'écriture de Akira Yoshimura qui m'avait déjà beaucoup impressionné avec son roman "Liberté conditionnelle".

Japon 2

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 20:34

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Challenge organisé par A faim d'en lire

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Cette nouvelle éditée aux éditions Belfond

a été une première fois éditée

dans le recueil de nouvelles "L'éléphant s'évapore"

Le titre original de Sommeil est "Nemuri"

ねむり

Ce livre contient de très belles illustrations bleues et argentées, réalisées par Kat Menschik. (jeune illustratrice allemande de bandes dessinées) Elles sont de plus magnifiées par la qualité de l'impression, sur un très beau papier glacé, ce qui donne à cet ouvrage une réelle originalité et une délicatesse, qui font que l'on prend un réel plaisir à le toucher, à le regarder et évidemment à le lire ! 

 

"Sommeil" est une nouvelle de 77 pages qui raconte l'histoire particulière d'une jeune femme dont la vie va être perturbée par un horrible cauchemar étrange et glauque. En se réveillant au milieu de la nuit trempée de sueur, elle se dit que peut-être, elle a été ensorcelée. Elle prend conscience que quelque chose a changé en elle et autour d'elle. C'est en voulant se rendormir, qu'elle va s'apercevoir de ce changement : elle ne peut plus dormir.

Pour l'aider à retrouver le sommeil, elle cherche dans la bibliothèque un livre à lire,  son choix se porte sur Anna karénine.

Mais le sommeil ne vient toujours pas, alors elle va réfléchir à sa vie, ses études littéraires, sa passion pour la lecture et son mariage. Depuis qu'elle est une femme mariée, elle ne lit plus, et phénomène étrange, elle s'est habituée à vivre sans livres.

Depuis qu'elle est insomniaque, une autre singularité l'interroge. Elle ne dort plus et pourtant elle n'est pas fatiguée. la jeune femme passent ses nuits à lire et relire Anna Karénine et à boire la boisson déclarée "interdite" dans sa vie de couple : de l'alcool. Elle s'interroge sur son rôle, sa place dans cette vie.

Dans le monde éveillé, celui de la réalité, la jeune femme effectue les tâches qui incombent à toutes les femmes au foyer. Elle reproduit les mêmes gestes à l'identique chaque matin. Son couple est modèle, son fils parfait. Tout est réglé comme du papier à musique. Monotone. Mais la nuit, son mari dort et elle peut faire tout ce qu'elle veut. Elle boit du cognac en lisant et sort en voiture. La nuit, son style de vie est à l'opposé de la journée. Une conduite impensable pour une femme de sa classe sociale.

Avec cette nouvelle, Murakami nous fait voyager dans les méandres de l'inconscient. Cette histoire est un peu à tiroirs. Chaque situation vécue par l'héroïne permet de réfléchir aux problèmes de communication dans le couple, à la difficulté d'être soi-même, à la peur d'être différent, à nos  places respectives dans notre famille et dans la société : place choisie ou imposée.

L'univers étrange de Murakami a de nouveau opéré pour moi. J'ai adoré cette nouvelle, même si j'ai trouvé la fin des plus angoissante !!

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Illustrations de Kat Menschik.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:18

ChallengeDragonFeu

Lu dans le cadre du Challenge Dragon organisé par Catherine

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Editions Actes - Sud : collection Lettres japonaises

 2001 / 295 pages

 

Il y a des livres qui nous offre un véritable bonheur de lecture et je peux dire que ce roman en fait partie.

J'ai aimé l'extrême justesse avec laquelle l'auteur a aborder ce thème : la réinsertion sociale des criminels.  Comment raconter, expliquer, voir justifier un geste aussi fatal que celui de tuer. Akira Yoshimura nous emmène tout doucement, dans les méandres d'un esprit torturé par la jalousie et la vengeance, qui ne pourra jamais pardonner, ni s'excuser.  

Kikutani le héros de cette histoire va sortir en liberté conditionnelle, après 15 ans de prison alors qu'il est condamné à perpétuité. Il est pris en charge à sa sortie par un tuteur qui va l'aider à se réinsérer dans la société.

Kikutani a beaucoup de mal à retrouver une existence normale. Son passé le poursuit, le hante. Il sait qu'il ne pourra pas redevenir "l'homme d'avant". Le professeur de japonais dans un lycée de jeunes filles, un homme reconnu et respecté.  En 15 ans, le japon est devenu un pays extrêmement moderne. Il le savait par la télévision qu'il regardait dans sa cellule. Mais la réalité est beaucoup plus violente. Il va lui falloir beaucoup de temps et l'aide de ses tuteurs pour reprendre une existence indépendante.

Le livre est entièrement construit autour de la réinsertion sociale de Kikutani. Ce qui est très intéressant dans ce roman c'est que nous savons ce qui se passe dans sa tête,  ses angoisses, ses peurs, ses inquiétudes et surtout le souvenir de ses crimes. Ce passage à l'acte monstrueux qui a fait du petit professeur sans histoire, un criminel. On sait aussi que malgré les années de prison, il n'a pas pardonné à ceux qu'il a tués. Froid, déterminé, il ne regrette pas son geste. Alors même si Titukani comme pendant ses années de prison est un homme calme, discipliné qui semble avoir une vie exemplaire, le lecteur sait que ce n'est pas le cas. Il est toujours hanté par l'affront qu'il a subi. Kikutani a une personnalité attachante, ses tuteurs sont trop confiants, ils se rassurent même en trouvant des circonstances atténuantes à son crime et décident malgré lui d'accélérer sa réinsertion en lui proposant de se remarier........ 

Ce roman nous offre un regard réaliste presque glaçant de l'âme humaine, tout en nous proposant une promenade enrichissante à travers la société japonaise : le travail, les transports en commun, les repas, la condition féminine......

Un roman que l'on n'oublie pas, car ils nous concernent tous.

Extrait  de la page 172 :

Il lui semblait que quelque chose d'inconnu était tapi au fond de lui. Etait-ce ce qui avait produit la couleur rouge dont il avait été assailli ? C'était cette couleur éclatante qui l'avait poussé à tuer, il ne trouvait rien d'autre, et c'était impossible à expliquer logiquement à quelqu'un, dans la mesure où lui-même ne le comprenait pas. Tout etait vague, la seule chose certaine étant qu'il n'avait aucun regret, qu'il était même persuadé d'avoir accompli une bonne action. 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 21:24

 

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Edition Belfond : 2011/ 500 pages

 

Le second volet est tout aussi prenant que le 1er, on avance dans cette histoire à pas feutrés. 1Q84 est un monde parallèle qui apparaît qu'à ceux qui ont franchi le passage. Qui peut et comment peut-on passer dans ce monde étrange ? C'est toujours le mystère total, qui ne sera dévoilé que dans le 3ème volet. l'héroïne, Aomamé, a descendu un escalier le long d'une autoroute et c'est là que le passage s'est ouvert. Pour Tengo c'est la réécriture du roman de la fille du Gourou de la secte des précurseurs qui lui a fait passer cette frontière invisible aux yeux du commun des mortels.

Aomamé et Tengo sont les deux êtres élus pour accomplir une mission. Ils ont été choisis : mais on ne sait pas par qui, et pourquoi. On sait juste que ces deux jeunes gens ont des failles dans leur vie familiale, ils ont dû se désolidariser de leur famille pour pouvoir exister par eux-mêmes. Ils se sont rencontrés dans leur enfance, cet ultime contact a tendu un lien invisible entre eux,  qui semblerait les définir comme deux moitiés d'un élément indispensable à la réalisation du projet des Little People. Pour le moment, ils ne savent pas qu'ils sont importants l'un pour l'autre. Aomamé tue des hommes pour le compte d'une vieille dame qui veut venger les femmes victimes de leur violence. le prochain sur la liste est le gourou de la secte des précurseurs. Cet homme sert de passeur entre 1984 et 1Q84. On le croit violeur d'enfants, il est en réalité une victime des « little people ». On sait aussi que dans le monde de 1Q84, une étrange chrysalide donne naissance à des « doubles » appelés : daughter.

Je n'en dirais pas plus, sinon je vais dévoiler trop d'éléments et nuire à la lecture des prochains envoutés par 1Q84 !!

J'ai trouvé le tome 2 tout aussi intense que le tome 1. C'est une vraie réussite, aucune faiblesse dans le rythme, les différentes histoires s'emboitent bien, 1Q84 est encore un monde mystérieux qui dévoilera sa réalité dans le dernier volume. Dés sa sortie en librairie, je cours l'acheter !!!

 

Petites infos autour de 1Q84 :

Il parait que les éditions Belfond ont choisi d'éditer ce roman en 3 exemplaires alors que d'autres pays ont fait le choix de le faire en 2 volumes et même voir en 1 seul livre pour les américains. En France, si on veut acheter les trois volumes, on doit dépenser 69 euros.

Je suis bibliothécaire et je peux constater que comme la littérature japonaise n'est pas "grand public", on ne se bouscule pas pour réserver 1Q84 dans ma médiathèque. Alors un conseil, si dans les grosses médiathèques, la série n'est pas disponible, je vous conseille de vous adresser aux annexes des médiathèques ou dans les bibliothèques des banlieues, vous aurez une chance d'emprunter rapidement la série.

Vous pouvez aussi la commander au Père Noël !!!

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:56

 

 

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Challenge chez "A faim d'en lire"

 

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Edition Belfond : 533 pages

 

 

J'ai lu ce roman début septembre, j'avais pris diverses notes au fur et à mesure de ma lecture, mais j'ai lu vraiment beaucoup de chroniques sur Internet à propos des ces deux livres, il n'est donc pas facile d'en parler sans faire redondance avec tout ce qui a été écrit.

Alors j'ai choisi de raconter une scène qui m'a particulièrement plu, et qui contient pour moi toute la genèse de ce roman. C'est vraiment avec cette scène que l'étrange monde 1Q84 se révèle.   

Cette scène est au début du roman. Un embouteillage monstre bloque toute la circulation des voies extérieures de Tokyo. Une jeune femme attend patiemment à l'arrière d'un taxi en écoutant le morceau musical que diffuse l'auto-radio. Elle s'étonne de reconnaître le compositeur et l’œuvre qui est jouée. Il s'agit de Sinfonietta  du compositeur tchèque Janáček. Le trafic est complètement bloqué et elle commence à s'inquiéter, elle va arriver en retard à son rendez-vous. Le chauffeur de taxi lui propose de descendre l'escalier d'urgence qui est situé le long des piliers de l'autoroute. Cet escalier va lui permettre d'accéder à une gare, si elle peut prendre un train, elle sera à l'heure à son rendez-vous. Le chauffeur de taxi dont elle n'a pas vu le visage lui dit avant de quitter  la voiture : Il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n'y a toujours qu'une réalité.

J'ai trouvé cette scène extrêmement réussie et capitale, elle annonce à elle seule le ton du roman. Car il faut savoir aussi que cette jeune femme, qui s'appelle Aomamé, va descendre cet interminable escalier à reculons pour ne pas donner prise au vent, qu'elle est vêtue d'un petit tailleur, qu'elle est pieds nus car elle a glissé ses belles chaussures à talons dans son sac qui renferme aussi un étrange pic à glace soigneusement effilé par ses soins. Arrivée en bas de l'escalier, d'infimes détails lui indiquent que quelque chose à changer, son monde n'est pas tout à fait le même pourtant elle est bien en 1984 et tout est pareil. Avant de poursuivre sa route vers son rendez-vous, elle se remémore les étranges paroles du chauffeur de taxi.

Il ne faut pas se laisser abuser par les apparences, il n'y a toujours qu'une seule réalité.

Alors après ce passage, je vous promets que l'on ne lâche plus le livre ! On sait d'entrée de jeu que ce roman va nous embarquer dans un univers où va se côtoyer le mystère, la sensualité et l'extrême  violence. Ambiance japonaise garantie !

Il n'y a pas que des références musicales dans ce livre, il y a aussi une référence littéraire incontournable : 1984 de George Orwell. Et bien moi je ne l'ai jamais lu ! Je vais donc combler cette lacune littéraire en attendant le tome 3 en mars 2012.

J'ai aimé la chronique de Choco on peut la lire dans son grenier à livres ICI

 

 

Je ne sais pas si c'est cette oeuvre que Aomamé écoutait dans le taxi, mais j'ai l'impression que Haruki Murakami a des goûts musicaux qu'il aime partager avec ses lecteurs, et moi j'aime cette idée !!

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 11:04

La-balade-de-l-impossible-1.jpg

coeur_72.gifRéédité en 2011 par les éditions Belfond : 389 pages

 

J'ai lu sur divers sites que ce roman est au Japon,  l'un des plus apprécié de l'oeuvre de Murakami et c'est aussi ce titre qui l'a révélé. La ballade de l'impossible est devenu un best-seller vendu à plus de 4 millions d'exemplaires.

 

 On peut lire ceci sur le site Evène :
Ce roman est une réédition. Il était déjà sorti en 1987 et son succès a été tel au Japon que Murakami a été contraint de s'exiler.

 

Les éditions Belfond ont décidé de le rééditer cette année pour la sortie du film en mars 2011.

J'ai été subjuguée par ce roman, comme à chaque fois d'ailleurs que je lis un livre de cet auteur.

Je crois que celui-ci fait partie de mes préférés.

Haruki Murakami a un réel talent pour nous faire découvrir son pays, loin des clichés.  Avec lui, on découvre un Japon insolite, des personnages atypiques et des situations dignes des grandes épopées.

 

Une chanson des beatles "the Norwegian wood" est la clé qui permet à Watanabe, le héros de ce roman de se remémorer son adolescence dans les années 70 au Japon. "The Norwegian wood" est aussi le titre du roman en japonais.

Pendant qu'en France à partir de 1968, les jeunes vivaient dans un climat de grand changement, au Japon un mouvement de "contre-culture" essayait de faire la révolution. C'est dans ce Japon là que le jeune Watanabe âgé alors de 20 ans regarde le monde s'ouvrir à lui. Il se souvient de sa vie d'étudiant dans une pension pour garçons, sa découverte de la musique et la littérature qui viennent d'autres continents : Thomas Mann, F. Scott Fitzgerald, les beatles, Bill Evans......Ses discussions avec ses amis en buvant de l'alcool, sans oublier les premiers émois amoureux. Mais au delà de ces détails qui sont communs à beaucoup d'adolescents, ce roman raconte surtout le passage difficile de l'adolescence à l'âge adulte. La découverte de l'autre, du monde, de la sensualité sont de belles rencontres mais  c'est sans oublier l'envers du décor que nous réserve aussi la vie : la complexité des rapports humains, la violence, la maladie et la mort font parties intégrantes de nos vies, on doit apprendre à vivre avec et à les accepter. 

Watanabe, à travers toutes ses rencontres amicales et amoureuses, va découvrir toutes les particularités qui composent un être humain et se trouver confronter au  suicide, à la perversion, mais aussi à la maladie, à la vieillesse  et à la difficulté de vivre.

Ce roman mélange tout à la fois la douceur, la tolérance, une extrême et très belle sensualité, avec la violence, la solitude, l'indifférence et la perversité. Un roman d'un très grand réalisme, grave et profond.

 

Une analyse très détaillée de ce roman sur le Buzz...littéraire mais aussi de Yuko qui en parle très bien.

 

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 10:26

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Editions Leméac et Actes Sud / 2011

 

Enfin, voici  le 3ème et dernier roman de ce cycle romanesque qui a commencé avec la publication de Mitsuba Mitsuba.jpg en 2006,

puis avec le 2ème volume  : ZakuroZakuro

 

Les titres des romans de Aki Shimazaki sont toujours très originaux. Ils ont une siginfication symbolique dans chaque histoire : Mitsuba veut dire trois feuilles. Zakuro veut dire grenade et Tonbo est une libellule.

J'ai découvert cette écrivaine en lisant son premier cycle romanesque de 5 romans que j'ai vraiment adoré : "le poids des secrets".

 

Tonbo termine cette trilogie et nous propose avec cette nouvelle histoire, une promenade dans le japon moderne. Ce pays  est surprenant dans sa façon d'y méler modernité et coutumes ancestrales. Le personnage principal de ce roman est Nobu que l'on a rencontré dans Mitsuba, il avait alors décidé de quitter la firme où il travaillait comme cadre supérieur. 

Les relations entre la vie sociale et la vie professionnelle sont beaucoup plus complexes au Japon, qu'en France. Par ce choix, Nobu aurait pu vivre des difficultés sociales graves, mais il a eu l'excellente idée d'ouvrir  un "juku" qui est une école du soir privée. Sa femme s'occupe d'une chorale, ils ont un enfant. Cette famille vit selon les critères d'une famille japonaise sans histoire. Pourtant, une zone d'ombre recouvre le passé familial de Nobu. Le suicide est tabou au Japon mais malgré toute la discrétion liée à la mort tragique de son père, Nobu doit rencontrer un jeune homme qui demande à le voir pour lui en parler.

Les secrets et les non-dits étouffent les personnes et les familles qui les cachent. Pourtant, en levant le voile sur cette triste histoire, toute la lumière va être faite sur ces évènements tragiques qui ont anéanti une famille. Le poids de la honte va ainsi disparaître et libérer des énergies positives pour un avenir plus serein.

J'ai beaucoup aimé ce 3ème volet qui nous dévoile avec beaucoup de finesse, toute la complexité des relations sociales et familiales au Japon. Le style de cette écrivaine est délicat, très épuré. Je suis fascinée par cette écriture qui est à la fois d'une très grande sobriété mais aussi très riche et d'une parfaite justesse pour nous raconter ce pays fascinant, où  la sagesse et le respect des coutumes ancestrales sont un art de vivre.

Même si j'ai préféré le premier cycle romanesque : le poids des secrets, ce deuxième cycle est aussi une petite merveille à lire. 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 21:43

Kafka sur le rivage

Editions Belfond et 10-18 : 2005 :  618 pages

 

Ce livre est un véritable évènement en France, il est sorti en 2005 et on parle encore beaucoup. J’ai donc eu envie de me plonger dans ces 618 pages. Ce roman m’a captivée, du coup je l’ai lu en 3 jours !! Par contre, je vais avoir beaucoup plus de mal à en parler, je crois qu’il faudrait que je le relise pour en découvrir toute la complexité, l’étrangeté. 

Très vite, l’auteur nous embarque dans une incroyable aventure à la frontière d’un monde inconnu, dont la porte a été mystérieusement ouverte par une étrange après midi, alors que des écoliers étaient en promenade avec leur institutrice. Les enfants se sont endormis tous en même temps, dans la forêt et se sont réveillés sans séquelles particulières, sauf Nakata, l’élève le plus doué de sa classe qui est devenu après cet étrange sommeil, un simple d’esprit. Mais que s’est t-il passé ce jour-là ? Les études n’ont rien révélées. Les années ont passées, on a archivé l’incident. Nakata est devenu un adulte solitaire qui se fait un peu d’argent de poche en ramenant les chats perdus à leur propriétaire. Nakata peut communiquer avec les chats, c’est son secret, il a cet étrange pouvoir depuis l’incident de la forêt.  En parallèle de cette histoire, le jeune Kafka Tamura s’enfuit pour échapper à la terrible prophétie que son père lui a annoncé. Des évènements d’une force, d’une violence incroyable ont bouleversé l’équilibre du monde, il faut le rétablir au plus vite, kafka et Nakata sont les êtres élus qui ont pour mission d’empêcher le monde de sombrer dans le chaos.

Ce roman initiatique aborde d’une façon très originale les mythes fondateurs, la philosophie, mais aussi le symbolisme de la forêt et de la solitude pour vaincre ses peurs et apprendre le dépassement de soi. Les livres et les références littéraires sont très présents dans ce roman, avec la bibliothèque, ils font partis des fondements de cette histoire.

Même les rencontres de hasard sont dues à des liens noués dans des vies antérieures : extrait de Kafka sur le rivage.

Mon avis : En lisant ce roman, je me suis demandée si Haruki Murakami n’a pas pensé à la  bombe  d’Hiroshima, ce drame effroyable qui a  déréglé la vie des japonais, pour imaginer son histoire, cet étrange phénomène qui a endormi les enfants et qui a laissé des séquelles dans le cerveau de Nakata.

 

C'est le troisième roman que je lis de cet auteur, je suis conquise par ses histoires, son style, son originalité.

J’ai lu : Le passage de la nuit et Au sud de la frontière , à l'ouest du soleil

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 10:00

Editions Belfond / 2007 : 229 pages

De nouveaun j’ai eu un réel plaisir à lire cet auteur qui nous  promène dans son univers bien spécifique peuplé de personnages à la fois simples, fantaisistes, pittoresques et du coup terriblement attachants.

Ce roman a une introduction originale, car on peut  s’imaginer que l’auteur nous propose de l’accompagner pour une balade nocturne dans Tōkyō puisque qu'il utilise non pas le "je" mais le "nous" pour raconter cette hsitoire.

A chaque chapitre, nous sommes informés de l’avancée de la nuit grâce à une pendule placée en début de chapitre. Il est 23h 56, on commence par observer la ville dans son ensemble : « Ce paysage urbain, nous l'observons à travers les yeux d’un oiseau de nuit qui volerait très haut dans le ciel p.7». Puis comme si nous avions une caméra, nous effectuons un zoom sur un restaurant, et plus particulièrement sur une jeune fille assise seule à une table, complètement absorbée par la lecture de son livre. Un jeune homme rentre dans le bar, la regarde puis étonné de  la reconnaître, se présente et lui demande l’autorisation de s’asseoir près d’elle et entame une conversation…..

A priori, cette histoire commence bien banalement et pourtant c’est à partir de cette simple rencontre que nous allons vivre une succession de scènes de plus en plus surprenantes qui vont nous plonger dans la vie nocturne un peu marginale de cette ville tentaculaire, peuplée de gens  et d' évènements étranges et insolites. Le roman se termine au petit matin, la dernière pendule nous indique 6h 52.

Ce roman m’encourage à lire au plus vite « Kafka sur le rivage » lacune que je vais vite comblée !!!

 

Tōkyō  東京都

 

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 18:56




Zakuro est le second volet de son deuxième cycle romanesque.


Je vous conseille la lecture de Mitshuba, le premier volume de la série.

Dans ce petit roman d’à peine 150 pages, un peu comme dans la série « le poids des secrets »,  Aki Shimazaki aborde avec beaucoup de finesse, de nouveau la guerre et ses conséquences sur la vie sociale et familiale. Cette fois-ci,  elle nous présente une famille, qui ne peut pas faire son travail de deuil, car le père a disparu pendant la guerre en 1947 et comme sa mort n’a jamais été officiellement déclarée par les autorités, le doute s’est installé. Un doute entretenu régulièrement  par des témoignages de personnes qui ont ou aurait vu le disparu, comme par exemple ces gens qui l’aurait aperçu  dans un camp de travaux forcés près de la ville de Bukacaca en 1947, puis cet ami de la famille qui affirme l’avoir rencontré à Los Angeles.  C’est le fils qui va entreprendre une  douloureuse enquête pour apprendre la vérité sur son père et permettre à sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer et qui attend inlassablement son  retour, de mourir en sachant enfin la vérité sur la disparition de son mari.  

On retrouve dans ce petit livre, le thème que l’on sait maintenant cher à l’écrivain : Les secrets de famille ! Mais ce second volet m'a beaucoup moins plus que Mitshuba. 

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