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Le site des éditions de L'Aube ICI

31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 21:55


Ces romans contiennent à peine 130 pages, ils ne coutent que 2 euros et le Balzac 1,euro 50.

Ces petits livres se glissent dans le sac sans prendre de place et se lisent en quelques heures.

C'est Idéal pour un après-midi sur la plage, ou bien à l'ombre sous un arbre....























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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 21:53





















Jean Teulé - Julliard 

j'ai été  influencée par l'engouement de mes collègues pour ce livre aussi je l'ai lu  par simple curiosité. La lecture de "Je, François Villon" pour le club de lecture ne m'a pas donnée envie de lire d'autres livres de cet auteur, j'ai donc fait l'effort avec ce titre qui est parait - il très amusant.


En quelques phrases la véritable histoire du couple Montespan :
Mme Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan est née le 5 octobre 1640, elle est  morte le 26 mai 1707.

Louis XIV est tombée fou amoureux de Mme de Montespan qui devient sa favorite en mai 1667 à la place de "la duchesse Louise de Valère". Ce fut une véritable affaire d'état  et son mari fit un scandale à la cour et fut enfermé au Fort l'Evêque puis exilé sur ses terres en Gascogne, d'où il ne sortit presque plus jusqu'à sa mort.

Le roman de Jean Teulé nous montre que Monsieur de Montespan était à sa manière un homme moderne pour son époque car il s'est marié par amour, il parlait de ses sentiments envers sa femme et se fichait  royalement des conventions. C'était aussi un homme qui ne manquait pas d'humour, il avait fait repeindre son carrosse en noir et avait fait poser une ramure de cerf pour symboliser sont nouveau statut de cocu !!!

Mme de Montespan était la "favorite du roi" en un mot les favorites du roi   n'étaient rien d'autres que des prostituées de luxe. Si une femme était choisie par le roi elle n'avait pas le droit de choisir : partager le lit du roi était considéré comme un honneur. 

Le sujet est intéressant mais Jean Teulé le traite avec trop peu de profondeur et comme dans son roman  "je, François Villon" il use et abuse de détails croustillants sur le couple Montespan puis du roi et de Mme Montespan se qui fait perdre toute crédibilité à ce livre.
Le roman de Jean Teulé est une adaptation très libre de cette histoire, c'est un bon livre pour la plage rien de plus.


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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 00:00

le concert de Magyd Cherfi

 






Les spectacles dans un centre culturel sont habituels, mais il est impossible de les banaliser, le jour du concert il y a  toujours une certaine effervescence, surtout quand les artistes sont connus.

 

Donc ce vendredi 4 avril il y a une certaine excitation  dans le centre culturel,  Magyd Cherfi  doit arriver vers 15h, je fais des allées et venues rapides de la bibliothèque à la salle de concert, j’aime bien saisir des moments, des images « hors public ».

J’ai donc pu saisir une image : Magyd Cherfi qui se dirigeait vers la scène. 
Des paroles : un de ses musiciens dire à mes collègues qu’il trouvait notre salle très bien. (En effet  on a une très belle salle de concert)

J’ai aussi assisté à l’installation des instruments et du magnifique décor oriental, écouté un peu les répétitions, mais tout ça très vite puisque ma place est dans la bibliothèque  !! 

Il est  20H30, le public est au rendez-vous, la salle est pleine, le concert peut  commencer.

Sympa le dessin sur le billet d'entrée !!

 

 

 














Un décor des milles et une nuit, une musique délicieusement orientale et très rythmée nous accueille, dés les premières notes on  a été conquis, Magyd Cherfi et ses musiciens  nous ont offert un voyage dans leur univers de mots et de sons très variés rock, jazz, arabe…  Un pur bonheur.

 

Magyd Cherfi chante des chansons engagées,  ses textes ressemblent à ses livres.  
Il nous a fait beaucoup rire, et même chanter !! L’ambiance était joyeuse, Magyd Cherfi et ses musiciens ont conquis le public.  








On peut écouter des extraits de ses titres sur son site officiel : Ici


A la fin du concert on pouvait acheter les livres et les cd. Mes 2 livres achetés j’ai attendu comme tout le monde la venue de Magyd Cherfi, malheureusement nous n’avons pas eu la chance de le rencontrer, le public s’est peu à peu dispersé. Mes collègues m’ont expliqué que ce n’était pas possible pour Magyd Cherfi de rencontrer son public car il avait un concert par soir, un rythme très fatiguant. 
  

Je suis allée discuter avec un collègue près de la scène en regardant l’impressionnant démontage qui suit toutes  fins de concerts. J’avais mes 2 livres, vu un superbe concert,  je me disais qu’il était bien temps de rentrer chez moi sans me décider à rentrer pour autant !!

Et puis soudain arrive devant nous Mr Magyd Cherfi qui cherchait la personne qui voulait le rencontrer. 
Alors là j’avoue que sous le coup de l’émotion  mes questions se sont littéralement envolées.  Après de brèves présentations, nous avons discuté surtout  de ses livres, je lui ai dit que je connaissais le chanteur Magyd Cherfi  grâce au groupe Zebda mais pas l’écrivain,  je lui ai demandé s’il était « un écrivain chanteur » il a répondu qu’il était  un écrivain qui aimait faire le clown sur scène !!  J’aime bien cette définition mais je rajoute que le clown est un excellent chanteur. Il écrira surement d’autres livres mais il n’est pas pressé même si son éditeur voudrait bien lui imposer des parutions plus régulières.

Je ne sais même plus si je lui ai dit que j’allais parler des ses livres sur mon blog !! Et j’avais évidemment d’autres questions à lui poser  qui me sont revenues plus tard  mais bien trop tard !!  

Le concert est fini et les artistes sont repartis,  mais il reste cette  photo souvenir  prise par ma collègue Marie-France pendant le repas après le concert.  Je n’y étais pas à ce repas  puisque nous ne travaillons pas dans le même service, ma place c’est à la bibliothèque !!  Ce qui  me fait penser à un refrain d’une chanson de Magyd Cherfi  «et ce qui va avec ma place et ce qui va avec…..» !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 00:17

La Trempe 




































Magyd Cherfi : Edition Actes Sud - 163 pages - 2007

Ce livre est construit sur le même principe que « Livret de famille » sous  la forme de récits autobiographiques.

Le premier récit « la nuit de Zebda » se déroule dans le camion qui ramène le groupe  après un concert.  C’est la nuit, le silence  les enveloppe, ils sont  anéantis par le choc qu’ils viennent de subir. Peu à peu Magyd Cherfi nous dévoile les dernières heures passées dans une banlieue où ils devaient donner un concert.

Le spectacle a été annulé, le groupe s’est fait agresser dés la montée sur scène. Dans  ce camion qui les ramène à Toulouse c’est le désespoir.   

Ces quelques phrases extraites du livre :

Pourquoi des arabes s’attaquent-ils à d’autres arabes ? Des prolos à d’autres prolos.  Pourquoi brûle-t-on la voiture de son voisin plutôt que d’aller canarder celles des quartiers riches ? Pourquoi la violence pour la violence ? Pourquoi les déshérités de la terre ne s’unissent-ils pas ? Et d’où vient cette haine ? Pourquoi est-ce qu’ils ne sont pas à nos côtés ? Pourquoi est-ce qu’on a failli être lynchés ?  

Tout le long des récits,  Magyd Cherfi  nous invite à le suivre d’abord enfant dans sa cité. Il nous parle de sa famille avec  son personnage central : la mère.  Cette femme leur   vouait  un  immense amour qui les étouffait  et  avait une unique obsession, la réussite professionnelle de ses enfants,  mais  elle avait posé  la barre très  haute et ne comprenait pas qu’il était pratiquement impossible de l’atteindre.  

Magyd Cherfi nous raconte aussi la vie dans la cité, la relation avec les voisins, les jeux cruels des jeunes livrés à eux-mêmes, les coutumes respectées comme dans le pays d’origine, les mariages, les fêtes, sans oublier les filles  qui sont de parfaites inconnues pour ces garçons qui grandissent sans que les parents se soucient de leurs interrogations. Dans le récit « la crise » Magyd Cherfi  explique son appartenance à un monde qui cache ses sentiments alors que pour nous les démonstrations affectives sont banalisées et font parties de notre quotidien.   

Cette phrase me fait sourire :

Les français, ils ont mis des mots partout pour traduire la brûlure du cœur, la nostalgie du corps, la sueur de l’un sur la peau de l’autre, ils ont de l’alphabet à revendre…. tous ces livres, tous ces auteurs, ces bibliothèque farcies de l’explication de tout. (Extrait de « la crise »)

Le dernier récit « de l’identité nationale et de quelques beurs de droite… »  est un constat amer sur une politique d’ouverture qui met en avant de  nouveaux personnages politiques comme  Azzouz Bégag et Rachida  Dati…. »  Magyd Cherfi écrit :

Jamel  Debbouze a plus fait pour nos anciens soldats de France que ces deux là avec leur charge de fondamentaux républicains. (Extrait de «de l’identité nationale et de quelques beurs de droite… »)

 Voici ma conclusion une fois le livre refermé :

« la nuit de Zebda » et « de l’identité nationale et de quelques beurs de droite… »  racontent  l’histoire de deux  mondes qui vivent sur deux planètes différentes. Les autres récits racontent  l’histoire de gens qui souhaiteraient bien vivre comme tout le monde sur une planète qui s’appelle France.

 Bravo à Magyd Cherfi, Il faut une sacrée trempe pour écrire un  livre comme celui-là. 


Si vous voulez lire un article très documenté ce blog qui n' est malheureusement plus en service parle vraiment très bien de ce livre et de son auteur,  de plus j'y ai  appris que La trempe a eu le "Prix Marguerite Audoux" en 2007. 

Pour info j'ai trouvé sur Internet :

24/10/07) Le jury du prix Marguerite Audoux a attribué son prix 2007 à Magyd Cherfi pour son livre "La Trempe", paru en août chez Actes Sud.
Le Prix Marguerite Audoux récompense depuis une dizaine d’année, un ouvrage de langue française dont l’auteur peut être considéré comme proche de la personnalité de Marguerite Audoux. La qualité littéraire et le parcours de Magyd Cherfi, l’évocation de la vie familiale, son enfance et son quartier ont conquis le jury, notamment formé de Geneviève D¹Aubuisson, arrière-petite nièce de Marguerite Audoux.

Si vous voulez d'autres informations c'est ICI

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 22:33

Magyd Cherfi, pour  ceux qui ne le connaissent pas, c'est l’ex-chanteur et parolier du groupe Zebda. Après 16 ans et une cinquantaine de chansons écrites et chantées pour  Zebda, Magyd Cherfi met fin à l’aventure et signe en mars 2004 son premier album solo : "la cité des étoiles" et ensuite le cd « pas en vivant avec son chien »
Le concert de Magyd Cherfi  était annoncé pour le vendredi 4 avril dans le centre culturel où je travaille.
 Mes collègues ont l’habitude de  présenter  les CD et l’affiche de chaque concert dans la bibliothèque, je ne m’en occupe pas puisque mon domaine c’est le roman adulte !

Mais cette fois-ci j’avais  un travail à faire moi aussi : acheter et présenter les 2 livres de  Magyd Cherfi.

Magyd Cherfi a écrit 2 livres ???   Etonnée (et un peu piquée, je l’avoue !) de ne pas être au courant de ces parutions,  je me suis précipitée à la librairie pour les acheter, ouf il les avait, quelle chance à 4 jours du concert !!!

 j’ai commencé par lire « livret de famille » paru en 2004.  

 

 

Livret de famille : Actes sud - 71 pages

Des livres qui parlent de l’immigration et de la vie dans les banlieues, il y en a beaucoup le thème est à la mode, Mais celui  de Magyd Cherfi  est différent, ce n’est ni un roman ni un essai  mais une suite de courts récits autobiographiques.

Dans ce premier livre Magyd Cherfi  nous livre avec beaucoup de finesse et de franchise son  histoire de fils d’immigré dans la  cité des Izards, aux Minimes, dans les quartiers nord de Toulouse, mais aussi ses réflexions, ses souvenirs, ses colères,  sur notre société, la politique, le sport, sa ville Toulouse, l’usine AZF…..

 J’ai vraiment apprécié la richesse de l’écriture,  le mélange de prose et de poésie  rythme les textes et donne un tempo intéressant pour une lecture à haute voix, mais ne vous y trompez pas  ces récits sont du vitriol, la vérité y est crue et glacée.

 Il y a beaucoup de force et de maturité dans l’écriture de Magyd Cherfi  et cette expérience donne à ces récits une certaine dimension  philosophique qui  nous invite  à réfléchir sans détour à ce douloureux problème qui porte les mots : immigration, intégration, banlieue……ces mots  que les gouvernements successifs  traînent comme des boulets  sans jamais rien régler.  

 Le premier récit « Ecrire » sert d’introduction et donne la couleur et le ton des suivants, voici quelques  phrases qui m’ont donnée envie de continuer la lecture :

Je n’ai pas voulu écrire pour convaincre. Lassé d’articuler le bon verbe à sa place, lassé de tout polir pour intégrer les murs, de tout enguirlander pour  être près du feu. J’ai pas voulu finir comme un arbre  aux cent boules près de la cheminée, déraciné des sols près de la cheminée (Ecrire Extrait de : Livret de famille)

(…) J’ai pas voulu répéter ce que je suis et qui n’est pas ce qui paraît. J’ai juste eu besoin de tremper mes larmes dans l’acide à cause de tout ce qui me manque à mon bonheur. Le compte n’y est pas.(Ecrire Extrait de : Livret de famille)

La phrase qui sert de conclusion au livre nous ramène à de douloureux souvenirs, mais je n'en dirais pas plus il faut lire ce livre.  

 



Pour les collectionneurs il y a un magnifique marque-page offert avec le livre.


A bientôt pour la suite de l'aventure !!
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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 12:37
 

Michèle Lesbré

Editeur Sabine Wespieser : 145 pages

Ce roman fait partie de la rentrée littéraire du mois de septembre 2007


Le transsibérien, ce train mythique  conduit  Anne à Irkoustk,  elle part à la recherche de son ami Gyl dont elle n’a plus de  nouvelles. Le voyage est lent,  les forêts, les villages, les datchas défilent  devant les vitres, ce paysage romanesque rend  Anne songeuse, elle laisse vagabonder ses pensées vers ses anciennes lectures, Iouri Bouïda, Vladimir Jankélévitch, Dostoïevski… mais ce pays n'a pas que de grandes références littéraires et romanesques, il a aussi nourri de grandes utopies  sociales, Gyl  son ancien amour de jeunesse n’a pas voulu renoncer aux siennes, il est parti s’installer sur les bords du BaïkaL pour tenter de construire un monde idéal.


Anne songe à sa vie passée mais aussi à sa vie actuelle, elle a laissé à Paris sa voisine Clémence, cette vieille dame est souvent assise sur un canapé rouge au fond du couloir de son immeuble.  Anne avant son départ  lui racontait la vie de femmes exceptionnelles qui ont marqué leur époque par leur insolence, leur courage, leur révolte, leur espièglerie : Marion du Faouët, Olympe de Gouges, Milena Jesenka…..

Ce rituel quotidien instauré par la vieille dame plaisait beaucoup à Anne, leur conversation était très enrichissante pour l'une comme pour l'autre. Toutes les deux  discutaient de ces femmes déterminées dans leurs  combats pour un  monde meilleur, mais aussi de leurs amours perdus, des révolutions ratées, du temps qui passe….
Un jour, Clémence a confié à Anne avec beaucoup de pudeur, le destin tragique de son grand amour de jeunesse mêlé à une douloureuse page d’histoire.

Ce roman n’est pas long à lire, mais pourtant il nous tient en haleine longtemps, tout simplement parce qu’il  nous renvoie à notre histoire personnelle, notre jeunesse,  les rencontres qui ont changé, ou modifié  le cours de notre vie, nos rêves oubliés……

Un très beau livre qui me donne envie de lire d'autres titres de cet auteur.
A lire absolument le très bel article de Katty et de Sylvie 

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 00:34

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Muriel Barbery 
Edition Gallimard collection Folio

Hum ! que je me suis régalée en lisant ces pages, je suis certaine que ce roman aurait plu à Colette !

Pour tous ceux qui ont lu « l’élégance du hérisson », ce livre est construit de la même manière.  Chaque chapitre présente un personnage, un lieu, un objet…  la majeure partie du roman se passe rue de Grenelle et Renée la concierge fait une petite apparition au début du livre.

Le plus grand critique culinaire du monde habite rue de Grenelle, il lui reste quarante huit heures à vivre,  son dernier désir est de retrouver une saveur oubliée, elle est nichée au plus profond de lui-même et pour s'en souvenir, il inspecte son passé,  ravive ses souvenirs, et dresse le portrait des personnes qui dès l’enfance l’ont conduit à exercer son passionnant  métier.

En premier lieu, Il y a la cuisine de sa grand-mère : « la cuisine était pour moi un antre magique je crois que toute ma carrière prend sa source dans les fumets et les odeurs qui s’en échappaient et, qui, enfant, me rendaient fou de désir »

Et puis son grand-père qui pendant les vacances en Bretagne organisait  rituellement  un barbecue de sardines grillées : « Les yeux exorbités, je fixais l’objet de mon désir ; la peau grise et cloquée, sillonnée de longues trainées noires, n’adhérait même plus aux couteaux qu’elles recouvraient »

Et il y a tous les autres,  sa tante Marthe avec sa maison et son jardin remplis d’odeurs enivrantes,  les cuisiniers du monde entier qui lui font découvrir  les saveurs de mets inconnus,  les gens qu’il a rencontré par hasard et qui lui ont offert des repas simples et somptueux à la fois, comme l’invitation dans la ferme en Normandie, ces pages sont à lire avec délice, autant par la description du repas que par la rencontre et la conversation avec les habitants de la ferme.  

Mais ce roman n’est pas un simple livre sur l’art culinaire et les saveurs exotiques des plats cuisinés avec recherche, c’est aussi le portrait d’un tyran qui a consacré sa vie à son métier, à sa passion, à son prestige, qu’il en a oublié la simplicité du quotidien. De ce fait,  Il dédaignait sa  femme, ses enfants et ses petits-enfants et a ainsi empêcher le développement harmonieux de sa famille. 
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En conclusion,  « la saveur oubliée »  donne matière à méditer !!!

 Alors lisez ce livre avec appétit, il le mérite vraiment et offrez le ensuite…………….. 


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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 09:06

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Muriel Barbery
Gallimard : 359 pages

« L’élégance du hérisson » fait partie des meilleures ventes de l’année 2007. J’ai lu de très bonnes critiques sur ce roman, ce qui a piqué ma curiosité. 

Le décor de ce roman est un immeuble bourgeois de la rue de Grenelle à Paris. Ici vivent deux surdouées !!

Il y a d’abord "Renée Michel" la concierge, si d’apparence elle a le look de son métier, elle trompe son monde et renverse tous les clichés ! Son intelligence hors du commun lui a permis de se cultiver en autodidacte et d’être surement la plus lettrée de cet immeuble, et puis il y a Paloma, une jeune fille de 12 ans qui habite là avec ses parents, elle aussi est atypique car cette gamine est vraiment précoce !

On va découvrir les évènements et les habitants de  cet immeuble, à travers le regard incisif de ces 2 personnages.

Mme Michel a tout de la parfaite intello : elle lit  Kant, Tolstoï, adore les peintures mortes hollandaises et les films du cinéaste Ozu…. Elle est discrète et joue son personnage de concierge à la perfection mais  un nouvel habitant de la rue de Grenelle, un riche japonais « Mr kakuro Ozu » découvre très vite qui est vraiment Mme Michel, et comme il partage le même univers intellectuel, il veut la connaître davantage et se lie d’amitié avec elle.

La petite Paloma écrit son journal et note quotidiennement ses « pensées profondes » sur son entourage : ses parents, sa sœur, les voisins sont pour elle tous corrompus par l’argent et leur position sociale. Elle est tellement écœurée par le snobisme, l'orgueil et la bêtise de ces gens qu’elle a décidé de se suicider. La rencontre avec Renée et Mr Kakuro Ozu vont lui permettre de regarder la vie différemment, elle notera dans son journal « Mme Michel a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’impression qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »

Avec ce roman, Muriel Barbery nous offre une façon originale de regarder notre société actuelle. Beaucoup de faits sont analysés à travers ces 2 personnages et certaines scènes sont très réussies comme la visite  de Paloma chez le psychanalyste et celle de la lecture du mémoire de la sœur de Paloma par Mme Michel. Des scènes qui mettent à mal une société qui repose sur des convictions bien établies mais pourtant bien faciles à démolir.

J’ai beaucoup aimé la fin de ce livre, qui ne permet pas de tomber dans l’histoire fleur bleue d’une concierge avec un riche habitant de son immeuble. Les préjugés sont tombés, mais restons  réalistes !!!

Bien sur dans ce livre, il y a des chats et j'ai beaucoup apprécié  le chat de la concierge  Léon « parce que Tolstoï », et Kitty et Lévine les chats de Mr Ozu ! 


Si vous voulez lire un autre avis : Sylire
Je vais de ce pas lire le 1er roman de Muriel Barbery : Une gourmandise

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 13:54
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Clara Dupond-Monod 
Edition Grasset 232 pages

Ce roman est original, son thème complètement inattendu.

Bravo à Clara Dupond-Monod qui a eu la merveilleuse idée de romancer l’histoire réelle de Juette, une des premières féministes qui a vécu au Moyen-âge et qui est restée complètement inconnue jusqu'à ce jour....
 

Juette est née en 1158 à Huy, en Belgique. Le récit de sa vie a été écrit par le religieux Hugues de Florette. Il était son confident et ami.

Ce texte est parvenu jusqu'à nous, intact. Rédigé en latin médiéval, il est peu connu et peu commenté. Une négligence incompréhensible, tant il s’agit d’un portrait exceptionnel d’une femme et d’une époque.

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Le Moyen Age n’est vraiment pas l’époque la plus propice à l’épanouissement des jeunes filles, c'est ce que peut constater Juette chaque jour. Cette adolescente bourgeoise est curieuse et enjouée, elle pose un regard interrogateur sur le monde qui l’entoure mais n’obtient pas de réponse auprès de ses parents, et surtout pas de sa mère qui n’est là que pour lui donner l’éducation qui  fera d’elle une bonne épouse.

Juette trouve un peu de réconfort auprès de son ami et confident Hugues, c’est un jeune homme pieux,  Il travaille comme copiste dans la bibliothèque de son cloitre et Juette découvre auprès de lui l’univers des livres, de l’écriture, la beauté des enluminures  et écoute Hugues qui lui raconte « le chevalier à la rose ».

Ces deux êtres là sont purs, ils croient et suivent les préceptes de leur religion et s’indignent de la conduite des moines et d’une église trop riche, en toile de fond les premiers cathares viennent prêcher une vie  plus austère.

Ce  Moyen âge mystique est fascinant,  Juette  le découvre chaque jour en se promenant accompagnée des servantes ou de sa mère dans les rues animées, autour des étals des marchés, en regardant le peuple vivre. Mais Juette va découvrir aussi la condition des femmes à travers le tragique destin des filles « vendues » sous prétexte de mariage au plus offrant. Elle n'échappera pas à la règle, son enfance finira à 13 ans dans le lit d’un  mari choisit par ses parents.

Cette union est  un désastre et fera de Juette une révoltée. La naissance de son fils va renforcer  son aversion pour les hommes, elle refusera de s’occuper de lui.  Juette est veuve 5 ans plus tard et refuse le nouveau mariage que son père lui propose, elle quitte la ville et trouve refuge dans une léproserie. Juette se consacre à la religion et aux lépreux, elle devient mystique, a des visions  et entraine avec elle toutes les femmes qui  se révoltent contre le pouvoir absolu des  hommes sur les femmes. Son pouvoir va grandir au point de faire peur à l’église.

Ce roman est à 2 voix, Juette raconte sa vie et Hugues en écho raconte la sienne.

 Hugues et Juette  racontent aussi  leur besoin l’un de l’autre, leur désir d’être ensemble. Cette belle  histoire d’amour est tellement  imprégnée  de mysticisme et d’idéalisme,  qu’elle restera un amour impossible à vivre.

Je n'en dévoilerai pas plus ! Il faut lire ce livre qui rend hommage à cette femme moderne, volontaire et remarquablement intelligente : Juette. 
   
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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 18:50
9782258072589.jpgGermaine de Beaumont Editions Omnibus 951 pages

Germaine de Beaumont a été la secrétaire et l’amie de Colette avec ce livre je reste dans le thème !! 
Et je remercie tous ceux qui ont signé la pétition pour que la maison de Colette devienne un site classé.

Pour tous ceux qui ont lu « des maisons et des mystères » ils peuvent lire sans hésiter « des familles et des secrets ».

Des familles et des secrets regroupent quatre nouvelles et deux  romans qui ont été écrits à des époques différentes, ils s’échelonnent du début de la guerre jusqu’au milieu des années 1950.

Germaine de Beaumont  était très sensibilisée par la condition féminine, les textes  de ce recueil le montrent par la description d’un  univers strictement féminin.  Elle nous dresse des tableaux de femmes seules enfermées dans un carcan familial aux secrets bien gardés, aux silences hypocrites.  Peu à peu on assiste à  la lente évolution d’une conscience féminine, à des prémices de révolte, de rébellion  face à cet univers bourgeois fermés sur des principes désuets mais implacables.

Le roman : « du coté d’où viendra le jour »  349 pages livre-33.gif

J’ai lu sur certains blogs que ce texte a le défaut d’être un peu long, presque ennuyeux,  en effet Germaine de Beaumont a voulu dépeindre les moindres détails de cette famille. Mais  le sujet  est novateur pour l'époque : les problèmes familiaux qui engendrent des troubles de la personnalité.

L’héroïne Armande Armand-Louvesne à l’élégance surannée vit en décalage avec son époque et a du mal à s’affranchir du joug maternel. Elle  porte en elle un mal-être dont les racines viennent d’un secret bien gardé par sa mère pour éviter le scandale. La relation mère – fille devient explosive quand Armande voudra se rebeller et découvrir la vérité.

Le roman : « La roue d’infortune » 346 pages livre-33.gif

Un très beau roman sur les mariages arrangés dans la bourgeoisie des siècles passés et qui font plutôt penser à des « ventes de jeunes filles pour  vieux messieurs  fortunés »  avec la complicité et l’hypocrisie des parents  qui s’assurent ainsi une retraite confortable.  C’est aussi l’histoire d’un amour impossible qui fait un peu penser au roman « les hauts de Hurle-vent» d'Emily Brontë.

Les nouvelles : « L’enfant du lendemain », « Soif de septembre », « la Botti », « Au balcon ». livre-33.gif

Avec ces 4 nouvelles,  Germaine de Beaumont nous dresse quatre  portraits féminins différents. On y retrouve toujours des femmes seules, prisonnières de leurs destinées, souvent dictées par leurs origines sociales.  Ces 4 textes sont réellement très poignants, c'est un regard très lucide sur une époque qui n’est pas si loin de nous. 

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