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Le site des éditions de L'Aube ICI

28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 23:54


Alina Reyes : Editions Zulma - 64 pages

Un village perdu dans  les  Pyrénées,  des habitants à la vie rude, simple et en harmonie avec une nature que l’on imagine belle et sauvage.

Au milieu de ces montagnes, tout semble serein, pourtant un drame a eu lieu au cœur de cette  blancheur immaculée et la vengeance obsède Marie-Rosella, une adolescente du village.

Marie Rosella s’est laissée séduire par Gilles, le cameraman d'une équipe venue faire un reportage, il l'invite à une petite fête où elle est violée. 

L'adolescente est obsédée par un désir de vengeance et apprend qu'elle attend un enfant. Elle cherche la confrontation avec son violeur, mais Gilles, n’a aucun état d’âme, il propose à Marie-Rosella  de se faire avorter, de l’argent et d’oublier cette « incartade » commise sous l'emprise de l’alcool.
Marie Rosella  décide de garder l’enfant et veut plus que jamais se venger, c’est pour elle le seul moyen de revenir à la vie. Avec l’aide de son ami Marto le conducteur de la dameuse, Marie Rosella va tendre un piège à ses deux violeurs qui sont venus négocier. La dameuse et la montagne vont devenir de redoutables instruments de vengeance. La neige gardera le secret et Marie Rosella retrouvera l'envie de vivre, son fiancé Baptiste et donnera naissance à son fils Jean-Loup.

Alina Reyes écrit habituellement des romans érotiques. Je dis « habituellement », car ce petit livre n’est pas érotique, c’est plutôt un roman noir, intense et violent.

J’ai lu beaucoup de critiques négatives au sujet de ce livre, dont son prix un peu excessif. Les éditions Zulma éditent des livres originaux et d'une  grande qualité littéraire, mais à tirage forcément limité, car c'est une petite maison d'édition. Ils n'ont pas, à la différence des grandes éditions, la possibilité de réduire leur coût en faisant des grands tirages.

Il faut soutenir les éditions Zulma, on a besoin d’un choix éditorial varié pour préserver une qualité  littéraire qui est déjà bien menacée.  Alors ne critiquont pas trop quelques euros en trop !

L'avis de Véronique qui habite dans les montagnes.

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 19:20

Edition : Actes Sud Junior / collection : BabelJ
1ère édition : édition du Rouergue en 2002. 304 pages

Ce roman commence dans un terrain vague près du périphérique d’une grande ville. Une famille de roms « les Pazzati » organise un rituel pour protéger leur nouveau campement : immerger un chat vivant dans un bain de ciment, le laisser durcir et le mettre sous une roulotte, pour en faire un talisman.

Tout le roman est comme ce rituel : sauvage et violent.

Ce livre est le second roman de Claudie Gallay, on y retrouve son style : des phrases courtes, qui vont à l’essentiel, pour nous raconter, comme elle sait et aime le  faire des histoires de gens. Mais cette fois-ci ces gens-là,  « le clan Pazzati » sont des marginaux.   Claudie Gallay avec ce livre va droit au but, pas de fioriture, de romanesque, pour ces gens du voyage, le constat est cinglant : la famille Pazzati,  à force de misère et de coups durs vit une lente descente aux enfers et frôle la folie.   

La famille Pazzati  a eu des heures glorieuses, mais maintenant c’est un cirque minable avec  quelques roulottes, un chapiteau qui prend l’eau, deux tigres et une guenon. Cela explique t-il cette montée de violence que le petit « Dan », l’unique enfant de cette famille regarde, avec ses yeux d’enfants déjà pervertis par cette vie. Mais Dan peut-il  trouver un équilibre, grandir normalement en vivant  avec un père joueur et violent, une mère distante et lunatique, des oncles bien étranges. Chaque membre de cette famille a une philosophie bien spéciale de la vie où la violence et la méchanceté règnent et sont complètement banalisées.  « Dan » en conclura tristement que le « chat talisman » ne sert strictement à rien, c’est juste un acte violent de plus.

J’ai vraiment beaucoup aimé le réalisme de ce roman, même s’il peut heurter notre sensibilité. On retrouve dans ce roman la part de réel qui est fortement présent dans les livres de Claudie Gallay..  Des histoires romanesques certes mais avec toujours un pied dans la réalité !

Il me reste encore 2 romans à lire de cet écrivain : son premier  « L’office des vivants » et aussi un livre pour les ados « les années cerises », que je vais lire très vite !!

Citation de Claudie Gallay :

Il y a toujours mille raisons pour s'enfermer, sortir est beaucoup plus difficile.
Extrait de "les déferlantes"

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 19:54

Le Prix GONCOURT 2008 est décerné à :




Syngué sabour - Pierre de patience de ATIQ RAHIMI 
Edition P.O.L (154pages)

Ce roman se lit comme on boit un grand verre d’eau quand on meurt de soif, d’un seul coup !

Court, dense et violent, ces 153 pages nous submergent  très vite, par leur intensité, par la qualité de l’écriture, et puis par cette tragique histoire qui nous transporte dans ces pays où pour d’obscures raisons les femmes sont traitées  comme des esclaves.

Le roman commence par cette phrase « Quelque part en Afghanistan ou ailleurs ».  

Une guerre civile a éclaté, une femme se retrouve seule avec ses deux filles et son mari mourant,  tous les membres de sa belle-famille ont déserté la maison.  Les premiers jours et malgré une  panique absolue,  la femme va continuer de tenir son rôle auprès de son mari et va prier docilement comme le mollah lui a ordonné de faire. Le mari est allongé, il ouvre et ferme les yeux et respire difficilement, sa femme lui fait la  conversation comme s’il était encore en mesure de comprendre.   Son monologue quotidien va porter sur ce qu’elle ressent mais n’a jamais pu dire. Elle va lui raconter des détails de sa vie d’enfant, de jeune fille et d’adulte, mais aussi tous ses rêves, ses secrets, ses frustrations, et sa difficulté de vivre  dans ce pays ou les femmes n’ont aucun droit. Elle va lui décrire la succession d’humiliations, de peurs, et de coups qu’elle a reçu pour la seule et unique raison qu’elle est une femme.

La femme explique à son mari qu’il est devenu  sa « syngué sabour » cette pierre sacrée : « tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t’écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu’à qu’un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes (…) et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines… » Extrait de « Syngué sabour » p. 87. 

Au début du livre Atiq Rahimi a écrit : « Ce récit, écrit à la mémoire de N.A. – poétesse afghane sauvagement assassinée par son mari -, est dédié à M.D ».

La fin tragique de ce roman est-elle un hommage à cette poétesse ? Qui est N.A et M.D ?

Voilà des questions que les  journalistes pourraient bien poser à "Atiq Rahimi" !












Félicitations à Atiq Rahimi pour avoir obtenu le Prix Goncourt.
Cet écrivain était pour moi un parfait inconnu jusqu'à qu'il soit cité sur la liste
des "Goncourables" !! 
l'originalité du thème m'a d'abord intriguée puis emballée ! c'est pour cela que j'avais franchement envie qu'il soit "l'élu". Et quelle belle surprise !! On raconte tellement de choses sur ces prix littéraires et bien chut ! car cette année on ne peut dire que bravo aux membres du prix Goncourt pour leur originalité !! 
Cet écrivain franco-afghan a écrit 4 romans, dont celui-ci en langue française. Je suis très heureuse d'avoir découvert cet écrivain, qui était parait-il le chouchou des libraires ! En attendant de lire la suite de son oeuvre, je vais m'empresser de lire ces 3 autres romans.

Un autre avis celui de Naina 
et de la passion des livres Mais aussi celui de l'or des livres
et l'article très documenté de : Sylvie

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 20:30

challenge


 Claudie Gallay : Edition du Rouergue - 2008 (524 pages)


La mer, un phare, des oiseaux, un village, un secret, une histoire d’amour impossible, et une pincée de Jacques Prévert. C’est avec tous ces  ingrédients que Claudie Gallay nous a concocté ce beau roman sensuel et mystérieux.

 

Une ornithologue arrive en automne dans un village prés de la Hague, pour étudier le comportement des oiseaux. Elle se loge à « la Griffue » une maison  en retrait du village habitée par un frère et une sœur : Raphaël et Morgane. Lui est sculpteur, Morgane vit dans l’ombre de son frère et rêve d'une vie bien à elle. Pour savoir toutes les nouvelles du village, il faut aller au café tenu par Lili, sa mère est à coté d’elle dans son fauteuil roulant, elle guette Théo son ex-mari qu’elle a quitté car il en aimait  une autre, son amour perdu s’est transformé en une haine tenace.

L'ornithologue arpente les landes, les falaises et les dunes pour observer les oiseaux mais son regard se porte de plus en plus sur les habitants du village qui semblent s'épier et cacher un douloureux secret. L'arrivée du mystérieux Lambert va réveiller peu à peu les fantômes du passé, les langues vont se délier, on va poser d’étranges questions qui restent sans réponse : qui est cet enfant dont la photo a disparu du mur du café et d’une certaine tombe ? Pourquoi le refuge d’enfants a fermé ses portes ? Qui a éteint le phare la nuit de cet horrible naufrage ?  
Ce roman nous embarque dans une tempête de sentiments et d’émotions, des lames de fond nous emportent avec les habitants de ce village dans cette terrible aventure, on ne peut revenir sur le rivage qu’à la dernière page et c’est avec un grand regret que l’on quitte ce village, ces habitants et…..ce livre.


Claudie Gallay est surprenante, elle écrit des livres à chaque fois différents mais on y retrouve avec bonheur son style d’écriture : des phrases courtes, une écriture qui a une sonorité, un rythme bien particuliers qui me font beaucoup  penser à l’écriture de Marguerite Duras. 


Dans chaque roman, Claudie Gallay rend hommage, fait un clin d’œil à un écrivain, ou un poète. Dans ce roman c’est Jacques Prévert qui nous accompagne au fil des pages.

Jacques Prévert est mort le 11 avril 1977 dans sa maison à  Omoville-La-Petite, une commune   prés du village ou se déroule l’histoire ce roman.





Témoin de sa présence toujours vivante dans cette Hague qu’il avait choisie, un jardin Prévert a vu le jour. Il est ouvert au public, toujours fleuri en toute saison où l’on peut à son gré écouter… et dessiner les oiseaux.

 Maison de Jacques Prévert à Omonville-la-Petite.                       

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 08:00


                                                                                                                                                                                                                                         
Dans l'or du temps : Claudie Gallay / Actes Sud / Collection Babel

« Dans l’or du temps » est un roman un peu particulier car il mêle fiction et réalité avec une aisance qui bluffe le lecteur. Et comme pour nous confirmer la véracité de cette histoire, l’auteur y glisse une  touche originale : « un livre dans le livre » : Soleil Hopi de Don C.Talayesva, qui va être le fil conducteur du roman.  J'ai lu ce livre il y a quelques années, c'est le témoignage poignant d'un  indien Hopi  sur la destruction de sa culture et de son peuple par les hommes blancs.

 Une maison de vacances au bord de la mer près de Dieppe, un couple y passe les congés d’été avec leurs deux filles, en apparence tout est banal mais l’homme qui est aussi le narrateur rencontre un peu par hasard une vieille dame, Agathe. Sa maison est remplie de souvenirs d’une époque fascinante,  son père était ami avec certains surréalistes  comme André Breton. Agathe raconte par bribes  un passé bien particulier, son histoire est tellement incroyable  que l’homme  va  délaisser peu à peu  sa famille et passer ses journées auprès d’elle.  Adolescente, Agathe accompagnait son père et ses amis surréalistes en Arizona, elle a été le témoin de la fascination que ces hommes et surtout André Breton avaient pour la culture sacrée des indiens  Hopi, au point de se livrer à un pillage honteux de leur art, de ne pas respecter   leur coutume en prenant des photos des rituels sacrés alors que cela était interdit. Agathe  raconte cette histoire fascinante avec l’aide du livre « Soleil Hopi »,  et de  photographies prises à l'époque, mais aussi avec les fascinantes  Kachinas achetées par son père.
Ces statues fétiches  étaient censées incarnaient les esprits,  on les offrait aux enfants Hopi pour les familiariser avec les dieux. Agathe livrera aussi son terrible secret, parce qu'elle n'a pas été que le témoin mais aussi la victime de l’avidité et de l’irresponsabilité de son père et de ses amis.  

André Breton est enterré au cimetière des Batignolles, il a fait graver une épitaphe sur sa tombe : je cherche l’or du temps.

Claudie Gallay a écrit un livre remarquable. Cette fiction nous rappelle que la violence de certains peuples sur d'autres est une triste réalité.

















Statuettes Kachinas                                                                                                                                                                      

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 09:00

 

(\-/)

(=’.’=)

(‘’)-(‘’)

 

 

 

Les romans nous font souvent vivre de belles aventures humaines. Pour moi, "Allumer le chat" et  « A Mélie sans mélo »  en sont une avec un immense A.

 

 J’ai donc eu la chance et le plaisir de rencontrer personnellement Barbara Constantine, grâce à son éditeur Christian Sauvage qui a eu l’excellente idée (oui c’était vraiment une superbe idée !) d’inviter des bloggeurs chez lui à Paris. Nous avons tous passé une belle journée littéraire en compagnie de Barbara Constantine autour d’un brunch bien sympathique et de quelques coupes de champagne pour fêter la sortie d’« A Mélie sans mélo ».

 

Pas facile maintenant de faire un article sur ce roman après une telle aventure !!!


Alors pour raconter ce roman et vous donner envie de le lire, j'ai tout simplement laissé mon imagination vagabonder dans la maison de
Mélie.




Je suis le vieux buffet oublié au fond de la remise de la maison de Mélie, quand Barbara Constantine est venue habiter à la maison pour écrire son roman, j’étais content, j’ai cru qu’elle allait parler de moi dans son livre,  que j’allais enfin revenir dans la lumière, et pourquoi pas devenir célèbre, mais je suis déçu, elle m’a à peine regardé, faut dire qu’il règne une pagaille ici. Pourtant j’en sais des choses sur cette maison, quand j’étais jeune, je trônais dans la cuisine de Mélie, c’est que j’étais beau à l’époque, et puis logeable avec ça, un bon meuble quoi !!

Alors on me demande pas mon avis et bien je vais le donner quand même, et comme  j'suis devenu un vieux buffet grincheux, et bien je vais pas me gêner pour le critiquer son bouquin, non mais!! 
D’abord le titre de ce roman : « A Mélie sans mélo » et bien ça me fait bien rigoler un titre pareil, parce que  « sans mélo » ho la la et ben c’est  vite dit, ici c’est pas mieux qu’ailleurs, c’est bourré de secrets de famille, de mensonges, de mariages ratés, d’histoires d’amour cachées enfin le bordel quoi. Et puis, moi j’aurais pu lui en raconter d’autres des histoires sur cette famille à Barbara, j’en ai plein mon tiroir, mais bon il faut dire que je suis vieux à présent, je perds un peu la tête, mes portes grincent et me font un mal de chien, et puis le tiroir du haut s’ouvre plus les poignets sont tombés, en plus j’ai pas vu un chiffon de laine depuis des lustres, alors j’suis pas beau à voir, bouh je déprime !!!


Barbara  a préféré écouter la vieille chaise, oh la pauvre a bien des choses à raconter, une de ses sœurs a fini brulé dans le feu de la Saint-Jean, la petite Clara la peinte en bleu, pour la mettre dans la chambre de son pote Antoine, un petit lifting et hop on joue les jeunes, bouh et moi qui reste au fond de ma remise ! Et puis le Marcel qui est l'amoureux de Mélie (lire le livre pour en savoir plus) s’est occupé des ressorts du sommier de la chambre de Mélie, qui font un boucan du diable. le vieux lit a bien des souvenirs croustillants à raconter mais là Barbara est restée très discrète, c’est pas comme certains écrivains de la rentrée littéraire qui racontent de ces trucs, et ben ça me fait bien rigoler aussi !!



Barbara aime les chats alors forcément dans ce livre il y en a un, c'est pas Bastos, c'est un chaton que la petite Clara (la petite fille de Mélie) a trouvé dans sa cabane, il s'appelle Léon où plutôt Léone parce que le Marcel  ne sait même plus reconnaître un chat, d’une chatte, franchement il n'y a pas que moi qui vieillit ici !! et bien ce p’tit Léon fait ses griffes sur mes pieds, et on lui dit rien, ah si je pouvais je lui botterais bien les fesses à ce petit garnement.
Par contre, j'ai bien aimé le petit chat que Mélie a rencontré sur internet, il est rigolo comme tout avec ses guillemets, ses apostrophes, ses points, ses tirets, j'vais peut-être m'en faire un pour me tenir compagnie, bouh ! je suis tout seul, y vivent tous des histoires d'amours dans ce roman, et j'ai même plus de mouchoirs dans mon tiroir, je suis vidé, complètement vidé !

Si vous avez envie de rencontrer tous les personnages qui entourent la vie de Mélie :
Carla, Fanette, Bello, Marcel, Gérard et puis retrouver Raymond et Mine.....
Si vous pensez que toutes les générations doivent vivre ensemble et que l'amour rend heureux,
et ça à n'importe quel âge de la vie, si en plus vous aimez rire et sourire,
alors lisez : 
"A Mélie, sans mélo"                                    


Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
...à bi-cy-clet...te
Nous étions quelques bons copains
Y avait Fernand, y avait nana
nana-nana-nana-nana
...et puis Pau-let...te*
(Extrait de "A mélie sans mélo" p. 165)

*"la bicyclette",paroles de Pierre Barouh, musique de Francis Lai, Editions Saravah-éditions 23. 
 

Si vous voulez lire un autre avis : Bernard, Brize,

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 23:23

Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi
Actes Sud - 2007

La 4ème de couverture de ce livre commence par une question : Quel est le prix de la liberté ? Liberté sexuelle, amoureuse, politique, sociale ou religieuse.

En juin 2006 Mohamed Kacimi organise une manifestation autour de Beyrouth dans un théâtre parisien.  C’est à une de ces représentations qu’il rencontre Darina  al-Joundi  venue lui remettre un manuscrit.

La lecture de ces écrits est un bouleversement pour Mohamed Kacimi « C’était une lettre ouverte à son père, qui avait rêvé pour sa fille la plus grande des libertés et qui allait justement, à cause de cette liberté, connaître la pire des servitudes. » (Extrait de l’avant propos p.5)


De  cette rencontre est née une pièce de théâtre qui fut jouée pendant le festival d’ Avignon de 2007 et c’est  Darina  al-Joundi  qui a interprété  son propre rôle,  elle est comédienne mais n’avait jamais joué en France.
« Toute la presse nationale a parlé de sa performance. Laure Adler et Fabienne Pascaud diront d’elle qu’elle a été la révélation du festival 2007 » (Extrait de l’avant propos p.7)

Le livre « Le jour ou Nina Simone a cessé de chanter » et la suite de cette aventure. Sous la plume de Mohamed Kacimi, Darina  al-Joundi  a confié l’histoire de sa vie au Liban, ce pays démolit par la guerre civile et qui fait de la vie des femmes un enfer.  

Dans cette fiction où tout est vrai Darina  al-Joundi  raconte sa vie de femme libre grâce à l’éducation que son père lui a donnée. En effet, ce père journaliste et écrivain est profondément moderne, il est contre toute forme d’intégrisme et préfère écouter "Nina Simone" plutôt que les discours religieux, cette  personnalité originale et joyeuse rend ce personnage vraiment attachant. Mais le Liban est un pays déchiré par la guerre  civile et la montée de l’intégrisme. Darina  al-Joundi  est comme son père, elle va vivre à l’excès tout ce qui est interdit, par opposition aux  lois instaurées  contre les femmes.  A la mort de son père,  Darina  al-Joundi  va payer très durement sa façon de vivre. C’est avec étonnement que l’on va découvrir que c’est  sa mère qui va mettre fin d’une façon brutale à son insoumission.    

Cette histoire m’a fait penser à un autre destin tragique,  celui de Camille Claudel. Cette femme a voulu vivre pleinement  sa passion pour la sculpture et aimer un homme sans être marié, mais au siècle dernier  ce n’était pas envisageable. A  la mort de son père qui la soutenait, Camille Claudel fut enfermée dans un hôpital psychiatrique jusqu'à sa mort par sa mère qui ne supportait pas  sa fille rebelle.   

Ce récit est bouleversant, et les situations décrites sont révoltantes. Un livre à lire, à donner, à offrir pour ne pas oublier qu’il faut toujours veiller sur nos libertés chèrement acquises.

 







Un autre avis intéressant celui de mille et un livre le blog de la littérature orientale, et puis aussi celui de Malice 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 23:00


                                                                                                              Edition Lattès - 2007

Delphine De Vigan a obtenu le prix des libraires 2008 pour ce roman.

Lou est une adolescente surdouée, le lycée  est un univers un peu difficile pour une jeune fille de 13 ans,  elle vit  sa différence avec les autres élèves comme une forme d’exclusion :

« … dans ma nouvelle classe les élèves m’appellent le cerveau, ils m’ignorent ou me fuient, comme si j’avais une maladie contagieuse, mais au fond je sais que c’est moi qui n’arrive pas à leur parler, à rire avec eux je me tiens à l’écart…(Extrait de « No et moi » p.31).

Lou  ne veut surtout pas se faire remarquer alors quand arrive le moment de choisir le thème de son exposé, elle est tellement paniquée par ce type d’exercice, qu’elle va donner sans trop réfléchir un sujet plutôt difficile à traiter : les sans-abris. Elle ne sait pas encore qu’elle va vivre une véritable aventure humaine qui va lui ouvrir les yeux sur la dureté du monde et la faire grandir. 

Selon les estimations, il y a encore 200 000 et 300 000 personnes sans domicile fixe, 40% sont des femmes, le chiffre est en augmentation constante. Et parmi les SDF âgés de 16 à 18 ans la proportion des femmes atteint 70 % (Extrait de « No et moi » p.36).

A la gare d’Austerlitz, une jeune SDF aborde Lou, c’est No avec son  visage déjà marqué, ses vêtements sales et ses silences. Pourtant les deux  jeunes filles arrivent peu à peu à communiquer  et  No cette écorchée vive, qui cache son manque d’amour derrière ses allures de rebelle va être touchée par la personnalité de la petite Lou. Lou va se lancer dans un grand projet : aider No à reprendre une vie normale.

Moi je m’en fous pas mal qu’il y ait plusieurs mondes dans le même monde et qu’il faille rester dans le sien. Je ne veux pas que mon monde soit un sous-ensemble A qui ne possède aucune intersection avec d’autres (B, C ou D), que mon monde soit une patate étanche tracée sur une ardoise, un ensemble vide (Extrait de  « No et moi » p. 87).

Ce roman n’est pas un conte de fée.  Le personnage « No » incarne un quotidien presque banal parce qu’on le voit chaque jour dans les rues mais  nous en avons tous très peur, il s’appelle : le chômage, l’errance,  la solitude….. Nous sommes donc tous concernés par les problèmes de No. L’auteur s’est aussi appuyé sur un terrible constat : il est pratiquement impossible de changer « de monde ».

Le livre se termine donc de la même manière que la société traite ses exclus.

Un roman à lire absolument même par des adolescents.  

 

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 08:00






                            





























Edition Denoël - 107 pages


L'auteure qui est l'héroïne de ce "roman- témoignage, nous confie avec beaucoup de sang-froid et de courage, le drame qui mit fin à
sa toute nouvelle histoire d'amour avec un homme victime
d’un « locked-in syndrome ». Cet accident vasculaire cérébral le laisse complètement paralysé et privé de la parole.

Tout le long du roman, la narratrice tutoie et vouvoie son amant disparu, c’est un peu dérangeant pour le lecteur. Mais elle nous explique que ce vouvoiement était une volonté de cet homme  (…) De notre histoire d’amour qui a commencé dans les affres de l’interdit, sur notre lieu de travail, où nous nous parlons avec des noms de code, où chacun des gestes et des rencontres était balisé, où tu nous avais imposé un vous professionnel pour ne pas éveiller les soupçons et aussi parce que ton Vous avait une connotation érotique indécelable pendant les réunions de travail après nos déjeuners coquins. Comment passe-t-on du secret à l’universel sinon en disant Tu à son amant devenu son fiancé ? Mais toi c’est comme si un Tu pouvait te tuer. (…) (Extrait de « la fausse veuve ». 
L’auteure passe du Tu au Vous tout au long de ce livre, peut-être pour décrire au plus juste sa relation avec lui.

Ce livre est aussi un beau sujet de réflexions sur les rapports humains, et sur l’exclusion. En effet,  quand arrive le drame, cette histoire d’amour est toute neuve, elle n’a pas eu le temps de prendre racine dans le terreau social et familial, aussi la famille, les amis pourtant au courant rejettent « la nouvelle fiancée » sans ménagement et la considèrent même comme une intruse,  l’ex-femme va reprendre ses droits tout à fait naturellement.

« Je suis celle qui n’est pas, n’a pas été et ne sera jamais du coté de votre famille. Une famille devient-elle la votre uniquement quand on a des enfants du même lit ? Ou alors, quand on prend le nom de son mari ? (…) Extrait de « la fausse veuve ».

L’auteur nous livre cette émouvante histoire d’amour un peu particulière mais aussi et ce n’est pas anodin, certains souvenirs de son enfance en France, dans sa famille qui était différente   des familles françaises traditionnelles. En effet, ils étaient juifs algérois, l’auteur se dit d’ailleurs plutôt « juive berbère » une autre forme d'exclusion.......

J'ai beaucoup aimé ce livre qui témoigne de la dureté de la vie et de son combat quotidien.
Il fallait oser l'écrire.

En lisant l'article sur le blog "Le cri du lézard" on apprend que l'amant de la narratrice était "Jean-Dominique Bauby", l'auteur de "Le scaphandre et le papillon".  Il y a un petit indice pour le découvrir : l'aile du papillon sur la couverture.


 J'ai reçu ce livre par l'intermédiaire du blog "Chez-les-filles".
je remercie Violaine et les éditions Denoël pour cet envoi.

Si vous voulez lire d'autres avis :
Lisa, 
Cathulu

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 11:09

Actes Sud : Collection Babel : 301 pages 

Ce roman est une véritable découverte, je ne connaissais pas cette auteure : A lire absolument !

L’Héroïne principale de ce livre est Venise, elle est le décor romantique et le prétexte à tous les personnages de ce roman de vivre un peu hors du temps.
  

A la suite d’un immense chagrin d’amour, Une jeune femme de 40 ans décide de vider son compte en banque et de partir à l’aventure. Le hasard la dépose à Venise dans la pension de famille de "Luigi" un authentique vénitien.  Pour oublier son chagrin, elle prend le temps de rencontrer  et d’écouter les pensionnaires un peu  atypiques qui partagent son quotidien. D'abord, elle passe beaucoup de ses soirées avec le très romanesque vieux prince russe "Vladimir Pofkovitchine", dont le passé est une véritable page d’histoire et son amour impossible avec la fille de sa nounou (niania en russe) une véritable tragédie. Puis elle écoute  la très belle Carla qui est danseuse, elle vit une belle histoire passionnée avec son compagnon Valentino mais c'est là aussi un amour un peu compliqué. Au cours de ses promenades dans Venise elle va presque tomber amoureuse d'un libraire un peu mystérieux qui va lui faire lire des auteurs comme Marguerite Duras, Thomas Mann, Jean Clair et aussi découvrir le peintre des camps de concentration Zoran Music.

Ce portrait de femme en quête de sérénité après sa rupture amoureuse est une véritable réussite. Ces promenades dans cette merveilleuse ville et la rencontre avec toutes ces histoires heureuses et malheureuses qui sont celles de la vie tout simplement sont un véritable délice. 

Mon ultime conviction !!! :
Il me semble que Marguerite Duras est un des auteurs préférés de Claudie Gallay, j'ai eu souvent l'impression qu’elle  a fait des clins d’œil à son style en écrivant comme elle les pages consacrait à Manzoni le libraire. 


Pour en savoir plus sur :





Claudie Gallay c'est ICI





Le peintre Zoran Music c'est  ICI






Si vous voulez lire d'autres avis : Les fanas de livres   Oui, j'ai le temps de lire   et aussi le très beau billet de Lune de Pluie

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