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Le site des éditions de L'Aube ICI

18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 23:04

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Pièce de théâtre éditée chez Julliard : 2008 / 94 pages

 

Cet été, j'ai regardé sur Arte le téléfilm "Château en Suède" de Josée Dayan tirée de la 1ère pièce de Théâtre écrite par Françoise Sagan en 1960. La bande annonce et la distribution de ce film m'ont vraiment tentée : 

Jeanne Moreau (Agathe Falsen), Guillaume Depardieu (Sébastien), Géraldine Pailhas (Eléonore), Aymeric Demarigny (Frédéric), Marine Delterme (Ophélie), Normand d'Amour (Hugo Falsen), Sébastien Huberdeau (Olivier), Guillaume Cyr

Musique : Frédéric Botto.

Le sujet  : Un château isolé par la neige qui abrite une étrange famille "les Falsen" va être le décor d'une macabre mise en scène. Frédéric, l'étudiant qui fait une étude sur un membre de la  famille Falsen est obligé de rester dans le château plusieurs mois. Il n'est pas parti à temps et la neige va bloquer les routes tout l'hiver. Ce qu'il ne sait pas c'est qu'il va être la victime d'un étrange scénario qui se renouvèle chaque année.

Les acteurs sont tous excellents mais les personnalités de Guillaume Dépardieu dans le rôle du frère incestueux, parasite et débauché et de Jeanne Moreau en vieille folle gardienne d'un patrimoine familial obscur sont sublimes. Pourtant le scénario s'enlise par manque de construction logique, je n'ai pas compris le but de cette macabre machination ?

Déçue, j'ai lu la pièce de théâtre car je pensais que le film n'avait pas su rendre la pièce dans son intégrité. 

La pièce de théâtre est en quatre actes, les éditions Julliard l'ont rééditée avec beaucoup de soin, elle se lit avec facilité. Les explications des différentes scènes et décors sont claires et précises. Pourtant  j'ai ressenti les mêmes faiblesses dans le scénario. Avec ce huis clos dans ce château bloqué par la neige, Françoise Sagan a merveilleusement réussi la mise en scène de sa pièce de théâtre mais malheureusement il y a un manque certain dans la logique des évènements, l'histoire s'enlise par manque de cohérence.

Si vous avez regardé, lu et  mieux compris que moi cette pièce de théâtre, n'hésitez pas à me laisser vos explications dans les commentaires.

J'ai lu quelques critiques sur le net qui me confortent dans mes impressions....

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Ce film est le dernier tourné par Guillaume Dépardieu.

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 00:00

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Edition Stock : 2010 /393 pages coeur_72.gif

 

Ce roman est mon immense coup de cœur de l'été. J'avais lu la chronique sur le blog d'Anis qui m'a donnée envie de le lire et je l'ai posé en haut de ma PAL estivale.

Mais j'ai mis du temps à écrire ce billet car ce livre est formidablement "intelligent", il ouvre des pistes de réflexions très intéressantes sur notre société. Blandine le Callet est une auteure que je vais suivre........

La 1ère chose qui m'a interpellée :

L'emploi du mot "ballade" avec "2 L"  m'a un peu intriguée et la simple définition du dictionnaire ne m'a pas satisfaite. N'ayant trouvé aucune explication particulière, j'ai pensé que peut-être Blandine Le Callet a voulu rendre hommage à Oscar Wilde qui a écrit "la ballade de la geôle de reading" ce long poème qui est un sublime playdoyer contre la peine de mort et l'enfermement. (avis complètement personel !)

L'action de ce roman se passe en 2110, pourtant ce n'est pas vraiment un roman d'anticipation. En effet, on ne s'aperçoit pas tout de suite que c'est un monde futuriste. Nous ne sommes pas dépaysés par la description de l'univers de Lila K parce que beaucoup de détails nous font penser à notre époque. Certains traits symptomatiques de notre société actuelle sont devenus la conduite de vie à suivre. 

Lila K est une adolescente amnésique qui vit dans un centre spécialisé. Elle se souvient juste de la violence de l'intervention lorsque des hommes cagoulés sont  venus l'arracher à sa mère quand elle était enfant.  Lila K est dans ce centre depuis plusieurs années. Elle doit apprendre à vivre dans cette société "intra-muros" qui est une zone protégée. Ce monde complètement stérilisé a fait du principe de précaution, une règle absolue. Une caméra suit en permanence les faits et gestes des habitants. Cette société décide et produit du bien-être et un confort aseptisé à tous ses habitants. Les outils informatiques font partis des espaces de vie, ils permettent de contrôler physiquement et psychologiquement les citoyens en permanence. Par exemple, Les livres sont interdits pour des raisons simples :  Ils sont  porteurs de microbes et  véhiculent des idées néfastes au bien-être ! On peut lire mais sur des ebooks une littérature censurée. Les WC analysent systématiquement les urines et un sextoy est distribué aux célibataires, pour leur équilibre psychique, ils doivent s'en servir régulièrement sous l’œil vigilant des caméras. Les manipulations génétiques sont devenues une pratique ordinaire. Cette société impose ce modèle sécuritaire comme le symbole du bonheur.

Malgré de graves traumatismes, Lila K est une enfant intelligente dont les sens sont en éveils, ses éducateurs s'en apercoivent très vite. Le premier lui apprend à vivre en affirmant sa différence, en développant sa personnalité et lui donne des pistes pour retrouver sa mère.  le deuxième éducateur va lui apprendre à vivre dans ce monde en cachant ses idées et ses intuitions à déjouer les contrôles. Peu à peu, Lila K a des souvenirs qui lui reviennent, mais ne se souvient pas que sa mère la martyrisait. Pour la retrouver et découvrir la vérité, Lila K décide donc de mener sa propre enquête qui la mènera à s'introduire dans la "zone" qui est son lieu de naissance. «La zone» un lieu de non-droit, qui fonctionne à l'opposé de « intra-muros ».

Ce que j'ai vraiment aimé dans ce livre :

En transposant cette histoire dans cent ans, Blandine Le Callet  nous emmène à réfléchir sur notre société et ses possibles dérives totalitaires. L'histoire de Lila K raconte aussi l'histoire d'une manipulation.  Sa quête de la vérité  va l'amener à découvrir comment un évènement selon la manière dont il est traité et analysé peut  changer de réalité.  C'est ainsi que Lila K découvre une vérité bien différente de celle donnée par les médias.

La personnalité hors du commun de Lila K m'a fait penser à la troublante Lisbeth Salender, l'héroïne de Millénium.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 23:27

Fred Vargas

 

Edition Viviane Hamy : 2011 / 4226 pages.

 

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J'ai retardé un peu la fin de ma lecture, tellement j'ai eu du plaisir à lire ce roman. Je n'avais pas envie de quitter la fine équipe du commissaire Adamsberg et tous les personnages qui sillonnent cette histoire.

Fred Vargas est étonnante, d'abord parce qu'elle sait nous raconter des histoires à dormir debout, avec des personnages complètement loufoques ou frapadingues, en y entremêlant de vieilles légendes oubliées, et puis aussi parce que son style est bien à elle, et ses romans policiers inimitables.

Je ne vais pas dévoiler l'histoire, je vais juste vous dire que cette fois-ci, il est question d'une femme étouffée par de la mie de pain, d'un pigeon dont on a entravé les pattes afin qu'il meurt lentement, et puis d'un homme tué dans les bois d'Ordebec et dont la mort mystérieuse a été décidée par l'armée furieuse : "la Mesnie d'Hellequin" mais aussi d'une histoire d'amour impossible, d'un chien surdoué et de tout plein d'autres rencontres incroyables.

Si vous lisez ce roman, vous serez tout sur cette armée qui passe par un chemin appelé «Grimlingweg ».

« Cette Chasse sauvage est connue de tout l'occident, elle fait partie de la mémoire archaïque européenne. On la représente sous la forme d'une armée de morts, ou un cortège de revenants, à la tête de laquelle se trouvent différents personnages mythiques comme Hellequin, Odin Charlemagne ou Arthur.

Cette troupe de guerriers célestes et nocturnes fait partie de la plus vieille mythologie européenne. On a fait de ces chasseurs imaginaires des revenants qui traversent le ciel certaines nuit en hurlant au son d'étranges musiques, et malheur à celui qui les croise. » Extrait du site :  les portes du sidh 

Si vous lisez ce roman vous serez aussi ce que veut dire : drannoc.

Un roman policier haletant mais mené avec le calme et la détermination du commissaire Adamsberg, entouré de son équipe de choc, la plus atypique et sympathique de toutes les brigades de police !

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 09:21

Ouragan 1

 

 

coeur-20_9_.gifEdition Actes Sud : 2010 / 188 pages

 

Je travaille dans une bibliothèque, facile pour savoir si un livre plait ou pas. Les critiques autour de ce roman sont devenues de plus en plus élogieuses. Ouragan est un roman qui est emprunté régulièrement sans avoir à le conseiller.  Je n'avais pas envie de le lire n'étant pas convaincue par le thème du livre qui collait à mon goût un peu trop à l'actualité : l'ouragan Katrina qui a frappé le Nouvelle-Orléans le 29 août 2005 et a fait officiellement 1 836 morts.

Et puis ma curiosité l'a emportée. J'avais lu "le roi Tsongor' et "le soleil des Scorta"  et je sais depuis que Laurent Gaudé est un grand écrivain. 

Après la lecture d' Ouragan, je pense qu'il est un de nos meilleurs écrivains contemporains français.

Le roman commence ainsi :

Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit : "Ça sent la chienne." Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train.(Extrait de Ouragna p. 11)

Sous la plume de Laurent Gaudé ce cataclysme devient un roman mythique. Rose, le petit Byron, Joséphine Linc, Buckeley, Keanu Burns.....Tous ces personnages vont nous conduire au cœur du cyclone,  où toutes les lois sont transgressées, où la nature reprend sa place et les alligators deviennent  les maîtres des lieux.   

L'ouragan va se mêler intimement à leur vie et devenir un puissant catalyseur pour leur donner la force d'accomplir leur destin et les transformer en héros de légende.

Un artiste a le pouvoir de transcender la réalité pour nous en transmettre toute l'essence, toute la puissance. Laurent Gaudé a su nous décrire ce cataclysme dans toute sa force et son  horreur, mais à sa manière avec la littérature.

Un immense roman. ouragan.jpg

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 23:01

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Le message

 

Andrée Chedid  / Edition Flammarion : collection étonnants classiques

 

Avec cette nouvelle séance, le Blogoclub rend hommage à Andrée Chédid récemment disparue. Chacun(e) choisit un titre, ce qui a l'avantage de présenter son œuvre. J'ai opté pour ce roman que je ne connaissais pas, car cette  collection qui s'adresse plutôt aux collégiens et aux lycéens propose un dossier pédagogique qui approfondit le thème et l’œuvre de l'écrivaine.

J'ai ralenti ma lecture et lu d'une façon plus "scolaire" et j'avoue que je n'aurais peut-être pas pris le temps de réfléchir à tous les points mentionnés dans le dossier.

La guerre est le thème de ce livre. le pays pourrait être les conflits de l'ex-Yougoslavie entre 1991-2001. Il ne faut pas oublier que cette guerre est la plus meurtrière en Europe depuis la seconde guerre mondiale.(trois cent mille morts et un million de déplacés. Notes du livre).

 

Le roman commence tragiquement. Dans un pays en guerre, une jeune femme marche à grands pas. Son unique but est de rejoindre l'homme qu'elle aime pour se réconcilier avec lui après une de leurs innombrables disputes. Ce rendez-vous est important, leur avenir ensemble est en jeu. Le jeune homme repartira pour toujours si elle ne vient pas. Une balle tirée par un franc-tireur  traverse l'épaule de la jeune femme et l'empêche de poursuivre sa route.

Ce roman est construit à la manière d'une tragédie grecque, l'héroïne du roman est frappée par le destin et va lutter jusqu'à la fin pour sauver son amour. 

L'angoisse de la jeune femme dans l'impossibilité de se rendre à son rendez-vous se mêle à celle de la ville en guerre. Un couple va l'aider, la femme va tenter de porter le message au jeune homme qui attend. L’hôpital est détruit et l'ambulance tarde à venir, dans cet univers cauchemardesque, l'émotion gagne en puissance, mais l'amour sera t-il plus fort que la guerre ?

En opposant ce couple d'amoureux qui symbolise la vie et la guerre qui représente la mort, Andrée Chédid démontre avec beaucoup de finesse toute l'horreur de la guerre.

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Andrée Chédid est née en 1920 au Caire. Des l'âge de dix-huit ans, elle écrit des articles destinés à la presse et compose des poèmes. En 1942, elle part vivre au Liban avec son mari qui l'encourage à écrire. En 1946, elle s'installe définitivement à Paris. Naturalisée française, elle est devenue l'une des grandes figures de la littérature contemporaine française.

Pour lire d'autres articles sur l'oeuvre d'Andrée Chédid le site de Sylire, l'organisatrice de ce Blogoclub Ici



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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 23:09

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Martin Provost : Edition Phébus - 2010 / 124  pages 

 

J'aime particulièrement Martin Provost comme réalisateur, mais je ne savais pas du tout qu'il était aussi écrivain. En effet, Il a déjà écrit 2 romans : "Aime-moi vite" chez Flammarion en 1992, "Léger, humain, pardonnable" chez Seuil en 2007, et 1 roman pour la jeunesse : "la rousse péteuse" chez Gallimard en 2009. Bifteck est  sorti pendant la rentrée littéraire de septembre 2010.

Ma curiosité est satisfaite et j'ai beaucoup aimé ce roman !

 

 Bifteck, c'est l'histoire d' André, un jeune boucher breton qui porte en lui le savoir de plusieurs générations. Dans cette famille, ils sont bouchers de père en fils, au point que le premier mot qu'a balbutié André n'est pas papa ou maman mais Bifteck !

André a son métier dans le sang, on dit même qu'il fait chanter sa viande ! Mais il a une autre qualité, c'est un amant tout aussi doué pour s'occuper de la chair féminine qu'il fait chanter sous ses doigts. C'est la guerre, les hommes sont au front.  Pendant ce temps, André partage son temps entre son métier et ses innombrables aventures féminines ! 

Le jour où sept berceaux vont être déposés devant le perron de la boucherie, la douce vie d'André prend fin. Enfants illégitimes, maris trompés, la colère gronde dans le village.  André décide de quitter sa Bretagne avec ses sept enfants. Il achète un bateau et s'enfuit vers l' Amérique......

Cette histoire est racontée à la manière d'un conte, avec beaucoup de finesse et d'humour. L'aventure d'André est une  épopée fantasque, farfelue et très drôle. La morale de cette histoire s'il y en a une, c'est que  ces sept enfants ont  pu choisir un autre destin  que celui imposé par la famille. A la différence du conte du petit Poucet, André n'est pas un ogre mais un père aimant qui laisse à ses enfants le choix d'inventer une autre manière de vivre leur vie à la lumière de l'héritage familial.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 23:02

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Edtion Nil : collection Les Affranchis: 2011 / 77 pages 

 

«Les Affranchis» est la toute nouvelle collection des éditions Nil.

 

Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir.

Écrire une lettre, une seule, c'est s'offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection « Les affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite. » Les éditions Nil

 

C'est Annie Ernaux qui inaugure cette collection en écrivant à sa sœur morte avant sa naissance.

L'existence de sa sœur était un secret quelque peu dévoilé par une cousine mais Annie Ernaux trop jeune n'en avait rien retenu. Elle se souvient juste de faits troublants venus perturber son enfance. Inconsciemment elle savait, elle ressentait une présence mystérieuse qui vivait au sein de leur famille.

Annie Ernaux se libère de ce secret à sa sœur. Elle lui confie qu'elle a appris son existence par hasard, quand elle avait dix ans. Leur mère révèle à une voisine qu'elle préférait sa fille morte à elle « la vivante ». Un véritable électrochoc pour l'enfant qui écoute en cachette. L'incroyable c'est qu' Annie Ernaux va faire comme ses parents et garder le secret, même elle en portera deux : celui de ses parents et celui de leur avoir cacher qu'elle savait.

Annie Ernaux est devenue écrivaine et dévoile à sa sœur la raison de son besoin d'écrire «Je n'écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j'écrive, ça fait une grande différence ».

Cette lettre est poignante, vibrante d'émotions. C'est le regard d'une petite fille qui a été la victime silencieuse d'un non-dit, et qui ne pourra jamais s'en délivrer. Ses parents emmèneront leur secret dans leur tombe et ils ne sauront jamais que leur fille savait.

La petite fille devenue écrivaine pourra rompre ce terrible pacte en le transformant en mots.

La première lettre de cette nouvelle collection est une réussite. Annie Ernaux a transformé cette consigne d'écriture difficile en un texte magnifique et plein de délicatesse. Un bel hommage à sa soeur disparue.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 23:16

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 Edition Les Alusifs / 2010 : 64 pages 

Un matin, une bibliothécaire trouve un lecteur qui s'est laissé enfermer dans les locaux. Après quelques instants de stupéfaction, elle décide de le garder auprès d'elle jusqu'à l'ouverture au public. C'est presque une prise d'otage, car le jeune homme va devoir écouter les confessions de cette employée dépressive qui va lui  raconter sa triste vie de bibliothécaire frustrée ! Tout y passe, les collègues, les architectes, les lecteurs, les écrivains, les éditeurs, les livres, le système de classement, la rentrée littéraire......

Alors d'abord ce métier :  comment le choisit-on ? Comment devient-on bibliothécaire ? Et bien pour elle, c'est par défaut !!

J'aime mon métier. Bon je l'avoue, quand j'ai commencé mes études, je voulais être professeur mais j'a raté le concours. Maintenant, je suis là, ouvrière spécialisée, rangeuse de livres, petite main bip bip.....Je ne suis rien, rien du tout. (extrait de la page 18)

Cette bibliothécaire aime passionnément  l'histoire mais sa grande frustration c'est d'être responsable du rayon géographie !  Elle ne peut donc s'empêcher tout en critiquant ses collègues du rayon histoire, de  rappeler à son visiteur, l'histoire des bibliothèques, leur création et leur évolution. La révolution française qui a eu l'ambition de faire des bibliothèques publiques. Napoléon qui n'a jamais eu l'intention d'éduquer le peuple. La guerre de 14-18 qui a retardé le projet. Il a  fallu attendre la fin de la guerre de 39-45 et la venue des américains pour se rendre compte de notre retard dans la construction des bibliothèques. 

Une bibliothécaire frustrée, aigrie et isolée dans son sous-sol à un regard forcément très négatif sur son métier mais je suis quand même d'accord avec beaucoup d'analyses comme celle-ci  :

(...) le pire, ce sont les livres-express, les livres d'actualité : sitôt commandés, sitôt écrits, sitôt imprimés, sitôt télévisés, sitôt achetés, sitôt retirés, sitôt pilonnés. les éditeurs devraient inscrire à côté la date de péremption, puisque ce sont des produits de consommation. (extrait de la page 39p.

 

Mon humble avis ! Je travaille dans une bibliothécaire alors forcément ce roman m'a interpellée, du coup  je l'ai lu deux fois !  Je suis assez d'accord avec les analyses faites dans ce roman, les réflexions, l'évolution de ce métier qui sont très justes, mais dans cette histoire, la bibliothécaire est un peu névrosée, du coup elle ne voit que les aspects négatifs  alors qu'il y a aussi beaucoup de positif dans ce métier et heureusement !

Ce roman parle des bibliothécaires mais tous les métiers ont leur revers de la médaille, avec dans chaque entreprise son petit lot d' employés aigris, négatifs, dépressifs, frustrés.....

J'ai beaucoup aimé le style incisif et l'humour  de ce roman qui offre aussi un regard intéressant sur notre consommation de "produits culturels".

Ce livre est le premier roman de l'auteur, un  roman très prometteur, une écrivaine à suivre.

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 00:00

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Je commence mon Challenge George Sand  organisé par George. 

 

 

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Actes Sud : collection Babel / 2005 : 371 pages

 

Nanon est un des derniers romans majeurs de George Sand, mais on parle malgré tout de ce livre comme d'un roman champêtre, bucolique. En effet, les héros de ce roman sont travailleurs, gentils et pleins de bons sentiments, et sont ainsi récompensés par une vie belle et prospère. Mais c'est aussi un roman dont l'analyse du contexte socio-économique de cette époque est très fine, plutôt novatrice. Un véritable roman révolutionnaire écrit par une femme d'origine noble de surcroit !

 

A la fin de sa vie, une vieille dame entreprend d'écrire ses mémoires afin de laisser à ses enfants et petits-enfants, les souvenirs de leur grand-père et d'une époque qui a bouleversé la France « la Révolution Française ».

Cette grand-mère s'appelait Nanon, orpheline à cinq ans, elle a été recueillie par son grand-oncle qui avait déjà la charge de ses petits fils. Nanon reçoit l'éducation bienveillante de ce vieil homme, elle grandit heureuse entourée de sa famille et des gens du village. C'est une fillette plein d'entrain et à l'intelligence pétillante, mais ce qu'elle ne sait pas encore c'est qu'un destin exceptionnel l'attend. En effet, Nanon va avoir une vie dont aucune petite paysanne de l'époque peut imaginer. Et c'est un mouton qui va décider de ce destin hors du commun !

Son grand-oncle achète une brebis à sa nièce pour l'habituer à avoir des responsabilités et pour lui apprendre le métier de bergère. Nanon prend sa nouvelle tache à cœur et la brebis Rosette devient son occupation principale.

Un été de grande sècheresse Rosette échappe à la garde de sa bergère et s'introduit dans le pré du moutier de Valcreux, la propriété des moines. Et c'est ainsi que Nanon fait la connaissance d'un jeune novice « Frère Emilien ». Ce jeune homme appartient à une famille noble, il raconte son histoire à Nanon.

  • Mes parents sont très riches ; mais nous sommes trois enfants, et, comme ils ne veulent pas diviser leur fortune, ils la gardent pour le fils aîné. Ma sœur et moi, nous n’aurons qu’une part une fois faite, pour entrer chacun dans un couvent. (extrait de : Nanon)

La rencontre entre les deux enfants va être plutôt bénéfique, ils vont devenir amis, se compléter en découvrant en chacun le positif que leur a inculquer leur milieu. Ainsi Nanon va apprendre à lire, Emilien va apprendre à donner un vrai sens à sa vie. Il va quitter le noviciat imposé par ses parents et se désengager de sa famille qui va de toute manière être disloquée par les bouleversements de la révolution française.

George Sand profite de ce roman pour expliquer la révolution Française vécue dans les campagnes françaises, elle donne son opinion sur l'église, l'aristocratie, et fait  aussi une violente critique de la commune et de la terreur.

Dans ce roman, George Sand dévoile ses idées, sa façon de penser, on peut voir à quel point elle était en avance sur son époque. J'ai moins aimé le style de ce livre qui se rapproche trop des romans régionalistes actuels.

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Chez George Sand6

Avec les beaux jours, n'hésitez pas à venir flaner dans le magnifique domaine de George Sand à Nohant.

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 22:59

 

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Edition Gallimard : collection Folio / édition 2009 et 2010 - 506 pages

 

Je remercie les éditions Gallimard pour l'envoi de ce livre

Un petit mot sur l'auteur :

Richard  Millet est un écrivain français natif de la Corrèze. Il a écrit environ une cinquantaine d'ouvrages, pourtant il est très peu connu du grand public. En effet, cet auteur se démarque de la génération des écrivains contemporains par une attitude très en retrait et très critique de la littérature actuelle et de la culture moderne en général qu'il trouve très médiocre.

Un point de vue qui se défend, puisque Richard Millet puise ses références littéraires uniquement auprès des grands écrivains français qui vont de Bossuet à Claude Simon.

C'est le deuxième roman que je lis de cet écrivain. En lisant La confession négative,  j'ai été tout aussi subjuguée qu'après la lecture de la gloire des Pythre. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir cette maîtrise de l'écriture, ce style tranchant et surtout cette vision de la vie, ce réalisme qui ne laisse pas beaucoup de place à la beauté du monde et une analyse des êtres humains taillée au scalpel. On imagine que chaque mot, chaque phrase, ont été travaillées longuement avant d'être couchées définitivement sur le papier.

La confession négative n'est pas un roman mais un récit.

Le récit d'un homme qui va partir à la guerre uniquement pour être en harmonie avec sa passion de la littérature.

Incroyable ! et pourtant c'est ce que nous explique Richard Millet dans ce récit, dont il est le héros et la littérature sa raison d'agir.  

Avant de vivre cette aventure, Richard Millet explique qu'il y a d'abord eu les lectures de l'enfance souvent volées aux heures de sommeil. C'est là, au cœur de la nuit faiblement éclairée par une bougie que les livres déterminent sa vie future.

A l'âge de vingt-deux ans Richard Millet décide de partir au Liban : « Le voyage en Orient » de Gérard de Nerval va faire de Beyrouth sa destination littéraire.

Mais il y part avec un but précis : devenir écrivain. C'est pour cela qu'il veut faire la guerre.

Car dit-il : "oui la guerre seule peut donner à l'écrivain sa vérité. Sans elle, que seraient Jünger, Hemingway, Faulkner, Céline, Drieu La Rochelle, Malaparte, Soljenistine, Claude Simon, pour ne pas parler d'Homère ? "(Extrait de la confession négative page 26) 

Faire la guerre, tuer pour mieux servir l'écriture : étrange confession que l'auteur nous livre avec beaucoup de réalisme, de finesse et d'intelligence tout au long de ces 500 pages, mais aussi avec une certaine froideur car il écrit  : 

Je n'aimais pas davantage mon prochain, sauf sous une forme littéraire, et ne le supportais qu'en me disant qu'il pourrait nourrir un jour mes écrits. (Extrait de la confession négative page 21)

Richard Millet s'engage auprès des forces phalangistes chrétiennes, ainsi il se confie une fois de plus, car ce choix n'est pas anodin. Si cette guerre est pour lui un moyen de mieux servir la littérature, le choix de son camp est déterminé par ses idées qui l'emmènent envers et contre tout à faire un choix politique.

En effet de 1975 à 1976, le Liban fut le théâtre d'une guerre dévastatrice entre des forces opposées sur son propre territoire. Des enjeux extrêmement complexes « pour les non initiés comme moi mais qui a puisé des informations sur le net et dans l'encyclopédie Larousse !! » Alors  pour faire court, cette guerre a opposé  les phalangistes chrétiens (chrétiens maronites) plutôt pro-israéliens contre les musulmans libanais (sunnites, chiites et druzes) alliés aux palestiniens.  

Ce récit est foisonnant d'idées, de réflexions, mais aussi d'images de la guerre, car Richard Millet ne nous épargne rien de l'horreur au quotidien d'un pays en conflit. A la fin de la guerre, « le grammairien » comme l'appelait ses camarades est reparti dans ses terres limousines pour devenir écrivain. Vivre une telle expérience, c'est aller au bout de soi-même, au bout de ses convictions. C'est peut-être là que l'on puise l'essence même de la création. Est-ce le message que veut nous transmettre Richard Millet en nous livrant cette « confession négative » ?

Un récit qui fait réfléchir, qui remue, qui dérange. Cette lecture me donne envie de lire aussi "Voyage en Orient" de Gérard de Nerval.   voyage-en-orient couv

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