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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 08:20


                                                              

  Zoya Pirza 
Edition Zulma - 2008 : 136 pages



Elle a gardé sa langue et sauvé sa culture
Elle sest accrochée, pour sortir de la nuit
Mille fois ravagée elle renaissait pure
Pour tout recommencer, belle et tendre Arménie.
Charles Aznavour


A travers trois  périodes  importantes de la vie d’Edmond : l’enfance, l’âge adulte et la maturité, l’auteur  nous présente le  quotidien d'une famille arménienne.

Dans le premier chapitre « les noyaux de griottes » Edmond nous raconte son enfance  dans un petit village près de  la mer caspienne dans sa maison mitoyenne avec l’église et l’école.

Cette enfance pourrait être banale mais il faudrait pour cela occulter l’histoire du peuple arménien qui a comme le peuple juif, une page d’histoire très lourde a porté  avec  « le génocide arménien survenu en 1915 à Constantinople ». Cette enfance est imprégnée  de rituels religieux avec ses réunions familiales et ses spécialités culinaires qui nous donnent l'eau à la bouche tant ces mets sont exotiques ! Et puis le folklore  bien spécifique à chaque fête religieuse  qui semble donner beaucoup de gaîeté à ces coutumes ancestrales. Mais cette famille a aussi ses lois, ses règles, ses valeurs....... ce qui explique la difficile cohabitation entre arméniens et musulmans, et empêche Edmond et la petite Tahéreh de vivre leur amitié sereinement.  Pour les parents d’Edmond, Tahéreh n’est pas fréquentable, elle est  musulmane, et c’est  la fille du concierge de l’école ! Pourtant Tahéreh  est la meilleure élève de la classe et elle est  surtout très  tolérante, et dit : « A l’école et à l’église, je mets la croix, pour la prière je porte un « Allah ». Edmond et Tahéreh sont des enfants victimes de la douloureuse histoire de leur pays.

Dans le 2ème chapitre « les coquillages » On retrouve Edmond à l’âge adulte.  Il est directeur d’une école  à Téhéran, marié et père de famille. La cohabitation entre arméniens et musulmans est  toujours tendue, et malgré des envies de modernité, les mariages mixtes sont toujours interdits, et ceux qui franchissent malgré tout le pas vivent de véritables drames,   Les femmes sont encore sous le joug implacable de la famille.

L’exemple de Danik qui travaille avec Edmond et révélateur du problème, elle a voulu braver les interdits et en a payé le prix.

(…) elle est tombée amoureuse de son voisin musulman. Sans tenir compte des protestations de sa famille, elle leur a annoncé qu’elle avait l’intention d’épouser le garçon(…) sa mère est tombée malade de honte. (…)L’honneur d’une femme, dit celle-ci, c’est de se soumettre aux volontés de son père jusqu’à son mariage, et une fois tenue par les liens sacrés du mariage, d’obéir à son mari c’est pour nous une coutume millénaire. (Extrait de Un jour avant Pâques p.111)

On lui a absolument tout fait ! On l’a battue ! Le prêtre l’a excommunié en pleine église. Les petits comme les grands lui on craché au visage dans la rue. (Extrait de Un jour avant Pâques p.111)

Dans le 3ème chapitre « les pensées blanches », de longues années se sont passées, Edmond a perdu sa femme et ne voit plus sa fille qui n’a pas  voulu se marier avec un arménien. Il est triste, et a vraiment du mal à assumer sa charge de directeur d’école, il  se repose entièrement sur Danik qui est devenue un peu comme une amie intime.

Ce roman a de larges ellipses temporelles qui forcent le lecteur à s’interroger sur certains personnages ou certaines situations  qui sont abandonnés sans aucun dénouement, comme  par exemple Tahéreh qui est un des personnages principaux du 1er chapitre et dont on ne sait plus rien par la suite. C’est un peu dommage car ce roman est vraiment intéressant et aurait  mérité une bonne centaine de pages de plus. 

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