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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 07:36

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Toute une Histoire

Hanan El-Cheikh

récit traduit de l'arabe (Liban) par Stépahanie Dujols

Actes Sud 2010 / 330 pages

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Hanan, El-Cheikh est une écrivaine libanaise qui a déjà écrit plusieurs livres avant de publier « toute une histoire » qui est le récit de la vie de Kamleh, sa mère analphabète.

Hanan El-Cheikh a cédé à la pression de sa mère qui lui reprochait de ne pas écrire sur les femmes de sa condition.

(…) « Pourquoi tu ne t'intéresses pas plutôt à celles que l'on traite comme si elles n'étaient pas au rang de l'humanité parce qu'elles ont eu le malheur de naître fille ? Tu n'as pas besoin d'aller chercher bien loin : tu en as une là, devant toi ! Qu'est-ce que tu attend pour m'interviewer ? Je te raconterais comment mon père m'a vendue pour dix pièces d'or, comment on m'a forcée à épouser ton père à quatorze ans et comment on m'a fiancée à onze... » (Extrait de la page 20 ) 

La petite Kamleh est née en 1925 au sud du Liban dans une famille Shiite.  Elle va découvrir l'injustice d'être une fille auprès de sa mère qui fut répudiée par son mari. Au Liban, à cette époque, les femmes n'ont pas d'existence sociale sans un mari et des enfants. Condamnée comme sa mère et  trop pauvre pour aller à l'école, Kamleh va devoir faire les travaux les plus durs tel « un âne de somme » comme elle disait. L'année de ses quatorze ans, le pire des cauchemars arrive dans la vie de l'enfant. A son insu, Kamleh a été fiancée à onze ans. Son père l'a vendue à son oncle pour quelques pièces d'or. Malgré son opposition, ses pleurs, ses stratagèmes, Kamleh ne pourra pas s'opposer à la décision de sa famille. 

Comment peut-on grandir, évoluer, quand on n'a reçu aucune instruction, que l'on subit un viol officialisé par le mariage à l'âge de quatorze ans, et que l'on devient une mère-enfant  à quinze ans ?

Kamleh a une forte personnalité et un caractère très enjoué ce qui lui ont permis de lutter et de refuser de vivre selon les codes de la société libanaise de l'époque. Elle n'arrive pas à tenir le rôle qu'on lui impose. On l'a dit frivole et paresseuse parce que les travaux réservés aux femmes l'ennuient. Dès qu'elle le peut et malgré les remarques voir les menaces de sa famille, Kamleh se rend au cinéma qui va être une véritable ouverture sur le monde et une échappatoire à son quotidien, à son ennui. Les films vont éveiller son imaginaire. Elle qui n'a pas la possibilité de lire, d'étudier alors qu'elle a une soif d'apprendre et de vivre des expériences, le cinéma va lui permettre de réfléchir à sa vie et d'envisager une autre existence.

Kamleh va aussi vouloir vivre librement son histoire d'amour avec l'homme qu'elle aime.  Pour cela, elle va transgresser les lois de son pays en répudiant son mari ! Le divorce prononcé, Kamleh  va pouvoir vivre  enfin avec l'homme qu'elle aime, qu'elle a choisi. Mais l'amour et les enfants qui naîtront de cette union ne suffiront pas à rendre Kamleh heureuse. Son rôle de femme au foyer l'ennuie toujours autant. Son mari va lui faire les mêmes reproches  que son ex-mari. Son analphabétisme est un handicap, une prison qui l'empêche de vivre d'une façon pleine et épanouie, d'être complètement affranchie du dictat des hommes.

Comment choisir sa vie dans un pays où les femmes sont condamnées à une seule et unique existence « le mariage et les enfants » ? Où les hommes décident pour les femmes, les surveillent, les corrigent, les enferment  sous un voile et dans leurs maisons ?

La vie de Kamleh soumise à la loi des hommes : c'était au siècle dernier.  Malheureusement,  c'est encore trop  souvent celle menée par beaucoup de femmes dans certains pays. 

J'ai vraiment adoré ce livre, c'est un énorme coup de cœur. J'ai  apprécié l'écriture et le style de Hanan El-Cheick qui  nous livre le récit de la vie de sa mère sans misérabilisme aucun. Kamleh était une femme vive, intelligente avec beaucoup d'humour ce qui rend cette histoire truculente et très plaisante à lire, malgré la  gravité des thèmes   abordés.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:42

La preuve par le miel

  Edition 2008 : 177 pages

paru en 2010 en collection de poche aux éditions Pocket

 

La poétesse syrienne Salma Al Neim est une femme libre de corps et d’esprit, ce qui fait de son livre un mélange savoureux de liberté de pensées, d’érotisme et d’intelligence.  Il parait que ce roman a créé l’évènement dans le monde arabe !

 

« Très tôt, j’ai su quel chemin serait le mien, à quel jeu je jouerais. Ce jeu m’amuse, il compose une part de ma vie secrète. Personne ne peut se dire l’organisateur de mes libertés. Ma vie est mienne, et mes secrets aussi. »

«  Je ne cache pas mes idées, surtout celles qui choquent. Je ne tais que mes actes. »

« Je me suis entraînée à cacher aux amants l’amour de l’époux, je l’ai appris de Marguerite Duras. Cacher à l’époux l’amour des amants, je l’ai appris de toutes les femmes. » (Extrait de la preuve par le miel)

 

Salma Al Neim nous raconte ses expériences érotiques mais aussi, ses réflexions et ses interrogations sur la sexualité féminine, et ses très intéressantes discussions avec son amant préféré qu’elle nomme « le Penseur ».

Travaillant dans de grandes bibliothèques, la découverte et la lecture d'une littérature érotique arabe lui a été facilité. Ce patrimoine littéraire jusqu'à présent occulté a même fait l'objet de conférences menées par Salma Al Neim.

 

« Mes lectures secrètes me donnent à penser que les arabes sont le seul peuple du monde pour lequel le sexe est une grâce dont il faut remercier Dieu »

« Les œuvres érotiques arabes sont une part de mon univers. De mon imaginaire. De ma vie sexuelle. Avant le Penseur, avec lui, après lui. Dans ce tissu d’expériences croisées, il est impossible de défaire le moindre fil. L’enchevêtrement est  organique. Oui organique. Quel autre mot employer.(Extrait de la preuve par le miel)

 

N’hésitez pas à lire ce livre : c’est un véritable hymne aux femmes, un souffle d'air pur, un vent frais printanier qui réveille et qui fait du bien par ces mauvais temps qui courts !!

 

Salwa-Al-Neimi_200.jpgPetite biographie de Salwa Al Neimi :

Poétesse syrienne, Salwa Al Neimi vit à Paris depuis de nombreuses années.
Après des études de littérature arabe et de théâtre, elle a travaillé comme journaliste culturelle. Un choix de ses poèmes, traduits par elle-même, a paru en français sous le titre Mes ancêtres les assassins (Paris-Méditerranée, 2003). Elle a aussi écrit un recueil de nouvelles, Le Livre des secrets, et un recueil d'entretiens littéraires intitulé J'ai participé à la supercherie.

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