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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 10:35

le ventre de l'atlantique

Fatou Diomé : Edition anne carrière / 2003 : 295 pages 

 

"Le ventre de l'Atlantique" est le premier roman publié par Fatou Diomé. Le thème en est l'Afrique comme son dernier paru pendant la rentrée littéraire 2010 « celles qui attendent ».

 

Le cadre est aussi le même, l'île de Niodor au sud-ouest du Sénégal qui est le lieu de naissance de l'auteur.

 Dans ce pays, si les coutumes ancestrales semblent immuables, la pauvreté transforme peu à peu la vie quotidienne des habitants, surtout depuis que la télévision a fait irruption dans les  foyers de ceux qui ont choisi l'émigration, et reviennent avec un peu d'argent, ce qui permet de les croire riches. Devant le poste de télévision, la misère de l'Afrique s'oppose à la richesse de l'occident grâce à de simples images de publicité. « Les glaces, ces enfants n'en connaissent que les images. Elles restent pour eux une nourriture virtuelle, consommée uniquement là-bas, de l'autre coté de l'Atlantique, dans ce paradis, où ce petit charnu de la publicité a eu raison de naître » extrait de la page 21.

L'Europe devient en quelques annonces publicitaires, l'unique possibilité de sortir de la misère.

Pourquoi les émigrés, une fois revenus dans leur pays, ne disent-ils pas la vérité sur leur condition de vie en Europe : les foyers Sonacotra, la misère, le racisme, la solitude, le climat....

Un pays est-il en perdition lorsqu'il n'est plus capable d'éduquer ses enfants, de les protéger en leur expliquant la réalité des choses ? Ce sont des questions que l'on peut se poser en refermant ce livre.

Ce roman nous montre une Afrique manipulée par l'occident et qui devient manipulatrice par réaction. L'argent est devenu l'unique ascenseur social qui apporte à lui seul le pouvoir absolu. Alors qu'importe la manière de gagner de l'argent. Les menteurs et les hypocrites répandent la bonne parole, on les écoute, on les vénère : Il y a les immigrés qui rentrent de France et qui racontent que ce pays est un Eldorado, il y a les marabouts qui s'enrichissent en faisant croire que grâce à leur pouvoir, ils vont transformer la pauvreté en richesse, il y a les parents qui organisent en douce le mariage de leurs filles selon de savants calculs basés uniquement sur les gains que vont leur rapporter ces transactions, il y a les prospecteurs de joueurs de football qui proposent un avenir de dieu du stade à des adolescents rêveurs........

Dans ce monde de manipulateurs, il y a bien sur les innocents, ceux qui se laissent prendre dans les filets du mensonge et deviennent les victimes des ces horribles trafics. La fuite ou pire le suicide deviennent alors les seuls échappatoires.  

L'Afrique est en perdition : c'est ce que nos analystes en géopolitique nous expliquent d'une façon rationnelle. "Le ventre de l'Atlantique" y rajoute de l'émotion en nous racontant ce désastre au cœur même des africains. Ce roman en parti autobiographique est un cri de désespoir devant autant d'irresponsabilités de part et d'autre de la mer.

Mon humble avis :

J'ai beaucoup aimé ce roman parce que Fatou Diomé a voulu nous donner un regard  objectif de la situation de l'Afrique. Elle n'excuse pas, mais n'accuse pas non plus son pays. A travers différents portraits d'hommes et de femmes, elle raconte l'Afrique telle qu'elle est actuellement. 

Alors lequel de ces deux romans j'ai préféré ?

Les critiques les plus positives sont plutôt pour "le ventre de l'Atlantique" et bien moi sans aucune hésitation,  j'ai vraiment préféré "Celles qui attendent". Je le trouve beaucoup plus abouti, j'ai vraiment  apprécié les personnages dont la construction de chaque personnalité est finnement élaborée,  le style aussi est devenu plus épuré. De plus, Je trouve que l'emploi des périphrases est un peu excessif dans "le ventre de l'atlantique" elles ont tendance à alourdir le style.

Pour en savoir plus sur Fatou Diomé vous pouvez consuler sa biographie sur Wikipédia

Fatou Diomé-copie-1

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 23:17

Fatou Diomé

Edition Flammarion : 2010 / 329 pages 

 

« Celles qui attendent » est un roman sur l'Afrique moderne. Cette Afrique dont on voit la pauvreté se déverser sur nos côtes à bord de bateaux de fortune. Avec les images à la télévision, les articles dans les journaux, les analyses politiques, on sait que l'Afrique est un continent massacré, pillé par les occidentaux.

Ce roman met en scène ces africains là, ceux qui ne peuvent plus vivre dans leur pays, la misère étant devenue l'unique perspective d'avenir. Il ne reste plus que l'exil comme solution de survie. C'est ainsi que les hommes s'en vont, risquent leurs vies pour un eldorado qui s'appelle l'Europe. En attendant dans les villages, la vie continue avec l'espoir que ceux qui sont partis, reviendront « riches ».  

« Celles qui attendent » racontent l'histoire de quatre femmes Arame et Bougna dont les fils sont partis pour l'Espagne et de leurs belles filles Coumba et Daba qui attendent au village le retour de leurs maris. Avec ces quatre portraits féminins Fatou Diomé nous emmène au cœur d'un village africain dont la vie est au antipode du modèle occidental mais dont les préoccupations quotidiennes ressemblent à celles de toutes les femmes du monde entier. Mais en plus ces femmes sont confrontés à la grande pauvreté et elles rivalisent d'astuces pour trouver de quoi manger, laver, vêtir tous les membres de leur famille. « Celles qui attendent » est surtout un livre sur la condition féminine en Afrique. Une existence de femme au service de sa famille, puis de son mari et de sa belle-famille.

« un grade militaire au niveau du labeur et un rang de serpillère au sein de la famille. Coumba devait travailler sans répit, obéir à la belle-mère comme au beau-père, supporter les beaux-frères et les belles-sœurs, satisfaire chacun de leurs caprices, sans jamais montrer un signe d'impatience ? » (extrait de la page 163p).

Un tuteur, il lui en fallait un, à l'époque et pour toujours, car on l'avait programmée pour la dépendance et la soumission. Son éducation avait toujours été centrée sur son obligation d'alignement aux diktats de la famille, du clan, du village. Dans ce système traditionaliste, jamais on n'avait laissé le moindre interstice à ses propres envies. Petit à petit, mais irrémédiablement, on avait dressé autour d'elle un mur de dogmes contre lequel sa volonté se fracassait et tombait en ruines. (extrait de la page 258).

Un roman magnifique à la fois sombre et lumineux. L’Afrique malgré ses graves problèmes économiques est un pays qui respire une certaine gaieté, et dont la langue est d'une richesse surprenante.

 

Les éditeurs devraient faire attention car les blogueurs lisent  !!!

J'ai regardé sur Internet des critiques sur ce livre et j'ai lu celle de "l'or des livres". J'ai trouvé remarquable sa qualité d'analyse et de franchise. Moi je n'ai rien vu ! sûrement happée par l'histoire ! Je n'ai donc pas relevé les fautes de conjugaison et d'orthographe qui n'ont pas été corrigées par l'éditeur. Quelques exemples cités par l'or des livres : il fallait augmentait (p.28) taules ondulées p.42..... Il faut lire sa critique pour se rendre compte que les blogs apportent un regard objectif sur les livres, il y a ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas et qui disent pourquoi., et ça c'est une réelle ouverture d'esprit.  A lire ICI   

De ce fait, il est difficile de rester sur cette lecture là, aussi je  commence la lecture de "le ventre de l'Atlantique" qui est parait-il beaucoup plus abouti que "celles qui attendent" pour me rendre compte de la différence de qualité de ces deux romans.  

 Fatou-Diome-copie-1.jpg

Fatou Diomé est née au Sénégal. Elle arrive en France en 1994 et vit depuis à Strasbourg. Elle est l'auteur d'un recueil de nouvelles La préférence nationale (2001) ainsi que de tois romans, le ventre de l'Atlantique (2003, Kétala (2006) et inasouvies, nos vies (2008). (extrait de la 4ème de couverture).

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