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A voir

 Théâtre Jean Arp - Clamart

LE GRAND CAHIER
D'après la trilogie d'Agota Kristof
Toda Via Teatro
Mise en scène Paula Giusti

Du Mardi au Samedi 21 novembre 2009
Réservations  : 01 41 90 17  02
www.theatreearp.com
Mairie de Clamart

Pour en savoir plus : Ici



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A lire pour le 1er janvier 2010
 


 

Club de lecture

Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 00:00



Union Générale d'Editions : collection 10/18 -190 pages, 1980 

Ce  roman écrit en 1946 commence par une très belle description  à l’aide de métaphores élaborées et judicieuses d’un des personnages du roman « Colin » qui est  en train de faire sa toilette. Chaque mot,  chaque phrase nous révèle les talents d’écrivain de Boris Vian, on pense s’installer dans un roman à l’écriture délicate et soignée mais très vite une phrase surprend, on la lit,  on la relit !! « Quelques comédons saillaient aux alentours des ailes du nez. En se voyant si laids dans le miroir grossissant, ils rentrèrent prestement sous la peau et, satisfait, Colin éteignit la lampe »  Boris Vian nous donne le ton de son roman très rapidement, il nous emmène dans un univers absurde et loufoque pour nous raconter l’histoire de Colin jeune homme riche et sans problème qui cherche l’amour. Ce roman est criblé de références culturelles, littéraires et musicales, certaines sont cachées sous forme de jeux de mots comme Jean-Sol Partre, Boris Vian passionné de jazz égrène au fil des pages sa passion pour cette musique, il n’y a plus qu’à noter et à écouter !! Mais il y a aussi ses convictions politiques qu’il nous livre en faisant par exemple de Chick l’ami de Colin un ingénieur qui gagnent moins que ses ouvriers ! Boris Vian a un univers imaginaire incroyablement riche qui lui permet de décrire le monde sans employer les mots de la réalité, comme de dire que c’est un nénuphar qui se loge peu à peu dans le poumon de Chloé la femme de Colin, et c’est cette fleur qui va donner fin à leur histoire d’amour, et l’envie de se suicider quand la vie devient insupportable est rendue par une souris qui vient se loger dans la gueule d’un chat. 

Dans ce roman les mots sont triturés, les expressions renversées, dans le monde de Boris Vian on peut trouver un homme à tête de pigeon, de l’engrais qui fait repousser le cuir, un « varlet » nettoyeur, Partre a écrit  « le paradoxe sur le dégueulis ». L’humour est à chaque page  mais Boris Vian en profite aussi pour faire une critique politico-sociale plutôt grinçante de son époque mais qui pourrait bien convenir à notre monde actuel !

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman,  je le conseille vraiment à tous ceux qui aiment l’humour, les jeux de mots, les contrepétries, mais surtout la qualité et la maitrise d’une écriture originale qui permet une lecture aisée du monde absurde où nous emmène Boris Vian.   


En 1959, un film est tiré de ce livre, Boris Vian désaprouve cette version et le 23 juin, meurt pendant la projection du film.  


Pour avoir d'autres avis et lire d'autres articles sur les romans de Boris Vian le blog de Sylire  

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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 23:58

 

 

Ce roman m’a plu à un niveau plutôt « technique » ! En effet, comme je travaille dans une bibliothèque j’ai été intéressée par le principe de cette bibliothèque itinérante.


En France ce sont les bibliothécaires des bibliothèques départementale de prêt qui vont  à bord des bibliobus porter des livres, des cd et des DVD  dans les endroits isolés, les villages, qui n’ont pas la chance de disposer de bibliothèques  bien approvisionner.  Au Québec, le  principe et un peu le même mais le règlement des emprunts semble plus souple, c’est un « chauffeur-bibliothécaire » qui va de village en village pour prêter les livres, il fait trois tournées par an mais à l’inverse des bibliothécaires françaises qui font leurs  tournées à la  journée, au Québec  le bibliothécaire part pour  plusieurs semaines, il vit dans le bibliobus et va à la rencontre des  chefs de réseaux qui empruntent des livres pour leurs villages mais il reçoit aussi les lecteurs solitaires qui viennent de leur propre initiative emprunter des  livres. Le fonctionnement de cette bibliothèque est original et j’ai vraiment apprécié cette organisation qui semble sans trop de contraintes et qui permet un réel échange avec  les lecteurs.

Par contre, l’histoire par elle-même m’a vraiment ennuyée, ce bibliothécaire nomade est un homme discret, passionné de livres, qui fait son métier avec beaucoup de tendresse pour les gens qu’ils rencontrent, il tombe amoureux de Marie qui fait partie d’une troupe d’artistes français qui visitent le Québec en jouant dans les villages qu’ils traversent. Le chauffeur va les suivre et leur faire visiter le Québec.

Cet homme est tellement gentil qu’il n’arrête pas de dire merci, il regarde à chaque fois si un chat n’est pas caché sous son camion avant de partir, il dit que c’est pas grave si on a oublié de ramener un livre, il dispose d’un coffret de manuscrits pour donner à ces textes une chance d’être lus, parfois il est triste parce que c’est sa dernière tournée car il a l’âge de la retraite……. Bref il est plein de bons sentiments et tous les gens qu’ils rencontrent on l’air de vivre sur cette même planète.

La construction du roman un peu comme un guide touristique  aurait pu être originale mais même les descriptions des paysages québécois ne m’ont vraiment pas transporté. Dans ce roman tout est tellement doux, tellement simple, il y a  un tel  manque d’intensité dans les rencontres, et les  échanges que cela donnent un caractère superficiel à cette histoire. 

A lire beaucoup d'autres commentaires chez Sylire

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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 18:48

J'ai fait une erreur de manipulation et j'ai effacé cet article, heureusement j'en avais gardé une copie, mais je n'ai plus les commentaires, je remercie tous ceux et celles qui sont venus lire et laisser un commentaire pour ce roman. 



Joyce carol Oates, un peu à la manière d’un jeu de construction, cube par cube, nous présente les membres de la famille Mulvaney. Un bien bel équilibre que cette famille un peu atypique, qui la rend formidablement originale et intéressante. Les parents ont su construire peu à peu des bases solides, et faire de leur maison,  une belle forteresse où le « clan Mulvaney » peut s’épanouir.  Que veut nous démontrer Joyce Carol Oates avec cette belle histoire ? Et bien tout simplement que toutes les constructions, même les plus solides, ne pourront pas protéger les  êtres qui y vivent, quand ils sont attaqués dans leur chair, quand on détruit leur amour, leur raison de vivre.  Alors le jour où la petite Marianne, la fille chérie de la famille va revenir du bal de l’école blessée, abimée au plus profond d’elle-même, c’est la famille entière qui est atteinte. L’écrivain retire un à un  les cubes de cette belle construction qui peu à peu va vaciller et s’écrouler.

Ce roman est une excellente analyse sociale et psychologique. Joyce carol Oates dissèque au scalpel une Amérique puritaine, où l’amour et le respect des autres sont des paroles écoutées à l’église mais bien vite oubliées une fois dehors, et où paraître et plus important qu’être, mais elle décrit aussi avec beaucoup de finesse, de justesse,  toutes les forces et les fragilités de l'âme humaine.  

Un roman excellent qui me donne tout simplement envie de poursuivre la lecture de l’œuvre de Joyce Carol Oates.


Pour avoir d'autres avis sur le blog Sylire  

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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /2009 08:00





Carlos Fuentes - Edition Gallimard : 198 pages

L'instinct d'Inez est un roman étrange qui nous transporte dans les sphères de la passion totale et absolue pour   l'art. Ces hommes porteurs d'une destinée grandiose ne sont pas comme le commun des mortels, ils sont habités par leur création, ce qui leur  donne une dimension un peu fantasmagorique.

Le problème de l'artiste, c'est qu'il ne sait pas très bien distinguer entre ce qui est considéré comme la normalité quotidienne et la créativité qui, pour lui, est également quotidienne, et non exceptionnelle. (Extrait de la p. 60).

Le célèbre Maestro Gabriel Atlan-Ferrara est maintenant un homme âgé, il va sortir pour aller assister à une représentation de « la damnation de Faust » qui va être jouée en son honneur.

En attendant, il regarde un objet insolite posé sur un trépied : un sceau en cristal. Cet objet joue un peu le rôle de   tabernacle qui renferme les souvenirs du vieil homme et le transporte des années en arrière.    

Gabriel Atlan-Ferrara était alors un jeune chef d’orchestre passionné par une œuvre de Berlioz : la damnation de Faust, mais il vivait  une autre passion plus complexe avec la cantatrice mexicaine Inez  Prada.

La rencontre entre ces deux immenses artistes, est complexe car Inez porte en elle un passé  étrange, un amour originel qui se transmet grâce à cet énigmatique sceau de cristal. (Si j’ai bien compris !)

Ce roman nous emmène au cœur de la création, de la passion artistique et amoureuse, il est servi par une belle écriture très poétique certes,  mais voilà il doit falloir des clés pour comprendre ce roman, et des clés, il m'en manque ! J’attends donc de lire les autres chroniques qui me donneront un éclairage et des pistes de réflexions.  

Ce livre vous a-t-il donné envie d'écouter "la damnation de Faust" ? Je vais peut-être essayer !


 

  Pour lire les articles de cette lecture emblématique  le blog de Sylire   et de Lisa 

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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 13:00

 





Jemia et J.M.G. Le Clézio
Photographies de Bruno Barbey
Edition Stock : 1997 - 118 pages

Ce livre est le carnet de voyage d'un « pèlerinage aux sources », il est magnifiquement illustré par le photographe Bruno Barbey. 

                            
On pourrait presque lire ce livre un peu comme un conte des mille et une nuits tellement cette histoire est extraordinaire : Une princesse prénommée Jemia part à la recherche de son royaume et de son peuple perdus avec l’aide de son prince Jean Marie Gustave.

Cette histoire est pourtant vraie, Jémia existe réellement, c’est la compagne de JMG le Clézio. L'histoire familiale de cette femme est un peu particulière, elle est issue d’une ethnie saharienne, ses grands parents ont vécu l’exode, des longs mois de marche  « (…) vers les plaines fertiles du nord, vers Taroudant, Marrakech, puis vers les grandes villes ou ils trouvaient de l’eau, du travail, des magasins. p.76 ».       


Pour ce couple, tout a commencé par un rêve devenu obsédant. Ensuite JMG Le Clézio a écrit son roman « Déserts »  pour donner une plus grande réalité à ce rêve,  et un jour il est devenu réalité :  Leur rêve était de remonter aux origines, revenir aux sources, faire le  chemin en sens inverse des grands-parents de Jémia et retrouver
la tribu de Jemia ; les "Ahel Mouzna" qui veut dire "Gens des nuages", ce peuple à la poursuite de la pluie.   

Vous êtes prêts pour l’aventure, alors montons dans la jeep auprès de ces deux grands voyageurs hors du commun !

On franchit d’abord les portes du désert, dans la vallée du Draa,  C’est par cette route que le couple nous emmène pour ce long périple en nous expliquant peu à peu la complexité des ethnies, des tribus, des différents peuples qui habitent le désert et leur douloureuse histoire peuplée de guerres, de révoltes et d’insurrections et leur lutte permanente contre les envahisseurs : français, espagnols, anglais, turc, chrétiens……..

Les noms des villes, des différents peuples et des ethnies, sonnent comme des noms magiques : La Hamada du Draa, le Gaa, L’Imrikli, d’Oued Noun, le Jbel Tiris, Smara, Les Aït Jmal, le peuple des chameaux......



Et puis le désert est là partout, terre aride et brûlante, sans vie aucune pour nous occidentaux, mais Jémia rêvait de ce paysage, « Ce pays qu’elle porte sans doute dans sa mémoire génétique. Jemia s’est tue toute cette journée : c’est son pays, le pays le plus ancien, et en même temps le plus jeune, une terre que l’âge des hommes n’a pas marquée p. 31 ».

JMG est heureux d’être là mais pour d’autres raisons, on connait les idées de cet « écrivain philosophe » qui a eu vite conscience des excés de nos civilisations occidentales. Pour lui ce voyage est initiatique, il vient chercher des réponses aux dérives des sociétés modernes.
 

"(...) Lorqu'on vient du désert (et de ce désert plus terrible encore qui est celui des villes modernes), on entre ici dans une aire de recueillement,  d'énergies. p. 51".

« (…)
Mais les grandes civilisations qui ont éclairé le monde ne sont pas nées au paradis ; Elles sont apparues dans les régions les plus inhospitalières de la planète, sous les climats les plus difficiles. P. 43 ».

Il y a deux points importants dans ce voyage :

La visite "du tombeau de Sidi Ahmed el Aroussi" qui est un grand moment d’émotion pour ces voyageurs. 


« Nous sommes entrés dans le tombeau. Nous avons poussé la porte de la grille qui l’entoure et sommes entrés. P.62. »

"Sidi Ahmed el Aroussi" est un homme qui a su unifier les nomades pour en faire un peuple équilibré vivant dans la simplicité, c’était un homme épris de justice autant pour les hommes que pour les femmes.  Beaucoup de légendes courent à son sujet, on pourrait le comparer à  Jésus.

Et la vue de "Tbeïla le rocher" ce lieu secret perdu dans le désert est un endroit de légende pieuse.
      
C'est là que les disciples de "Sidi Ahmed el Aroussi" sont venus, années après années jusqu'à la mort du prophète suivre son enseignement.

On s’enfonce de plus en plus dans ces régions désertiques, à la rencontre des gens qui y vivent, ils sont les derniers nomades de la terre.




Sans oublier les enfants du désert :
« (…) Mais ce sont les yeux des enfants qui sont les vrais trésors du désert. Des yeux brillants, clairs comme l’ambre, ou couleur d’anthracite dans des visages de cuivre sombre. P.76 ».

Le voyage continue, au rythme lent du désert, et devient peu à peu une véritable leçon de vie, de tolérance et d'humanisme au coeur de cette civilisation millénaire.

Ce livre date de 1997, les idées qui s'en dégagent sont pourtant de plus en plus actuelles et font echo aux problèmes graves que nous rencontrons dans nos métropoles surpeuplées : pollution, éducation, crise fiancière...
Ce livre m'a véritablement passionnée, j'ai aussi beaucoup appécié le style de JMG Le Clézio, la poésie et l'intelligence de sa pensée qui se dégagent de chaque phrase, la pertinence des mots.

J'ai aussi aimé la façon dont le couple raconte cette épopée. Ils emploient le "nous" puis à d'autres moments, Jemia parle de son mari, puis c'est JMG qui parle de sa femme, et de nouveau, ils utilisent un langage commun comme quand ils parlent de leurs filles au double héritage familial. 

 

Le désert : "(...) Un langage éternel, une perfection sans temps, une vérité sans corps. p.111"

D'autres lectrices de JMG Le Clézio : Lisa et l'article de Julien pour le roman Onitsha.
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