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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 15:42

Colette1

Challenge Colette organisé par le bruit des pages

Lettres-a-sa-fille-copie-1.jpg

Réunies , présentées et annotées âr Anne de Jouvenel

Edité chez Gallimard : 2006 / 643 pages

Ce recueil contient des photographies de Colette et sa fille

 

En ce jour de Fête des mères, Colette n'est peut-être pas la mieux placée pour symboliser l'amour maternel. Et pourquoi pas !! Et bien parce que la "Grande Colette" qui vantait les mérites de sa mère fut beaucoup accusée d'avoir été une mauvaise mère.

Sans chercher à lui trouver d'excuse, on peut quand même souligner que Colette faisait partie des femmes célèbres de son époque. Elle a eu de ce fait du mal à concilier carrière et vie familiale et si on rajoute à cela le contexte de l'époque, Colette n'est pas une mère "indigne", elle est surtout une grande écrivaine à la personnalité forte et complexe. On peut souligner que son mari, Henry de Jouvenel avait la même vie trépidante que Colette et pourtant on ne l'a jamais accusé me semble t-il de "mauvais père". 

Même si Colette n'a pas été une mère exemplaire,  elle a malgré tout tenu son rôle de mère jusqu'à la fin de sa vie. Ce recueil qui recense une partie de la correspondance entre Colette et sa fille permet de voir à quel point les deux femmes tenaient l'une à l'autre.

Ce livre nous explique page 11 que l'éducation des enfants à cette époque était très différente de maintenant. "les enfants n'avaient aucun droit, sauf celui de se taire et d'obéir, ce qui ne mettait pas en cause l'affection de leurs parents".

La fille de Colette est née en 1913. Colette a 40 ans, elle est au sommet de sa carrière d'écrivaine. Son père Henry de Jouvenel est un journaliste et homme politique brillant. 

Être l'enfant de "monstres sacrés" est parait-il une réelle difficulté pour pouvoir construire sa propre personnalité sans être l'éternel "fille ou fils de".

Pour la fille de Colette ça commence mal dès sa naissance et la préface de ce livre soulève ce premier fait particulier : "Mais quelle monstrueuse idée Colette a-t-elle eue de prénommer sa fille de son propre nom de Famille ?" En effet, Colette qui s'apellait à l'état civil Gabrielle-Sidonie Colette donne le prénom de Colette à sa fille.

Fusion, confusion  ! En prénommant sa fille de son patronyme, devenu son pseudonyme, Colette écrase la petite. (...) Colette vole l'identité de sa fille dès le berceau.

Mais ce n'est pas tout ! le bébé, puis la petite fille, recueille en plus le surnom de "Bel-Gazou" que son grand-père, le capitaine Colette, avait donné à Gabrielle, sa propre fille. Colette signe encore à trente-huit ans ses lettres à Robert d'Humières, "Bel-Gazou" , deux ans avant d'enfanter. (extrait de la page 14)

Les dés sont jetés et la vie de la fille de Colette  va  être le symbole de la complexité de la relation mère / fille.

Ces lettres sont intéressantes à lire parce qu'elles montrent la vie des enfants d'une certaine classe sociale. La petite Colette De Jouvenel passe son enfance à Varetz en Corrèze dans le magnifique château de son père Castel Novel, sous la responsabilité d'une nurse anglaise plutôt sévère "Miss Draper". Elle écrit beaucoup  à sa mère des lettres émouvantes où elle raconte ses journées et réclame sa maman.

Notre époque a mis les enfants au centre de nos vies, il est donc maintenant normal de les emmener avec nous. Dans cette correspondance, on peut remarquer que Colette se déplace plus facilement avec ses animaux qu'avec sa fille !!!

Ce recueil propose la correspondance de la "petite Colette" de Jouvenel à sa mère à partir de 1918. La fillette a alors 5 ans, et celles de Colette à partir de 1916. Ces lettres laissent apparaître une  autre facette de l'extraordinaire personnalité de Colette. Elles reflètent aussi une époque où la place de l'enfant était secondaire dans la société.

Ce recueil n'oublie pas de mentionner dans sa préface la mère de Colette, Sido. Il est évident que ces deux portraits de mères sont complètement différents et peuvent nous laisser interrogateur.....

Colette de Jouvenel a toujours été une femme discrète, elle se mariera plusieurs fois mais n'aura pas d'enfant. Elle meurt en 1981. Elle répondra à la question : Qu'est-ce que cela représente d'avoir une mère célèbre ? "Il faut toute une vie pour s'en remettre".

Colette de Jouvenel étant décédée sans postérité, son héritage a été recueilli par ses deux demi-frères, Bertrand et Renaud, puis par leur enfants, Anne, Hugues et Foulques. (extrait de la page 625)

Sido.jpg article_41_colette_2.jpg

"Sido" la mère de Colette            Colette et sa fille "Colette Bel Gazou".

Il est noté dans ce livre que Colette et sa fille sont enterrées ensemble au Père Lachaise.

Je me suis rendue au cimetière du Père Lachaise lors de mon dernier séjour à Paris et j'ai  remarqué une chose étrange : la mère et la fille sont bien enterrées ensemble, mais ce qui m'a fortement impressionnée c'est le fait que les 2 noms ne soient pas inscrits l'un en dessous de l'autre sur la stèle. Même dans la mort, Bel Gazou s'est effacée devant son illustre mère.

DSCN0230

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Published by Nina - dans Colette
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commentaires

DENIS 10/06/2012 19:33


à noter  car ce doit être très intéressant

Nina 12/06/2012 22:46



Oui en effet ces lettres démontrent l'éducation des enfants d'une époque et surtout le fait que Colette a eu sa fille à 40 ans en pleine gloire et qu'il lui a été très difficile de concilier
l'éducation de sa fille avec sa carrière.



Philisine Cave 04/06/2012 21:41


Je trouve cette histoire profondément triste et l'anecdote de la stèle reste très parlante.

Nina 09/06/2012 16:04



Oui c'est l'image qui parle, je ne comprends pas que les héritiers aient fait cela. Franchement il y a de la place juste en dessous du nom de Colette.



Margotte 04/06/2012 17:09


Voilà qui me donne vraiment envie de plonger à nouveau dans l'oeuvre de Colette... je n'ai hélas pas le temps en ce moment :-(( mais j'ai lu ton billet avec plaisir.


La tombe, à la fin de ton billet, cela fait vraiment froid dans le dos... cette disparition de la fille face au nom de la mère qui trône au dessus... Elle n'aura vraiment pas eu la vie facile,
Colette de Jouvenel, et la mort non plus !

Nina 09/06/2012 16:02



J'ai bien compris que tu manques de temps en ce moment, mais si c'est pour avoir un travail intéressant les sacrifices en valent la peine. Comme tu peux le voir notre grande Colette n'était
parfaite, et oui fait partie des monstres sacrés et elle en avait certains défauts.



Anis 03/06/2012 21:23


Colette était une femme très compliquée par le peu que j'en ai lu. Et ses relations avec les hommes également, furent très ambivalentes. Elle réclame la liberté pour elle mais n'a pas de
conscience féministe.Et pourtant les féministes se réclamèrent d'elle. Je vais relire plusieurs ouvrages d'elle à la rentrée et essayer e regarder les relations de ses héroïnes avec les hommes et
la représentation des hommes dans ses romans.

Nina 03/06/2012 21:45



Je compare le féminisme de Colette à la danse d'Isadora Duncan. Ce sont leur propre personnalité qui ont incarné leur mouvement, leur manière d'être. Elles pratiquaient mais ne théorisaient pas.
Le féminisme et le milieu de la danse se sont servis de leur façon de vivre et de s'exprimer pour nourrir leur théorie, leur enseignement. Jeune, j'ai lu Colette et j'ai été fascinée par son
indépendance alors qu'elle a quand même commencé sa vie enchainée à un mari qui lui inculqué ses valeurs et son image qu'il avait de la femme. Je pense que malgré tout elle a été marquée par ce
premier mariage qui a dù influencer ses relations avec les hommes. Il doit y avoir des mémoires qui existent sur ce sujet, les biographies que j'aie lu n'abordent pas vraiment le sujet. Mais tu
as raison de pousser l'étude un peu plus loin.



Aymeline 03/06/2012 19:01


étrange relation mère-fille mais tu en parles très bien je lirais bien cette correspondance par curiosité :)

Nina 03/06/2012 21:48



C'est très intéressant à lire et très émouvant, surtout les lettres de sa fille enfant. 



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