Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : De page en page
  • : De page en page, j'aime aller à la rencontre des écrivains et franchir la porte de leur univers. J'aime échanger autour des livres et empêcher ainsi des romans de mourir trop vite perdus dans le tourbillon commercial de notre société de consommation.
  • Contact

Bienvenue sur mon blog !

 

index

Bonne rentrée littéraire à tous !

Rechercher

Je lis avec Babelio

masse critique

 

images.jpg

Archives

Je lis avec les éditions de L'Aube

colette.jpg

 

pianiste-afgan.jpg

 

Le site des éditions de L'Aube ICI

2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 13:00

Lire-a-limoges.jpg

 

Comme chaque année, le salon du livre "Lire à Limoges"  ouvre ses portes début avril, et c'était donc ce week-end.

J'ai assisté à la toute 1ère conférence qui a eu lieu jeudi soir au Lido.

Le sujet : les grands inspirés : de la création à la folie. Ensuite, il y avait  la projection du film de Maurice Pialat "Van Gogh". 

J'ai voulu prendre un photo mais elle ne donne pas grand chose !

Photo0188

 C'est Alain Vircondelet qui a mené cet intéressant débat avec l'aide d'un journaliste. Pour ceux qui ne connaissent pas cet écrivain sa biographie est ICI

Aprés nous avoir lu un extrait du poème « le voyage » de Charles Baudelaire

"Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau, Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau !  

Alain Vircondelet a commencé sa conférence avec Marguerite Duras, dont il a été très proche pour lui avoir  consacré plusieurs biographies.C'est ainsi qu'il a pris conscience très tôt de l'importance de ce sujet dans sa carrière de biographe.

 Lors de ses rencontres avec l'écrivaine, il a pu constater qu'elle se questionnait beaucoup sur la folie qui a commencé à roder autour d'elle dans sa jeunesse auprès de sa famille.

Marguerite Duras avait peur de devenir "folle", mais elle savait qu'elle ne pourrait pas le devenir grâce à l'écriture qui était pour elle : "un vrai barrage à la folie"

Marguerite Duras avait une grande force de caractère, pour se protéger, elle élevait des livres comme des digues contre la folie. Mais elle était en même temps fascinée par elle et très attirée par ce qu'elle appelait « l'innocence de la folie »

Duras disait « je suis condamnée à écrire », et pendant sa période où elle était alcoolique «Je bois jusqu'à la folie » 

mais aussi : "La création peut nous emmener jusqu'à l'abandon de la raison, l'absence de jugement".  

Alain Vircondelet nous explique que pour Marguerite Duras « Écrire c'était chercher l'apparition. Son repère c'était la folie".

Duras   duras.jpg

 

Les « vrais créateurs » sont en quête d'absolu avec le danger  de basculer dans la folie.

La création c'est vivre hors du quotidien, mais c'est aussi une forme d'enfermement. C'est la rupture avec une certaine réalité.

Alain Vircondelet a écrit une biographie sur Séraphine de Senlis :

Séraphine de la peinture à la folie.

Séraphine

Séraphine a eu une existence très particulière. Cette femme n'a pas pu entrer au couvent comme elle le désirait, sa condition sociale ne le permettait pas, mais elle a pu y travailler comme femme de ménage. C'est là qu'elle a des visions et des hallucinations auditives. Son ange gardien lui ordonne de peindre pour la vierge Marie. Cette femme que rien ne prédisposait à la peinture se met à peindre sans relâche. Elle s'isole, rompt complètement avec la quotidien, avec la réalité et vit dans une extrême pauvreté. Elle disait « je suis condamnée à peindre ». Puis, va peu à peu  basculer dans la folie. Par contre, quand elle sera internée en hôpital psychiatrique, elle ne peindra plus. Cet enfermement n'est pas celui de la créativité.

Alain Vircondelet a bien sur fait un parallèle avec le destin de Camille Claudel et nous raconte que Camille Claudel a basculé dans la folie après sa rupture avec Rodin, mais sa fragilité venait surtout de sa base originelle qui n'était pas solide et  c'est sa mère qui en était sûrement la cause.

Rodin disait en parlant de Camille Claudel :

« Je lui ai montré comment trouver l'or mais l'or qu'elle a trouvé était bien à elle »

Camille Claudel et Séraphine de Senlis ont transgressé l'ordre social de leur époque pour devenir des artistes et elles l'ont payé le prix fort. Mais est-ce bien cela qui est la cause du basculement dans la folie ?

C'est la création qui pousse à la folie ou la folie qui pousse à la création ?

Les artistes sont des sentinelles de l'invisible. Créer, c'est prendre le risque de la faille destructrice.

Alain Vircondelet nous a donné beaucoup d'exemples d'artistes qui ont franchi le pas, qui ont basculé dans un autre monde sans vraiment tomber dans la folie destructrice.

Des artistes qui ont laissé des œuvres majeurs, mais qui ont vécu une réelle rupture avec le « monde ordinaire ». Ils ont franchi le pas, ils ont vécu uniquement pour leur création. Des artistes qui se sont isolés dans leur propre monde.

Des grands inspirés de la création.

Exemples d' écrivains : Jean Jacques Rousseau, Julien Gracq, Michel Leiris, Henri Michaux, Albert camus, Julien Green.......

Exemples de poètes : Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud.....

Exemples de peintres : Van Gogh, Munch, Modigliani, Balthus, Paul Klee.........

Pour conclure, Alain Vircondelet donne la parole à Arthur Rimbaud qui écrivait dans sa lettre du 15 mai 1871 à Demeny consacrée à « l'avenir de la poésie » :

« le poète devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit ».

 

Évidemment, mon compte - rendu n'est pas complet, ce n'est pas facile de retranscrire par écrit une conférence, mais j'espère avoir rapporté l'essentiel de cet intéressant débat. J'ai vraiment aimé ce sujet qui m'a permis de mieux comprendre la personnalité des artistes et la puissance de la création.  munch_TheScream.jpg

Ce tableau est une peinture à l'huile et à la pastel d'Evard Munch* réalisé en 1893. L'artiste l'a nommé « le cri ».

L'artiste a associé une note dans un de ses journaux a propos de cette oeuvre: « J'étais en train de marcher le long de la route avec deux amis - le soleil se couchait - soudain le ciel devint rouge sang – j'ai fait une pause, me sentant épuisé, et me suis appuyé contre la grille - il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et de la ville - mes amis ont continué à marcher, et je suis resté là tremblant d'anxiété - et j'ai entendu un cri infini déchirer la Nature ». (citation de l'artiste)

*Edvard Munch est un des artistes cité pendant la conférence. 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

clovis simard 04/06/2013 20:43


TOURBILLON FLORAL CONTINU(fermaton.over-blog.com)

Nina 24/06/2013 21:59



??????????



Aida 23/03/2013 05:49


J'ai adoré me promener avec vous  Merci pour ce magnifique blog ou tous les amoureux de livres, de
litterature trouvent leur bonheur !

Nina 25/03/2013 11:52



Merci je suis très touchée par votre commentaire.



dasola 09/05/2011 10:01



Bonjour Nina, si j'avais su que ce débat était si intéressant, je serais allée à cette soirée. J'étais à Limoges pendant ces trois jours. Je vous trouve cette manifestation toujours très
sympathique. J'ai fait un mini compte-rendu le 12/04/11. Bonne journée.



Nina 09/05/2011 12:43



Je vais aller lire ton compte-rendu, je voulais en faire un mais je n'ai pas pris le temps de le faire. C'est vrai que cette conférence était intéressante m^me si elle était trop courte à mon
goût mais on peut approfondir avec des livres par la suite.



Anis 07/04/2011 18:50



Ce que tu racontes est passionnant. Camille Claudel est pour moi un exemple à part, je crois qu'elle fait partie de ces femmes qui ont basculé dans la folie car la société ne leur faisait pas de
place. J'avais lu un ouvrage à ce sujet. Et puis il y a la folie, la transe, comme départ de la création, l'état dans lequel se met un artiste pour pouvoir créer. Ce que tu as dit de Marguerite
Duras m'a beaucoup intéressée aussi.



Nina 07/04/2011 22:56



c'est un sujet complexe et pas facile à théoriser. Pour Camille Claudel je pense comme toi mais Alain Vircondelet nous a dit que Camille Claudel avait donc des fragilités qui ont provoqué ce
basculement dans la folie, mais la société de l'époque l'a beaucoup aidé, et il ne faut pas la comparer à Sand, Colette qui ont réussi malgré l'époque..... j'ai lu beaucoup de livres sur Camille
Claudel et le monde de la sculpture était très difficile et pour sculpter il fallait de vértitables moyens (atelier, matériau ouvriers pour la taille de la pierre...)  que Camille Claudel
n'avait pas. Ecrire est beaucoup plus simple je parle juste des moyens (feuilles, stylos) bien entendu. J'ai aussi été très interessée par ce que j'ai appris sur Marguerite Duras.



Joelle 04/04/2011 09:12



Je trouve le thème de la conférence intéressant et surtout original ! Même si je pense qu'il y a plein de choses à côté desquelles je serais passée par manque de connaissances ;)



Nina 07/04/2011 18:43



Oh moi aussi je suis passée à coté de beaucoup de choses, surtout les analyses des psys mes notes étaient un peu vagues aussi j'ai préféré m'abstenir.



Mes auteurs favoris